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Full text of "Flore des serres et des jardins de l'Europe ?ou descriptions et figures des plantes les plus rares et les plus meI?ritantes, nouvellement introduites sur le continent ou en Angleterre ..."

FLORE 



SERRES ET DES JARDIHS DE L'EIROPE. 



SERRES ET DES JARDIIVS DE LEUROPE, 

DESCRIPTIONS ET FIGURES DES PLANTES LES PLUS RARES ET LES 
PLUS MERITANTES, 



NOUVELLEMENT INTRODUCES 
P INEDITES, SOIT EX 



ITES DES MEILLEURS RECUEILS DE BOTANIQUE ET D'HOBTICDLTURE. 

BOTANICAL MAGAZI^ BOTANICAL REGISTER, HOOKER'S ICONES PLA.TARUM, 1CONES PLANTARUM 
RARIORUM HORTI BEROLINESSIS, PAXTON'S MAGAZINE OF BOTANY etc. 



REDIGE PAR ELR ( 

. ItltOX.VIAItr ().#, membredel'Institu 



▼AM UOMlf. 



TOME TROISIEME. Q 



GAND, 

Chez LOUIS VAN HOUTTE, Horticulteur , Editeur. 



Le depot exige par la loi a ete fait. 

Gand, 1 Mars 1845. 



CAR10CAR MCIFERUM, 

En.. *«pe«F, noix (car. ...?). 

[Caryocaracece] (1). — Pohandria-THra-Hcxagy 



CHARACT GENER- 

ima disco hypogynopr: 



pressae ad axim conglutinatae indehiscentes, e p i c a r- 
pio membranaceo, endocarpio lignoso setis cla- 
^atis rigidis stuposo v tubeTculato. Semina in locu- 



Certes, quand des plantes, douecs d'un 
aussi incontestable merite que celle dont il 
s'agit, reunissant l'elegance du port, la 
beaute des fleurs, les qualites du fruit, tom- 
bent dans Toubli, pour ainsi dire, en raison 
de l'epoque deja jeloignee ou elles ont ete 
publiees, elles peuvent etre edit&s de nou- 
veau et rappelees avec honneur au souvenir 
oublieux des anthophiles. 

C'est cette consideration qui nous engage 
a reproduire ici la belle figure da vegetal 
-en question, publiee par M. Hooker; et 
par cette raison surtout , qu'il est enfin in- 
troduit dans les cultures; circonstance heu- 
reuse qui n'existait pas lors de la publica- 
tion du savant auteur anglais. 

Nous ne savons rien de l'histoire de ce 



CHARACT. SPECIEI et SYNON. - C. 

tis. i'oliolis elliptico-lanceolatis obscure 

Caryocar nuciferum L Mant. 

■jr. p„. 



iferum L Mant. 247. Wuto Spec. 
ks syn 11 84 Spb Sys. II VS7 . 



. ";»:. 



bel arbre. M. Hooker nous apprend seule- 
ment qu'il est originaire de l'Amerique 
du Sud, et principalcment des districts 
d'Essequibo et de Berbice, d'ou M. C. S. 
Parker lui en a communique des cchan- 
tillons des feuilles et du fruit. Aublet, qui 
I'a fait connaitre sous le nom de Pekea, 
dit que les indigenes caraibes de la Guiane 
lui donnent le nom de Cata-Youba, et qu'il 
croit dans les forets d'Arouva et de Caux. 
La fleur, ci reproduce, a etc peinte par 
M. Guilding, d'apres un individu introduit 
et cultive dans l'ile de S f - Vincent. 

Le fruit de ce Caryocar etait connu de- 
puis longtemps sous le nom de Soman ou 
Soiiwarromr, ou de IVoix de bearre. II est 



sphcrique , d'un brun rougeatre a la matu- 
ritc et agreablement mouchete de lignes 
d'une tcinte plus foncee. La chair en est 
epaisse, jaune, d'un gout astringent, et ren- 
ferme trois ou quatre grosses noix arron- 
dies-reniformes , eomprimees , presque ai- 
gue's aux bords et tronquees-sillonnees du 
cote qui les fixe au pericarpe. Celui-ci est 
tres dur, d'un beau brun et couvert de 
petites tuberosites. Les noix sont unilocu- 
laires et contiennent chacune une araande , 
depourvue d'albumen, fixee a la partie tron- 
quee , et offrant a peu pres la meme forme 
que l'enveloppe, d'un blanc d'ivoire a l'in- 
terieur, charnue, d'une saveur douce, mais 
un peu huileuse (d'ou le nom de Noix de 
beurre) et d'une odeur tres agreable. 

C'est, dans son pays natal , un tres grand 
arbre, a branches opposees, du moins les 
inferieures; a ecorce lisse, grisatre ou pour- 
pree. Les rameaux sont verts et portent des 
feuilles opposees, petiolees, ternees, ren- 
fermees pendant l'extreme jeunesse dans 
deux stipules lanceolees, concaves, cadu- 
ques. Les folioles sont largement lanceolees 
ou elliptiques, attenuees a la base, acumi- 
nees au sommet , de 4, 6 ou 8 pouces de 
long , entierement glabres sur les deux fa- 
ces et obsoletement den tees aux bords. 

L'inflorescence est un corymbe compose 
de deux a buit fleurs. Chaquc pedieelle est 
long, epais, pourpre, glabre et s'elargit au 
sommet. Le calyce , de deux pouces de lar- 
geur est fendu jusqu'a sa base en cinq am- 
ples lobes oves ou arrondis, obtus, epais, 
d'un brun pourpre, concaves. La corolle est 
composee de cinq tres grands petales ellip- 
tiques, concaves d'un brun pourpre fonce, 
passant au rouge pale aux extremites, 



qui se couvrent l'une 1'autre (par imbri- 
cation dans l'alabastre); d'un jaune pale 
raye de rouge pourpre en dedans. Les eta- 
mines , extremement nombreuses et hypo- 
gynes, sont reunies a la base en seul corps , 
plus eleve en dedans qu'en dehors et qui se 
divise en un nombre infini (sic in textu) 
de fascicules de filaments unis cux-memes 
dans presque la moitie de leur longueur et 
se separant enfin en seize ou vingt filaments 
distincts, greles, inegaux , jaunatres, ter- 
mines chacun par une anthere oblongue, 
courbe, biloculaire, s'ouvrant longitudina- 
lement, et renfermant un pollen spherique. 
Selon M. Guilding, le nombre de ces eta- 
mines depasse quatre mille neuf cents! 
L'ovaire estgros, ove, tri-quadriloculaire , 
et se termine par 3 ou 4 styles filiformes, 
aussi longs a peu pres que les etamines, 
d'un vert jaunatre a la base et pourpre en- 
suite. Les stigmates en sont simples , aigus. 
Le fruit est decrit ci-dessus. 

M. Parker, de qui M. Hooker tient une 
partie des details que nous venons de re- 
tracer sommairement, ajoute ce qui suit: 
« Dans sa contree natale je n'ai jamais re- 
cueilli le Souarinut qu'une fois, et pendant 
une excursion executee en hate au sommet 
des montagnes bleues, sur la rive gauche de 
l'Essequibo. Quand nous eumes atteint la 
cime de cette chaine, elevee peut-etre de 
6 ou 800 pieds au-dessus du niveau de la 
mer, je trouvai sur le sol des noix dont l'en- 
veloppe etait deja gatee. Les arbres qui les 
produisaient etaient tres eleves, tres droits, 
sans branches jusqu'a une hauteur de 70 ou 
80 pieds, et semblables a d'ii 



Arbre dans sa patrie, cette plante, chez 
nous en serre chaude, ne formera guere 
qu'un grand arbrisseau , dont le beau port 
et surtout les splendides fleurs en feront un 
des plus riches ornements. On le tiendra 
dans des vases bien draincs , rempli d'un 
sol riohc cl soiiventmonille, surtout pen- 
dant la belle saison. On ne le laisscra se 



faire former la tete; ce qui I'ohlinera a 

rir plus volontiers. On le mu'ltipliera de 



JACJMPA M0S1F0LIA. 



i § Bignoniese-Teeomese. — Didynamia-Angiospenu 
CHARACT. GENER. — Calyx dentatu* v. parti- (Hot. Mag. .. 3327. Dot. iu s , . 



dimidiatae seu uniloculare 



lyj swpe cyathif 



CHARACT. SPECIEI 



is, pinnis multijugis cum impai-i. foliolis 
. n.nulatispubescentibus, imps 

icei S (DC. I.e.) 
Jacaranda mimosifolia D. Dos Bot. Reg. I 






Bot. Mag. t. 2327 



Placee au milieu d'un groupe de vege- 
taux divers, au-dessus desquels elle elevc 
pittoresquement ses longs panaches aeriens, 
dont la delicatesse n'a d'analogue que parmi 
les fougeres,cette plante frappe tout d'abord 
le spectateur d'admiration par I'aspect veri- 
tablement ornemental qu'elle produit. Ses 
feuilles, en effet, longues souvent de plus 
de 18 pouees, composees de 12 a 24 pennes 
opposees, dont chacune est formee de 16 



paire, sont d'une legerete, d'une tenuite 
telle que le plus imperceptible mouvement 
de 1'air, la brise la plus fugitive , les agitent 



et les font ondulcr de la facon la plus agrea- 
ble; joignez enfin a ce port essentiellement 
elegant, d'amples panicules terminales com- 
posees de grandes et nombreuses fleurs d'un 
beau bleu lilacine,etchacun conviendra que 
la plante qui nous occupe merite incontes- 
tablement une place dans toute collection 
de choix. 

On peut facilement, d'apres ce qui pre- 
cede, se figurer l'admirable spectacle que 
presenterait un individu de cette espece, 
plante en pleine terre dans un conserva- 
toire ou jardin d'hiver. Combien Ic cbar- 
mant Mimosa julibrissin, si juslenienl 



recherche des amateurs pour la legerete de 
son fcuillage (et ses delicieuses fleurs) est 
loin sous ce rapport de la plante en ques- 

Elle forme dans son pays natal, le Bresil, 
un arbre peu cleve, et pouvant atteindre 
dans nos serres dix ou douze pieds de hau- 
teur. L'ecorce en est grisatre et couverte de 
petites asperites. Le tronc et les branches 
(celles-ci en petit nombre) portent des cica- 
trices renflees, que laissent en tombant les 
anciennes feuillcs. Celles-ci dont nous avons 
ci-dessus donne les dimensions et la confor- 
mation, se cornposent d'unemyriade de fo- 
lioles trapezoides-ovales, oblongues, aigues 
ou legerement mucronees, tres-finement 
pubescentes, presque sessiles,dont 1'impaire 
ovale est plus grande que les autres. La 



panicule est ample, lache, 
pyramidale. Les pedicelles sont pluriflores 
inferieurement et subuniflores vers le som- 
met. Les pedicellules en sont extremement 
courts. Le calyce est fort petit, cyathiforme, 
quinquedente ; la corolle, nutante, pubes- 
cente, arquee en dessous, est tres-grande, 
anguleuse-plissee , gibbeuse a la base en 
dessus , retrecie ensuite , dilatee peu a peu 



limbe bilabie, dont les lobes presque egaux, 
oves-arrondis , subaigus an sommet; les 
deux lobes superieurs sont largement ma- 
cules de blanc vers l'entree de la gorge. Le 
style atteint l'orifice de la corolle et est 
couvert de poils blancs au sommet et au 
milieu. [Xecv. spec. ex. viv.) 

Ch. L. 



Plantee un peu largement et dans un 
riche compost, la plante, qui est figuree 
ci-contre , fera merveille et fleurira facile- 
ment. Pendant tout lc temps de sa vegeta- 
tion, on lui prodiguera la nourriture et 
les arrosements. II serait desirable de la 
confier a la pleine terre, autant que cela 
serait possible; car c'est la surtout qu'elle 
acquerrait toute la beaute dont elle est 
susceptible. Une des premieres conditions de 
sa sante, c'est, outre un bon sol et de l'eau 
en abondance, c'est, dis-je, de la faire 
jouir librement de la plus grande quantite 



d'air et de lumiere possible, alin de l'empe- 
cher de s'emporter et de s'ctioler. Aussi 
recommanderai-je une temperature douce 
et humide, de frequents seringuages, pour 
en eloigner les insectes qui l'attaquent tres 
volontiers. 

On la multiplie aisement de boutures, 
faites a la maniere accoutumee , sur couche 
chaude. On aura soin dans ce cas de couper 
en partic les feuilles dans le sens de leur 



CYPRIPID1UI 1RAPEAMM. 



l'ile de Kt» wpo? (Chypre), ou die e'tait particu- 
Cypridopodium , ou au moins, en latinuant le mot, Cypridipedium (Ctpris (gen.-efa) pes (gen.-dt*). 

Orchidaccse § Cypripediea 



CHARACT. GENER. — Perigon 



-rerigonu patentis lo- 



labellum maxii 



rica (tropica borealive) n 
dicibus fibrosis, caulibui 

CypripediamL. Gen.\Q\ 



iloro. I„liis ovatis acuminata 



i 
Mex. U. 10. Liudl. Gen. et Spec. Orch. 528 
Reg. t. 58. 1846. 



Des sabots de Venus! en verite ce nom 
seul piquerait la euriosite du plus indiffe- 
rent, si la beaute des plantes auxquelles on 
a donne vulgairement ce nom burlesque 
(voyez-vous la deesse de la beaute, le type 
ideal des formes feminines en sabots, comme 
une maritorne!) ne venait en meme temps 
commander l'admiration. Mais avant de 
porter une appellation toute payenne et 
tant soit peu erotique, ces orehidees, ou 
plutot cette orchidee (on n'en connaissait 
qu'une espece alors, C. calceolus) , avait recu 
de Dodoem le nom de Sabot de Marie [Cal- 
ceolus Mariee). Le nom de la Vierge ne plut 
pas, a ce qu'il semble, a I'imagination de 
Linne, et les Sabots de Venus remplacerent 
les Sabots de Marie. 



pl,..i. 



nees, en Suisse, en France, et qui va meme 
jusque dans le Nord braver les froids de la 
Laponie et de la Siberie. Dans nos scrres on 
admire avec raison les C. insigne, venustum, 
ptirptmttitm, bo rim turn, etc. ; mais plusieurs 
autres especes restent encore a introduire, 
et trois surtout, pour la promptc importa- 
tion desquelles, on ne saurait faire trop de 
vceux, les C. Lindlci/aiuiin, atudutinn ct 
jHiliiiifnlii/in , croissant dans les contrees 
cbaudes de l'Amerique, et dont les fleurs 
sont en grappes; tandis que dans les autres, 
les fleurs ne sont, comme on sait, que soli- 
taires ou rarcment geminees. 

M. Lindley, en donnant le premier de cette 
plantc une figure que nous rcproduisons 



,/./, 



:n\'M; 



colte aux environs de la ville d'Irapeo (unde 
nomen), au Mexique, ayant deux fleurs 
ouvertes a la fois et deux fois plus grandes 
que celles de la plante qui a fleuri dans le 
jardin de la Societe d'Horticulture de Lon- 
dres et a servi de modele pour la figure en 
question. La plante dessechee portait deux 
autres fleurs pretes a s'epanouir. Cet expose 
suffit pour donner aux lecteurs une juste 
idee du haut point ornemental auquel peut 
parvenir ccCypripedium, lorsqu'on sauralui 
appliquer une culture normale. II est deja 
introduit dans quelques collections du con- 
tinent, et l'etablissement Van Houtte, en 
particulier, en a recu directement de beaux 
individus du Mexique. Selon Lexarca, les 
Mechoacaniens lui donnent le nom de flew 
de Pelican (flor del Pelicano); en raison, 
sans doute, de la forme du labelle, renfle en 
une sorte de sac et qu'ils comparent a la 
vaste poche placee sous le bee de cet oiseau. 
Abstraction faite du volume et du nom- 



bre des fleurs, le nouveau Sabot de Venus 
rappellc assez bien le C. pubescens, de l'A- 
merique du Nord. 

Toute la plante est poilue. La tige en est 
flexueuse, articulee et porte des feuilles 
ovees-lanceolees , engainantes a la base, at- 
tenuees ou faiblement acuminees au som- 
met, veinees-striees , d'un vert pale. Les 
fleurs, d'un beau jaune d'or et couvertes 
depoils epars,sont tres amples et disposers 
au sommet du scape, ou elles sortent de 
l'aisselle de bractees foliacees, semblables 
aux feuilles caulinaires; les segments en 
sont egaux, oblongs ; conformes. Le labelle, 
beaucoup plus grand que les segments, est 
extremement renfle au sommet, fortement 
resserre a la base, et macule de pourpre a 
Finterieur. L'etamine sterile, qui est subtri- 
lobee-hastee, pendante, recouvre le gynos- 
teme. Celui-ci est tres court et termine par 
un stigmate subbilabie, quadrilobe, papil- 
leux. 

Ch. L. 



On I 






sis ombre, et en biver dans une bonne serre 
lemperee, sur une tablette bien eclairee, ou 
on la laissera dans un etat de repos com- 
plcl. Pendant Ionic sa peiiodc vegetative, 
e'est-a-dire, pendant la belle saison, on lui 
donnera d'assez frequents arrosements , 
qu on diminuera et qu'on cessera lout-a-1'ait 



au fur et a mesure que les tiges faneront. Le 
sol, dans lequel on la plantera, sera une 
terre normale franche, melangee dc sable, 
pour la rendre plus meuble, et d'un peu 
d'engrais. On se gardera de la planter en 
terre de bruyere, dans laquelle elle ne 
profiterait pas. 

L. VII. 



HYDRAHGEA IPOMCRATA, var. Fll PLE no. 



U,f [^m rS], eau; «yy«« [ro] , vase. Allusion J 



Saxifragacese § Hydrangeae. — Oct-Dec-andria-Digynia. 
CHARACT. GENER. — Flores omnes fertileH v. 

1 "c ?! Kbl'T^" ™ I '' Ua ^ nUe8nta - **«*"* u " «" 
supero 4-5-dentato; Corollas petala 4-5, annuli 



lare, placentis dissepimenti superne interrupti m; 
ginibus adnatis multiovulatis. Styli 2distinc 

bus. Capsula calycis limbo stylisque coronal 

inter stylos foramine aperta, semiseptis margine p 







res, ou leur beau port, leurs fleurs bifor- 
raes et d'un coloris agreable, font un fort bel 
effet. Chacun connait Yhortensia [H. hor- 
tensia Sm.), l'cspece la plus anciennement 
introduite en Europe et toujours si orne- 
nientale. Quelques mots de son histoire ne 
seront pas ici deplaces. 

Longtemps ce magnifiquc arbrisseau ne 
nous a etc connu que par les tentures et 
les dcrans venus de la Chine et du Japon , 
contrees ou il croit spontanement. Koemp- 
fer, le premier, en fit mention dans ses 
Amernitates exoticce • i 



lillmiN dfss.Vli,'- 



voyer en Europe 



.l(s.rli;ill- 
iVIInrh <■ 



en 1775 ; ce fait ct cette date sont exacts, et 
detruisent cette ctymologie du genre Hor- 
tensia, dans laquelle quelques auteurs du 
commencement du XIX e siecleontvoulu voir 
la Reine Hortensc, sceur de l'empereur Napo- 
leon. L'arbuste fut pour la premiere fois in- 
troduit vivant dans le Jardin de Kew, en 
1790, d'ou Cels, celebre botaniste-horticul- 
teur d'alors, s'en procura bientot de jeunes 



(I) Cevoyageuren fit encore un autre genre dis- 
inct, qu'il dedia sous le nom de Peoutia {P. coe- 



itulividus qu'il repandit dans le 
francais. Toutcfois en raison d'une culture 
iiTalioniiclle, I'arbuste ne produisit d'abord 
quede fleurs chetives et en petit nombre; 
mais cultive enfin en tcrre dc bruyere, 
et abondamment mouille pendant sa periode 
vegetative, il devint bientot cet admirable 
ornement qu'on connait. Ce fait demontre 
surabondamment qu'il ne faut jamais juger 
une plante, des la premiere ou la seconde 
annee de son introduction ; mais en essayer, 
la culture de drs 
ler ss 

Plusieurs espeees du meme genre ont ete 
depuis egalcment introduites, fort agrea- 
bles aussi; mais dont aucune, en raison de 
l'enorme volume des corymbes de la pre- 
miere et de leur agreable coloris , n'a pu 
la faire oublier, ou plutot la de'troner, au 
moins sous le point de vue horticole; car, 
dans ces nouvellcs plantes, il n'y a guere 
qu'un petit nombrc de fleurs, exterieures 
au corymbe,qui par leur sterilite acquierent 
cette grandeur qu'on remarque dans toutes 
celles de l'ancienne. Celle-ci doit-elle sa 
monstruosite si charmante a une longue 
culture dans les jardins cbinois et japonais? 

pas improbable qu'il en arrive tout autant 
a ses congeneres, sousl'influence de la meme 

La belle espece en question vient appuyer 
cette conjecture. Cbez elle les fleurs sterilcs 
des bords du corymbe sont bien doubles, 
d'un ricbe coloris rose, et rappellent assez 
bien les cbarmantes Roses dites Pompons. 
Selon M. Siebold, qui parait cependant 
n'en etre pas l'introducteur a 1'etat vivant , 
elle croit sur les montagnes les plus hautes 
des iles de Nippon et de Sikok, ou elle fleu- 
rit pendant les mois de juillet et d'aoiit. On 
la cultive frequemment dans les jardins de 
ces contrees; et e'est la sans doute que se 
sont montrees les fleurs doubles en ques- 
tion. Elle ne s'eleve guere qu'a un metre 
et forme un beau buisson etale. L'illustre 
voyngcur au Japnn nous apprend qu'on 



y en distingue quatre varites : Tune a 
fleurs lilas, 1'autre a fleurs carnees, la 
troisieme a fleurs jaunatres, la quatrieme a 
fleurs roses ; e'est de cette derniere dont il 
s'agit. 

Ses feuilles sont opposees, arrondies a la 
base ou subcordiformes, largement ovees- 
cuspidees , scabriuscules en raison de poils 
blancs, couches; longues de 4-5pouces, 
sur 2 i - 4 de large , et bordees de denti- 
cules serrees, setacees-mucronees. Les pe- 
tioles, longs eux-memes de deux pouces, 
sont semi-cylindriques , canalicules en des- 
sus, renfles a la base et forment ainsi une 
sorte d'anneau autour de la tige. Stipules 
nulles. Les cymes florales sont tres amples, 
etalees, renfermees avant l'anthese dans 
un involucre ou alabastre globuleux forme 
de 6 ou 8 eeailles decussees-imbriquees, 
suborbicula ires , blanchatres - tomenteuses 
en dehors et promptement caduques. Le 
pedoncule est rigide, dresse, subtetragone, 
bibractee au milieu, legerement tomenteux, 
ainsi que toutes les divisions corymbaires 
et les calyces. Las fleurs steriles, au nombre 
de deux ordinairement sur chaque rayon 
du corymbe, sont portees par de longs 
pedicelles raides et dresses. Leur calyce est 
profondement quadriparti , a divisions ellip- 
tiques ou arrondies, velues en dehors et 
colorees, comme nous 1'avons dit , selon les 
differentes varietes. Chez celle en question, 
ces fleurs sontpresquepleincs. Les fleurs fer- 
tiles sontnombrcuses, depourvues debrac- 
tees et portees par des pedicelles raides et 
inegaux. Le calyce adne a l'ovaire est persis- 
tant, suburceole, a 4 ou 5 dents deltoides. 
La corolle est formee dc 4 ou 5 petalcs on- 
guicules, oblongs, obtus, glabres. Les eta- 
mines, au nombre de 8 ou 10 , ont des fila- 
ments filiformes, glabres, qui alternent 
avec les petales ou leur sont opposes, et 
sont termines par des antheres quadrilo- 
culaires presqu'arrondies, basifixes, echan- 
crees aux deux extremites. L'ovaire, totale- 
ment immerge, est subglobulcux,incomple- 



les sont subconiques, glabres, arques et I 
ne depassent pas le calyce; ils se ter- 



apsulc n'es 
Ch. L. 



Fig. 3. Une etamine coupee traiuve 



La culture generate des Hydrangeas 
fre, sans doute, aucune difficulte ; raai 
demande quelques soins speciaux que je 
vais indiquer sommairement. lis peuvent , 
grace a ces soins, jbraver impunement tou- 
tes les rigueurs de nos climats , puisque la 
plupart de ces plantes croissent sous des 
latitudes semblables aux notres et a des 
hauteurs souvent tres considerables au- 
dessus de la raer. 

II faut les planter en terre de bruyere 
pure, non passee au crible. La plate-bande, 
ou massif, sera placee au nord, dans une 
situation bien aeree, mais entierement a 
l'abri du soleil depuis 9-10 du matin jus- 
qu'a 4-S du soir en ete. Le sol, d'une epais- 
seur d'un pied et demi au plus, sera en 
dessous bien draine, c'est-a-dire , exhausse 



sur un lit epais de pierrailles et de gravats, 
afin d'eviter en hiver la stagnation des lon- 
gues pluies. Pendant toute la belle saison , 
et tant que durera leur vegetation on leur 
prodiguera les arrosements. 

Multiplication aussi facile que rapide par 
le bouturage des jeunes rameaux, opere a 
chaud ou a froid. 

La belle variete a fleurs doubles , dont il 
est surtout question dans Tarticle qui pre- 
cede, ne saurait se distinguer du type, 
quand elle n'est pas en fleurs ; aussi dans 
mon etablissement , ou je crois les posseder 
toutes deux, je ne pourrais sciemment expe- 
dier Yune ou Y autre; je les adresse done 
aux amateurs par couples, afin de doubter 
leur chance. 



HILLIA PRASIASTHA. 

Cinchonaceae $ Gardenieae (Lindl. Veg. Kingd.). — Hexandria-Monogynia. 

CHARACT. GENER. — Calyx ba« involucel 



limbi 4-6-partiti lobis patentibus pla 



les inclusae. Ovarium inferum biloculare. ( 
rima adscendentia anatropa. Stylus filiform 






Fruticcs v. suffrutices 




71. G.Don. Gen. Syst. 

Hillia longx flora Hort. non Swaktj 



Cette plante, fort reraapquable a divers ti- 
tres, est, a ce qu'il parait, depuis longtemps 
introduite dans les collections en Europe, 
ou cependant elle est fort rare. Sweet (1. c.) 
Iui donne les Indes occidentales pour patrie 
et assigne 1824, comme l'epoque de son 
introduction. Loudon (1. c.) la fait venir de 
Ceylanetditqu'ellea ete introduite en 1820. 
On voit, par cette dissidence, qu'il n'est 
guere possible d'etablir d'une raaniere pre- 
cise les faits qui concernent son histoire. 
( Nous avons eu occasion de la voir fleurir 
a diverses reprises cette annee , dans le jar- 
din Van Houtte 

i , qu'elle n'avait 
3 genre Solomlrtr. H 
paries caracteres de sa foliation, et surtout 
par ceux de ses fleurs et de ses fruits. Nous 
croyons pouvoir, avec certitude, la rappor- 
ter au genre Hillia de Jatquin, comme on 
< x n peut juger par la phrase diagnostiquc que 



nous avons donneeci-dessus, ainsi que par la 
description suivante; et la regarder comme 
nouvelle dans ce genre , dont aucune espece 
ne nous a paru identique avee elle, si ce 
n'est peut-etre celle de Chamisso et Sclilch- 
tendal (linn. 1829. 201.), //. brusilieiisis, 
dont le Prodrome de Decandolle se contente 
de dire : Cor. B-fidis 6-andris, lucinii.s 
"olia ovalia acu- 
Toutefois , dans 



ovcLvs-lauendees, et non ovales, les Iacinies 

calycinales lineaires-aigucs et non obtuses. 

Notre Hillie parait etre un arbrisseau peu 

eleve, 



; rolmste, s'attachant aux arbres 



ment glabre. Ses rameaux sont verts, cy- 
lindriques, courts et portent des feuilles 
opposees, distantes, ovees-lanceolees, acu- 
minees, epaisses, d'un vert luisant. Les ner- 
vures en sont pennees, reguliercs, oblique- 



mentcourbees, saillantes; les petioles courts, 
renfles en dessous , legerement canaliculus , 
en dessus. Les stipules ovees-lanceolees, 
tres obtuses, veinees-striees , carenees dor- 
salement, sont appliquees et forment une 
sorte de gemrae foliaire entre les deux 
dernieres feuilles, au soramet des rameaux. 
Elles tombent aussitot que la foliation com- 
mence, et laissent apres elles une cicatrice 
annulaire, qui ne tarde pas a disparaitre. 
Les fleurs sont terrainales , solitaires , tres 
brievement pedonculees, un peuvisqueuses, 
d'un vert tendre, luisant en dehors, d'un 
bleuatre glauque sur les segments internes, 
couverts d'une efflorescence cereuse. Tout 
Tensemble de la fleur est vraiment elegant. 
Le pedoncule sort d'un involucre diphylle 
semblable en tout aux stipules que nous 
avons signalees , et aussi promptement ca- 
duques qu'elles. Le calyce, tres court, ove , 
etroitement conne avec l'ovaire, se decoupe 
au sommet en six segments lineaires-aigus, 
etales-dresses , presentant, sous la loupe, 
des nombreuses granules glandulaires sous 
l'epiderme. Le tube perianthien , insere a 
la base des lacinies du calyce , est cylin- 
drique, etroit, obsoletement coste, long 
d'environ 3 pouces. Vers le milieu il se di- 
late tout-a-coup et devient campanule, 
fortement coste-anguleux et se reflechit au 
sommet en six segments laneeoles , arron- 
dis-obtus , revolutes. Les etamines, au nom- 
bre de six, sont inserees, a l'entree du tube 
contracte et n'atteignent pas en longueur 



l'orifice du perianthe; les filaments en sont 
dilates, courbes, declines, rassembles vers 
la partie inferieure du tube; les antheres 
sagittiformes; pollen jaune pale. Le style 
est bisulque-spiral, attenue au sommet; a 
stigma te renfle, bilobe, d'un bleu azure. 
L'ovaire, coupe transversalement , presente 
dans son epaisseur corticale deux sortes de 
vaisseaux creux, tels que ceux qu'a signales 
M. Hooker dans la Gardenia Sherbournios: 
curieux organes dont l'usage est encore 
inconnu. II est legerement com prime, bilo- 
culaire, et sur ses deux placentaires s'atta- 
chent de nombreux ovules. II lui succede 
une tres longue capsule baccienne , follicu- 
liforme , couronnee par les lacinies du ca- 
lyce legerement accru. Ce fruit, que nous 
avons eu occasion d'examiner a l'etat de 
maturite, dans le jardin Van Houtte, est 
long de plus de 4 pouces, comprime, suban- 
guleux lateralemcnt, et contient un grand 
grain 



barbellees, qui, vucs au microscope, rap- 
pellent tout-a-fait celles des Synanthcrees. 
Le pedoncule, outre les stipules dont 
nous avons parle et qui forment l'involucre, 
est encore pourvu de deux tres petites brac- 
tees charnues , subtrigones , qui persistent 
plus longtemps. Les fleurs exhalent une 
odeur douce, tres legere. 



Voyez ce que j'ai dit de la culture des 
Gardenia Stanleyana et Sherbournice, dont 
les particularity s'appliquent bien a la 
plante ci-dessus. Toutefois on la tiendra un 
peu plus humide, au moyen de seringuages 



exemple, sur lesquels on fixe des Orchidees, 
la plante n'en serait que mieux et trouverait 
la, pour ainsi dire, la station qu'elle aime 
dans son pays natal. 

Je tiens cette plante de l'etablissemont de 
M. Jacob-Ma koy. 

L. VH. 



PL. VII et VIII. 



STEMCARPIIS CUMMHAMI. 

(AGNOSTUS SINUATUS.) 



Proteacese (Folliculares) § Grevillese. — Tetrandria-] 

ire Kbits (r. caulinis) pedunculate 



mus. Semi n a basi in alam arachnoideam producta CHARACT. SPECIE1: S. foliisamplis obovato 



Innatifidis) glandulis i 



Miscellany, telles que les Grevillea t 









soupconnait avec raison que l'arbre appartenaita la fa- 
mille des Proteacees. Cette pensee fut confirmee par 
plusieurs fruits (depourvus de graines) que je recus 
en 1843, de I. Bidwill, qui les recueillit dans la 
meme localite; fruits d'apres lesquels M. R. Brown 
de'clara que la plante appartenait au genre Steno- 
carpus. Je suis redevable de plusieurs beaux echan- 
tillons en fleurs, que je recus, en aout 1846, a la 
bienveillance de MM Weeks et Day, et provenant 
de la serre temperee de ¥ United Gardner's So- 
ciety, King's Road ., a Chelsea ; etj'apprends deM. Ma- 



dans le but de la multiplier (2). B. Smith fait re- 
marquer qu'elle ve'gete avec vigueur et n'est pas 
sujette, comme beaucoup de Proteacees a perir 

.Plante formant un petit arbre de 16 pieds et 
plus de hauteur, a tronc elance, ramifie et portant 
au sommet des branches un ample feuillage toujours 
vert, luisant. Feuilles alternes, obovees-lanceo- 
lees,obtu8es, petiolees, entieres ousinuees, lobe"es 
et pennatifides , penninerves, d'un a deux pieds de 
longueur; a segments oblongs, obtus, glabres et 
entiers(3). Fleurs en ombelles composees, pedoncu- 
lees , laterales sur les vieux rameaux ou quelquefois 



cinq rayons (Ombellulea) , dont quatre 



verticilles 

duvet dore, decidu 



verdatre. Le mode d'epanouissement des cinq sepales 
lineaires-claviformes est tres-curieux et ajoute beau- 
coup a la beaute de la fleur, lorsqu'ils sont tous 
etale's a la fois. Leur couleur interne est d'un 
tres-brillant ecarlate orange, ainsi que celle du 
pistil; et les sommets dilates en massue (ou sub- 
spathutes) des sepales, sont ainsi, que les large* 
stigmates seulement, d'un jaune d'or. En premier 
is trois segments externes de chaque fleur, 
sont defiechis et pendent en cercle autour de l'axe: 
disposition qui a distance les ferait prendre pour les 
de quelque splendide Composee. Et en meme 



e tiennent droits, leur disposition totale en 
cle du plus riche coloris, forme une cou- 
sur l'ombelle. Dans l'interieur de cette cou- 



i quatorze rayons partiels, < 

ec la plus parl'n 

eu vers le haut et portant c 



ferieure est verticale ; la moitie superieure s'inchne 
en dehors presque homontalement. La premiere 
est formee par les stipes qui portent a la base une 
longue ecaille adne'e d'une couleur de sang fonce. 
L'arcuation ou geniculation du pistil a lieu sur 
l'ovaire qui est petit, soyeux et contient plusieurs 
ovules. Le style ressemble exactement a son »tipe. 
Le stigmate est un disque obliquement comprinie', 
lateralement dilate, d'un jaune d'or. Le fruit est 
une capsule folliculaire presque cylindrique, ausw 
grosse que le petit doigt, apiculee, ligneuse, d'un 
brun chocolat , s'ouvrant longitudinalement par un 
des cotes. D'apres quelques vestiges des graincs, il 



plante etait deja certainemeni 



CYPRFPEDIU1 BARBATIII. 

sabot de vesus d fleurs barbues. 
Ettm. Voyez ci-dessus. PI. IV. (N<> 186 ) 

Orchidacea? § Cypripedieae. — Gynandria-Diandri 
CHARACT. GENER. — V. ibidem 
CHARACT. SPECIEI: C. (Jacaulia.) acaule 



La plante dont il s'agit ici est originaire 
del'Inde, ou Cuming la trouva sur le mont 
Ophir, dans le detroit de Malacca. Blume , 
auparavant l'avait signalee dans l'ile de 
Java. Elle est tres voisine des C. venustum 
et purpuratum. En l'absence des fleurs, on 
pourrait raeme presque la confondre avec 
cette derniere, en raison de la ressemblance 
de leur feuillage. 

Les feuilles en sont toutes radicales, dis- 
tiques, oblongues, aigues, canaliculus, a 
bords inferieurs resserres et embrassants; 
elles sont agreablement veinees-reticulees 
de vert plus sombre que le fond. Le scape 
est pubescent , uniflore, plus long que les 
feuilles, d'un pourpre fonce, et termine par 
une bractee ovee, cucullee, verte, beau- 
eoup plus courte que 1'ovaire. La fleur est 
tres grande, dressee, etalee. Le segment 
supe'rieur en est drcsse, tres large, arrondi 



ment ligne de vert et de pourpre , presque 
jusqu'au sommet. Les deux lateraux (peta- 
les) sont lineaires-oblongs, tres etales, por- 
teurs au bord superieur de petites verrues 
poilues , d'un pourpre noiratre. La couleur 
de ces deux segments est en dedans d'un 
riche violet , melange de vert a la base ; en 
dehors ces deux teintes se remplacent mu- 
tuellement. Le labelle est tres grand, pen- 
dant, glabrc, d'un violet pourpre, passant 
au roux ; il affecte la forme qui a fait don- 
ner au genre le nom qu'il porte ; l'ouverture 
en est evasee, a bords legerement dejetes. 
Le gynosteme et les antheres sont d'une 
conformation telle, que les figures ci-contre 
la rendront mieux que toutes les periphra- 
ses possibles. 

Ch. L. 



Les cypripedes exotiques se cultivent chaude, on les tient dans les coins les plus 

<'omme les Orchidees terrestres, e'est a-dire froids et les plus acres. On en entretient la 

en pots, dans un terreau de bruyere, entre- terre legerement humide, en evitant de les 

roele de detritus de bois et de mousses. lis seringuer; car dans ce cas, Teau en station- 

Peuvent au besoin se contenter de la serre nant dans le cceur, causerait la pourriture 

1 e, dans laquclle on les place dans un des jeunes feuilles et par consequent celle des 

n r «it ehaud, mais ombrage. Dans la sen . I'uiuros (Ictus. Ouand on en lavera les feuil- 



les, soin qu'il faut renouveler souvent, on I rait pu s'y glisser. La multiplication en et 
aura la precaution de renverser la plante facile par la separation des pieds, qu'o 
pour la faire cgoutter, et on soufflera merae | traite aussitot comme plantes-meres. 
entre les feuilles pour chasser l'eau qui au- L. VH. 



GARDENIA DEVOMNA. 



<;incli<miur;i> -, Ciucltunea'-Gardenieee. 



«Cette ylorieuse plante est originaire de 
Sierra-Leone, d'ou M. Whitfield en a im- 
porte des individus vivants. Elle est peut- 
etre la plus belle dc sa noble race; et nous 
en avons la conscience, elle est dignc du 
nom que nous avons risque de lui conferer. 
Quelque belle que soit la Gardenie de Lord 
Derby [G. Stanleyana) , elle est aussi loin 
de celle dont il s'agit, qu'un Corate Test d'un 
Duche. » C'est ainsi que s'exprime M. Lind- 
ley, en parlant de la plante dont il va elre 
question , bien belle certainemcnt, raais qui 
cependant ne fera pas oublier, selon nous , 
les G. Stanleyana, Whitfieldii, et quelques 









tent, a tous egards, dc faire les honneurs 
de nos serres cbaudes. 

II est bien regrettable que le savant au- 
teur anglais nc nous apprenne rien de plus , 
que cc qui precede, au sujet de 1'histoire de 
cette remarquable Cinchonacee , dont il ne 
donne non plus aucune description. Nous 
ne saurions done rien dire de son habitus, 
n » de la hauteur qu'elle atteint dans son 
Pays natal. 

C'est (tres probablement) un arbrisseau (d ) 
Peu eleve, inerrae, doue d'un bel ct ample 
feuillage, et voisin, par la forme et la lon- 



H)i, 



ftique specifica Lindleyat 



gueur dc ses fleurs, de la G. Stanleyana. 
Les feuilles en sont opposees, papyracces, 
oblongues-lanceolces, acuminees, ondulces 
aux bords, a nervurcs largement reticulees 
et immergecs en dessus. Pendant la jeunesse 
elles sont legerement poilues, glabres en- 
suite, et conservent seulement un peu dc 
duvet en dessous dans les angles des ner- 
vules. Les stipules sont dilatees a la base, 
entieres, sublineaires. Les fleurs sont soli- 
taires, terminales, dressees; leur limbe 
evase rappelle assez bien, par sa forme et^sa 
blancheur, les fleurs du Lilium camUdum. 
Le calyce en est court, partage jusqu'a la 
base en cinq segments lineaires-lanceolcs, 
etales; il est conne avec un ovairc tres court, 
pyriforme. Le tube corolleen est allonge, 
grele , long de pres d'un p * -' 
gercment lave de vert: il 
met en un limbc campanule, tres ample, 
d'un blanc pur d'abord, passant ensuite, 
en vieillissant, en une teinte legerement 
paillee. En dehors, dix cotes elevecs, ver- 
tes, dont cinq aboutissent aux cinq sinus 
de la corolle et cinq au sommet des lobes, 
dont ils forment la nervure mediane, tran- 
chent sur la blancheur du fond. Les lobes 
dcla corolle sont grands, etaleWevolutes , 
oblongs, obliquement et assez fortcment 
echancres au sommet, a bords releves, fai- 
blement ondules. Les etamines sont oblon- 






gues,subscssiles et tixees iinmcdiatement a I C'est sartout parmi les (iardrmees 
I'orifice do l'evascment du limbc ; ellos sont I Cincbonees et lcs Psychotriees qsn 
d'un jaune d'or et cnlourees au sommet de | anomalies se font remarquer. Ainsi po 
lirs pelils points pourprcs. Le style, Ires j parler ici que des plantes en question 
grele, cstsurmonte par un stigma te jaune, 
verdatre, renfle, oblong, bifide, dont cba- 
que segment se termine en forme de petite 
boule (ad figuram!). Ccetera desiderantur. 
Dans l'etat actuel de la science, la plupart 
des genres de la famille des Cinchonacees 
(Rubiacees) , appellent une prompte et se- 
vere revision, lis se composent souvent, en 
effet, d'espcccs entiercment 
sont a peine ou point distir 



cet article, le <j,vnvv Canlenia presente des 
especcs tout-a-fait disparates. II n'y a , en 
effet, aucun rapport entre les Gardcnies 
que nous avons citees : G. Stanleyana, 
Whitfieldt, Sherbournice , Rothmanni, etc., 
et lcs (L florida, amama, latifolia, etc., etc. 



tide (litrdviiiu SlHitlrijiu 
iidliurniv complete de 



BitrasraiA CILIARIS. 



£ttb. Charles, due de Brunswick-Lunenbourg , promoteur de rhortieulture (1753). 
Amaryllidaceai § Amaryllidea?. — Hexandria-Monogynia. 
CHAMCT GENER. -Perigonium corolli 



lobo. Capsula menibnuiactni >nhiliaj-.liiinji turbi- 
igona, lobis depressis v. alatis, 



CHARACT. SPECIEI : B. bulbo oblongo alter 

latis, scapo subcylindrico , spathae foltolis t 
)blongis, floribus plurimis (60!) parvi*, peduii 



— guttata id. Syst Veg. edit. 13. '265. 

Ait. hoTKew. ed I .'vol. I. 404. Wiild. Spec. II. 

96. J acq. fragm t. 41. f I. SpaEnc.Syst.Veget. 1 1 56. 

liaophunv rilmris. Herb Treat app. 18 Buphane 

Herb Hot. Hag. sub t . ^"H in „ota. (Serine el I.u- 



Indigene au Cap de Bonne-Esperance , 
c eUe pknte singuliere est fort rare dans nos 
Jwdins, bien qu'introduite, dit-on, en Eu- 
r °Pe, des 1752. Par suite d'une culture ir- 



i ftoraison , lorsque, selon ( 



nous apprend M. Lindley, elle accomplit en- 
fin cet acte. important de la vie vegetale, 
en 1825, chez un amateur en Angleterre. 
Ce n'est sans doute pas un des plus hrillants 
enfants de cette famille, et pour 1'ampleur 
et pour le riche coloris de ses llimrs; nean- 



moms, lVlnmgehMlr son ensemble, sesfeuil- 
les bordees d'epais cils noirs, ses nombreu- 
ses petites fleurs d'un violet sombre et lon- 



guement disposee; 



5 place dans toute col- 
lection de choix. Nous devons ajouter qu'en 
se conformant aux sages preceptes qui ont 
ete donnes, dans ce recueil, sur la culture 
des plantes du Cap, a l'occasion de la Cum- 
mingia trimaculata (T e l er p. 180), du Cyr- 
tanthus obliquus (T e II n° 456) et surtout 
des Sparaxis et des Ma (II. PL I-II. n» de 
juillet). II est a peu pres certain qu'on ob- 
tiendra volontiers les fleurs de la plante en 
question. 

Son bulbe est ove-oblong, assez petit, 
attenue-comprime au sommet. Ses feuilles, 
au nombrc de trois ou quatre, sont ovees- 
oblongues, etalees, planes, obtuses, glabres 
sur les deux faces et bordees de cils tres- 
epais , d'un brun plus ou moins noiratre. 
Le vert en est tres-fonce, et en dessous vers 
la base, se remarquent quelques macules 
pourprees. Le scape, un peu plus long que 
les feuilles (6 ou 8 pouces) et qui parait 
avant elles, est cylindrique, nu et se ter- 
mine au sommet par une ombelle hemis- 



pberique formee de 50 a 60 fleurs , sortant 
d'une spathe triphylle, dont leslacinies, 
oblongues, concaves et colorees, se refle- 
chissent en dessous. Les pedoncules, com- 
parativement a l'exiguite des fleurs, sont 
tres longs, trigones, assez robustes, d'un 
blanc verdatre. Le tube floral soude avec 
l'ovaire et continu avec le pedoncule (ad 
figuram) est tres-peu dilate , ove-trigone , 
tres-court et se divise bientot en six laci- 
nies presque egales, regulieres, lineaires- 
oblongues, reflechies, d'un violet tres- 
fonce et margine de blanc. Les etamines, 
de moitie plus courtes que les lacinies, sont 
violacees, etalees en etoile, et se soudent 
vers la base en un large disque hypocrate- 
rimorphe, blanc, et comprimant etroite- 
ment la gorge du tube qui est verte. 

Le style, beaucoup plus court que les eta- 
mines, parait attenue-obtus au sommet. 
L'ovaire est renfle, triloculare; chaque 
loge est bi ou trisperme seulement. Les 
ovules en sont ascendants et fixes par 
leur base acuminee au milieu de 1'axe. 

Ch. L. 



Je me suis suffisamment etendu , a l'oc- 
casion de plusieurs plantes bulbeuses, citees 
ci-dessus , sur les moyens certains ou pro- 
bables de conservation et de multiplication 
de celles du Cap , ainsi que sur les procedes 
qui pourraient les amener a floraison. II 
n'est pas inutile toutefois d'indiquer ici quel- 

tiellemcnt applicables a ccrtaines especes, 
et particulierement a celle dont il est ques- 
tion ci-dessus. L'important en horticulture 



chez nous les climats r 



aturels. Aussi est-ce 
contre cet ecueil que viennent echouer les 
efforts irrationnellement combines des hor- 
ticulteurs. C'est ainsi que les plantes bulbeu- 
ses doivent etre considerees comme des plan- 
tes annuelles, devant accomplir chez nous 
leur evolution totale en moins d'une annee. 
II ne faut pas les laisser vege*ter en hirer ; 
c'est par la que leur floraison avorte si con- 
stamment chez nous. 



Je citcrai ?i I'appui de mes assertions, un 
amateur, M. le baron de Peu thy, a Hundel- 
ghem,pres Bruxelles, qui, par exemple, tous 
les deux ans voit fleurir chez lui Y Amaryl- 
lis Josephine, parce qu'il la tient en pleine 
terre , a 1'air libre, toute 1'annee, ft l'excep- 
tion de quelques mois d'hiver, pendant les- 
quels il la couvre d'un chassis froid. II faut 
agir ainsi a regard des Brunsvigia, des Ne- 
rine, Ammocharis, etc.; les planter au pied 
d'un mur au midi, en sol riche, profond et 
abondamment draine ; les y enfoncer jus- 
qu'au collet , les arroser legerement pendant 
la vegetation et les laisser absolument sans 
eau pendant leur periode d'inertie. Si pen- 
dant les premieres annees, quelques bulbes 
persistaient a vegeter en hiver, il faudrait 
les laisser a eux-memes et ne rien changer 
aux errements presents; lis finiraient bien- 
t6t par se plier aux exigences de leur nou- 
vellc patrie. 



/s/y,/,,, 



BEJARIA (befaru) LEDIFOLIA. 



I>ai uircui //<■/,/ m 



Ericaceae § Rhododendrea?. — Dodecandria-Monogynia. 



. GENER. — Ca 



patentia. Stamina 12 y. Uhypogyna, filamen- 

poro obi i« urn dolus, ulibus Ovarium 6-7locu- 
lare, loculis nmltiovulatis. Stylus filiformis, sti- 
gmate depressso-cnpituto , radiato-sulcato. Cap- 
8ula 6-7-locuk) i s septiciile «i-7-v.ilvi.s . pl.icentis 



rimis, floribus termin 
.. (Befaria) Gen. Pi. 4342 



CHARACT. SPECIEI : B. foliis oblongis g.ibmu- 

nalibus, pedunculis pedicellis rhacbi ramulis caly- 

Bejarin (llefam!) ledlfolia. Eraon. PI. aequin. 



«Au milieu d'une foule de vegetaux aussi 
gracieux que varies , qui couvrent les ver- 
sants froids et temperes de la chaine des 
Andes , les especes du genre Bejaria se font 
particuliercment remarquer et par l'ele- 
gance de leur port et par le splendide co- 
lons de leurs fleurs. Dans la Colombie, ou 
dies se montrent le plus nombreuses , elles 
tronent sans rivales parmi les charmantes 
plantes qui ornent les regions elevees des 
CordiUieres (ou Andes) depuis le littoral 
venezuelien jusqu'aux frontieres du Perou 
et jusqu'aux cotes de l'Oeean Pacifique. La 
zone alpine qu'elles habitent de preference 
commence a environ 5,000 pieds au-dessus 
du niveau de la mer et finit a 9,000 de 
hauteur absolue. Je dois en excepter toute- 
fois la Bejaria glaaca HB. et B., que j'ai 
rencontree a Galipan, province de Caracas, 
a 4,000 pieds seulement, et la B. cestuans 
Mit. qui a l'entree de Paramas, dans la 
haute Cordiliere de la N Ue Grenade, s'eleve 
jusqu'a 9,500 et 10,000 pieds de hauteur. 
L » grande affinite que ce genre presente 
avec * e Rhododendrum lui a valu le nom 



de Rosage (les Andes, que lui applique 
avec justesse M. Alexandre de Humboldt. » 
« L'espece dont il va etre specialement 
question surpasse s 
ficence et habite < 
de la Silla de Caracas, depuis 6,500 jus- 
qu'a 8,400 pieds d'elevation. Elle y a ete d6- 



cette montagne, M. Funck et moi , en mars 
4842, nous apercumes les premiers indivi- 
dus de cet arbrisseau, en sortant du Pe- 
jual (1), au milieu d'une admirable V(5g6- 
tation alpine, composed de Vaccinium cara- 
ai.sanum HI), ct K., de Gaylussacia buxi- 
folia HB. et K., de Trixis nerii folia HB. , de 
diverses especes de Symplocos, de Rhachi- 
callis , et d'une foule d'autres plantes. C'est 
dans cet habitat qu'il acquiert son plus grand 
developpement; il y atteint 10 ou 12 pieds 



dc hauteur. Use rapetisse ensuite graduelle- 
men t en se rapprochant du sommet , ou il n'es t 
plus bientot qu'un chetif arbuste , rampant 
peniblement entre les pierres, incessam- 
ment battu par les vents et sous l'influence 



Nos lecteurs trouveront sans doute au- 
tant de plaisir que nous , a la lecture de la 
notice qui precede et que nous extrayons 
d'une lettre de M. Linden, voyageur-bota- 
niste, dont nous avons eu tout recemment 
occasion de mentionner le zele et le devoue- 
mentpour enrichir la botanique etl'horticul- 
ture qui , toutes deux , lui doivent un grand 
nombre de plantes interessantes. Celle dont 
il s'agit est du nombre, et il a pu l'obtenir 
vivante,au moyen du semis de sesgraines, 
dans le courant de l'ete dernier (1846). Ce 
sera, certes, pour nos serres froides un admi- 
rable ornement, qui pourra rivaliser sans 
desavantage avec les Azalees et les Rosages 
de l'Inde. 

Chez nous, elle s'elevera probablementpeu 
et ne depassera guere un metre. Dans son 
pays natal elle fleurit au mois de janvier. 

C'est un arbrisseau touffu (1), a rameaux 



defies, rigides , couverts , ainsi que la ner- 
vure mediane sous les feuilles (dont le reste 
est glabre) de poils divariques, glanduleux, 
rougeatres. Les feuilles sont serrees, pe- 
tites, lanceolees-oblongues, rigides, subco- 
riaces, tres-lisses, aigues-mucronees au 
sommet, a bords roules en dessous. Les 
fleurs, grandes, belles et d'un beau rouge 
coecine, sont disposees en corymbes irre- 
guliers, multiflores, au sommet des ra- 
meaux. Le rhachis, les pedoncules et les 
calyces sont entierement revetus d'une pu- 
bescence courte , rougeatre , rude , glandu- 
leuse, tres-visqueuse. Le calyce est court, 
renfle a la base, sex ou rarement septem- 
fide. Les petales, en nombre egal aux seg- 
ments du calyce, sont lanceoles-oblongs, 
obtus, etales. Les etamines(12, rarement 44) 
a filaments greles, pourpres, sont aussi 
longues que les petales, et terminees par 
des antheres biloculaires , jaunatres, s'ou- 
vrant au sommet par deux pores obliques. 
Le style, pourpre egalement, est robuste , 
plus long que les etamines, arque-ascendant 
et termine par un stigmate capite, sex-fide. 
L'ovaire est petit, plan au sommet, G-coste, 
sex-loculaire. Les ovules sont nombreux, 
pendants , fixes a un placentaire epais, oc- 
cupant Tangle de chaque loge. Capsule 



L'introduction dc la plantc dont il est 
ici question sera fort agreable aux amateurs. 
Tous voudront la posseder et jouir de son 
charmant effet |au milieu de cette foule de 
delicieux arbustes qui peuplent nos serres 
froides, les Leschenaidlia , les Andromeda, 
les Hovea, les Pidlena'a, les Erica, etc., etc. 
II ne serait peut-etre pas impossible de la 
croiser avec les Ledum, et d'obtenir ainsi 
une nouvelle el pr&ieuse race <le pinnies 
d'ornement. On pourrait tenter aussi dc la 
greflcr sxvr AzaUe de l'Inde. En alfemlanf 
qu'il devienne loisible de faiic res inte- 















ou en orangerie, a la meme epoquc que les 
plantes dont je viens de parler. On la mul- 
tipliera de boutures herbacees, faites au 
mois de juin ou de juillet, sous cloche et 
sur couche tiede. II est pi*obable aussi 
qu'on pourra en obtenir de bonnes graines, 
qui, tout en perpetuant facilemcnt Tespecc 
chez nous , pourront nous donner quelques 



CLII1TIS TCBBMSA. 



Ranunculaceae § Clematideoe. — Polyandria-Monogynia. 



num revolutis (coeruleis 



antibus. Timczucl. infra c. 

lima Tcrczah. Bull, des Nat. de » 
i. XI. 148. Viip. Repert. 1. 5. Bot. Mag. 1 



Parmi ces vastes contrees situees au nord 
de la Chine , dans l'Asie centrale et orien- 
tate, contrdes moins connues des Euro- 
peans que ne le sont le Bresil et le Mexique, 
en raison peut-etre de l'aprete extreme de 
leur climat, plus froid en general quel'Eu- 
rope , bien que situe sous les raemes pa- 
rallels; des difficultes extremes et-des ob- 






qu'elles oppo- 



sed aux voyageurs, par les deserts, les 
neiges, par les rivieres et les nombreux 
jacs,^ et surtout par l'inhospitalite de leurs 
i sauvages ; parmi ces con- 
> , il faut ranger au pre- 
mier rang la Mongolic. Marco Paulo le 
Premier, et apres lui quelques missionnai- 
naires, nous ont fourni des renseignements, 
men incomplets malheureusement , sur les 
productions naturelles et la constitution 
Physique de ces pays. L'ambassadeur an- 
glais en Chine , lord Macartney, en 1792, 
e n parcourut une petite partie , et il est 
r este de son expedition quelques documents 
Pree.eux. Parmi les naturalistes, le russe 
iurczaninow, etabli a Irkoutsk, par ordre 
du gouvernemcnt russe, pour etudier et 
eollecter les objets d'histoire naturelle de 
<<> sanvagos contrees, et 1'aIIemand Alex. 



Bunge , en compagnie de missionnaires rus- 
ses, ont fait connaitre, dans ces derniers 
temps, quelques plantes de la Mongolie; 
et ce sont a peu pres les seuls auteurs a qui 
la botanique soit redevable d'une connais- 
sance, bien superficielle encore, de la vege- 
tation de cette immense region. 

Et cependant, ces pays sont incessam- 
ment traverses par des caravanes de mar- 
chands russes, qui se sont monopolise le 
trafic des marchandises et des denrees ne- 
cessaires a ces peuples , trafic fort lucratif , 
bien que dangereux, dans la Mantchourie, 
la Mongolie, le Thibet, etc., et semblent 
interdire l'entree de ces pays au reste de 
l'Europe. 

Cet etat de choses est vraiment prejudi- 
ciable , non seulement au commerce euro- 
peen en general , mais aux progres de l'his- 
toire naturelle en particulier. Ainsi, en 
raison des memes paralleles, toutes les 
plantes de ces contrees croitraient libre- 
ment chez nous, meme dans le Nord. 
Malheureusement nous n'en connaissons 
que peu , et en possedons a peine quelques 
espcces , bien qu'un grand nombre d'entrc 
riles puisscnt passer pour ornementales. 

Puisse ce long preambule ne pas rester 



sterile et inspirer a quelque genereux ami 
de l'histoire naturelle le devouement neces- 
saire pour entreprendre un voyage scienti- 
fique dans ces contrees! Puisse, plutot en- 
core, un gouvernement comprendre l'utilite 
! telle mission et l'executer 



nteret d'u 



L'interessante plante dont il va etre ques- 
tion est une des filles de la Mongolie. On 
en doit la decouverte a Turczaninow; mais 
nous ignorons l'histoire de son introduction, 
a l'etat vivant, dans nos jardins. 

La nouvelle Clematite est une plante fort 
distincte de la plupart de ses congeneres , 
par son port dresse, son ample feuillage 
trifoliole, ressemblant assez bicn a celui 
d'une Actcea. Elle sera recherchee avec em- 



raison de ses gracieuses 
fleurs veloutees et d'un colon's delicat. 

Nous empruntons a M. Hooker (1. c.) la 
figure ci-contre, et la description qui suit : 

« Tige dressee, peu ramifiee, subligneuse 
a la base, herbacee ensuite, striee et tein- 
tee de rouge, haute de deux pieds. Feuilles 
opposees, distantes, trifoliolees , portees 
par des petioles renfles a la base, cylindri- 
ques , canaliculus en dessus. Folioles riei- 



des, legerement tomenteuses, rhombiques- 
ovees; les deux inferieures, ou laterales, 
inequilaterales et portees par de courts pe- 
tiolules opposes; l'intermediaire equilate- 
rale et longuement petiolulee; toutes trois 
sont lobees et dentees (chaque dent mucro- 
nee) , a nervures reticulees et tres-proemi- 
nentes en dessous. Fleurs disposees en co- 
rymbes axillaires et terminaux, simples ou 
composes, a pedoncules et pedicelles to- 
menteux;sepales4, lineaires-oblongs, epais, 
assez charnus, Iibres, mais rapproches, 
soyeux, d'un bleu pourpre, d'abord dres- 
ses et formant le tube , ensuite reflechis ; 
dont la moitie inferieure , legerement ren- 
flee et tubulee seulement a la base. Envi- 
ron 16etamines, en une simple serie, a 
filaments dilates , a antheres lineaires, plus 
longues que la partie tubulee de la corolle. 
Pistils (fer tiles?) petits, assez nombreux, 
compactement serres. Ovaire ove, soyeux; 
style dresse , couvert de longs poils soyeux 
formant a leur extremite une touffe de poils 
droits, en pinceau; style courbe, en mas- 

Ch. L. 






On appliquera a cette espece les memes 

On la ninl!i[i!in\-i 
de diverses plantes de pleine facilement de boutures ou d'eclats du pied, 
I et d'air libre. Elle est tout-a-fait rus- en automne, et mieux, au printemps. 

L. VH. 



VERONICA SPECIOSA vak mBU . 



Scrophulariacese § Veroniceae. — Diandria-Monogynia. 

:tis J Veronica speciosaV. rubra Hort. angl. 



La Veronica speciosa, dont nous avons 
donne, dans notre premier volume, la fi- 
gure et la description , est maintenant dans 
tous les jardins, et chacun a pu apprecier 
la beaute et les merites divers de cette 
plante; chacun a encore sous les yeux son 
port elegant, ses nombreux et denses epis 
de fleurs pourpre-violacees. Aussi jugeons- 
nous inutile de remettre sous les yeux de 
nos lecteurs la notice que nous en avons 

Cultivee en grand , a Tendring Hall, dans 
ie comte de Suffolk (Angleterre) , par 
M. J. Oates, jardinier de sir Joshua Row- 



ley, elle a produit par le semis la char- 
mante variete qui fait le sujet de cet arti- 
cle. Elle ne differe pas specifiquement du 
type , mais elle fleurit encore plus facile- 
ment et plus abondamment que Iui ; ses 
fleurs, d'un beau rouge vif, tranchent vive- 
ment avec le pourpre violace des fleurs de 
celui-ci. Ces deux plantes groupees ensem- 
ble sembleront deux espcces et se feront 
valoir l'une l'autre par 1'agreable opposition 
n somme, une 
collections de 



Le lecteur devra appliqu 



;spece la culture prescrite pour le type (V. /. 
L. VH. 



THERMOMETRES 

REAUMUR, CENTIGRADE ET FAHRENHEIT. 



Conime nous summcs souvent amciu's ;'. [mrlcr iiidillercinment des Thermometres 
dits : Reaumur, centigrade et Fahrenheit, nous donnons ci-dessous, pour en faciliter 
Intelligence a nos lecteurs, l'echelle comparative de chacun d'eux. 




1SCHYMTHUS PULCHER. 



rougis (j'ai honte) «v0«;, fleur; allusion, san* fonts a h 



Gesneriace* § Cyrtandre*. - Didynamia-Angiosperr 
CHARACT. GENER. 

equalibus. Corolla 



5-fidus v. 5-partit 



tigraate integro depresso-concav( 






CHARACT. SPEC1EI: M. 



corolla calyce triple longiore glabro. Hook. 

Mschynanthus pulchcr Air. DC. (1) Prodr. IX. 



routes les especes de ce charmant genre 
sont les bien venues dans les jardins, ou 
Jeurs brillantes fleurs, leur port pittores- 
q«e, la facilite de leur culture, leur assu- 
jent une place distinguee. Voici comment 
M. Hooker, a qui nous empruntons la belle 

2ZV~ C ° nire ' s ' cx P rime * Regard de 
celle dont il s'agit : 

* Nous faisions allusion a cette splen- 
ic plante, en en faisant connaitre une 
««*e egalement belle , 1'^. ZoMiantw (1). 
ie : a ete envoyee de Java a M. Veitch, 
ftort,culteur a Exeter, par son collecteur 



(I) Cette, 



M. Lobb, sous le nom que nous adoptons 
ici , et est probablement connue dans cette 
ile comme la veritable espece appelee ainsi; 
sans cela nous eussions difficilement conjec- 
ture que ce fut la roeme plante, que Decan- 
dolle a rangee dans sa section : peduncu- 
lis axillaribus bifloris. Sous ce rapport en 
effet notre plante est en disaccord avecle 
caractere de la section, dont les pedoncules 
sont dits : fascicules, axillaires et termi- 
naux. Elle se distingue principalement de 
WE. Lobbianiis par ses feuillcs plus larges, 
son tube calycinal plus court, tout-a-fait 
glabre, et son tube corolleen beaucoup plus 
exsert. Les fleurs paraissent en juin ct juil- 
let. Elle fut presentee, vers cette epoque, a 



riiorlicullmv <!<• 



( hi- 



n Elle est probablement epiphyte, a ra- 
meaux greles, opposes, a feuilles brieve- 
ment petiolees, largement ovees, epaisses, 
charnues, mais fermes, tres-obsoletement 
dentees aux bords , et marquees de veines 
apparentes. Corymbes terminaux, sessiles, 
bractees ; bractees petites , cordees , folii- 
formes. Pedicelles courts, assez epais. Ca- 
lyce cylindrique, urceole ou ove, tres-gla- 
bre , d'un vert jaunatre , rougeatre supe- 
rieurement; limbe de cinq dents dressees, 
obtuses, presque egales. Corolle trois ou 



-ill : 



fois aussi longue que le cnWvc et 
iche ecarlate , dont le tube elargi et 
x en dessous , globuleux a la base , 



au dessus de laquelle il est contracte et 
tres-etroit; a orifice oblique, a limbe a 
peine bilabie, dont le segment superieur 
bifide, les trois autres entiers; tous oves. 
Etamines un peu plus longues que la gorge 
de la corolle. Style generalement exsert, a 
stigmate pelte, oblique. Ovaire presque 
lineaire, dont la base entouree d'un anneau 
charnu. » 

Ch.L. 



xplicution ties Flgur. 



Corolle. (grd net.) Ii : , 1!. 



Cette espece fera contraste , melee a ses 
brillantes congeneres, les jEsch. ramosus, 
grandi floras, Boschianus, etc., etc., par 
son feuillage si distinct , par la couleur et 
la forme de ses fleurs. 

Pour laisser acquerir a ces diverses plan- 



ceptibles, elles doivent etre suspendues dans 
des corbeilles, soit seules, soit en compa- 
gnie de certaines Orchidees et Bromeliacees, 
dont elles augmenteront ainsi Fagreraent et 
l'aspect pittoresque. On les tiendra, comme 



reiteres. A la saison de repos, 
e'est-a-dire, pendant nos hivers, on les 
laissera comparativement seches et dans 
une temperature peu elevee. Comme elles 
sont sujettes a etre attaquees par les kermes 
et les cochenilles, elles devront souvent etre 
visitees et lavees au moyen d'une petite 
brosse douce et d'une eponge fine. 

La multiplication a lieu de boutures, 
coupees aux articulations et faites a la ma- 
niere accoutum^e, sur couche cbaudc et 
sous cloche. 



CATTLEYA GRANULOSA. 



Orchidaceae § Epidendreae. — Gynandria-Monandria. 
CHARACT. GENER. — Perigonii foliola 



CHARACT. SPECIEI : C caulibus (pseudobulbh) 
eretibus gracilibus diphyllis, foliis oblongo-lan- 



tn rente, si nous no craignions .lo f'ati- 
guer I'attention de ceux de nos lecteurs que 
les splendeurs de la vegetation tropicale et 
ses merveilles infinies ne peuvent que me- 
diocrement interesser, nous nous laisse- 
rions plus souvenf entrainei a ['irresistible 
penchant qui nous porte a peindre ces ma- 
gnificences vcgetales,avcc cctte conviction, 
cet enthousiasme qui partent d'un cceur 
epris d'une nature si diverse, 
e, si grandiose, si raajestueusc ! 



mais la crainte d'abuser de leur patience, et 
surtout eelle d'etre infiniment au-dessous 
dun tel sujet, arrete prudemment notre 
Plume; et cependant, ami leeteur, la po- 
iixite, quand elle nait du cceur, est encore 
de eloquence! Cela dit, abordons l'ob- 
jet de notre article. 

. Nous avons eu deja plusieurs fois occa- 
sion de le dire, les Orchidees peuvent certes 
S pte r entre Ies »Pr?eiUes vegetales du 
richenient timer.. 



globe. La i 



de l,.|, 



elles n'ont pas I'elegante 






offrenta 1'envi les fleurs les plu^imz 
^ent organisees qu'on puisse voir, un eolo- 

ns ''greablnnn,! vane, des odours suavos et 



t special. En general, 



Parmi les 5000 especes d'Orchidees qu'on 
connait aujourd'hui (el dont les deux tiers 
a peine sont introduites dans nos jardins) 
les especes du genre Cultd-iju brillont au 
premier pang pari'ampleur extreme dolour 
fleurs et le delicieux arome qu'ellos oxba- 



A pou 






- 11,-MI 



sa stature plus elevee. Kn odd. ses pscudo- 
bulbes, greles, articules, stries ou meme 
quelquefois 
deux pieds et plus. Chaque arti- 
culation est revetuc d'une squame appli- 
quee, blanchatre, d'une contexture tres- 
flne et delicatemcnt stride. Au somraet sont 
deux ou trois feuilles oblongues-lanceolees , 
tres-epaisses, coriaoos. wibcanalieulees, ob- 
tuses,a bords subaigus et reflechis, d'un 
vert sombre. Les fleurs sont amples, '' 






ponctue de rouge sombre. Les 



sec; les deux inferieures deflechies et ar- 
quees en dedans); les deux laterales internes 
obovees,spathulees.La partie du labellequi 
enveloppe le gynostemc (lobes lateraux) est 
d'un blanc pur ou rose; la lame (lobe in- 
termediate) est allongee et dilatee-arrondie, 
plissee , denticulee , couverte de petits gra- 
nules pcu apparents; elle est blanche, ainsi 
que les lobes lateraux, mais elegamment cri- 
blee de points d'un rouge vif, qui s'arretent 
uniformement en ligne, avant d'atteindre 

M. Lindley, qui le premier nous a fait 
connaitre cette elegante espece , lui assigne 
pour patrie le Guatimala , ou l'a decouverte 



jiicui van nouue en a recu de superbes 
individus (en fleurs au moment ou nous 
ecrivons, 10 decembre 1846), provenant 



de la province bresilienne de Fcrnambouc. 
Cette double patrie denote pour cette plante 
un vaste habitat qui, compris entre le 16 e 
degre de latitude septentrionale, et le 10 e de 
latitude meridionale, entre le 95 e et le 
4o e degre de longitude, offre une etendue 
diametrale de plus de 1600 lieues geogra- 






iiim (li-nc 



par les considerations q 
cees ci-dessus, d'orner les serres des ama- 
teurs les plus difficiles sur le choix de 
plantes. Nous allions oublier de dire que 
l'odeur de ses fleurs est, quoique faible, 
extremement agreable. 

ne variete, a labelle 



On cultivera indifferemment cette espece 
sur fragment de bois suspendu, ou en vase, 
avec exhaussement. J'ai plusieurs fois deja 
dernt Miliisaamient ce double mode d'elever 
les Orchidees; dans des articles precedents; 
d est done inutile d'en reproduire ici les 



parcourais les campos ou que j'en gravis- 
sais les montagnes. 

C'est que la nature des Tropiques est 
si grande, si majestueuse, si inimitable! 
Quelles impressions delicieuses et profondes 
n'ai-je pas rcssenties lorsque j'ai eu le bon- 
heur de voir, de toucher, d'admirer cette 
nature toujours jeunc, toujours verte, tou- 
jours fleurie! Quoique bien des annees deja 
se soient ecoulees depuis que j'ai quitte ces 
ieenques parages, cependant ils sont tou- 
jours presents a mon esprit; que dis-je, je 
vois encore ces forets vicrges, au-dessus des- 
'incllr-. doimiiiiiriil le- panaches des pal- 
miers, les cimes gigantcscnies des Ca'sa/nl- 



des hugema, des Averrhoa, des Bom- 
bax, etc., etc., pres d'eux, plus humbles de 
stature, mais couverts de brillantes fleurs, 
le Metternichia Principis, !c SUfh'u rhry- 
santha, etc., une foule de Melastomacees,de 
Myrtacees, etc., de fougeres en arbre, etc. 
La je ne pouvais faire un pas, sans bron- 
cher contre d'immenses lianes qui retom- 
baient en festons enlrelaces du sommct des 
arbres les plus eleves, et sans marcher sur 
unefoulede plantes de toute nature; quelles 
suaves emanations dc tons eotcs caiviaicut 
mon odorat! quelle variete de formes, de 
coloris enchantaient mesycux! La, a chaquc 
pas, a chaque instant j'etais ebloui, trans- 
port. Quels doux, quels delicieux souve- 
nii's! DiV'sil! heureuse contree , si favorisee 
des cieux ! Que n'ai-je pu passer mes jours 
dans tes hcureuses vallees, sur les flancs 
boises de tes montagnes, au pied de cette 
Gavia sipoetique, si calme, et si voisine ce- 
pendant de la bruyantc Rio de Janeiro, ou 
l'Europeen surpris retrouve le tumulte, les 
plaisirs et les passions du vicux ronliueiil ' 
Mais jcin'arrele; carje crains bien que I'ex- 
pression de ces souvenirs, si imiss-mts sur 



2* LIV. - PL. VIII, IX et X. = ; 



VICTORIA REGIA. 

Ethi. S. M. Victoria, reine de la Grande-Bretagne. 
Nymphseacete § Euryaleee. — Polyandria-Polygynia 




deciduis dorso stigmatosis. Fructus baccatus glo- 
campanulatus intusrostratus plurilocularis, loculis 
Herba ingens aquatica fluvios placidos cisandi- 



s orbiculatis poltatis pla- 



CHARACT. SPECIEI : Unica species , de qua supra 
SYNOTT: Victoria regia Limn. Monog.Vict. 1837. 



Victoria regina Gray. Mag. of Zool. and B 
1838. 440. 
Nymphcea Victoria Schomb. inlitt. 

»e. n. 432. 



e annee de ce recueil par quelque 



nous navions pas encore eu l'heureuse 
occasion de consacrer un numero a la pu- 
blication d'un vegetal d'une beaute, d'une 
rarete , et nous pouvons ajouter d'une cele- 
brite,aussi preeminentes que celui que nous 
offrons a nos abonnes : vegetal digne, comme 
nous nc doutons pas qu'ils en conviennent 
remplir le numero entier. 



Rarcmcnt 



autre plante ; 



I dan- lr lliiMiilr 



genre Strelitzia a (He speeialemeiH dedie a 
1'epouse de S. M. Georges III, ai'eule de 
la Reine Victoria , a cause de la protection 
qu'elle accorda a la botanique, en anie- 
liorant, en embellissant les jardins royaux 
de Kew : le nom de Victoria, par les meraes 
causes, merite encore plus de la posterity 



coraplue gracieusement a faire profiler lc 
public des embellissements de ces jardins, 
qu'elle a liberalement dotes dans cc sculbut. 
» II est vrai que la Victoria n'a point 
encore produil de flcurs en Angleleriv; 

rovauv de Kew des individus vivants, nes 



graines nppo 



M. Bridges. lis ont jusqu'ici vegete d'une 
facon satisfaisante ; 1 mais nous craignons , 
si la plante est annuelle, qu'ils ne puis- 
sent passer l'hiver (1846-4847), ou tout au 
raoins donner des fleurs parfaites. Com- 
bien la science n'eprouve-t-elle pas de des- 
appointements et de retards ! Ce n'est que 
plus de cent ans apres que Ton faisait usage 

I'arbrisseau qui le produit y a ete introduit 
vivant. Plus d'un botaniste s'etait embar- 
que pour la Chine, principalement dans le 
but de rapporter pour nos serres un indi- 
vidu de the a 1'etat vivant, jusqu'a l'im- 
mense et formidable entreprise qui a eu lieu 
recemment. Dans ees temps nulle caravane 
dans le desert , mil courrier Waghorn (JYo 
Waqhom firi/ii/'cs), mil steamer ne venait 
en aide au Voyageur. En general, pres de 
trois ans s'ecoulaient pour aller en Chine, y 
passer le temps necessairc eten revenir. En- 
fin, Osbcck, eleve de Linne, etait parvenu , 
en depit des soins jaloux avec lesquels les 
Chinois en defendaient l'exportation , a se 
procurer queJques pieds de the, lorsqu'en 
vue des cotes d'Angleterre, une tempete 
s'eleva dans laquelle perircnt les precieux 
arbustes. On adopta alors l'idee de s'en 
procurer des baies , mais ce fut sans re- 
sultat; car la chaleur des Tropiques en 

Un capitaine de la 
marine suedoise imagina un excellent pro- 
cede: sctant procure des baies fraiches, il 
les sema a son bord et prit, souvent sur sa 
propre ration journalise, l'eau necessairc 

entrait dans la Manche , un malencontreux 
rat attaqua sa cargaison eheYie et la devora 
toute entiere ! Nous n'avons cependant pas 
de raison pour desesperer de pouvoir elever 
la Victoria rerjia et de la voir fleurir dans 



differentes de ee qu elles etaient du temps 
de Linne et depuis l'importation du the. 

» Nous avons eu la bonne fortune de 
recevoir des echantillons fleuris de cette 
plante recueillis par sir Robert Schom- 
burgk, ainsi que des fleurs sechees et 
d'autres conservees dans 1'alcool par les 
soins de M. Bridges. Ces fleurs, ainsi que 
les dessins colories, executes sur les lieux 
par sir Robert, nousmettent a meme en ce 
moment d'offrir, dans les figures annexees 
a ce fascicule, les analyses les plus impor- 
tantes et les plus necessaires pour illustrer 
le genre et l'espece. 

» Bien que ce soit a notre pays que re- 
vienne l'honneur d'avoir donne le premier, 
en 4837, des details complets sur les par- 
ticularites relatives a cette extraordinaire 
plante aquatique , et d'avoir clairement dc- 
fini ses distinctions generiques , neanmoins 
sa mention imprimee la plus anciennc a eu 
lieu , autant que nous sachions,enl852 (1), 
dans un ouvrage que nous ne pouvons en 
ce moment consulter, les Froriep's JVotizen 
(vol. XXXV, p. 9). Elley est decrite comme 
une nouvelle espece d'Euryale, sous le 
nom d'E. amazonica; que lui appliquait le 
D r Poeppig , en raison de ce que cet auteur, 
voyageur et botaniste distingue, l'avait trou- 
vee dans la riviere des Amazones de l'Ame- 
rique du Sud. Plus tard, en 4836 , il y fait 
allusion, dans le 2 e vol. de ses Reise in 
Chile, Peru, etc. (p. 432), en se eontentant 
de dire : Dans les fgatipes, branches, sans 
ih'sifjnutions part ictt I teres , de la riviere des 
Amazones et cependant dignes, en raison 
de lew largeur, de rivaliser avec les rivie- 
res de deuxieme grandeur en Europe, crois- 
sent plusieurs plantes aqualiques, dont les 
dimensions presquc fahulaises pen rent il< : - 
fier celles de la celebre Rafflcsia de Vlnde: 
production merveilleuse, qu elles surpassent 
par la beaute de leurs fleurs. » Puis dans une 
note, il etablit que YEuryulc Atnu-nnira 



appartient a la famille des Nympheacees 
ajoute : « Que ses feuilles merveilleusement 
larges sont profondement canaliculees en 
dessous et traversers par des nervures he- 
rissees de piquanls; que loir dimnHre o.s/ 
de six pieds, tandis que les fleurs, d'un 
blanc de neige pur exterieurement, d'un 
rouge coccine en dedans, mesurent en tra- 
cers 10 ou \\ pomes anglais. » « Cest, 
continue-t-il , la plus magnifique plante de 
sa tribu, et elle est loin d'etre commune. Je 
ne I'ai observee que dans tin seul Igaripe , 
pres du confluent du Teffle avec VAma- 
zone. Les fleurs paraissent en decembre et 
Janvier. On lui donne le nom de Mou- 

» Avantcetteepoquetoutefois(l),en 1828, 
M. D'Orbigny envoya des echantillons de ce 
gigantesque Lis d'eau au Museum d'His- 
toire naturelle de Paris. II les avait re- 
cueillis dans la province de Corrientes, 
dans une riviere tributaire du Rio de la 
Plata. L'analogie evidente entre le feuil- 
lage de cette plante et celui de YEuryale, 
induisit les botanistes francais a la con- 



spece de i 



uerur. 



les fleurs et les fruits desseches qu'en 
envoyes M. d'Orbigny furent malheureu- 
sement negliges , et rien ne resta de ses 
echantillons qu'une feuille immense, quel- 
que peu deterioree et qui avait ete pliee 
pour l'inserer en Herbier. 

" En 1853, la notice suivante, d'apres 
laquelle M. D'Orbigny parait considerer sa 
P'ante, comme distincte de la notre, pa- 
rut dans son ouvrage intitule* : Voyage 
fans VAmerique meridionale : « Je conti- 
t»nuai de descendre le Parana (2), et le 
3 mars, arrivant a sa jonction avec une 
Petite riviere nommee San Jose , qui forme 
large etang avant de tomber dans le 



Parana 



rime des plus belles 



fleurs que puisse produire l'Amerique. La 
plante me parait appartenir a la famille des 
Nympheacees, et est certainement tres- 
voisine du JVuphar, mais avec des dimen- 
sions gigantesques. Les habitants de la 
Guiane lui donnent le nom ftlrupe, qu'iJs 
derivent de la forme de ses feuilles, res- 
semblant a ces larges plats en usage dans 
ce pays ou aux eouvercles de leurs grands 
paniers ronds. Un espace, de plus d'un 
mille en tout sens , est couvert de ces larges 
feuilles flottantes , dont chacune a ses bords 
releves de deux pouces de hauteur. EJles 
sont lisses en dessus et rayees en dessous 
d'innombrables compartiments reguliers, 
formes par des nervures saillantes, epaisses, 
creuses et remplies d'air, a l'aide duquel elles 

pedoncules et les nervures foliaires sont 
egalement celluleux et couverts de longs 
piquants. Au milieu de ces feuilles etalees, 
s'elevent d'amples fleurs , de plus d'un pied 
de diametre , blanches , roses ou pourpres , 
toujours doubles et repandant une deli- 
cieuse odeur. Le fruit qui leur succede est 
spherique; etquand il est mur, il est aussi 
volumineux que la moitie de la tete et rem- 
pli de graines farineuses, qui font donner 
a la plante le nom de Mais delAgua, (Mais 
d'eau) parce quelesEspagnols lesrecueillent 
pour les manger roties. Je ne pouvais me 
lasser d'admirer ce colosse du regne vegetal 
et je ne continuai qu'a regret mon voyage le 
meme soir vers Corrientes , apres en avoir 
cueilli des echantillons de fleurs , de fruits 
et de graines. » 



Nou- 






ique hi/dnip/ii/le (1) et sur les premie- 
rs notices qu'on en possede ; nous aurons 



occasion de revcnir a M. d'Orbigny, 
en memc temps , il est juste de mentionner 
ici que sir Robert Schomburgk la decou- 
vrit, de son cote, dans la Guiane anglaise, 
dans lc voyage qu'il fesait pour le compte 
de la Societe royale de Geographie de Lon- 
dres avec l'aide du gouvernement de S. M., 
et dont 1'objet etait d'examiner les produc- 
tions naturelles de cette partie des posses- 
sions anglaises. II raconte ainsi sa decou- 
verte dans unc lettre adressec a la dite So- 
ciete Geographique (I) : 

« Ce fut le premier Janvier 1837, tan- 
dis que nous luttions contre les difficultes 
que nous opposait la nature sous diflerentes 
formes pour arreter notre navigation sur 
la Berbice (lat. 4° 30 n. ; long. 52" w. Meri- 
dien de Greenwich!) que nous atteignimes 
un endroit ou la riviere forme un large et 
tranquille bassin. Un objet place a l'extre- 
mitc meridionale de cette espece de lac at- 
tira mon attention, sans que je pusse me 
faire une idee de ce que ce pouvait ctre; 

d'une recompense , nous fumes bientot prcs 
de 1'objet qui excitait ma curiosite , et je 
pus contempler une veritable merveille. 
Toutes mes infortunes furent oubliees; 
j'etais botaniste et je me trouvais recom- 
pense ! II y avait la des feuilles gigantes- 
ques, etalees, flottantes, de cinq ou six 
pieds de diametre. a larges bords, d'un 
vert brillant en dessus et d'un cramoisi vif 
en dessous; puis en rapport avec ce mer- 
veilleux feuillage, je vis de luxuriantes 
fleurs, formees chacunc de nombreux pe- 
tales, passant par des teintes alternes du 
blanc pur au rose et au rouge. L'onde tran- 
quille etait couverte de ces fleurs, et tout 
en allant de Tunc a l'autre, je trouvais tou- 
jours quelque chose de nouveau a admirer, 
un pouce d'epaisseur 



I) fn. 



pres du calyce et sont herisses de piquants 
elastiqucs, de trois quarts de pouces de 
longueur. Le calyce , tetraphylle , mesure 
epanoui un pied de diametre; mais il dispa- 
rait sous une corolle composee d'une cen- 
taine de petales. Cette belle flcur, au mo- 
ment ou elle s'ouvre, est blanche avec du 
rouge au centre; cette derniere teinte gagne 
avec 1'age et par la suite toute la fleur de- 
vient rose. Comme pour ajouter au charme 
que presente ce noble Lis d'eau, il repand 
une douce odeur. Ainsi que cela a lieu dans 
les autres plantes de la meme famille, les 
petales et les etamines passent graduelle- 
ment l'une en l'autre, et il est facile d'ob- 
server nombre de folioles petaloides con- 
servant encore des vestiges d'anthere. Les 
graines sont nombreuses et nidulantes dans 



1 1838. p. 65). 



« En remontant la riviere, nous rencon- 
trames souvent cette plante , et plus nous 
avancions, plus les individus en devenaient 
gigantesques ; une feuille que nous mesu- 
rames avait six pieds cinq pouces de dia- 
metre; le bord cinq pouces et demi de haul, 
et les fleurs un pied un quart de diametre. 
Une sorte d'insecte (Trichius, sp.?) infcstc 
ces dernieres et leur cause un grand dom- 
mage, en en detruisant quelquefois toute la 
partie interne du disque. Nous comptames 

maux dans une seule fleur. » 

» Cette narration, d'un interet puissant, 
devint le fond d'une histoire plus detaillee 
de la plante, qu'accompagna une splendide 
spare que 

publia en 1837 le D' Lindley. On n'en lira 
que vingt-cinq epreuves et pour des desti- 
nations particulieres ; mais bientot apres, 
des 



■du Botanical Re(jt\t<r. .b.nt 
de nombreux extraits parurcnt dans une 
foule d'ecrits et de journaux. Neanmoins, le 
savant botaniste dut declarer que les echan- 
tillons que possedait la Societe geographi- 
que, et d'apres lesquels, avec l'aide des des- 



peux de Victoria regia, donne par H. hind- 
ley. Je m'empressai de reclamer la prior ite 
de decouverte du genre, et fis inserer un 
article dans I'Echo du Monde savant, ren- 
voyant a ce que j'avais imprime en 1835. 
Neanmoins, ma reclamation ay ant eveille 
V attention des Anglais, et sachant que de 
fortes promesses ont etc faites par eux pour 
obtenir encore de devancer la France dans 
la determination de la seconde espece,je 
n'ai pas voalu larder plus longtemps a la 
faire connaitre; et, craignant que les im- 
portantes occupations de M. Brongniart ne 
I e»i}>rcliussi>)il de lu puttier promplement, 
j ui era devoir lui donner un nom, laissant 
d faire a mon savant collaborateur la des- 
cription detaillee des caracteres botaniques. 
« L'espece du genre Victoria que j'ai ren- 
contree a Corrientes et que je nommerai 
Victoria Cruziana, en la dediant au gene- 
ral Santa Cruz , auquel je dois en grande 
parlie la reussite de mon voyage en Bolivie, 
differe de la V. regia par ses feuilles vertes 
des deux cotes , et non pas vertes en des- 
sus et rouges en dessous; parses sepales 
verts et non pas rouges, par l'ovaire large, 
d'une teinte verdatre , tandis qu'il est plus 
etroit et jaune rougeatre dans l'autre; enfin 
par sa fleur uniformement rose ou blanche, 
tandis qu'elle est violette au milieu et blan- 
che autour dans la V. regia. » 

* Ainsi, en concluant son interessant re- 
cit, M. D'Orbigny deiinit sa seconde espece 
de Victoria, et lui impose le nom que nous 
venons de dire; mais comrnc la seule diffe- 
rence qu'il signale repose dans la couleurdu 
dessous des feuilles et de celle desfleurs (1) 
nous pensons pouvoir, sans violenter la na- 
ture, ni manquer d'egards cnvcrs M. D'Or- 
bigny , considerer la V. Cruziana comme 
une simple variete de la V. regia, si merae 



elle merited en etre ainsi distinguee. On ne 
peut en effet examiner les plantesaquatiques 
de nos contrees, ou celles des pays etrangers, 
sans remarquer que les parlies en contact 
avec le fluide sont sujettes a devenir pour- 

rence un tel changement. 

" II ne nous reste plus , pour completer 
1'historique de cette plante, qua dire que 
les echantillons, d'apres lesquels les analyses 
ci-jointes ont ete faites, proviennent exclu- 
sivement de M. Bridges. Lors du retour 
de son voyage a travers la Bolivie, voyage 
dont nous avons cite quelques particularitcs 
dans notre London Journal of Botany 
(IV. i>71), M. Bridges decouvrit en abon- 
dancc la Victoria regia et en apporta en 
Angleterre, en 1846, des graines semees 
dans une argile humide, des feuilles desse- 
chees et des fleurs conservees dans l'esprit 
de vin. II est a regretter qu'il ne s'y soit pas 
trouve des capsules mures (celle ci-jointe a 
cte figuree d'apres les dessins de M. Schom- 
burgk), et que la plupart des graines fussent 
gatees; sur vingt-dcux en effet que nous 
avions achetees , deux seulement leverent , 
et le reste en etaitdans un tel etat que nous 
ne pumes ni les examiner, ni les decrire. 
» Nous deplorons vivement que la grave 
maladie deM. Bridges, le mctte enlierement 
hors d'etat de nous donner quelques drlails 
sur sa decouverte, ainsi que sur la localite 
precise ou il l'a faite(l).Nous avons toujours 
pense qu'elle avait eu lieu dans quelque par- 
tie de la Republique Bolivicnnc, et pcut-ctre 



: ou . 






de la berge cette magnifique plante et que , 
enthousiasme par cette decouverte, il avait 
failli se precipiter dans les eaux pour se 
la procurer. II entretint ensuite, durant 
plus d'un mois et avec la meme exaltation , 



causaitla plus vivejoie. 

« Je pus dessecber les feuilles , les fruits 
et les fleurs, en placer dans l'alcool,et des la 
fin de 1827, j'eus le plaisir d'adresser le tout, 
avec mes autres collections botaniques et zoo- 
logiques, au Museum d'Histoire naturelle. 

«< Cinq ans apres, parcourant le centre 
du continent americain, j'arrivai au milieu 
des sauvages Guarayos , et, parmi cette 
tribu des Guaranis ou des Caribes, si re- 
marquable par ses vertus patriarcbales, je 
rencontrai le pere Lacueva, missionnaire 
espagnol, bon et instruit, qui tentait de les 
convertir au christianisme. Pour le voya- 
geur, depuis une annee toujours avec des 
indigenes , c'est une veritable joie que de 
trouver un etre qui puisse converser avec 
lui et le comprendre. J'eprouvai done un 
bonheur reel a m'entretenir avec ce vieil- 
lard venerable qui, depuis trente ans au 
moins , n'avait cesse de vivre au milieu des 
sauvages. Dans une de ces conversations qui 
me rappelaient des jouissances longtemps 
inconnues pour moi, il me cita un trait dont 
Tinteret me frappa vivement. Envoye par 
l'Espagne pour etudier les productions ve- 
geHales du Perou , le fameux botaniste 
Haenke, dont malheureusement les tra- 
vaux sont perdus, se trouvait avec lui en 
pirogue sur le Rio Mamore, un des plus 
grands affluents des Amazones, lorsqu'ils 
decouvrirent , dans un marais du rivage, 
une plante si belle et si extraordinaire que , 
transports d'admiration , Haenke , en la 
voyant, se precipita a genoux, adressant a 
l'auteur d'une si magnifique creation les hom- 
mages de reconnaissance que lui dictaient 
son etonnement et sa profonde emotion . II 
s'arreta en ces lieux , y campa meme et s'en 
cloigna nwr beaucnup dc peine. 



« Quelques mois apres ma rencontre avec 
le pere Lacueva , parcourant les nombreux 
cours d'eau de la province de Moxos , seules 
routes offertes aux voyageurs, je remontais 
du Rio de Madeiras vers les sources du 
Mamore, lorsque, entre les confluents des 
Rios Apere et Tijamouchi, ayant toujours 
presente a la pensee la conversation du 
bon missionnaire, j'apercus enfin , sur la 
rive occidentale, dans un immense lac d'eau 
stagnante, communiquant avec la riviere, 
j'apercus, dis-je , la plante si extraordinaire 
decouverte par Haenke , et qu'a la descrip- 
tion j'avais reconnu corarae devant appar- 
tenir au meme genre que le Mais del Agua 
de Corrientes. Heureux de voir ces lieux 
temoins de l'exaltation du botaniste alle- 
mand, je ressentis une joie d'autant plus 
vive de rencontrer ce geant vegetal, qu'il 
me fut facile de jreconnaitre au-dessous des 
feuilles et aux sepales pourpres, que l'espece 
que j'avais sous les yeux differait specifique- 
ment de la premiere. A l'exemple d'Haenke, 
je campai en ces lieux , ou je fis une ample 
recolte de feuilles et de fleurs ; mais, expose 
tour-a-tour au soleil brulant de ces plaines 
inondees de la zone torride et aux pluies 
torrentielles que j'essuyai avant mon ar- 
rivee dans un endroit habite, je ne pus 
conserver cette seconde espece et fus ainsi 
prive de la rapporter en Europe. 

«< De retour en France, en 1854, je par- 
lai de mes belles plantes a M. Ad. Bron- 
gniart, et lui communiquai mes dessins. 
Deja il avait reconnu, sur mes echantillons 
conserves au Museum, que e'etait une forme 
nouvelle , qu'il se proposait de decrire dans 
la partie botanique de mon voyage, dont la 
publication commencaen Janvier 1835. Dans 
le courant de cette meme annee, j'ai indi- 
que sommairement, dans ma relation bisto- 
rique (p. 289), ma decouverte de l'espece de 



nique. Aussi ai-je eprouve depuis une veri- 
table peine, lorsque, en 1857, je vis pre- 
senter, a I'Academie des Sciences, ma plante 
dc la province de Moxos, sous lenompom- 



« S'il est dans le regne animal des especes 
qui, relativement a nous, comraandent l'ad- 
miration par leur enorme volume ; si nous 
admirons egalement le port imposant des 
Geants de la Vegetation, nous restons aussi 
souvent en extase , lorsque dans les genres 

ces dont les grandes proportions viennent 
depasser toutes nos previsions. C'est effec- 
tivement ce que ressent le voyageur au 
milieu de ces peregrinations lointaines , 
ehaque fois que sa vue est frappee d'une de 
ces belles productions de la nature. Je ci- 
terai a cette occasion non seulement mes 
impressions personnelles, mais encore celles 
eprouvees par MM. Bonpland et Haenke, 
qui se sentirent surpris d'une emotion pro- 
fonde, en apercevant les deux espece 
genre Victoria, sujet de cette note. 

« Depuis huit mois deja , a la frontiere 
du Paraguay, je parcourais en tous se 
province de Corrientes , lorsqu'au comi 
cement del 827, descendant le Parana pour 
en relever le cours , je me trouvai, dam 
frele pirogue, sur cette majestueuse riv 
dont les eaux , a trois cents lieues de la 
Plata, ont encore pres d'une lieue de large. 
Tout y est grandiose, tout y est imposant; 
et seul avec deux Indiens guaranis, je me 
livrais en silence a 1'admiration que m'in- 
spiraient ces sites si beaux et si sauvages. 
Pourtant , sans doute injuste envers cette 
superbe nature, j'aurais desire mieux en- 
core, tant cette enorme masse d'eau me 
semblait reclamer une vegetation qui put 
rivaliser avec elle, et je la cberchais en 

« Bientot au lieu nomme Arroyo de San 
Jose, les immenses marais de la cote meri- 
dionale vinrent augmenter l'etendue des 
eaux, et toujours attentif , je commencai a 
decouvrir au loin une surface verte et flot- 
tante. Questionnant mes Guaranis, je sus 



d'eux que nous approchions dc la plante 
qu'ils appellent Yrupe (de y eau, et de rupe, 
grand plat ou couverte de panier; tra- 
duction litterale , plat d'eau), et un instant 
apres je decouvrais enfin cede riche vege- 
tation dont les rapports grandioses venaient 
surpasser mes esperances, en m'offrant un 
ensemble de la plus parfaite harmonic. 

k De la famille des Nympheacees, je con- 
naissais notre Nenuphar dont tout le monde 
apprecie la taille. Ici je le voyais remplacd 
par une etendue d'un quart de lieue , cou- 
verte de feuilles arrondies, larges d'un 
metre et demi a deux metres , a pourtour 
relcve perpendiculairement sur cinq ou six 
centimetres de hauteur. Le tout formait 
une vaste plaine flottante ou brillaient de 
loin en loin de magntfiques fleurs, larges 
de trente a trente-cinq centimetres, de 
couleur blanche ou rosee, dont le parfum 
delicieux embaumait l'air. En un instant 
ma pirogue fut remplie des feuilles, des 
fleurs, des fruits de 1'objet de mon admi- 
ration. Chaque feuille, lisse en dessus, est 
pourvue en dessous d'une multitude de 
grosses nervures saillantes, ramifiees et 
remplies a l'interieur de l'air qui les sou- 
tient a la surface des eaux, quoique suffi- 
sant chacune pour charger un homme. La 
partie inferieure des feuilles, ainsi que la 
tige des fleurs et le fruit, sont couverts 
de longues epines. Le fruit, de 14 centi- 
metres de diametre, a sa maturite, est rem- 
pli de graines noires, arrondies, dont l'in- 
terieur est blanc et tres farineux. 

u Arrive a Corrientes , je m'empressai de 
dessiner cette belle plante et de la montrer 
aux habitants, qui m'apprirent que la 
graine, comestible estime, se mange rotie 
comme celle du mais : analogie qui lui a 
fait donner par les Espagnols le nom de 
Mais del Agua (Mais dmu). Je sus aussi 
d'un ami intime de M. Bonpland, que ce 
celebre compagnon de voyage de lilhislre 
M. de Humboldt, s'etant par hasard trouve, 



etablis ses caracteres generiques et specifi- 
ques, etaient dans un etat dc tres-grande 
deterioration, due a la maniere dont ils 
avaient ete emballes. « Ils etaient \ 
niotns, dit-il, boluint/ueuicttt examint 
et il le prouva par la precision de sa 
cription caracter isliquc, par la rectitude des 
conclusions qu'il formula, et par lesquelles 
il e'tablit : que 1c genre Victoria est en effet 
gencriqucment tout-a-fait distinct de YEu- 
ryale, auquel, la similitude du port, ur 
ovaire infere, la nature epineuse de se; 
feuilles, dc ses petioles, de ses pedoncules 
et de ses ovaires, le font ressembler si com- 
pletement, que Pccppig et Guillemin, com- 
me il a etc dit plus haut, n'avaient pas 
lu'sile a le reunir a ce dernier. 

- II est de fait, en outre, en tanl 
cela concernaitle public, qua 1'exceptiondes 
personnes versces dans la science de la bo- 
tanique, il etait fort difficile de pouvoir 
consulter une figure, et bien moins encore 
un echantillon de cette merveilleuse pro- 

conservee dans le portefeuille dc la Societe 
botanique de Londres, ou nous crovons 
qu'a ete depose le dessin original fait par 
Sir R. Schomburgk,avec une lettre adressee 
a ce corps et publiee par M. Gray, dans le 
22" volume du Magazine of Zoology and 
Botany (Edinburgh, 1858, p. 440);' plus, 
les vingt-cinq epreuves des belles planches 
inedites du D r Lindley, mentionnecs ci- 
dessus, et auxquelles nous devons ajouter 
un splendidc dessin particulicr dc grandeur 
naturelle, place dans le cabinet d'une serre 
temperee, a Chiswick, ouvert plus d'une 
fois au public, par son noble proprietaire, 
pendant la duree des fetes de la Societe 
d'Horticulture. 

••Mais en fait d'echantillons,il n'enexistait 
aucun,a I'exception de ceux enmauvaisetat, 
dont nous avons parle, et qui ont ete remis 
au D r Lindley par la Societe geographique 

•Araol d'entrerdans les (}r\;\\h <h>< cir- 



des echantillons a l'aide desquels 
nous avons pu figurer cette noble plante, 
il est de notre devoir de repeter ici ce que 
les botanistes francais ont ecrit a son sujet. 
L'exccllente description du savant anglais 
ramena leur attention sur les echantillons 
qu'avait envoyes de Corrientes a Paris 
M. D'Orbigny. Dans le 15 e volume des 
Annates des Sciences naturelles (1840), 
M. Guillemin publia ses observations sur 
les genres Euryale et Victoria, mais sans 
jeter un nouveau jour sur ce sujet; il n'en 
pouvait guere etre autrement, d'apres 1'etat 
des echantillons que possedait le Museum 
dc Paris. Cet auteur n'eut probablement 
pas critique, comme il l'a fait, Imposition 
generique exprimee par M. Lindley, s'il eut 
connu l'article public , comme nous l'avons 
dit, par cet auteur sur hVictoria regia, dans 
hs Mis'-vlhuietmx Xoiives <!ii Botanical Be- 
gister (vol, 24, p. 9). La notice de M. Guil- 
lemin est toutefois suivie dans le nieme vo- 
lume par une plus interessante,mais popu- 
laire, relation de la Victoria, redigee par 
M. D'Orbigny, qui reclame pour lui-meme 
la priorite de la decouverte, en meme 
temps, que par une inadvertance assez 
singuliere, il cite Haenke (qui voyageait 
vers 1801) et Bonpland, comme les pre- 
mieres personnes qui auraient rencontre 
cette splendide hydrophyte. Nos lecteurs 
seront bien aises de l'entendrc ici parler 
lui-meme; nous passcrons seulement sous 
silence une petite expression chagrine qui 
lui echappa, en apprenant qu'un botaniste 
etranger avait, avant lui, donne au monde 
savant une description scientifiquc de cette 
[ante (1) : 



le. (I.e.), nous nous a 



Haenke et plus tard d'Orbigny. Si l'c 
flechit en effet que la Virion'-- n<jiu 
decouverte a la fois dans le Rio Mat 
en Bolivie, et dans les Amazones; dans les 
rivieres Berbice et Parana, dans le Corrien- 
tes : ces deux dernieres etant separees a 



leur embouchure par trente-cinq degres de 
longitude, nous pouvons en conclure que 
cette magnifique hydrophyte, comme la 
plupart des autres plantes aquatiques, oc- 
cupe un immense espace ; et qu'elle n'est 
probablement pas rare dans les eaux tran- 



i hydrophytes , 1 



I, posant sur leur epaule chaque extr 



etendu. La ville de Santa 






docteur Weddel, botaniste de l'expe'dit 



et communiquai ma decouverte au corre'gidor ou 

nient et avec beaucoup de bienveillance au Cacique 
a'envoyer des Indiens avec une couple de bceufs 



pie trois personnes; je me placai daru 



ette hydrophyte: les Moimas. ou indigenes de 
Cayababas, leurs voisins, qui habitent la ville de la 

rablement de grandeur; les plus grandes ayant en- 
viron quatre pieds de diametre. Elles flottent a la 



e un aspect singulier et assez semblable i 
grand plat flottant; ces bords ct la face inferii 
d'un brun fonce, tandis que la partie submei 



rcc de. petites cordes. Deux 



quilles de toutes ces grandes rivieres qui 

tales des Andes. 

). Les stations de la Victoria regia que la 
science ait enregistrees, sont done : en Bo- 
livie, le Rio Mamore, tributaire superieur 



le plus nombreux et dont ils co 
la surface, de facon qu'une feuille 



e belle Utricularia. 

« Leg fleurs s'elcvent a six o 

> de l'eau, et s'epanouisst 






il sera temps. Les plus grandes quej'aie 
suraient 10 ou 12 polices en diametre. 

parfurn. En arrivant a la maison du gouve 



celle du melon, puis a celle du c/icriwu>yr/(l);muis cm 



:e. Chaque plante porte de vingt a trente { 
s ou pedoncules, a tout age ou periode de cro 
B ou de deperissement. Ayant, a l'aide d'un cc 



de l'Amazone , ou elle fut I 



i 1801. 



par Haenke, et quelque temps apres revue 
par Bonpland ; l'lgaripe , une des branches 
de l'Amazone (Poeppig, en 1852); le Parana 
et le Rio Chuelo, rivieres de la province de 
Corrientes , sur la frontiere du Paraguay 



blanc ou a peu pres. Ces fascici 



interessant vegetal , je conclus 



Les lagunes etant peu susceptibles de v 
hauteur de leurs eaux. sont les endrc 
developpe dans toute sa grandeur et d; 



entoure la localite de c 



:■■ ■;, ;:; - ' ..■ ; ■;.;■. 

squi s'y trouvaient appartenaient a desgen- 
3aux pour moi , et particuliers a cette partie 



(D'Orbigny en 1827); le Rio Madeiras, pres 
des sources du Mamore , entre les con- 
fluents Apere et Tijamouchi , province de 
Moxos, Bolivie (D'Orbigny, en 1832); le 
Berbice, dans la Guiane anglaise (Sir 
R. Schomburgk, 1837); le Roupounouni, 
tributaire de 1'Essequibo, 1842 (1); le Rio 



Yacoum 
(Brigde* 




, tributaire du Rio Mamore', 
1844). Le Mamore est un tribu- 
'Amazone , comme le Parana Test 
du Rio de la Plata, et par consequent tons 
deux jettent leurs eaux dans l'Ocean At- 
lantique. II ne parait pas que notre plante 
ait ete trouvee dans aucune des rivieres qui 
se jettent dans l'Ocean Pacifique , en raison 
peut-etre de la rapidite de leurs cours. 
» Nos echantillons en meilleur etat nous 
mettent a meme d'ajouter quelques parti- 
cularites differentielles entre les genres 
Eurijale et Victoria, a celles qui avaient ete 
precedemment indiquees par le D r Lindley, 
et le tableau synoptique ci-dessous les fera 
ressortir de la maniere la plus nette. 



EURYALE. 

Sepales persistants. 

Petales 20-30, paraissant 3-4-series, 
plus petits que le calyce, diminuant de 
grandeur vers le centre ; mais tous libres , 
conformes, c'est-a-dire ne changeant jamais 
de forme et de texture. 



VICTORIA. 

Sepales decidus. 

Petales tres-nombreux , pluriseries , plus 
longs que le calyce , les internes graduelle- 
ment plus etroits, acumines, devenant plus 
fermes , passant a l'etat d'e'tamines (comme 
dans le JYymphcea) et soudes avec celles-ci 
en un anneau eleve, formant la prolonga- 



Etamines nombreuses, uniformes, toutes 
libres et fertiles , les internes generalement 
plus petites. Filaments filiformes, delicats, 
courts. Antheres terminales, ovales, obtu- 



loge. in— 



Ovaire ovale , « 6-8-locuIai 
serees irregulierement (?) , 
cune 6-10 graines, attachees aux cloisons 
et aux angles exterieurs des cellules; 
Roxb. » concave au sommet, dont le bord 
legerement et tres-obsoletement lobe ; con- 
cavite representant le stigmate, sans pro- 
cessus central. Style et stigmates non appa- 
rents. 

Baie presque ronde, boursoufflee en di- 
v ers endroits et couronnee par les sepales 

'"iinivonls ol prrsisfants. 



Etamines allies a la base en plusieurs se- 
ries; les parties libres, subulees, char- 
nues, fermes, portant des loges antberales 
allongees, placees en dessous de la pointe 
acuminee, et adnees avec les fdaments. Les 
plus internes soudees en un corps mona- 
delphe et sterile. 

Ovaire turbine , profonde'ment excave au 
sommet et muni d'un processus central co- 
nique. A Ten tour de la cavite, sont placees 
tres-regulierement 27 a 30 cellules, immer- 
gees dans une substance pulpeuse et en par- 
tie sous la cavite, dont les parois soutien- 
nent des funicules reticules portant 10-12 
ovules; sur lebord de cette cavite, dans un 
cercle, en dedans des etamines, sont situes 
de nombreux et tres-grands stigmates. 

Baie turbinee, tronquee, a bords plans, 
reguliers en debors, avec un disque profon- 
dement creuse, une colonne centrale per- 






mIcs 



cions etablir le 

graines, mais les caracteres 



distinctifs exprimes ci-dessus suffisent certai- 
nement pour prouver la justesse des vues di 
D r Lindley en etablissant le genre Victoria 
» Descr. Plante aquatique. Rhizome vi 
vace? ■ gros, tubereux, pourvu de nom- 
breuses fibres radicales filiformes , cylin- 
driques, abondant dans toute leur lon- 
gueur en cellules aeriennes. II ressemble 
au rhizome epaissi de quelque Aspidium; 
sa couleur exterieure est brune, 1'interne 
blanche ; mais lorsqu'on le coupe, la sub- 
stance interne qu'il renferme passe au 
pourpre. (Schomb. in lift..) » Tige nolle. 
Petioles longs, cylindriques, radicaux, cou- 
verts de nombreux aiguillons. « lis pren- 
nent, lorsque l'eau est basse, une direction 
diagonale et se redressent perpendiculaire- 
ment quand elle est haute, de sorte qu'ils 
sont entierement submerges, ainsi que les 
feuilles pendant les grandes crues. Feuilles 
(ordinairement) flottantes , d'une grandeur 
prodigieuse, de 4 a 6 1/2 pieds de diametre 
(12 a 19 de circonference) , d'abord ovales, 
avec une etroite echancrure ou sinus a Tune 
des extremites , plus tard presque exacte- 
ment orbiculaires , peltees , planes , mais a 
bords releves de 2-4- ou 5 pouces de hau- 
teur; la face superieure de cette vaste 
feuille, d'un vert fonce, est marquee de 
nombreuses reticulations formant des areo- 
les quadra ngulaires; l'inferieure, d'un pour- 
pre fonce , quelquefois verte selon D'Orbi- 
gny , est couverte d'une courte pubescence 
spongieuse, et munie de nombreuses veines 
applaties lateralement, tres-proeminentes , 
rayonnant du point d'insertion petiolaire et 
s'etendant jusque sur les bords releves de 
la feuille , mais diminuant de volume et dis- 
paraissant dans l'extreme bord ; ces veines 
communiquent entre elles par des veinules 
qui les entrecroisent a angle droit; toutes 



■ Pedoncule ou scape radical plus long que 
le petiole (et s'elevantau-dessusde la surface 
de l'eau, quand il est en fleur), cylindrique, 
aculeifere, uniflore, de volume variable, 
quelquefois d'un pouce d'epaisseur dans une 
plante fraiche. Fleur odorante, de dimen- 
sions gigantesques, en rapport avec celles 
de la feuille, pyriforme en alabastre(pl. 203 
et 204), mesurant, quand elle est epanouie 
(pi. 201 et202) un peu plus d'un pied de dia- 
metre ; ce qui donne une circonference de 
trente-neuf pouces ; mais il est prouve que 
dans leurs rivieres natales on en a mesurees 
qui avaient 15 pouces de diametre, soit 
45 de circonference. Le calyce est profon- 
dement quadrifide; le tube en est turbine, 
d'un brun fauve, tres-epineux (un peu 
moins vers la base), adne avec l'ovaire; les 
segments en sont amples, ovales, concaves, 
decidus, un peu plus courts que les petales 
et d'un brun pourpre. De l'interieur, 1'ori- 
fice du tube calycinal (a la base extreme 
des segments) s'etend en un torus annulaire, 
portant les petales et les etamines. Les pe- 
tales sont tres-nombreux ; les cxterieurs 
etales, plus longs que le calyce, oblongs, 
concaves, obtus, blancs; les interieurs de- 
viennent peu a peu plus etroits, tres-acu- 
mines et passent insensiblement a l'etat de 
filaments, en se colorant fortement de pour- 
pre ou de rose fonce. Etamines (fertiles) 
subbiseriees , larges, subulees, charnues, 
gracieusement recourbees en dessous; les 
autres dressees; loges antherales doubles, 
lineaires, introrses, occupant la face interne 
du filament , en dessous du sommet. En 
dedans des etamines fertiles est un autre 
cerclc annulaire, portant une double serie 
de fdaments abortifs , qui a leur partie in- 
ferieure forment voute au-dessus des stig- 
mates, et se redressent a la superieure. 

» Ovaire adne entierement avec le tube 
du calyce et necessairement turbine comme 
lui, ayant au sommet une profonde cavite" 
radiee, du centre de laquelle s'eleve une 
courte colonne pyramidale ; on peut done 
le dire hypocrateriniorphe, avec une base 



on caviles, attendant jusque flans le pedon- 
cule. A la partie superieure de ce corps, 
formant, pour ainsi dire, le bord de la 
coupe : sont plaeees en un eercle avec la 
plus grande regularite, environ 26 a 50 cel- 
lules comprimees , dont les parois portent 
plusieurs ovules attaches a des funicules 
reticules. Du bord interne de la cavite, pre- 
cisement sous la couronne interne que for- 
ment les etamines steriles et articulees, 
pour ainsi dire , a leur base (ou la base du 
torus), s'eleve en nombre egal a celui des 
loges de l'ovaire, un eercle de stigma tes, 
grands, charnus , oves-acumines , laterale- 
ment comprimes et comme genicules au 
milieu; e'est-a-dire que la partie inferieure 
en est drcssce, et la superieure courbee 



horizontalement sur la cavite au sommct 
de l'ovaire et parallelement avec la base des 
etamines steriles. La surface dorsale de ces 
stigmates est legerement canaliculee et stig- 
matique. 

Nous regrettons beaucoup de ne pouvoir 
rien dire du fruit d'apres nos propres ob- 
servations; mais a en juger d'apres la figure 
qu'en a donnee sir R. Schomburgk (PL 20JJ) 
e'est une grosse baie cyathiformc, tronquee, 
charnue, verte (!) aculeifere, a bords lisses; 
renfermant un grand nombre de semences 
ovales, d'un brun noiratre. 

W. Hooker. 
Bot. Mag. Janvier 1847. 




Fig. 2. Une ctamine, lege 
centrale. Fig. 4. Deux ovules attaches au funicule 



des pe'tales qui passent graduellement 

mines infertiles , re'unies a la base en voiite audessus des 

grossie. Fig. 3. Section horizontnle de l'ovaire, a travers 

a la cavite', dans laquelle on voit 

groasis). Fig. 5. Stigmate (grand 



SPIRIA PRMIFOLIA, plore pleno \sieb 



Tout ce qui se rattache a une plante 
aussi importante pour l'ornement de nos 
jardins , a l'air libre, que Test celle-ci , inte- 
resscra certainement nos lecteurs, qui tous, 
nous aimons a le penser, sont amateurs de 
belles et bonnes plantcs. La circonstance 
que nous avons a mentionner ici ajoute un 
nouveau meritc a cet arbrisseau (nous de- 
vrions dire cet arbuste, tant il est delicat, 
mignard, un vraibijou vegetal, en un mot!), 
qui desormais a sa place marquee , bon gre 
malgre, dans toute collection de gout. On a 
essaye cet hiver dans le jardin Van Houtte 
de le forcer, pour en obtenir les fleurs en 



du plus heureux succes. 

C'est ainsi que pendant les mois de Jan- 
vier et de fevrier, nous avons pu jouir de la 
vue, en pleine inflorescence, de plusieurs in- 
dividus de cette espece, dont le forcage avait 
ete babilement gradue , pour en prolonger 
indefiniment la floraison. Aujourd'hui en- 
core, au moment ou nous ecrivons; nous 
en avons un sous les yeux dans toute sa 
splendeur florale. 

Nous renoncons a decrire convenable- 
ment la grace et l'elegance de ces nombreu- 
ses et mignonnes fleurs, d'un blanc ecla- 
tant, aussi pleines que des Roses-Ponpons, 
et sortant par 4-6 d'une touffe de petites 
feuilles verticillees. Notre figure (1. c.) ne 
peut en donner qu'une idee imparfaite; 
car il n'est permis a aucun pinceau de ren- 
dre certaines natures d'elite , telle que l'est 
celle-ci. Ces fleurs paraissent devoir se suc- 
cedcr pend 



vidu ; car tandis que les unes sont entiere- 
ment epanouies (d'un bout a l'autre des 
tiges), ou pres de l'etre, d'autres restent en- 
core en tous petits boutons, a peine percep- 
tibles au milieu des verticilles foliaires. Leur 
duree, a l'etat frais, est considerable (huit, 
dix jours et plus) et cette circonstance faci- 
lite le developpement du grand nombre de 
petales qui ont remplace completement les 
etamines. C'est ainsi que le centre ne se 
developpe que lougtemps apres le pourtour. 

Entre les mains des fleuristes, notre Spi- 
ree deviendra une precieuse ressource pour 
les bouquets d'hiver, ou rien ne saurait la 
remplacer desormais ; car aucune autre n'a 
ses delicieuses petites fleurs, ni sa gracieuse 
desinvolture effilee. Ce sera bientot l'une 
des plantes les plus populaires que nous 
ayons. Ajoutons a cela, qu'a Gand, elle a 
subi , en plein air , et sans aucunement en 
souffrir, plus de IS degres de froid (R.) et 
qu'en ce moment encore (25 fevrier) tous 
les individus confies a la pleine sont cou- 
verts de bas en haut de boutons prets a 
s'ouvrir, des que la douceur de la tempe- 
rature le permettra. 

Les individus destines aux souscripteurs 
inscrits pour l'acquisition de cette aimable 
plante, sont cultives en pots et sont ega- 
lement couverts de milliers de boutons. 

L'etude de la plante a l'etat vivant nous 
permettra de donner incessamment de cette 
espece une diagnose complete; ce que n'ont 
pu faire MM. Siebold et Zuccarini, qui la 
decrivirent d'apres le sec. 



REEVESIA THYRSOIDEA. 



Stereuliacese § Helicterere-Reevesiaa. — Monadelphia-Polyandri 
CHARACT. GENER. — Calyx clavatus cam 






CHARACT. SPECIEI.Sunt 
Rcevesia thyrsoulea Lmui 



C'est veritablement une bonne fortune 
pour nous d'avoir a presenter a nos lec- 
teurs la plante dont il s'agit : plante dont 
la beaute florale est incontestable, la con- 
servation et la culture faciles, et qui joint 
a ces merites celui non moins grand de 
«eurir plusieurs fois dans le cours de la 

On en doit la connaissance a John Ree- 
ves, Esquire, qui, pendant son sejour a 
Canton, en Chine (patrie de cette plante) 
menta bien dc l'histoirc naturelle. Le doc- 
teur Lindley la decrivit le premier et en fit 
^ type d'un genre nouveau (1) qu'il lui 
d edia. Bi en qu'introduite dans les jardins 
f* <826 (1. c), elle est extremement rare 
dans les collections; elle a done, sous ce 
ra PPort, tout le merite d'une nouveau te. 
Voici ce qu'en dit M. Hooker (1. c), a qui 
nous empruntons la belle figure ci-contrc : 

^antes, ce genre differe principatenient de Vllelic- 



Descr. <Chez nuii> cetle plante n'est qu'iui 
arbrisseau de 3 ou 4 pieds de hauteur; 
tandis que dans son pays natal elle de- 
vient, dit-on, un arbre. Branches arrondies, 
glabres. Feuilles alternes, largcraent lan- 
ceolees, subcoriaces, acuminees, petiolees, 
entieres, penninerves; petiole grele, renfle 
vers le sommet. Corymbes terminaux. Pe- 
doncules et pedicelles couvcrts d'une pu- 
bescence etoilee. Calyce campanule, couvert 
d'une pubescence scmblable, resserre tout- 
a-coup un pcu au-dessus de la base , a ori- 
fice divise en quatre ou cinq segments ine- 
gaux. iV'lales -'>. onguicoMs, blancs, ou d'une 
nuance de creme. Antheres rassemblees en 
tete, au sommet d'un long stipe ou torus, 
dont les cellules oblongues et s'ouvrant ver- 
ticalement. Au milieu d'elles, et supporte 
par le meme torus (gynandrophore!), est le 
pistil, consistant en un ovaire subglobu- 
len\, iiniiniiiangulaire, couvert d'une pu- 
bescence etoilee, et couronne par un stig- 
mate sessile . lissc et obtus. » 

Ch. L. 



La culture a appliquer a cette belle plante 
est absolument celle que j'ai indiquee ci- 
dessus pour la culture de divers arbrisseaux 
appartenant a la serre temperee , dans la- 
quelle il faudra la tenir dans l'endroit le 
plus chaud et le mieux eclaire. II serait bon 
aussi , quand on ne possede pas une bonne 
serre temperee, dans l'acception de ce mot, 
de la laisser en serre chaude, a la condition 
de l'aerer aussi souvent que possible pour 
l'empecher de s'etioler. 



Bonne terre melangee; a 
deres. Multiplication de boutures herba- 
cees,faites sous cloche et surcouche chaude. 

En Angleterre on la cultive dans la serre 
chaude, ou elle fleurit, dit M. Hooker, 
abondamment et plusieurs fois par an. 

L. VH. 



BILLBERGIA MODOCYAM. 

hiM. J. George Billberg, botaniste suedois, collaborates de Swa 
Bromeliaceee § Bromeliefe. — Hexandria-Monogynia. 



: 







jolis calyceque roseis tomento furf 
Billbergia rhodocyanea Nob. 



rile de Ihistoire ni de l'introduction en Eu- 
rope de cette plante , que nous vimes pour 
! |> premiere fois en pleine inflorescence 
•tans le jardin Van Houtte (septembre 1846), 
qui l'avait acquise de M. Van der Maelen. 
En 1841 , au mois de juillet, M.'Aeh. Ri- 
chard, professeur de botanique, a la Faculte 
de Medecine dc Paris, decrivit dans une 
"">'', risttc manuscrite, uric plante en tout 
scmblablc a la notre, a l'exception de la 
vesliture des feuilles, et a laquelle il don- 
'"ait lo nom do B. versicolor. Le jardin 
Botanique de cette faculte l'avait reeue de 
■«■ \aiiHiier, pcintre d'histoire naturelle et 
"aturaliste-voyageur, qui l'avait recueillie 

Nou s ne citons ces eirconstances que parce 
( iu elks nous semblent devoir se rapporter, 



.: '::•>>■(•> lies >iillVcnii> c( 

t d'apres la description de eel antem- 
: les yeux. l-n cli'et , 



dit, notre Billbergia 
t de la sienne, qu'en 



v (pie les I'euillescn Mini f'asciees ti-an>\e 
ialement dc bandes blanches ivceguiierc 
t strieesde petites v 









dansl'autre, les lenill 
sont lisses et d'un vert gai. Ce savant avait 
donne a sa plante le nom specifique dever- 
sicolor, que nous aurions adopte avec em- 
pressement, sans la difference que nous 
signalons el «pu nous fail penser que l'es- 
pece du jardin de l'ecole de medecine , n'est 
peut-etce qu'ime variele de celle que nous 
decrivons ici(Z?. rhodocyanea, kevu Nov.: 
B. versicolor Acir. Ricii. msc). U'un autre 



Quoi qu'il en soit, l'agreable coloris, d'un 
beau rose , tie l'inflorescence entiere de no- 
tre plarite, rose sur lequel se detachent les 
pointes legerement azurees des petales, en 
font un objet vrairaent desirable pour l'or- 
nement des serres. Nous en donnons ici 

dilatees-embrassantes a la base, oblongues, 
canaliculees, recourbees au soraraet (qui 
est obtus et termine par un mucron) bor- 
ders de dents epineuses; fasciees en dedans 
et en dehors de bandes blanches irregulie- 
rement placees,et de largeur inegale, tantot 
rapprochees, tantot distantes. Elles sont 
d'un vert grisatre; circonstance due a cc 
que les deux faces sont couvertes de tres- 
petiles squames arrondies, a peine visibles 
a 1'ceil, raoniliforraes, disposers en series 
longitudinales tres-serrees ; ce qui rend ces 
feuilles coinnie striees (1). 

Le scape, haut de quinze a dix-huit pou- 
ces environ, est plus court que les feuilles, 
d'un rouge sombre , couvert d'un duvet 
blanc , epais , entrelace, et portant de grandes 
appliquees , 
x bords, d'un beau rose, 
au soramet. Les fleurs 
sont tres-nombreuses et forment une pani- 
cule dense, capitulee, a rameaux sessiles, 
ainsi que les fleurons ; elles sont entremelees 
de grandes bractees semblables a celles de 
la tige, mais entierement roses. Chacune 
d'elles contient un racemule, ou epillet, ses- 
sile, compose de 3-5 fleurs alternes, ses- 
siles et pourvues chacune d'une bracteole 
rose, couverte d'un duvet blanchatre, et du 
reste, de la merae forme et de la merae cou- 
leur (pie les bractees. Le calyce, continu 
et sonde ,i\ee l"n\,iiie, est iendu en trois 



Lwm.. (B. fasciala Hoi 



laciiiies presquc cgale.s, t'-paisses, tie— ri- 
gides , ovees-mucronees au sommet , sem- 
blables par la couleur et la vestiture aux 
bracteoles et aux bractees florales. La co- 
rolle , deux fois plus longue , est formee de 
trois petales oblongs, concaves, formant la 
voute au sommet [(qui reste indehiscent), 
connivents en un tube blanc-hyalin infe- 
rieurement, d'un bleu tres-tendre a l'extre- 
mite superieure. Apres l'anthese , cette 
tcinte azuree passe au rose. A la base, cha- 
que petale porte a l'interieur de l'onglet d'as- 
sez longues et nombreuses soies hyalines, 
formant une sorte de houppe. I 
mines ont leurs filaments plans, < 
libres, d'un blanc hyalin. Trois d'entre eux 
sont opposes aux petales, places au milieu 
d'eux etcouverts d'une membrane hyaline, 
tres-tenue, coherente au sommet avec le pe- 
tale, mais libre en ses bords, dont l'un abrife 
egalement le fdament alterne (caractere qui 
ne nous parait pas avoir encore etc signale 
dans aucune espece de ce genre (1). Le 
sommet de chaque etamine n'est pas engage 
et porte une longue anthere sagittee, dorsi- 
fixe, et contenant dans ses loges un pollen 
d'un jaune tres-pale. Le pistil est forme 
de trois styles soudes, tordus en spirale et 
entr'ouverts au sommet en trois stigmates 
enroules, pourvus d'une crete frangee. 
L'ovaire est trigone-arrondi , charnu, etroi- 
tement soude avec le calyce et divise en 
trois loges , a parois ou cloisons tres-epais- 
ses, libres entr'elles. Les ovules sont nom- 
breux, oblongs, fixes par d'assez longs funi- 
cules a des placentaires flabelliformes. Cap- 

Ch. L. 



\plieation dt'.s Figu 



DAPHNE FORTIMI. 



|». *«*»« (l), nom qu. 
une plante des Alpcs, d 



Daphnacese. — Octandria-Monogynia. 

GENER. — F lores hermaphroditi. 
■'■< "" 1 "-' Squamulaj hypo- 






CHARACT. SPECIEI: 



- II t I 147, , 



L'un des principaux resultats de la mis- 
sion explorative que vient d'accomplir, dans 
le nord de la Chine, M. Fortune, a etc de 
procurer a nos jardins un certain nombre 
de plantes reellement ornementales et sus- 
ceptibles de braver nos hivers a l'air libre. 



Telle est celle dont nous allons entre- 
tenir nos lecteurs, chez qui toutes lcs 
especes de Daphne sont ccrtes populates. 
Elle a ete decouverte par ce voyageur sur 
lescollines, dans les ties Chusan, et aux 
environs de Ningpo et de Cbanghai , d'ou il 



L 



l'expedia en Angletcrre, en 3 844. II rapporte 
que lcs Chinois en font le meme usage que 
les Europeans du Garou [Daphne Meze- 
reum) (1) c'est-a-dire, que malgre ses qua- 
lites deleteres , ces peuples l'emploient avec 
sucees contre certaines maladies de peau, 



. I", j.hi 



C'csl 



petit arbnsseau 
, a feuilles opposees, et alter- 
nes, minces, decidues, ovees-oblongues ou 
oblongues, couvertes sur les deux faces de 
tres-petits poils fins et soyeux. Elles se de- 
veloppent un peu plus tard que les fleurs. 
Cclles-ci se montrerent pour la premiere 
fois en Angleterre, dans le jardin de la 
Societe d'Horticulture de Londres , en Jan- 
vier 1846. Elles sont d'un lilas rougeatre, 
et paraissent disposees par quatre au som- 
met des rameaux, lorsque ceux-ci com- 
mencent a peine a montrer leurs feuilles. 



(i) I 



« Mezereum est un I 



Elles ont plus d'un pouce de long, sont 
presque scssiles sur un pedoncule com- 
mun terminal, et couvertes comme ces 
dernieres de poils fins et soyeux. Le 
tube en est cylindrique; le limbe partage 
en quatre segments decusses, arrondis- 
oblongs, obtus, dont les deux lateraux plus 
amples ; tous legercment ondules-plisses au 
bord, connes a la base en une sorte de dis- 
que , au milieu duquel est l'orifice etroit du 
tube. A l'interieur de celui-ci s'inserent 
huit etamines presque sessiles, dont quatre 
pres de l'orifice, et quatre vers le milieu du 
tube. L'ovaire est globuleux, lisse, unilo- 
culaire et contient un seul ovule pendant, 
attache a la paroi interne. II est porte par 
un court pedicule accompagne d'une petite 
glande charnue (Fig. 1), et brusquement 
termini par un tres court style cylindrique, 
surmonte d'un stigmate capite , velu. 
Cette plantc n'a point encore fructifie. 

Ch. L. 



xplication des Figu 



En attendant que l'experience decide , et 
cela est tout-a-fait probable , en raison sur- 
tout de la chute annuelle de ses feuilles, si 
cette interessante plante peut etre confiee 
sans danger a la pleine terre dans nos cli- 
mats, on devra prealablement la conserver 
en hiver dans l'orangerie, et pres des jours, 
parce qu'elle parait fleurir de tres-bonne 
heure. On la plantera dans un melange egal 



de terre franche et de terre; de bruyerc, et 
pendant toute la belle saison, on la tiendra 
a mi-ombre et legercment humide. 

Multiplication par grcffes sur les Daphne 
Mezereum et Gnidium; ou de boutures 
herbacees, faites a froid et a l'ombre, dans 
la serre temperee , vers les mois de mai et 

L. VH. 



Sy 



PASSIFLORA AMABILIS (hybrida). 

Ettm. V. ci-dessus, T. II. Avril 1846. PI X. 
Passifloracca- [] }]i]\-:^-U]nmi\ MmMdVli'i^i-lVjil./inln 
. GENER. — V. ibidem. I foecundata enata; habitu et flor. 

. SPECIEI : P. e P. principa a P. alata I Passiflora amabilis {hybrida) 



La plupart des essais qu'on avait tentes 
pour croiser diverses especes de Passiflores 
avaient ete jusqu'ici sans succes bicn nota- 
bles,si on considere les resultats obtenus; et 
nous ne connaissons guere que les P. prin- 
cep$~racemosa, Loitdoni, Colvillii, Lemiche- 
ziana, et deux ou trois autres a peine, qui 
aient pu sortir du juste oubli dans Iequel on 
a laisse tomber tous les autres produits ainsi 
gagnes. Ce n'est pas que les plantes de ce 
genre se montrent plus rebelles que d'autres a 
ces manages adulterins ; raais I'insucces doit 
surtout etre attribue, soit a l'imperitie de 
I'operateur, soit au peu de precautions qu'il 
prenait.L'hybridisation, en effet, pour reus- 
sir, implique le concours immediat de cir- 
constances importantes; et l'inopportunite 
de l'une d'elles suflit pour fairc manquer 
Operation. Ainsi, l'heure du" jour, le mo- 
ment precis de l'antbese (ouverture des an- 
theres) dans l'une des deux fleurs dont on 
v eut pratiquer le croisement ; en premier 
beu, la vicinite des genres et surtout celles 
des especes; l'age et le degre d'epanouisse- 
ment du pistil dans I'autre , 1'amputation de 
eelui-ci on de celles-la, les ddgres de tem- 
perature et d'humidite de 1'atmosphere, etc. 
tout doit etre calcule, tout doit concourir a 
^n but unique, grand eomme la nature 
elle-meme, la creation d'un nouvel etre. 
0r , en face de la necessite absolue de tant 
de conjonctures diverses , l'bybridisation 
peut-elle etre executee par tout le monde 
'"differemment? 



plaisantant, du sort de Phae- 
ton le presomptueux et l'inhabile qui ten- 
terait eette operation presque divine, sans 
posseder la foi : c'est-a-dire, les connais- 
sances et la dexterite qu'elle exige a un si 
haut degre. 

En presence du beau resultat dont nous 
donnons ci-contre le fidele portrait , on ne 
sera pas tente d'appliquer a celui qui l'a 
obtenu les epithetes ci-dessus, ni de lui 
souhaiter une chute dans TEridan. M. J. Ch. 
Schlachter, horliculteur a Loos, les-Lille, 
a prouve , en effet , par cette creation qu'il 
ne meritait pas un tel sort, et sa Passiflore, 
nee de la P. princeps (mere) et de la 

plus belles plantes grimpantes dont ils 
puissent orner leurs serres chaudes. 

Comme son pere (?) elle fleurit abondam- 
ment et sans cesse. A en juger d'apres le 
rameau que nous avons examine , la plante 
est entierement glabre ; les rameaux, comme 
chez ce dernier, en sont quadrangulaires, 
subailes; les feuilles simples ovees-laneeo- 
lees, tres-entieres (?) obsoletement peltees, 
portees par des petioles arrondis en dessous, 



(i) 1 



i presumons que M. 



lessus et munis de quatre 
glandes, dont deux au milieu, et deux au 
sommet. Les stipules sont petites, ovees- 
lanceolees. Les fleurs solitaires, grandes, 
axillaires. Le coloris interne des segments 
est d'un rouge coecine plus vif que celui de 
la P. alata, tandis que les ligules du centre 
tres-nombreuses, tres-longues et flexueu- 
ses, tranehent elegamment par leur teinte 



blanche et legerement violacee au soramet 
sur le riche pourpre du fond. Odeur douce 
et agreable. 

C'est, nous le repetons avec conviction 
1'une des plus belles et des plus importan- 
tes productions hybrides qu'on ait obtenues 
dans ces derniers temps. 



On appliquera a cette plante le meme 
traitement que celui que j'ai recommande 
a l'occasion de la P. Actinia (V. ci-dessus, 
I.e.). On la multiplier avec la plus grande 
facilite de boutures faites sur couche tiede 
et sous cloche. 



Pendant que cette note etait sous pre 
j'ai acquis de M. Schlachter l'<5dition 
tiere de cette Passiflore. 




i\T 



TUufeaK. Oit&i 



NIPHM ALBO-LMATA. 

hiphek d feuilles veinees de blanc. 
Ettm. v«p«f («^f), neige; allusion an colons floral sans tache (A. 
Gesneriacese § Gesneriese. — Didynamia-Angiospermia 



placentis didymis polyspermis 



CHARACT. SPECIEI : If. hirsuta foliis c 



Niphcea albo-lineata Hook. Bot. Mag. t. 4282. 



Cette jolie petite espece, fera un agreable 
pendant a VAchimenes argyrostigma (Voyez 
T. II. avril 1846, pi. VII), dont elle a l'ha- 
bitusetle mode d'inflorescence , tandis que 
les grandes nervures blanches des feuilles, a 
bords largement laves de rouge, feront fort 
»on effet parmi ses nombreuses et elegantes 
alliees, les Gesneria, les Achimenes, les 
Gloxinia, les Alloplectus, les Besleria, les 
Columnea, les Rhytidophyllum, etc., toutes 
Pontes indispensables dans une collection 
de gout. On en doit la decouverte a M. Pur- 
die, zele collecteur de plantes, dont plu- 
sieurs fois deja nous avons entretenu nos 
fecteurs. II la trouva sur des berges hu- 
rries, pres de Laguneta, dans les monts 
Ocagna, Nouvelle Grenade. Le Jardin de 
Jfew, selon ce que nous apprend M. Hoo- 
ker, son savant directeur, en recut,en4843, 

S rhiz omes, lesquels sont semblables a 
c eux de VAchimenes eoccinea. Cet auteur 
« decrit ainsi : 

°escr. ..Racine fibreuse, et en realite 
Quelle; ma i s produisant ces curieux tu- 



bercules ecailleux allonges , dits radix squa- 
mosa, dont chaque excroissance, ou ecaille, 
est capable de former une nouvelle plante. 
Tige dressee, simple, cylindrique, herba- 
cee, verte, velue, haute d'un empan ou 
plus. Feuilles opposees , ovees , aigue's, ct6- 
nele'es-dentees, longuement petiolees , sou- 
vent pourpres en dessous, et en dessus d'un 
riche vert veloute , ligne de blanc le long 
des nervures prineipales. Entrenoeuds al- 
longes, excepte au sommet, ou les feuilles 
sont plus serrees. Pedoncules fascicules, 
simples, uniflores, hispides, sortant des 
aisselles des feuilles superieures et formant 
une sorte d'ombelle. Calyce hispide , dont 
le tube court , adne a l'ovaire , a segments 
courts , arrondis. Corolle rotacce ou pres- 
que rotacee , a tube tres-court ; a limbe 
forme de cinq lobes Wanes, concaves-arron- 
dis, creneles, presque reguliers. Etamines 4, 
courtes, accompagnees d'une cinquieme ru- 



Ch. L. 






rversalement (fig. gross). 



Les lecteurs peuvent consulter, au sujet 
de la culture de cette espece, les details 
assez etendus que j'ai donnes sur celle de 
ses alliees, les Achime?ies (T. I p. 79, 99.), 
les Alloplectus (T. II. PI. V. Aout. PI. IX. 
Juillet), les Gesneria (T. II. PI. 14b. Avril. 
PI. IV.), etc.; details qui n'ont pas besoin 
i les adaptant au inena- 
relle Niphee. M. Hooker 



» changeant les epo- 
de ses tubercules, on 
e, la faire fleurir en 



mais peut egalement s'appliquer a I 
les autres plantes tuberculigeres de 
interessante famille [Gloxh 
Gemcria, etc.). 



WEIGELIA ROSEA, 



Caprifoliacese § Lonicereae. — Pentandria-Monogynia. 



Touen. sat rite pertinet (ni 



stigma capitatum, capsulam 4-locu- 
" 3a CI. Sie- 









CHARACT. SPECIEI: 



La plantc qui fait le sujet de cet article est 
entierement nouvelle et pour la science et 
pour nos jardins. EUe est regardee comme 
devant braver presque impunement nos hi- 
vers. C'est un arbrisseau qui , par le grand 
nonibre , le volume et l'agreable coloris de 
ses fleurs, deviendra le plus riche orne- 
ment, peut-etre, de nos parterres. 

La Weigelia rosea croit naturellcment 
dans le nord de la Chine, on l'a decouverte 



M. Fortune, et d'ou il a pu l'envoyer vi- 
vante en Angleterre. On peut la regarder 
comme la plus riche trouvaille qu'il y ait 
faite. 

EUe a, dit ce voyageur , le port d'un Se- 
ringat (Philadelpkus). Les anciens rameaux 
en sont blanchatres,lisses; les jeunes, verts, 
legerement bordes d'ailes poilues , alternant 
avec les feuilles. Celles-ci sont opposees, 



Les fleurs, roses, axillaires et terminales, 
sont disposers par 5 ou 4 dans les aisselles 
foliaires ou au sommet des rameaux; pe- 
doncules courts, munis a la base de courtes 
bractees vertes, filiformes. Calyce bilabie, 
fendu en 5 segments inegaux (3 super. 
2 infer.) lisses, d'un vert pale. Corolle tu- 
bulee (arquee-nufante, campanulcc-infun- 
dibuliforme), a h" lobes egaux, lisses, refle- 
chis. Etamines 5, plus courtes que la co- 



rolle et inserts sur sa paroi interne, lisses 
dans le haut, mais velues a leur point de 
jonction avec la base de la corolle. Style 1; 
stigmate capite (bilobe) un peu plus long 
que les etamines. Ovaire infere, presque 
sessile, long d'un pouce environ et ayant 
l'apparence d'une partie du pedoncule (pe- 
dkelle). Fortune in lift. » 

A cette description, bien incomplete, 
et peu exacte(sans doute V. charact. gener.) 
la planche ci-contre suppleera en partie. 

Ch. L. 



fleurit dans s 
d'avril, cette circonstance, d'une floraison 
aussi printaniere exige des precautions; 
c'est-a-dire, qu'on doit donner a la plante 
un abri, jusqu'a ce que l'experience ait de- 
raontre qu'elle n'a , sous ce rapport , rien 



lindre de nos frimas. On la rentrera 



Bonne terre melangee ; arrosements co- 
pieux , dans la belle saison ; multiplication 
de boutures herbacees faites a froid, ou 




** » {'' 



BEG0M.4 Fl'GHSIOIDES. 

begowie a fleurs de Fuchsie. 



Begoniaceae. — Moncecia-Po!v;,n<!ii;i. 



adnatis longitudinaliter dehiscentibus. Fem. : Pe- 

tim imbricatis. Ovarium inferum triloculare. 
Ovula in placentis e loculorum angulo centrali 

membranaceo-trialata trilocularis loculicide trivalvis. 

alternis petiolatis integris v. palmatilobis bast scepe 
cordatis inaquilatcris integerrimis dentatis v. mu- 



les Begonies, tant a letat de nature qua 1 
ultive , sont des plantes douees d'un port emir 






M. Hooker qui, le premier, en donne (1. c ) la figure 









de l'hiver (1846-1847), M. Hooker s 
sans raison, que tous, jusqu'ici, n'aier, 



)inte a un elegant feuillage , a un port tout pitto- 
esque font, sans contredit, de cette plante un objet 



I fleurs. Nous laissons parler maint 
, qui de'crit ainsi la nouvelle Begon 



, pendantes. Pedicelles 



?r).Ovaire(jeune 



! (fig. gross.). Fig. 2. Fleur fcmelle, 



ces conditions On les plante < 
e et bien meuble, muni d'un dra 
sitot qu'on s'apercoit que leur 
i ralentissant , va cesser, on dir 



omplet , doivent rester, pendant tout 
lion est la chose du n 



NEPENTHES RAFFLESIAM. 






»ub»tance, v.n 



propriety do dissipcr la tristesse (I). Linne 1'a appliq 
contiennent une eau, qui, de son temps, passait pour etre aphrodisiaque. 

Nepenthaceae. — Dicecia-Monadelphia. 



CHARACT. GENER — Flores dioici. Masc • Pe- 
rigonium calycinum profunde quadrifidum . S t a- 






MW\ ; \ ( ( ,|„. 



Parmi les plantes qui captivent le plus 
I'inter^t et la curiosite, on peut citer a bon 
escient les Sarracenia, les Cephalotes, et 
surtout les Nepenthes, dont les singulieres 
feuilles imitent a la Iettre un vase surmonte 
de son couvercle. C'est chez ces dernieres 
plantes surtout que cette extraordinaire 
modification de la feuille atteint ses formes 
les plus developpees et les plus regulieres; 
et c'est probablement dans celle dont il va 
etre question que ces memes formes se 
montrent le plus elegantes et le plus agrea- 
Mement bigarrees. 

Les Ascidies, c'est le nom que donnent 
les botanistes a ces sortes de vases foliaires 



(da-K^w, petite iime) sont de veritables 
transformations du petiole ou du limbe de 
la feuille, dont les bords se sont amplifies, 
puis soudes. L'esprit philosophique trouve 
dans cette simple explication une solution 
satisfaisante ; mais il n'en est plus de meme 
quand il s'agit d'attribuer a une cause pre- 
dominante la presence de l'eau dans ces 
curieux organes , et le mouvement de 1'ap- 
pendice qui les surmonte (couvercle) : ap- 
pendice si manifeste et si complet dans les 
Nepenthes. 

Les uns ont dit que l'eau des Nepenthes 
est le produit d'une exhalaison aqueuse 



determinee par 1 



• de 1'atmosphere ; 



les autres qu'elle est due a une excretion 
propre a la plante elle-meme ; on a pre- 
tendu enfin qu'elle devait etre attribute 
aux pluies. Ces trois opinions qui semblent 
d'abord devoir s'exclure Tune l'autre, nous 
semblent, au contraire, parfaitement conci- 
liables, bien qu'elles soient tour-a-tour reje- 
tees par les auteurs. Ainsi 1° : pendant plu- 
sieurs journees chaudes, le calorique agis- 
sant sur un vase herbace, clos, peut et doit 
determiner sur la paroi interne la filtration 
des gouttelettes de la seve par les glandules 
stomatiques dont elle est couverte ; c'est la 
une sorte de sueur vegetale; une veritable 



elle deposa de petits cristaux de superoxa- 
late de potasse (Lindl. Veg. Kingd. p. 288). 
samen scientifique d'une question aussi 
interessante pour la pbysiologie vegetale, 
nous entrainerait trop loin , et ne saurait 
d'ailleurs etre completement resolue que 
dans les pays raeme ou croissent naturel- 
lement ces plantes, a la facture si origi- 
nale, et par des naturalistes competents. 
Nous nous contenterons done de l'expli- 



dans certains cas determines par un etat 
particulier de la temperature, peut faire 
affluer les sues liquides aspires par les spon- 
gioles radiculaires et les deverser par les 
vaisseaux spiraux dans ce vide, de prefe- 
rence a I'exterieur. 5° : L'opercule ne recou- 
vre pas tellement l'orifice des ascidies dans 
ces plantes (I) (et notamment dans eelle 
dont il va etre question) , que l'eau pluviale 
n'y puisse penetrer, merae en assez grande 
quantite (des ascidies ont ete trouves pres- 
que pleins). Le gout meme, et l'odeur 
du liquide, ainsi contenu dans ces organes, 
ont ete juges fort differemment par les voya- 
geurs qui les ont degustes ; les uns lui ont 
trouve la saveur de l'eau pure (eau de pluie 
fraiche?) d'autres une saveur suerec ou plus 



soit a une excretion aqueuse, propre a la 
plante; et presque toujours une odeur plus 
ou moins nauseabonde. 

«t Le docteur Turner, ayant eu l'occasion 
d'analyser l'eau contenue dans l'urne d'un 
Nepenthes du Jardin botanique d'Edim- 
bourg,urne non encore ouverte (unopened), 
remarqua qu'en bouillant, elle emettait une 
odeur de pommes cuites , provenant d'une 
petite quantite de matiere vegetale, et qu'en 
refroidissant , par la simple evaporation, 






pour taeber de faire concorder les opinions 
diverses emises par des botanistes, trop loin 
d'ailleurs des lieux pour juger de visu et 
de experientia. II nous reste , avant d'abor- 
der notre sujet, a dire un mot de l'opercule 
de ces ascidies. 

Le mouvement de cct opercule est ega- 
lement affirme et nie. II n'est point spon- 
tane, mais serait cause par le phenomene 
ordinaire du jour et de la nuit. Ainsi, 
dit-on, l'ascidie, pendant la nuit, est ferme 
par son couvercle ; c'est alors qu'il s'em- 
plit de liquide; pendant le jour, le couver- 



et l'ascidie se vide < 
partie, selon la plu 



densite du calorique atmospherique. Que 
cette eau soit pure? le fait est douteux ou 
doit etre rare, en raison des nombreux 
insectes qui y trouvent une tombe assuree 

pre. On voit par tout ce qui precede que la 
question, sous toutes ses faces n'est rien 
moins que resolue. Attendons < 






genes des lieux ou cllcs croissent. Aussi les 
connaissent-ils fort bien , et ils y attachent 
des idees superstitieuses , dont chez nous 
Rumph et Flacourt,entr'autres, se sont faits 
les conteurs. Ces ecrivains nous disent que 
lorsque ces peuples desirent de la pluie, 
ils coupent les urnes des Nepenthes et en 
renversent l'eau sur le sol , persuades qu'ils 
sont qu'il en tombera dans la journee; e 
(ju'aii contraire, il> 96 "anient bien d en 









i. lis regardent cette menu 
eau corame un specifique souverain pom 
faire cesser Vurination involontairc des en- 
fants, et dans ce but ils la leur versent sui 
la tete ou la leur font boire. Dans l'Inde 
les medecins regardent la racine de ce; 
plantes comme astringente, et en distillent 
une liqueur qu'ils emploient par absorption 
contre certaines fievres, et en liniments 
contre les inflammations de la peau, les 
erysipeles, etc. Mais il est temps cnfin 
d'aborder notre sujet. 

Ce que nous venons de dire ne saurait 
manquer, nous l'esperons du moins, d'ap- 
peler 1'attention des amateurs sur des plan- 



vxrniifu/iirs que le sunt les Nepenthes, dont 
il est facile aujourd'hui de se procurer quel- 
ques especes , d un prix veritablement me- 
diocre. Un Nepenthes est done la pike cu- 
rieuse de toute serre d'un amateur de gout. 
On en connait sept ou buit especes, parmi 



cant cet article, l'une des plus belles et par 
ses ascidies bigarres de pourpre et par le 
ricbe coloris de ses fleurs; mais laissons 
parler 31. Hooker, a qui nous empruntons 
la belle planche ci-contre. 

« C'est au D r Jack, botaniste distingue, 
si prematurement enlcve a la science, et 
dont nous avons eu le« privilege de publier 
les lettres dans le Companion to the Bota- 
nical Magazine (T. I"), qu'est due la de- 
couverte de cette remarquable espece dc 
Nepenthes; il la trouva dans l'ile de Sin- 
gapour. 

« II raconte ainsi les circonstances de cette 
decouverte dans l'une de ces lettres, si rem- 
plies d'interet, qu'il adressait a sa famille, 
a Aberdeen. 



' Ma derniere lettre est partie d'ici par 
wie de Penang ; celle-ci vous parviendra 
' le Bengale. II est impossible de con- 
oir queJque chose de plus beau que 



1'approche de Singapour, a travers l'ar- 
chipel d'iles qui gisent a l'extremite des 
detroits de Malacca. Dans des mers unies 
comme une glace, d'innombrables dots, 
couverts de la vegetation tropicale dans 
toute sa luxuriance, se chauffent aux feux 
resplendissants du ciel des Tropiques. L'ile 
S'-Jean qui forme la pointe occidentale de 
la baie dc Singapour, pourrait, si elle etait 
fortifiee, commander par son feu les de- 
troits, que doit traverser tout navire qui 
se dirige vers la Chine ou vers les etablis- 
sements de Test. On ne saurait choisir un 
endroit plus convenable, une position plus 
formidable; et il est reellement etonnant 
qu'elle soit restee si longtemps sans etre 
remarquee. C'etait dans le MP siecle la 
capitale des Malais; mais ceux-ci furent 
contraints de l'abandonner , pendant les 
guerres malheureuses qu'ils soutinrent con- 
tre l'empire javanais de Majapulath, et de 
se retirer a Malacca. Quand celui-ci fut pris 
par les Portugais, ils s'etablirent a Johore, 
et Singapour jusqu'aujourd'hui a ete pres- 
que oublie. Je ne doute pas qu'il puisse en 
peu de temps depasser son ancienne im- 
portance. J'arrivai assez a temps, pour 
explorer les bois, avant qu'ils tombas- 
sent sous la hache, et je fis bon nombre 
d'interessantes decouvertes, particuliere- 
ment celle de deux nouvelles et splendides 
especes de Nepenthes (N. Hafflesiana ct 
ampullar ia), qui surpassent de beaucoup 
toutes les especes de ce genre qu'on con- 
nait en Europe. J'en ai fait deux dessins 
complets avec d'amples descriptions. Sir 
S. Raffles s'inquiete comment nous publie- 
rons nos decouvertes, et il a forme le projet 
d'en tirer parti a Bancoul. II compte, en 
envoyant ces plantes porte-c niches [nilcher- 
plant) en Angleterre, que d'aussi magni- 
fiques vegetaux, publies avec tous les avan- 
tages d'une elegante execution , attireront 
1'attention sur la bolanique sumatrienne. » 
« Beaucoup de plantes du D r Jack ont 
paru dans le Malayan Miscellany, pu- 
blic a Bancoul; mais aucun individu dc 




rempli une caisse a la Ward. Dans cette 
caisse, ces plantes avaient ete si bien ar- 
rangees , elles furent si bien soignees pen- 
dant leur voyage a travers le continent 
indien, qu'a leur arrivee a Kew, en 1845, 
elles etaient en aussi bonne sante, que le 
jour ou elles furent enlevees de leur vallee 
natale, a Singapour. Chacun sait, que la 
meme annee qu'ecrivait ce qui precede le 
D r Jack, a la suggestion de son ami et pa- 
tron , Sir Stamford Raffles , File de Singa- 
pour fut achetee du sultan de Johore par 
la compagnie des Indes. M. Crawford en 
fut l'historien et le premier gouverneur; 
depuis cette epoque, elle est devenue 
pour notre pays un etablissement d'une 
haute importance , et , comme elle est tres 
frequemment visitee par nos navires mili- 
taires et inarchands, il est a souhaiter que 
ses productions vegetales nous deviennent 
bientot familieres. Le D r Jack, avec la mo- 
destie, qui etait un des traits frappants de 
son caractere , attribue le merite de la de- 
couverte de cette plante dans les forets de 
Singapour, a Sir Stamford Raffles , dans le 
but probable d'en faire considerer le nom 
specifique comme mieux approprie. Singa- 
pour, n<5anmoins, ne parait pas la seule 
patrie du Nepenthe en question ; Korthals , 
en effet, si nous lisons correctement son 
haut hollandais, en donne Bintang, sur la 
cote de Sumatra, comme une autre loca- 
lity 

« A leur arrivee, nos plantes furent aus- 
si tot placees dans des pots proportion nes a 
leur taille, dont la base plongeait dans des 
terrines remplies d'eau , et dont la terre a 
sa surface etait couverte de mousse hu- 
mide; sous rinfluence de ce traitement, 
elles developperent dans l'automne de la 
meme annee un bel epi de fleurs males. 



Cet epi est ample, et tire sa beaute* du riche 
coloris des nombreux perianthes et de cette 
foule d'etamines en capitules d'or qui le 
couvrent. Les cruches, ou ascidies, sont, 
non-seulement remarquables par elles-me- 
mes et les differentes formes qu'elles affec- 
tent dans diverses parties de la plante, mais 
encore par la beaute de leur couleur et de 



bordent leur orifice allonge, stries qui 
terminent interieurement 
donnent au bord interne 
elegamment pectinee. 

« Nous en possedons de beaux echan- 
tillons sees provenant de la compagnie des 
Indes, distribues par le D r Wallich, et 
d'autres dont nous sommes redevables a 
M. Veitch, qui les a egalement recus de 
Singapour, ou les avait recueillis M. Lobb. 
Le D r Jack fait remarquer avec raison « que 
ce Nepenthes est le plus grand et le plus 
beau du genre , en raison de ses deux es- 
peces d'urnes, tout a la fois elegantes de 
forme et d'un brillant coloris. » Nous ne 
saurions mieux faire, selon nous, que de 
copier ici la description qu'en a faite le 
D r Jack, dans le pays meme et sur des 
echantillons vivants; car nous ne pourrions 
offrir rien de plus correct. ;> 

" Descr. Rhizome fibreux. Tige ascen- 
dante a la base, se tenant droite au moyen 
des arbres voisins, et couverte dans les 
jeunes pousses d'un duvet decidu. Feuil- 
les alternes, petiolees; les inferieures rap- 
prochees et lance'olees ; les superieures dis- 
tantes et oblongues, lisses dans l'age adulte; 
toutes entieres, ayant leurs nervures late- 
rales peu distinctes, et la mediane prolongee 
en un cirrhe termine par une urne. Cirrhes 
des feuilles inferieures non tordus en spi- 
rale, mais pendants droit de leur sommct et 
termines en des ascidies, ou urnes, amples, 
ventrues, brillamment colorees, bordees sur 
le cote interne de deux ailes membrana- 
cees, frangees; ces urnes sont encore lege- 
rement contractees a l'orifice, qui s'ouvrc 
obliquement, se prolonge beaucoup et se 



l'opercule ou couvercle. Cirrhes des feuilles 
superieures tordus en un ou deux tours de 
spire au milieu et termines par une urne 
infundibuliforme , allongee 



plane par devan 
cieusement conformed a l'orifice commeune 
urne ou vase antique. Ces deux sortes d'as- 
cidies ont leurs bords reflechis, elegamment 
et delicatement stries et panaches de lignes 
paralleles, pourpres, cramoisies et jaunes. 
Opercules, ou couvercles, incombants,oves, 
membranaces , marques de deux princi- 
pales nervures longitudinales, et cuspides 
en arriere du gond. Racemes d'abord ter- 

du developpement de la tige au-dessus 
d'eux; toujours opposes a une feuille;celle-ci 
differe des autres, en ce qu'elle est sessile, 
et en ce que son cirrhe ne porte jamais 



d'urne a son extremity Pe"uicelles unitlo- 
res. Fleurs males : Calyce profondement 
quadriparti, tomenteux exterieurement , 
lisse, rouge et ponctue interieurement; seg- 
ments oblongs, obtus, reflechis. Corolle 
nulle. Colonne (androphore) staminale cen- 
trale, epaisse, dressee, rouge. Antberes 
nombreuses, jaunes, contournees en une 
tete arrondie, terminale. Flelus femelles : 
Calyce comme dans les males. Ovaire su- 
pere, oblong, dresse, tetragone. Style nul. 
Stigmate sessile, pelte, quadrilobe. Capsule 
oblongue, un peu arquee, quadrangulaire, 
dressee, profondement sillonnee laterale- 
ment, quadriloculaire, quadrivalve; valves 
septiferes au milieu, polyspermes. Semences 
oblongues, lineaires, basifixes. » 

Ch. L. 



Fig. 2. Fruit (grand. , 



II est assez rare de voir dans nos serres les 
Nepenthes vegeter avec vigueur. Us y sont 
presque toujours chetifs, rachitiques; leurs 
urnes avortent, et souvent memel'extremite 
de leurs feuilles perit sans avoir developpe 
ces curieux organes. Ce n'est pourtant pas 
a la difficulte de leur culture que doit etre 
attribue ce facheux inconvenient; mais bien 
au defaut de soins appropries et de pre- 
cautions convenables. Je vais essayer de 
tracer le plan de conduite qu'il convient 
de suivre pour obtenir de plus heureux re- 
Tout d'abord l'essentiel est de combiner, 
dans des proportions convenables, les trois 
agents de toute vegetation factice , la cha- 
leur, l'humidite et l'aerification , sans le 
concours immediat desquelles, le succes est 
impossible. Sans aerification (ou ventila- 



chauffee e 

n'emet que des organes a 



parallele ; 



; veut) une plante suflisanunenl 
humidifiee, s'allonge, s'etioleet 
L'aerifica- 
chaleur et i 
santes s'oppose a tout 
inutile de continuer 
cherchons a le mettre 

Une serre basse, chaude et humide, une 
serre a Orchidees, par exemple, convient 
parfaitement a la culture des Xepenthes. 
On les plante assez largement dans une 
terre franche melee de mousse et de frag- 
ments de briques finement concassees; le 
vase doit plonger dans une terrine assez 
profonde, remplie de mousse toujours 
mouillee, afin que le fond contienne sans 
cesse une petite quantite d'eau a IVtat lihre. 
II est mieux encore de se servir de dou- 
bles vases , dont 1'exterieur beaucoup plus 



grand depasse un peu l'interieur; l'inter- 
valle est rempli egalement de mousse sans 
eesse humidifiee. Au fur et a mesure que 
la plante grandit, comrae elle ne se soutient 
qu'a l'aide de ses cirrhes, on attache au 
vase des cercles en fil de fer, ou mieux en 
baguettes tres-fines, peintes en vert, que 
Ton dent ) i 1 u i uti 1 icttes 
longitudinalement placees; la distance des 
cercles entre eux et leur diametre se pro- 
portionnent au diametre de la plante (feuil- 
les etendues) et a la distance des nceuds 
foliaires sur la tigc. D'un pied en un pied , 
par exemple, la distance des cercles parait 
suflisante. 

La plante ainsi preparee doit etre placee 
dans 1'endroit le plus chaud , le mieux ora- 
brage (artificiellement) de la serre, et la ou 
puissent lui arriver la lumiere solaire ta- 
mise'e par des ombrages de verdure de pre- 
ference et, autant que possible, un courant 
d'air pur et chaud. Danscette situation, en 
ete, une fois par jour, deux fois et trois au 
besoin(c'est-a-dire,en proportionnant les se- 
ringages a la rapidite de l'evaporation) , 1'on 
seringuera abondamment les feuilles et la 

gages, on cessera d'humidifier la surface 



que la belle saison decroitra; pour, en 
hiver, laisser l'appareil sinon entierement 

comparativement. 

La multiplication de ces plantes peut 
avoir lieu par le bouturage et par le semis. 
Toutefois elles ne fructifient que rarement 
dans nos climats, en raison d'une tem- 
perature necessairement factice, et, sur- 
tout , en raison de la presence obligee des 
deux sexes. Mais corame elles emettent assez 
volontiers des rameaux lateraux, par le pro- 
cede du couchage, on enleve ainsi les jeu- 
nes jets qui, grace aux soins ordinaires, 
deviennent bientot de beaux individus. 

On le voit, la culture des Nepenthes, 
pour reussir, appelle a un assez baut degre 
les soins et la vigilance de l'horticulteur qui, 
grace a une surveillance assidue, a une di- 
rection habilement opportune, verra ces 
plantes prosperer entre ses mains. C'est 
ainsi, par exemple, que j'ai cultive moi- 
meme des Nepenthes distillatoria , qui n'a- 
vaient pas moins de vingt pieds de hau- 
teur, et s'enorgueillissaient de tout l'eclat 
d'une vegetation tropicale. 

L. VII. 




•'•".ocxl,,,,, „|'« ,UI'a 



MPATIENS PLATYPETALA. 




Cette eharmante plante, ainsi que la qua- 
lifie avec raison M. Lindley, qui Ie premier 
nous l'a fait connaitre , a ete importee tout 
recemment de Java, par M. Lobb, collec- 
teur, dont maintes fois nous avons du citer 
avec louangele zele intelligent. Presentee en 
fieurs, l'ete dernier (1846), a l'exposition de 
de la Societe d'Horticulture de Londres, 
elle a ete gratifiee d'une medaille d'argent. 
Voisine par son port de l'l. lati folia de Wal- 
lich (non L.), elle en differe par sa glabrite, 
1'absence de glandes sur les petioles , et la 
longueur de son eperon. 



soin dans le jardin Van Houtte, aucun ne 
nous a offert de tubercules radicaux , mais 
simplement des fibres radicales, d'ou s'ele- 
vait une tige robuste articulee (articula- 
tions assez fortement renflees a la base), 
pourpree ou tresfinement ponctueede pour- 
pre. Elle est entierement glabre et porte 
des feuilles verticillees par trois ou par 
quatre (ou plus?), brievement petiohies, 
(les inferieures longuement) oblongues-lan- 



ceolees, aigues, tres-glabrcs, bordees de 
dents aigues et serrees, a nervure me- 
diane et a petioles pourpres. Les pedon- 
cules sont uniflores, axillaires, dresses, 
disposes par un ou par deux dans chaque 
aisselle foliaire , plus courts que les feuilles 

petites bractees subulees, colorees. Entre 
cbaque petiole sont une ou deux glandules 
aciculaires, pourpres. Les fleurs sont gran- 
des, planes, d'un rose vif, releve de cra- 
moisi ; en alabastres , elles simulent parfai- 
tement certains casques du moyen-age, 
pourvus de pointes menacantes. Le calyce 
est compose de 4 folioles etroites , ovales , 
aigues, dont l'inferieure, un peu plus ample 
que les laterales et coloree, se prolonge en 
un cperon falciforme aussi long ou pres- 
qu'aussi long que les pedoncules. La supe- 
rieure est renflee , gibbeuse , fortement ca- 
reniforme et intimement soudee avec le pe- 
tale correspondant. Les petales au nombre 



de 5, sont obcordes,echancres mucrones; les 
deux lateraux et interieurs les plus etroits; 
les posterieurs sont creuses d'une fossette 
vers la base, et la finement mouchetes de 
cramoisi. Les etamines, au nombre de 5, 
d'abord intimement soudees au sommet 
entre elles et avec le style, sont tres- 
courtes , onguiculees , gibbiformes , couver- 
tes de petites tuberositas catenulaires, vi- 
sibles seulement a la loupe, puis bientot 
eaduques ; l'inferieure est extremement 
courte, abortive; toutes d'un beau rose 
violace, sont dehiscentes par une fente api- 
cale, et emettent un pollen d'un rose pale; 
le style, ou plutot l'ovaire, est vert , oblong, 
arrondi-anguleux et se termine par un stig- 
mate sessile et obsolete. II contient un petit 
nombre d'ovules ovales, superposes et fixes 
dans Tangle central desloges. Capsule.... 

Ch. L. 



La culture de cette espece est extreme- 
ment facile. Elle se bouture avec prompti- 
tude de ramules coupes aux articulations , 
et tenus sur coucbe tiede et sous cloche, 
pendant quelques jours. En outre , comme 
elle semble devoir donner des graines abon- 
dantes, l'espece en est desormais assuree 
dans nos jardins. 

En calculant graduellement la succession 
du bouturage ou du semis des graines, on 
peu t pendant toute l'annee jouirde ses belles 



et brillantes fleurs. C'est ainsi que pendant 
toute l'annee derniere, cet hiver, et en ce 
moment raeme (avril) j'en ai encore des in- 
dividus en pleine floraison. On devra cha- 
que annee preferer ainsi de jeunes et vigou- 
reuses plantes, a la conservation en serre 
chaude des vieux individus. Comme les 
especes congeneres , elle demande un riche 
sol , et des arrosements abondants pendant 
la belle saison. 

L. VH. 



Mill CORDIFOLIliH. 



Liliaceae § Tulipeae. — Hexandria-Monogynia . 




; Yhabitus des es- 
peces de lis introduces dans nos cultures , 
qu'a l'aspect de celle dont il est question, 
on est porte, en l'absence de ses fleurs 
la prendre pour une toute autre plan 
tant son feuillage differe de celui de 
congeneres , si uniformes, comme on sa 
sous ce rapport. En presence d'une plante 
aussi remarquable par la singularity de ce 
feuillage, par 1'elegance de ses fleurs, on 
peut s'etonner aussi a bon droit qu'elle n'ait 
pas encore ete importee dans nos jardins; 
on peut d'autant plus s'en etonner que son 
habitat ne laisse pas que d'etre etendu. 
Ainsi elle croit dans tout le Japon , a 4 ou 
600 pieds de hauteur au-dessus de 1'Ocean, 
dans les bois ou les forets ombreuses et humi- 
des ; on Fa trouvee encore dans les iles Kou- 
riles. Les indigenes en mangent les bulbes. 
La description sommairequivasuivreest ex- 
traite de celle de MM. Siebold et Zuccarini. 
Descr. Le bulbe est forme d'ecailles char- 
nues, imbriquees lachement, blanchatres. 
La tige est dressee, de la grosseur du petit 
doigt, entierement d'un violet obscur ou 
parsemee de macules de la meme teinte. 
Les feuilles sont grandes, alternes, rappro- 
chees; les plus inferieures se montrent a 
environ 6 pouces de terre ; les intermediai- 

T()M. HI. 



res, plus eloigners; les superieures sont 
distantes et quatre fois plus petites; toutes 
sont etale'es , longuement petiolees , large- 
ment cordees-ovees (lobes arrondis , angle 
tronque ou cuneiforme), aigues, entieres, 
ondulees aux bords, tres-glabres sur les 
deux faces ; d'un vert fonce ; a veines pro- 
eminentes, reticulees, dont une circulairc, 
a laquelle aboutissent toutes les autres; lc 
petiole, long de 5 ou 4 pouces, est dilate- 
amplexicaule, canalicule en dcssus. Les plus 
grandes feuilles ont 4-5 pouces de long, sur 
2 i-5 de large. Les fleurs , au nombre de 
2 ou 5, sont terminates, sessiles, dressees- 
etalees , munies chacune d'une bractee spa- 
thiforme, oblongue-lanceolee, nervee-striee. 
Le perigone est infundibuliforme-campanule, 
longuement retreci vers la base; les segments 
en sont connivents, et seulement etales au 
sommet; d'abord cuneiformes,ils s'allongent 
en une forme spathulee , aigue, tres-entiere, 
nervee-striee, glabre; renfles a la base, 
minces au milieu et calleux au sommet, ils 
sont dorsalement carenes, longs de S-6 pou- 
ces, larges d'un et plus, d'un blanc un peu 
obscur, et vers le milieu parsemes de petites 
macules violacees, presque confluentes; les 
interieurs un peu plus etroits. Les fdets sta- 
minaux sont inegaux, connivents a la base, 



glabrcs, cylindriques , blancs, attenues au 
sommet; ceuxqui sont opposes aux segments 
internes du perigone incombent dans une 
fentenectarifere, qui sillonue ceux-ci dansle 
tiers de leur longueur ; antheres oblongues; 
quadriloculaires (i) , jaunatres, s'ouvrant 
longitudinalement par paires. Ovaire sub tri- 
gone, arrondi, glabre; tri- ou incomplete- 
ment sexloculaire ; ovules nombreux , bise- 
ries, fixes a des placentaires decurrents 
dans Tangle central des cloisons. Style cy- 
lindrique, glabre, creux, un peu plus long 
que les etamines; stigmate renfle, trilobe, 
papilleux. Capsule ovee-trigone, substipitee, 




ou obliquement ovees, planes, ceintes d'une 
membrane tenue, blanchatre. 

Cette magnifique et singuliere espece, 
forme avec le L. giganteum Wall., dont le 
port est le raeme , et qui l'emporte peut- 
etre encore sur elle en beaute, une sec- 
tion dans le genre Lilium, a laquelle a ete 
donnee le nom de Cardiocrinum. Peut- 
etre, en raison des differences qu'elle pre- 
sente (nous ne parlons que du L. cordi fo- 
lium, ne sachant rien du second) devrait- 
elle constituer un genre a part; ainsi que 
para it l'avoir propose Salisbury sous le nom 
de Saussurea; en effet, ses feuilles cor- 
diformes, son perigone nettement tubule , 
ses etamines comme quadriloculaires, son 
ovaire 5-6-loculaire(?) etc., semblent suffi- 
samment justifier cette distinction. Que de 
genres reputes districts, sont loin d'etre 
etayes de caracteres differentiels aussi so- 
lides ! 

Ch. L. 



Les rapports desormais plus faciles, et 
surtout plus frequents avec le Japon et la 
Chine , nous permettent d'esperer dans un 
avenir tres prochain , l'introduction de ce 
beau lis. C'est cette circonstance qui m'a 
engage a prendre l'avance en le fesant figu- 
rer et decrire, afin d'engager par la les 



voyageurs a en hater l'importation. Dans 
nos collections, il ne demandera pas de 
soins de culture autres que ceux que j'ai 
recommandes a l'occasion de son conge- 
nere, le Lilium Brownii (V. T. I, p. 221), 
et qui lui sont entierement applicables. 
L. VH. 



IXORA SALICIFOMA. 




C'est a l'etablissement Van Houtte que les 
collections europeennes doivent l'introduc- 
tion de cette espeee, fort remarquable 
meme parmi ses congeneres, par l'ampleur 
de ses corymbes floraux, le nombre, le vo- 
lume et le double coloris de ses fleurs. Elle 
est originaire de Java et elle vient de fleu- 
rir de la maniere la plus luxuriante dans 
l'une des serres chaudes de ce jardin, pen- 
dant les mois de fevrier et de mars (1847). 
Le limbe floral , au moment de son epa- 
nouissement est en dessus, d'un jaune 
nankin vif , qui passe en vieillissant au rose 
vermillonne , teinte generate et persistante 
du reste de la fleur , qui est inodore. 

Descr. VIxora salici folia est un petit (?) 
arbrisseau dresse,entierement glabre, crois- 
sant dans les lieux montagneux de Tile de 
Java. Lesrameaux en sontsubcylindriques, 
inseres a angles tres-aigus, rougealres pen- 
dant la jeunesse. 

Les feuilles en sont opposees, rappro- 
chees , tres-brievement petiolees , lineaires- 
allongees, ou lineaires-lanceolees. tres-acu- 
minees , arquees-pendantcs, canaliculus en 
dessus , a bords subondules , subrevolutes , 
rougeatres pendant la jeunesse, longues de 



5 a 8 pouces (ou plus?) larges de 10-15 li- 
gnes (ou beaucoup moins!) d'un vert som- 
bre en dessus, pale en dessous; a ner- 
vure mediane subaigue en dessus. Stipules 
engainantes a la base, deltoides, aigue's- 
subulees au sommet, d'un rouge coc- 
cine (ainsi que les petioles) pendant la jeu- 
nesse. Corymbes subombelles, tres-den- 
ses, amples, terminaux. Pedicelles tricho- 
tomes, extremement courts ; munis de tres- 
petites bractees opposees (rouges ainsi que 
toute l'inflorescence) ; pedicellules a peine 
sensibles, triflores; calyce minime (long 
d'une ligne a peine), 5-denticule. Tube corol- 
leen (long d'un pouce et demi) cylindrique- 
sillonne, grele; limbe quadriparti; segments 
ovales, aigus, etales. Filament* .stamina ax 
tout-a-fait nuls; aiitheres inserees dorsale- 
ment et horizontalement (suivant la direc- 
tion des segments li 



connectif divarique a la base, subule au 
sommet (fig. I.). Style tres-grele; stigmate 
subexsert, bilobe; lobes oves-plans, papil- 

leux Baie 

Malgre les quelques dissemblances, que 
nous a offertes notre plante avec la phrase 



specifique de M. Blume, nous n'avons pas I res differences a l'etat sec (?) de 1'echantillon 

hesite a regarder sa plante et la notre qu'il decrivait. 

comme identiques, en attribuant ces lege- | Ch. L. 

Explication des Figures analytlquea. 

Fig. I. Anthere a diffe'rents ages. Fig. 2. Ovaire, style et stigmate. Fig. 3. Le premier coupe 



Le lecteur trouvera a l'article Ixora odo- I qu'elle encore, puisqu'elle croit dans 
rata (V. ci-dessus), tous les renseignements pays de montagnes. 
qui lui seront utiles pour la culture de L. VH. 

cette espece congenere, moins delicate | 



ANTIRRHIHll IAJUS tjmmm. 



Scrophulariaceee § Antirrhineae. 



CHARACT. GENER. — Calyx 5-partitus obli- 
[UU8. Corollae hypogynae tubo amplo compres- 
iusculo basi saccato intus antice biseriatim piloso , 






::;;,;;:,: 



• ■ : .• 



fulis poro singulo apertis. S e m i n a plurima roi- 
lima oblongo-truncata foveolata v. rugosa. 
Herbae in Europa australi et regime mediter- 



CHARACT. SPECIEI 



II n est pas un amateur de plantes qui ne 
connaisse ou possede ces charmantes va- 
rices, qu'ont obtcnues en foule nos horti- 
culteurs , delM ntirrhinum majus, transporte 
depuis si longtemps de sa station naturelic 
dans nos jardins. 

Dans 1'etat de nature, cette plante, essen- 
tiellement europeenne , est connu du vul- 
gaire sous les noms divers de Mufle deveau, 
de Gueule de Lion ou de Loup, de Mufleau, 
de Mu flier, ete. Elle sc plait dans les lieux 



lr> 



picrres, sur les rochcrs. Elle se rapprochc 



volon tiers denos habitations; aussi la voit-on 
frequemment decorer de ses fleurs de pour- 
pre les vieux batiments, les murs des jar- 
dins, les decombres, et s'avancer ainsi j us- 
que dans le cceur de nos villes. La, sans 



l'eau du eiel , elle se maintient sans cessc 
vigoureuse et fleurie sur les mines de mo- 
numents ecroules, enfin, vestiges des dis- 
cordes humaines, apres avoir brave des sie- 
cles; lecon vivante et sublime quedonncla 
nature, re grand etre toujours jeune et tou- 
joms ivnaissant, a 1'orgueil de 1'homme. 



II serait parfaitement oiseux de decrire 
ici botaniquement la plante dont il s'agit , 
dont le type, et ses varietes sont si popu- 
laires dans nos jardins. Parmi ces dernieres 
brille toujours au premier rang le char- 
mant A. m. caryophylloides , pres duqucl 
YA. m. Youngianam, distingue par ses lar- 
ges bandes d'un blanc pur sup un fond 
rose vif , fera fort bon effet. Cette plante 
nous fournit en raeme l'occasion de rap- 



peler aux amateurs toutes les belles varietes 
sorties du type et l'aspect veritablement 
ornemental qu'elles presentent groupees 
ensemble. 

VA. m. Youngianum, ne tout recem- 
ment chez M. Young, fleuriste a Epsom, 
comte de Surrey ( Angleterre) , se trouve 
deja multiplie dans quelques etablissements 

Ch.L. 



sortes de plantes puissent 
elles-memes, nean- 
volontiers les soins 



de l'hommc; alors 
vigoureuses et plus floriferes. Ainsi, bien 
que toute terre leur soit bonne, elles ac- 
quierent neanmoins, dans un sol riche, de 
plus grandes proportions ; elles peuvent se 
passer d'eau : mais avec des arrosements 
abondants, leur vegetation et leur florai- 



Telle est 

au reste l'histoire de toute plante sauvage 
introduite dans nos jardins. 

On les multiplie avec une extreme facilite 
du semis de leurs graines ou de boutures 
faites a froid, a l'ombre, dans un coin de la 
serre froide ou sous un chassis. Avec une taille 
raisonnee, ces plantes, bi- ou trisannuelles 
dans la nature, peuvent durer 5 ou 6 ans. 
L.VH. 



LESCHEMULTIA ARCUATA. 




C'est au docteur allemand Ludwig Preiss, 
que Ton doit la decouverte de cette belle et 
singuliere espeee. II la recueillit, en decem- 
bre!858,aux environs de Freemantle, crois- 
sant dans un terrain calcaire sablonneux. 
Drummond, qui accompagna Preiss, pen- 
dant quelque temps , la trouva de son cote 
dans la colonie de Swan River et en envoya 
depuis des graines en Angleterre , desquel- 
les sortirent les individus , qui servirent a 
rediger la description et a executor la figure 
qu'en a donnees rccemmcnt le D r Hooker 
et que nous reproduisons ici. Ce savant dit 
qu'elle a bien l'aspect de quelque grand 
Polygala ligneux de 1'Afrique australe, 
mais avec des fleurs excessivement nom- 
breuses merae sur un petit individu. Si 
nous ajoutons qu'a leur grand nombre ces 
fleurs ajoutent l'ampleur, un agreable et 
singulier coloris, nous pourrons nous dis- 
penser de tout autre eloge. 

M. W. H. de Vriese, professeur de bota- 
nique et directeur du jardin botanique de 
Leyde, qui a bien voulu nous promettre 
M collaboration a la Flore, eut l'avantage 
de determiner le premier relic belle i>l;mte. 



d'apres les echantillons recoltes par Preiss. 
Nous avons reproduit ci-dessus la phrase 
specifique qu'en a donnee ce savant dans les 
Planlee Pressiance (I. c.) et qui, bien que 
redigee d'apres le sec, a neanmoins toute 
la precision qu'on est en droit d'attendre 
de lui. Voici la description du D r Hooker : 
Descr. Plante semiligneuse, peu elevee, 
procombante, dont les branches prinripales 
etalees, striees, courbees en bas (d'ou le 
nom specifique); les ramules plus dresses, 
mais flexueux. Feuilles eparses, etalees, 
petites, filiformes, aigue's; fleurs amples, 
terminales, solitaires, sur les nombreux 
ramules. Tube de la corolle tres court, ven- 
tru d'un cote, fendu de l'autrc, velu-soyeux 
en dedans ; limbe bilabie ; segments cinq ; 
dont trois etales, amples , largement obcor- 
des, bifides et mucrones, d'un jaune de 
soufre, a ailes tres-grandes; deux beaucoup 
plus petits , oboves , renfermant les eta- 
mines et le style, et d'un rouge pourpre. 
Etamims glables; style long, flexueux, 
capite et tomenteux en dessous du stiff- 



feuillage filiforme, ses grandes et nombreu- 
ses fleurs bicolores feront le plus joli effet. 
II faut ajouter a ces avantages, celui plus 
grand encore de fleurir au milieu de nos 

La culture en est extremement simple ; 
c'est en general celle des plantes de sa ca- 
tegorie ; c'est-a-dire qu'on la plante en terre 
de bruyeres grossierement passee pour ne 
pas en retirer les brindilles les plus fines 



( 

d'humus) dans des pots bien draines. L'ete, 
on peutla sortir a mi-ombre, au nord, jus- 
qu'a 1'approche des froids. On la multiplier 
avec facilite de boutures coupees sur les 
plus jeunes rameaux, en leur laissant une 
petite portion de talon. On les tiendra sous 
cloche et sur couche tiede , a la maniere 
ordinaire. L'epoque la plus favorable pour 
cette operation est celle des mois de mai 
et de juin, alors que les jeunes ramules ne 
se sont point encore entierement aoutes. 
L.VH. 



GLOXINIA TEICHLERI (hybr.da). 



Gesneriacete § 

CHARACT. GENERIS. — Calycis tubi 

,.v«rio a.!nat«i». limbo 5-fi.lo v 5-partito C< 

«< camputthto-mbriBgei 

tricoso, limbo patulo subbilabiato , lobi 

gynae Stylus in stigma w 






Gcsneriea'. Didynainia- Aniiio-pci n 



line des principales richesses de nos ser- 
res an commencement de la belle saison , 
ce sont tontes ces delicieuses varietes, on 
hybrides de Gloxinia, dont on y admire 
les brillantes fleurs pendant un si long 
espace de temps, et chez lesquelles le bleu , 
le violet, le blanc et le rose dans leurs 
teintes les plus riches et les plus veloutees 
brillent d'un eclat inimitable. Que serait 
une serre sans cesplantes ? Groupees ca et la 
en grand nombre et en compagnie de leurs 
alliees, les Achimems, les Gesneria, etc., 
quelle variete de formes et de coloris ! Que 
dc fleurs! quel splendide aspect ! Aussi pour 
nos amateurs, la famille des Gesneriapees 
est-elle de toutes la plus importante et la 
precieuse en raison des nombreuses et ele- 
gantes plantes qu'elle leur fournit , et dont 
erait trop longue. 



C'est surtout dc la G. speciosa que ce s< 
issues la plupart des varietes dont nous p 
Ions; fecondce ensuite avec la G.caulesce 
elle a produit aussi par ce mariage adulte 
quelques individus remarquables par h 
stature plus robuste , des fleurs plus gn 
des : traits qu'ils tenaient evidemment 
leurpere. 

Ce n'est guere qu'entre ces deux especes 
ensuite avec la belle G. sp. rubra, qu'ont 
tenteslesprocedesd'hybridisation en usa 
lis paraissent avoir completement avo 
entre les Sinningia proprement dits (1) , 






' 



circonstance semblerait 



diquer que ce sous-genre pourrait etre ra- 
tionnellement separe dn Gloxinia auxquHs 
la plupart des auteurs le reunissent. II 
serait curieux de tacher de la croiser avec 
la lielle Gloxinia maculata Lherit. {Mar- 
tynia perennis L.). Si l'experience reussis- 
sait , il en resulterait une vigoureuse pro- 
geniture, doublement interessante et pour 
le feuillage et pour la forme des fleurs. 

une description botanique, soit de laG. cau- 
lescens, soit de la G. speciosa, belles espe- 
ces qui existent maintenanten nombre dans 

done de dire quelques mots de la magnifi- 
que plante hybride dont nous donnons ci- 
contre la figure. Son histoire nous est peu 
connuc, et nous n'en pouvons certifier que 



Kile a etc oblenue, dit-on, dans ces der- 
niers temps en Boheme , d'une fecondation 
artificielle entre les G. caulescens et rubra; 

par M. Joscht, de Tetschen. Son port est le 
meme que celui de la G. caulescens, mais 
son feuillage parait plutot appartenir a la 
G. speciosa. Les fleurs , aussi grandes que 
celles de la premiere, sont agreablement pa- 
nachees de bleu sur un fond rose ou rouge , 
soit par de larges bandes paralleles ou in- 
terrompues , soit par des macules plus ou 



Un coloris aussi diversifie captivera certes 
l'attention des Anthophiles , a qui l'hybri- 
disation n'a encore presente rien de tel 
en fait de Gloxinia. 



Le lecteur peut consulter les notes horti- i 
culturales que j'ai ecrites a diverses reprises 
au sujet de diverses plantes allieo-.iell.-que | 
des Achimenes, des Gesneria, des Gloxi- 



et en appliquer If 
la plante dont i 
absolument la m( 



Wl 



lfc»\ 



v m 



LffUn^itt BueStM 



TILLAPSIA BILBOSA var. p.cta. 



tin. V. ci-dessus, T. II. M 

Bromeliacese § Tillandsieae. — I 



Au premier aspect, la plante dont il 
1'est rien moii] 



singuliere conformation, dont I'effet, quand 
elle est fixee sur le tronc arborescent d'une 
des plantes de la serre, ou suspendu, sur 
ecorce, en compagnie de quelque Orchidee , 
dont elle simule le port, a quelque chose 
d'original et de curieux; mais qu'elle se 
dispose a fleurir! Alors ses feuilles, longue- 
ment subulees , affectent la teinte du corail 
qu'elles surpassent en eclat, et au sornmet, 
de l'aisselle de grandes bractees d'un coloris 
aussi vif, sortent de longues fleurs, d'un 
beau violet, que depassentdes filaments sta- 
mina ux d'un violet plus richc encore. Quel 
changement! l'humble plante en peu de 
temps a revetu une des plus splendides 
livrees vegetales qu'on puisse voir. Or, un 
simple eoup-d'oeil, jete sur la planche ci- 
contre, apprendra aussitot si notre langage 
est exagere. 

L'espece type a etc decouverle , selon ce 
que nous apprend M. Hooker, par feu le 
baron de Shack , qui la trouva dans File de 
la Trinite; et la belle variete dont il s'agit 
a etc recueillie a la fois a la Jama'ique , par 
M. Purdie, voyageur pour le Jardin de 
Kew, et au Guatimala , par M. Warscewitz, 
voyageur pour l'etablissement Van Houttc; 
elle vient de fleurir egalement dans res 



deux jardins, pendant .'hirer 1846-1847. 
M. Hooker dit qu'apres la floraison les 
feuilles, d'abord si brillamment colorees, 
prennent cnsuite une teinte verte conforme 
a celle du reste de la plante; e'est un fait 
que nous n'avons pas encore ete a meme de 
verifier chez les individus que nous avons 

En general, plus que toutes les autres 
Bremeliacees, les Tillandsus affectent des 

formes etranges et souvent tellement dis- 
semblables entre clles, que Ton est tente, 
an preinicr cxanicu tie Its regai-dcr i-oiniui- 
apparlenant a des genres dilli rents, licau 
coup d'especes out des inflorescences vcri- 
tablement splendides , telle que celle-ci , 
par exemple; toutes sont remanpiahlcs . 
soit par leurs formes, soit par leurs fleurs, 
ordinaircment inodores? Nous n'en con- 
naissons qu'une espece, dont les fleurs ex- 
halent une odeur exquise, la T. suaveolens 
Nob. (V. Flore, T. I. 1. c. in noht), qui 
parait malheureusement perdue pour nos 
jardins. Voici la description que donne 
M. Hooker, de la plante, objet de cet ar- 
ticle. 

» Descr. Plantes fasciculees, par deux 
ou plus a la l»asc, quelquefois croissant dans 
deux directions opposees, et, comme celle 
representee ci-eontre, s'attachant aux bran- 

- des arln-es pai' de> I'aeines lilu eii^c- . 



greles, peiinees. Tige simple, feuillee a la 
base, et immediatement renflee-bulbiforme. 
Feuilles subulees , coriaces , rigides , ondu- 
lees, un peu contournees en spirale, lon- 
gues d'un empan et plus, cylindriques , en 
raison des bords singulierement reflechis 
en dedans ou presque con volutes, nues d'un 
vert sombre ; les bases des inferieures 
remarquablement dilatees en squames tres 
larges, engainant le bulbe, d'un vert pale, 
ponctue, avec le bord rouge; les superieu- 
res graduellement plus petites et presque 
bracteiformes , richement 



I d'ecarlate | 



et de jaune. Epi racemeux, a ranieaux corn- 
primes, couvert de bractees distiques, ecar- 
lates, imbriquees, cachant entierement les 
boutons a fleurs. Fleurs longuement sail- 
lantes hors des bractees. Calyce forme de 
trois sepales verts, con volutes. Corolle de 
trois petales lineaires-lanceoles , pourpres , 
acumines, deux fois aussi longs que le ca- 
lyce. Etamines et style exserts. Filaments 
dilates au-dessous du sommet. Stigmates 5, 
ciiiirijoimt's, franges au bord. » 

Ch. L. 



Aux articles JEchmm ftdgem, T'dlandsia I dont il vient d'etre question, et qu'on devri 

splendens, le lecteur trouvera des notions toujours tenir suspendue sur ecorce, a Tin- 

generales sur la culture des Bromeliacees ; star d'une Orchidee. 
notions essentiellement applicables a celle | L y H 



MfiURIA MAKOYAM. 



iration A'ayyos (»?), V a 8 e; forme 
Cucurbitaceee § Cucurbitese. 





Nous devons la communication de cette 
nouvelle et interessanteespece a 1'obligeance 
de M. Jacob-Makoy, horticulteur a Liege, 
qui nous en a envoy e un rameau fleuri en 
Janvier dernier (1847). II en avait recu 
recemment lui-meme les grai 



- .Ill (iu.i- 



1:11, , 



e.d'a 



1 attention <!<•> ;mi;i- 
teurs, qui peuvent en placer un individu 
dans leur serre chaude, ou ses larges feuil- 
les, ombrageant suffisamment les vitres, 
procureront aux autrcs plantes un abri tu- 
telage, en merae temps que ses nombreux 
capitules de fleurs , d'un vermilion-orange 






> dans le meme but cgalemenl 



geux d'en placer un ou deux dans les serres 
a forcer les arbres fruitiers ou les ananas. 
La, dans un milieu aussi chaud qu'humide, 
elle fera tout particulierement merveille par 
la luxuriance de sa vegetation. 

Descr. Toutes les parties, les fleurs elles- 
memes dans l'individu male (nous ne con- 
naissons point la femelle) sont couvertes de 
poils assez mous , simples et divariques, cellu- 
leux, blancs. Les tiges en s 
tres longues, anguleuses 
cylindriques -sillonnees vers rextremite, et 
marquees, ainsi que les petioles et les pe- 
doncules, de petites lignes blanches, ele- 
vecs. Cirrhes simples, oppositifolies. Pe- 
tioles robustcs , cylindriques , de moitie 



moins longs que les pedoncules. Feuilles 
arrondies (dans leur ch'conscription) tri- 
lobees, profondement echancrees a la base, 
dont le sinus, forme par les trois nervures 
principales, est creuse a angle aigu ; et 
les deux parties laterales prolongees en 
lobes arrondis, auriculiformes; lobes supe- 
rieurs lateraux, oves-lanceoles , brievement 
acumines, tres aigus, le median plus ample; 
nervures saillantes sur les deux faces, et 
principalement en dessous; nervules rami- 
fiees, enfoncees de maniere a rendre la sur- 
face superieure des feuilles comme bullee. 
Leur bord, tres obsoletement sinueux ou 
dente , est muni de petits aiguillons , comme 
comes , dus aux pointes terminales saillan- 
tes des nervules tertiaires. Pedoncules cylin- 
driques, robustes, axillaires, moins longs 
que les feuilles. Fleurs nombreuses, presque 

beau minium orange, serrees et disposers 
en un tres court epi capituliforme. Calyce 
ove-ventru, tres charnu , legerement con- 
tracte a la gorge, fendu au sommet en 



charnues, subdressees. Corolle tres etroi- 
tement connee avec le calyce , decoupee au 
sommet en 4-5 lacinies epaisses, dressees, 
lineaires, obtuses, papilleuses en dehors, 
jaunes , plus courtes que les segments caly- 
cinaux. Etamines 2 , ou plutot antheres 
ovees-cordiformes (fdaments entierement 
nuls), inserees dorsalement a la paroi in- 
terne de la cavite renflee de la fleur, bilo- 
culaires et dehiscenles longitudinalement. 
Cette plante est tres voisine de YA. spi- 
nulosa Poepp. et Endl. 1. c, mais elle en 
differe suffisamment par ses pedoncules 
beaucoup plus courts, ses fleurs sessiles, 
ses antheres ovees-cordiformes, a filaments 
nuls, etc. Elle se rapproche beaucoup au&si 
de YA . capitata des memes , mais ses tiges 
anguleuses ne sont point triquetres ; elle est 
couverte de poils, et non glabre, etc. Nous 
regrcttons de ne pouvoir rien dire de l'in- 
dividu femelle, qui peut-etre n'a pas encore 
ete introduit. 

Ch. L. 



Explication des Figures. 



LesCucurbitacees, appartenant a tres peu 
exceptions pres, aux pays tropicaux, exi- 
ent chez nous, pendant leur premiere jeu- 
esse surtout, unc grande somme de cha- 
:ur et d'humidite. On leur applique done 
vec avantage le mode de culture dont on 
lit usage [.ourles melons. C'est-a-dire, que 
on en seme les graines sur couche chaude, 
his chassis ou sous cloche, pour lesrepi- 
uer en place, des la 4 e ou la a e feuille. Soil 
u'on les eleve ensuite a lair libre (dans les 
mtrees ou eela est possible) , ou qu'on les 
enrie en serre, ellcs exigent un sol riclic 

piofond. pa.raile.uent nieuble, et d'abon- 



dants arrosements. En serre, on en visitera 
souvent le feuillage , pour en chasser les in- 
sectes qui aiinent a s'y abriter; mais on nc 
les seringuera que rarement et toujours 
sous condition d'une prompte evaporation. 
La multiplication en est faite par le semis 
et menic par le bouturage. Ce dernier mode 
est souvent le seul praticablc, lorsque, 
comme dans la plante en question, on ne 
possede que Pun des deux sexes. Celle en 
question , en raison de sa floraison tardive, 
parait devoir rester toujours en serre (an 




fioCwmnea ^ 



COMJINIA PILOSl 



Gesneriacese § Gesneriete-Besleree. — Didynamia-Angiospermia 



Corolla tubulosa rectiuscula basi postice gibba 
ringens, labio superiore erecto fornicato, in- 



jorolla tubulosa calyce duplo longio 



Columnea pilosa Nob. (et ] 
V. in«,ota S equente)(2). 

SYJfONYMIA. Columnea c 
Mag. t. 4294. 



Le facies tout particulier de cette Gesne- 
riacee, les longs poils dores qui la couvrent 
de toutes parts, l'arapleur et la disparite 
meme de son feuillage, en font un objet 
veritablement digne de figurer dans nos 



Nous ne savons rien de l'histoire de cette 
plante. Nous nous rappelons seulement 
l'avoir vue, des 1844, a la fois dans plu- 
sieurs jardins beiges, et regrettons de ne 
pouvoir en citer ici la patrie precise et l'in- 
troduction a Fetal vivant en Europe: double 
devoir de botaniste-bistorien , auquel nous 



f (iii-cH(Mii <l<- J 



> royaux botani- 



ques de Rew, qui,dc son cote, vient taul 
recemmentde la decrire etdela figurer (1. c.) 
sous le nom de Columnea aureo-nitens , ne 
cite non plus a son sujet aucune particula- 
rite historique et sc contente de dire que 
les (Vhiiulillons qu'il en possedc en herbier, 
sont originaires de la Colombie, et que l'in- 
dividu du Jardin de Kew , d'apres lequel a 
etc executee la figure qu'il donne, provient 
de MM. Henderson, de Pine-Apple-Place. 

curieuse Gesneriacee que par la figure que 
nous venons de citer. 11 est facile de voir, en 
iiracteres analytiques qu'en 
M. Hooker, et que nous repro- 



duisons fidelement sur la planche ci-contre, 
qu'elle n'appartient, non seulement point au 
genre Gesneria , mais non davantage , selon 
nous, au genre Columnea, tels qu'ils sont 
constitues maintenant. En effet, elle s'eloi- 
gne toutd'abord,du premier, par son ovaire 
supere, et du second, par le limbe regulier 
de sa corolle , ses etamines soudees en tube 
a la base , et l'absence de la cinquieme eta- 
mine rudimentaire. Ces deux derniers ca- 
racteres, etsurtout la disposition tubulaire 
des etamines, jusqu'ici insolite (que nous 
sachions!) parmi les Gesneriacees , nous 
engagent a faire de cette plante le type d'un 



5 nom de Collandra. 






les yeux en ecnvant cet article, les fleurs 
de la plante en question , et obtenu ainsi la 
confirmation de ce qu'indiquent les analyses 
de la planche anglaise, nous n'eussions pas 
hesite a changer, en tete de notre texte, le 
nom generique qui lui a ete donne. Nous 
avons cru devoir toutefois, en le conservant, 
retablir a cote le nom specifique, sous le- 
quel la plante est connue deja depuis plu- 
sieurs annees sur le continent, comme nous 
l'avonsdit: nom, qui par son anciennetedoit 
avoir la priorite et est d'ailleurs suffisam- 
ment caracteristique. Voici la traduction 
exacte de la description de M. Hooker : 

■ Descript. Notre plus grand individu 
est haut d'un pied et demi, suffrutiqueux , 
mais succulent, dresse, ou a peu pres, a 
peine ramifie, d'une teinte generate doree, 



due a de nombreux poils soyeux d'un jaune 
d'or, tres-abondants dans les jeunes pous- 
ses. Feuilles opposees, et de deux sortes; 
dans chaque paire, Tune est ovee-oblongue , 
acuminee, dentee en scie, profondement 
penninerve (veines tres proeminentes en 
dessous) , tres inegale a la base (dont l'un 
des cotes se termine tres abruptement, et 
l'autre est decurrent sur la base du petiole), 
longue de 4 a 6 pouces ou plus , et brieve- 
ment petiolee; l'opposee tres petite (longue 

nee, a base semblablement inegale. Fleurs 
axillaires, fasciculees, dirigees vers la par- 
tie courbe de la plante (towards the back of 
the plant; V. la figure), brievement pedon- 
culees, bracteees. Bractees lanceolees-laci- 
iees. Calyce de cinq sepales lanceoles, 
"iques, lacinies, ainsi que les brac- 
Corolle tubulee, legerement courbee, 
brillant jaune d'or (er 



;'::: h; 



obtus, dresses, presque ega 
didynames incluses. Filaments reunis en 
un tube fendu d'un cote. Antheres sub- 
globuleuses, connees. Ovaire ove, poilu, 
accompagne de cinq glandes , dont deux 
dorsales, grandes, bifides; les 5 autres pe- 
tites, claviformes. Style plus court que le 
tube. Stigmate bilabie. a 

Ch. L. 



vaire. (Fig. gn 



Fig. 3. Stvle. ovaire 



telle cuneuse plante , pour reussir et 
ileurir aisement dans nosserres, dcmande 
quelques soins, en raison desa nature fru- 
tiqueuse et non tuberculeuse , comme la 
plupart de ses congeneres. Aux articles Pte- 
ro,W,,< spmosm (T. II. PI. VI. Janvier), 
Hh'>d»t,l< :l nu» l /M,,n„hnn(TAl.vA78) 
le lecteur trouvera des renseignements de 
culture entierement applicables a cette es- 
pece. Comme ces autres plantes, elle craint 
et aime a la fois 1'humidite, pendant son 
epoque de vegetation, et vcut rcster pres- 
que a sec pendant son repog. On la plantera 
done en pots hien draines, dans m, ,.,>!„. 



lange de fragments (I* 1 liriques 
; demorceaux dc hois pnuiTN. 
Comme elle fleurit en automne et de bonne 
heure encore au printemps, e'est pendant 
notre ete qu'on l'obligera a prendre son 
epoque de repos. Multiplier t ion facile dc 
jeunes boutures coupees aux articulations; 
ou meme de graines, qu'elle donne proba- 
blement sans trop de difficultes. C'est une 
plante de serre chaude humide, lors de la 
vegetation ; et de serre froide ct aeree, mais 
omltragee, pendant le repos. 

L. VH. 




:fi-un\ 



CLERODEMMII SfflMTDI. 



Verbenaceac § Lantaneie?. Didynamia-Angit^prnni ■ >. 

. GENER.— Calyx campanulatus quin- 
aceo saepius elongato, limbi quinque- 






CHARACT SP1 < I 



Une espece nouvelle de Clerodendrum 
saurait manquer d'attirer 
botanistes et des 



s, surtout, lors- 

itils'agit,ellepossedc 
a un haut degre la beaute et l'elegance flo- 
rales: qualites sculement competentes pour 
plaire aux seconds. Elle est une des nom- 
breuses acquisitions dues au zele et a l'ac- 
tivite de M. Whitfield, qui la decouvrit 
dans le district de Sierra-Leone, sur la cote 
occidentale d'Afrique, cette immense con- 
tree, a tres-peu pres inconnue encore aux 
Europeens. 

■ C'est,)» dit M. Hooker, a qui nous em- 
pruntons ces details et la figure ci-contre 
(1. c), « une de ces plantes auxquelles un 
dessin we saurait fain justice, et dont le 
charme depend de l'elegance de la plantc 



entierc, fleurissant de tres bonne hcure, 
se cbargeant de nombreux capiliilcs niulti- 
flores a l'extremite de chaque branche, et 
dont les fleurs , du blanc le plus pur et le 
plus tendre, exhalent une odeur tres suave. 
Elle merite une place dans toutes les collec- 
tions de serre chaude. « 



tetragones , 
et verts pendant la premiere jeunesse. Les 
feuilles opposees, petiolees (les inferieures 
tres longuement), ovees, ou ovees-oblon- 
gues, aigues, penninerves (nervures reu- 
nies par des nervules transverses) , a base 
souvent cordiformes et a bords sinues-den- 
tes ou anguleux. Les fleurs foment des 



portes par un court 
formes de tres nombreuses fleurs serrees , 
tres brievement pedicellees. Le calyce est 
petit, tomenteux, muni a la base de deux 
tres petites bractees lineaires-subulees ; le 
tube en est cylindrique; les segments del- 
toi'des-allonges, aussi longs que le tube et 
presque etales. La corolle est hypocrateri- 
morphe, glabre, a tubegrele, cylindrique, 



trois fois aussi long que le calyce; a limbe 
decoupe en cinq lacinies oblongues, arron- 
dies au sommet et etalees. Les etamines sont 
tres longuement exsertes, a filaments tres 
greles et a antheres tres petites. Le style , 
presque aussi grele et aussi long qu'eux, se 
termine en un stigma te bifide, et surmonte 
un ovaire subglobuleux et glabre. 

Ch.L. 



xplication des Figures. 



Le lecteur trouvera aux articles prece- 
dents : Aphelandra aurantiaca, Franciscea 
acuminata, Gardenia Sherbournioe , Ixora 
odorata, Lucidia Pmceana, Oxyanthus 
versicolor, etc., tous les renseignements ne- 
cessaires et applicables a la plante dont il 
s'agit. Je l'informerai seulement ici, d'une 



i detritus vegetau: 



chaude, un sol riche e 

une vive lumiere,unea: 

chaleur et de l'humidite pendant sa periode 

vegetative. Multiplication, comme a 1'ordi- 

naire, de boutures herbacees et du semis de 

ses graines, si 1'on a le bonheur d'en ob- 

L.VH. 



BEGONIA ALBHMMA. 



fBot. n°CLV(184<i)c 



La Begonia albo-coccinea est originate 
de l'lnde orientale. M. Hooker, qui, le pre- 
mier, Ja decrivit et la figura, nous apprend 
que le Jardin royal botanique de Kew, qu'il 
dirige,est redevable des individus qui y sont 
cultives aux graines envoyees de l'lnde par 
M.Strachan, de Twickenham, comte de 



Elle est acaule, ou plutot douee d'un 
caudex rampant et progressif, scml>J;il»lc ',, 
celui des B. hydroiolijli folia, herucleifolia, 
octopetala, etc. Des petioles, de cinq et six 
pouces et plus, d'un rouge vif, couverts 
de poils epars et munis a la base de larges 
stipules membranacees, portent des feuilles 
entierement glabres , obliquement orbicu- 




laires-ovees , peltees, epaisses et meme 
peu charnues, subcoriaces, obtuses ou 
peine aigue's; a bords legerement reflechis 
en dessous, sinues ou inegalement sublobes. 
Le diametre de ces feuilles equivaut a la lon- 
gueur du petiole. Les pedoncules sont basi- 
laires et s'elevent a un pied, un pied et demi 
debauteur; ils sont pourpres aussi, cylindri- 
ques et se divisent au sommet en une am- 
ple panicule lache, dont chaque division 
est bracteee a la base. Comme c'estle cas le 
plus ordinaire, les fleurs males se coinpo- 



sent de quatre sepales inegaux, dont les 
deux exterieurs sont amples, presque orbi- 
culaires, pourpres-coccines en-dehors, d'un 
blanc rose en dedans ; les deux interieurs 
<$troits , oboves , blancs ou roses. Les fleurs 
femelles sont semblablement composees , et 
portent quelquefois un sepale de plus. Les 
etamines et les styles , d'un jaune d'or, ne 
different en rien de ceux des autres especes. 
Les angles du fruit sont presque egaux. 

Ch. L. 



Le lecteur trouvera, a l'occasion < 
belle congenere, dont il a ete questio 
cemment (T. III. PI. 212), des i 
ments sur la culture generale des Begonies : 




(Oc.JV-of.M. 



DEMOBM FORMOSI1I. 



Erm. ^w^p«, arbre; &S, je vis-, qui tit sur lei arbres. 
Orchidaces; § Malaxeas-Dendrobias — Gynandria-Monygyn 
CHABACT. GENER. — Perig 



i.|[\IUi:i SPKCU'.l: n f;uililni* 1 




Dans cette plante, c'est moins l'etrangete 
des formes, qui attirera l'attention de l'ama- 
teur, que le nombre, l'ampleur, le coloris 
delicat et 1'odeur suave de ses fleurs: qua- 
druple caractere qu'elle possede a un haut 
degre et qui la laisse, comrae le fait remar- 
quer avec raison M. Lindley, parmi les Epi- 
phytes a fleurs blanches de Ilnde, sa patrie, 
a peu pres sans rivales , a l'exception de la 
superbe Phalasnopsis amabilis. Elle est en- 



core fort rare dans 
est-ce une bonne fortune pour nous d'avoir 
a annoncer a nos lecteurs l'arrivee toute 
recente dans le Jardin Van Houtte de beaux 
exemplaires de cette plante , lesquels , mal- 
heureusement pour 1'avantage de notre des- 
cription, ne sont pas en fleurs au moment 

Son habitat parait extremement etendu. 
Le D r Roxburgh, qui l'a le premier decou- 



dit qu'elle croit sur les arbres dans les fo- 
rets du Silhet, dans les Monts Garrow, ou 
elle fleurit en avril et mai. Le D' Wallich 
l'a ensuite recueillie dans les montagnes du 
Nepaul (et du Silhet), pres de Moulmein, 
dans l'Artaban, dans le Tavoy, sur la cote 
de Tenasserim , en fleurs et en fruits tout 
a la fois dans la saison seche ou pluvieuse. 
M. Griffith, l'a trouvee aussi sur les arbres, 
pres de Moulmein. Elle ne parait pas ce- 
pendant avoir ete observed encore dans les 
nombreuses lies de 1'Archipel indien. Selon 
M. Wallich , elle s'etale en larges touffes sur 
les arbres et meme sur les rochers. 

Descr. (l)Tiges cylindriques, allongees, 
assez robustes, annelees (cicatrisees annu- 
lairement par les vestiges des anciennes 



fcuilles) sillonnees-costees, brunatres pen- 
dant la vieillessc,et legerement poilues, pen- 
da ntes. Feuilles distiques, ovees, obtuses, 
obb'quement echancrees au sommet. Fieurs 
tres amples, d'un blanc pur, releve sur le 
labelle dune macule longitudinale orangee, 
plus ou moins fondue; elles sont disposers 
par 4 ou 5 en une grappe assez courte, 
terminate, nutante. Pedicelles (longs d'en- 
viron 2 pouces) , pourvus chacun a la base 
d'une tres courte bractee-ovee. Segments 



exterieurs du perigone oblongs, aigus, la- 
teraux, prolonged en sac a la base; les inte- 
rieurs deux fois plus larges, aigus; tous 
connivents, delicatement veines (veines ana- 
stomosees). Labelle obove, dilate, etale en 
eventail, retus et conne avec la base du 
gynosteme en un eperon court, large et 
obtus, qu'il forme concurremment avec les 
segments lateraux externes. Gynosteme 

Ch. L. 



Cette Orchidee , l'une des plus magnifi- 
ques, dont on puisse orner une serre, sc 
cultive avec une extreme facilite, et de la 
m^me maniere que ses congeneres. En rai- 
habitus particulier (tiges pen- 



dan tes), 



i h Mx 



i compagnie d'a 



Orchidees, de Bromeliacees, de Fouge- 
res, etc., sur un tronc d'arbre un peu eleve, 
au moyen de fils de plomb; en maintenant 
de la meme maniere un j 
autour du rhizome, dont i 



la fraicheur, pendant la saison de vegeta- 
tion, au moyen de frequents seringages. 
Pendant toute cette periode, elle exige 
beaucoup de chaleur et d'humidite; mais 
comme toutes les autres Orchidees tropi- 
cales, lorsque sa vegetation est accomplie, 
elle veut un repos a peu pres compiet, au 
moyen d'un abaissement assez considerable 
de temperature et d'humiditd. 



DISTIGANTHIiS BASI-LATERAL1S. 



receptacle dans ce genre Cette denomination est, on le voit de reste 
me'taphorique. 

Bromeliaccse § Billbergiese. Hexandria-Monogyn 
CHAR ACT. GENERIS. — Perigonii sexpai 



citr 



crassae apice libera; applicatse; interiores discn 
in tubum tenuern omnino liberum basi spiral: 
tortum convolutae, ad apicem petaloidea? patul 






Si notre memoire n'est pas en defaut,l'in- 
troduction de cette interessante plante est 
due a M. Melinon, qui l'aurait envoyee vi- 
vante de Cayenne au Museum d'histoire 
naturelle de Paris. L'ayant vue fleurir, a di- 
verses reprises, l'annee derniere (4846), et 
notamment en novembre, dans l'etablisse- 
ment Van Houtte , nous pumes l'etudier a 
loisir et nous assurer par l'analyse qu'elle 
n'appartenait a aucun des genres de Bro- 
meliaedes jusqu'ici determines, par sa co- 
rolle suspendue sur une saillie interne du 
tube calycinal et laissant une cavite, ou 
chambre, entre elle et le receptacle propre- 
mentdit; et par ses etamines enveloppees 
dans des plis des lacinies d'icelles, etc.; en- 
fin par son mode d'inflorescence, consistant 
en nombreux epis oves-globuleux , brieve- 
ment stipites et sortant horizontalement de 
la base d'un tres court caudex. 

Tout l'ensemble de cette plante est veri- 
tablement ornemental. Ses feuilles etalees 
en rosace, d'une forme toute particuliere , 
Tom. hi. 



et revetues d'un epais duvet furfurace, 
pourpre, rose, ou blanchatre; ses gros et 
nombreux epis d'un rouge carmine, <k'liea- 
tement piquetes de points blancs et portant 
des fleurs d'un jaune tendre , font un fort 
bel effet , dans une corbeille, ou dans une 
<;calle de coco suspendue au sommet de la 

Descr. Plante acaule (ou a caudex tres 
court) emettant de nombreux stolons Iate- 
raux tres longuement stipites, et couverts 
de nombreuses squames , ou feuilles rudi- 
mentaires, imbriquees, spirales, appliquees, 
tres courtes, brunes. Feuilles nombreuses, 
tres etalees, spirales-alternes, imbriquees, 
dilatees-amplexicaules a la base, contractees 
en un large petiole canalicule , dilates en- 
suite de nouveau en un ample limbe cordi- 
forme ou ove-lanceole , carene en dessous, 
tres finement strie-nerve en dessus, atte- 
nue au sommet, horizontal ou meme re- 
courbe, pendant a I'extremite, d'un« vert 



a bords (ainsi que les petioles) dentes (dents 
oncinees, dirigees en haut). 

Scapes courts, horizontaux, basilaires, 
simples, assez nombreux, termines par un 
epis gros, capite, globuleux, forme dc 
sqiinnics t'paisses, convexes, tres serrees, 
imbriquees, amples, ovees-arrondies , coc- 
cinecs, bordees de dents fines (dont une 
terminale plus longue) etcouvertes de petits 
points enfonces, epars, blancs (poils soyeux, 
appliques, disposes en une etoile irregu- 
liere), presque glabres et finement strides 
en dedans. Fleurs solitaires dans l'aisselle de 
chaque squame, et tres brievement pedi- 
cellee, nue a la base (ebracteee). Tube ca- 
lycinal (long de plus d'un poucc) subtri- 
gone , revetu d'un court duvet furfurace , 
blanc-rose; forme de trois segments apicu- 
les, appliques, imbriques, fibres au sommet, 
charnus, soudes ensuite en un tube continu 
avec l'ovaire dont il est indistinct, et tri- 
gone-arrondi , canalicule sur cbaque face. 
Corolle entiercment fibre , formce de trois 
segments fibres , connivents, nus a la base, 
involutes en un tube tordu legerement en 
spirale a sa base, qui est inseree, sans adhe- 
rence appreciable, sur une saillie laterale du 
tube calycinal, de maniere a laisser entre 
clle et l'ovaire une cavite assez grande, 
traverser seuleraent par le style. Ce tube 






se dilate au sommet, 
qui est exsert, en trois lobes oves, subetales, 
epais, d'un jaune tendre. 

Filaments staminaux 6 ; dont trois oppo- 
ses aux segments de la corolle, et trois 
alternes; tous plans, epais, enveloppes 
comme dans un fourreau par un pli prati- 
que dans les segments de la corolle; di- 
lates et fibres au sommet et portant des 
antheres dorsifixes a deux loges paralleles, 
elargies a la base. Pollen irregulierement 
globuleux , lisse , d'un jaune tres pale. 
Ovaire infere, tres charnu, tres etroite- 
ment conne avec le calyce, trigone -ar- 
rondi, triloculaire. Ovules, 2-5-4, oves- 
arrondis , fixes borizontalement par des fu- 
nicules courts, soudes en un tropbosperme 
parietal, bilobe, fixe un peu au-dessous du 
sommet de Tangle de cbaque loge. 

Capsule baccacee, oblongue, resultant de 
l'ovaire et du calyce accru , et couronnee 
par le limbe corolleen marceseent , le style 
et les etamines, dont les vestiges persistent... 

Nous avons deja constate dans diverses 
plantes, le mode d'insertion staminale que 
nous relatons plus haut. Nous l'avons ob- 
served notamment dans diverses autres 
Bromeliacees (Billbergia rhodocyanea Nob.) 
dans des Liliacees (Aloe) et des Acanthacecs 
{Hncllui, SolenostylisNov. msc.). 

Ch. L. 



xplication dea Fi^u 

tire et tube calycinal, c 



L'habitus singulier de cette plante, le du- 
vet diversement colore qui en couvre les 
feuilles, sa singuliere rt hriilanl.- inih.res- 
cence, en font un objet bien digne de figurer 
dans une serre chaude, parmi ses congene- 
res, avec lesquelles elle offrira le plus cu- 
iKux eontraste, et parmi les Orchidees les 



i tout simplement 
memo, dans une 
ura coupe les deux 



n-:.l||. (I, 



tes, et qu'on aura remplic, sans les fouler, 
de fragments de tourbc et de detritus vege- 
taux (brindilles de bois pourri, mous- 
ses, etc), elle fera merveille et fleurira 
chaque annce a diverses reprises. 

Je dois la possession de cette interes- 
sante plante a l'obligeance de M. Neumann, 
chef des serres du Jardin des Planles tie 




^mIVLhIT 



RHAPHISTEHA PIILCHELLI1. 

Etvm. p*$U [dV], aiguille; trri/tfut , couronne (1); allusion a la for, 

Asclepiadaeeee § Asclepiadese-HaplostemnKC. — Pentao 



foliolis synovium duplo superantibus exsertis CHARACT. SPECIE] 

corollas tubum subajquantibus ligulatis comp 

■ 
(abort™ .oHtarii subventriccsi. Semina comosa. Rapkutemma I'"'';'"-""'" *™ ' ' 






i nombreuses Asclepiada- 
introduites jusqu'ici, ne 
nous out point aceoutumes a l'ampleur de 
leurs ileurs. On nc connait guere que les 
Stephanotis, les Schubertia, les Calotropis, 
les 4rawja (Physianlhiis) , les Cryploslefjiu, 
les Stapelia, les Hoodia et quelques autres 
(nousallionsoublier la raagnifique Zfoya m- 
perialis), qui sous ce rapport, fassent excep- 
tion a cette regie commune. Hatons-nous 
de dire , que si les plantes de cette famille 
n'offrent pas toujours un grand volume flo- 
ral, en revanche, la disposition, la con- 
struction singuliere , le vif coloris , et sou- 
vent l'arome exquis de ces fleurs, en font 
des objets fort desirables pour 1'ornement 
de nos serres. Citons seulement a l'appui de 
cette assertion la Roulinia versicolor Nob., 
le Cenlroslemma Lindleyanum Dbcaiske, 
{Cyrtoceras reflexum Hort.) presque tous 



les Hoya et les Asclepias, les Ceropegia, 
les Gonolobus , les Boucerosia, les Caral- 
luma, etc., etc., toutes plantes gracicuses 

La plante(l), qui fait I'objet de cct article, 
joint, elle, a l'ampleur de scs Ileurs, uu co- 

grimpante, un large feuillage, une crois- 
sance rapide et vigoureuse. On nc sait rien 
de l'histoire de son introduction a Fetat 
vivant en Europe, et M. Paxton , qui en 
donne tout recemment une figure (1. c.) 
nous apprend seulement qu'elle vicnt de 
ileurir en Angleterre, en octobre dernier. 
Son histoire botanique est mieux connue. 
Elle a ete decouverte dans l'lndoustan, 



(l)Planta haec in Bores sub c 



par le docteur Wallich, directeur du Jardin 
botanique de Calcutta , et le premier il en 
donna la figure et la description dans son 
magnifique ouvrage , intitule : Planted asia- 
tkm rariores (1. c). Elle croit notamment 
dans le Silhet , le Pegou ; aux environs de 
Rangoun, de Tavoy, etc. 

Desc. C'est un grand arbrisseau volubile, 
robuste, entitlement glabre, a larges feuilles 
cordees-ovees-acuminees, tres entieres, lon- 
guement pe"tiolees, veinees-reticulees , d'un 
pourpre-obscur pendant la jeunesse , d'un 
vert fonce ensuite. Le petiole est cylin- 
drique, glandulifere en dessus, a son 
point d'insertion avec le limbe foliaire. Les 
fleurs sont grandes, tubulees-anguleuses , 
campanulas, odorantes, disposers en grand 
nombre en corymbes nutants, longuement 
pedoncules (pedoncules intrapetiolaires?). 
D'abord d'un blanc de creme, elles devien- 



nent ensuite d'un jaune citrin tres pale; les 
cinq lobes du limbe, sont tres amples, 
oblongs-aigus, ou obtus, revolutes oblique- 
ment au sommet ; au milieu une strie rose 
longitudinale ; a chaque sinus une autre 
transversale et de la meme couleur relevent 
agreablement la paleur du coloris. Chaque 
pedicelle, renfle au sommet, se termine par 
un court calyce quinquedente. L'androzone 
est double et ne depasse pas (?) l'orifice du 
tube de la corolle; l'externe est pentaphylle, 
a lacinies bifides et ligulees. Cette disposi- 
tion dela corolle, que nous decrivons d'apres 
la figure ci-jointe , ne correspond pas a celle 
qu'exprime la phrase specifique ci-dessus; 
phrase redigee probablement d'apres le sec. 
{Reliqua desiderantur; prweedentia etiam et 
incompleta). 



Les details de culture dans lesquels je 
suis entre, a l'occasion de la Schubertia 
auricoma (V. ci-dessus, t. II. pi. i 70) peu- 
vent s'appliquer entierement a la plante en 
question. Celle-ci, neanrnoins, parait etre 
encore d'une vegetation plus vigoureuse; 
le feuillage en est plus ample; les fleurs 
plus grandes, plus nombreuses, plus belles; 
et leur double coloris ajoute singulierement 
a leur bel effet. On la plantera done dans 
un riche compost, en la faisant filer dans 
la serrc chaude, le long des chevrons, dans 



un endroit chaud et vivement eclaire. Si 
Ton peut l'y mettre en pleine terre, elle 
n'en deviendra que plus vigoureuse et plus 
amplement florifere. On la seringuera abon- 
damment pendant tout le temps de sa pe- 
riode vegetative , tant pour la faire pros- 
perer dans un milieu chaud et humide, que 
pour en entretenir le feuillage net et exempt 
des acarus, des cochenilles et autres pestes 
semblables. Multiplication de boutures, cou 
pees avec talon lors des jeuncs pousses. 
L. VII. 



GONGORA ODORATISSMA, 



Orchidacese § Maxillaridae (1). - GyiKmdi-ia-M.maii.ln:.. 



; hypochilio dorso piano ventre acuto 



Le genre Gongora se compose jusqu'ici 
d'un petit nombre d'especes (10 ou 42), plus 
distinctes entre elles , a proprement parler, 
par la diversite extreme du coloris floral 
que par des formes vraiment caracteristi- 
ques : encore sous le rapport du coloris des 
fleurs, celles que Ton considere comme es- 
peces, varient-elles elles-memes d'une ma- 
remarquable. Aussi la 
e de ces plantes est-elle 



plus speck 



Celle dont nous allons 
teurs nous parait comporter en elle-meme 
un peu plus de differences earacteristiques 
que ses congeneres , en meme temps que la 
grandeur de ses fleurs et leur coloris tout 
nouveau Ten distinguent tout d'abord. Nous 
en devons l'obligeante communication a 
M. Jaeob-Makoy, de Liege, en la possession 
duquel est le bel individu, dont nous don- 
nons ci-contrc une exacte figure. Nous ne 
connaissons rien de son histoire , si ce n'est 
que cet honorable horticulteur l'a recuc 
tout recemment de la Guayra. Ses fleurs 
sont tres nombreuses, paraissent durer plus 



longtemps que celles de ses congeneres et 
exhalent un arome aussi puissant que suave. 
Descr. Les pseudobulbes et les feuilles sont 
absolument les memes que dans les autres 
especes; peut-etre ceux-la sont-ils un peu 
plus distinctement ancipites , et cellcs-ci un 
peu pluspetites (elliptiques , aigues, seule- 
menttrinervees). Le scape, pendant, est long 
de plus d'un pied et se termine par un ra- 
ceme (candelabriforme renverse) multiflore 
presque aussi long. Les fleurs, plus grandes 
que celles de ses congeneres, sont alternes, 
quelquefois opposees, rapprochees, portces 
par de longs pedicellesarques, munis chacun 
a la base d'une bractee lanceolee, appliquee; 
et la, legerement renfles, distinctement arti- 
cules sur le rbachis. Sepales lateraux large- 
ment oves-obliqucs, soudes-opposes , acumi- 
nes, carenes dorsalement (5-nervcs; nervure 
m^diane careniforme) d'un riche pourpre 
vineux, a bords revolutes; le superieur lan- 
ceole, souvent a moitie reflechi en arriere; 
tous trois couverts en dessus {ad lentem) 
d'un duvet tres court, papilliforme , auqucl 
ces trois sepales doivent leur 
deux sepales sont epa 

[X des autres especes (lineain 
loonies (Mi une spirale ;»[>icil;urc ti 



quote d'une teinte plus foncee. Leur bord, 
dccurrent le long du gynosteme, s'arrete 
avant d'atteindre l'insertion des sepales la- 
teraux. Celui-ci est subtrigone, renfle ca- 
pite au sommet, agreablement fascie de 

Le labelle, articule avec le gynosteme par 
un foible onglet jaune, offre des differences 
assez notables avec celui des autres Gongo- 
res. L'hypochilie en est d'un jaune d'or, re- 
leve et fascie d'un pourpre brun en dedans. 
II est plat en (lessons, comprime-aigu longi- 
tudinalement , fendu en dessus. Les corncs 
\ larges , involutees; celle du 






sommet, tres finement filiformes, se prolon- 
gent en arriere en une sorte de rostre assez 
epais. L'epichilie est soude au premier par 
un onglet qui, plie brusquement a angle 
aigu, se prolonge en arriere en un tuber- 
cule plan en dessus , fortement renfle-sub- 
bilobe au sommet 5 en dessus, il s'avance 
entre les deux levres rapprochees (de l'epi- 
chilie) est alors lateralement comprime et 

proprement dit, est ove-lanceole , tresacu- 
mine (pungent), d'un brun pourpre. 

Ch. L. 



. Le labelle vu de profil. Fig 



Rien de particulier a recommander pour 
la culture de cette belle espece, a laquelle 
on donnera les memes soins que ceux que 



de plusieurs autres Orchidees, et notam- 
ment au sujet d'une de ses congeneres, la 
Gongora leucochila (T. I. p. 207). 



L1LIIIM CALLOSVIH. 



Liliacese § Tulipese. — Hexandria-Monogynia. 



CHARACT. GENER — V. ibidem. 

« iimui 1 M'l't III I tl.i.ir.. > eaule stricto 86. 

acemo ter- A ir 

ulishnio 

nunitis, sepalis linearibus revolutis. Zucc. 1. c. 



Cette singulierc et delicate especedeLis, 
nous a ete signalee pour la premiere fois 
par Kcempfer (I. c), plus tard par Thun- 
berg. M. Siebold, dans son voyage au Ja- 
pon, la retrouva egalement dans les parties 
montagneuses de cet empire, ou elle se 
plait sur les declivites, a 500-2000 pieds 
au-dessus du niveau de l'Ocean. La, dans 

abondance , parmi des Smilax , des Lespe- 
dezia, des Veroniques, etc., ct parmi des 
Granrinees ttlpinicoles, appartenant surtout 
aux genres Eranthns 'et Anthistiria. Elle y 
fleurit au mois de juillet. 

On la trouve encore dans les iles Lou- 
chou (1). Comme sa belle congenerc, lc 
L. cordi folium, elle ne saurait tarder a 
venir embellir nos collections. 

Descr. Bulbe...,. Tige ferme, dressee, 
glabre, cylindrique, haute de 2 ou 5 pieds, 
simple; de la grosseur d'une plume d'oie. 
Feuilles alternes rapprochees, sessiles, 
lineaires-aigues (gramineennes), dressees, 
marquees de 5 a 5 nervures paralleles ; les 
inferieures longues de 6-7 pouces , larges 
de 2 ou 5 lignes, et decroissant peu a peu 



de longueur vers le sommct, dcpounms 
de bulbilles dans leur aissclle, d'un vert 
gai. Fleurs nutantes, au nombre de 6-10, 
en grappe terminale, simple. Chaque pe- 
dicellc hibractee, nutant ; mais redresse 
pendant la maturation du fruit; bractecs 
inegales (Fune toujours du double plus pe- 
tite), sessiles, lineaires, tres enticrcs, lon- 
gues d'un pouce (environ), renflees-calleu- 
scs , arrondies et tres fincment papillcuses 
au sommet. Pctales revolutes, lineaires, 
longs d'un pouce, 
e de points d'une 
•: lea ~i ixti'iieurs un peu 
HIM mediane, en carene a 
base, crcusee-canaliculec en dedans. 
Klaiuiiu's sulnilees, lilifurmcs, glabres, ega- 
les; antheres lineaires, obtuses et echan- 
crees, quadriloculaires en avant (1), d'un 
brim violnoe; pollen jaune. Ovaire scxan- 
gulairc, triloculaire , a angles arrondis, 
glabres; ovules nombreux, biseries. Style 
subtrigone-arrondi, tubuleux, plus court 
que les etamines; stigmate capite-subtri- 
lobe, epais, papilleux (lobes deflechis-np- 
pliques). 

Ch.L. 




Mv„f-,, 



HMFREYA SCAMS. 



Acanthaceae § Ruelliffi-Dipteracanthse. — Didynamia-Angiospermia. 



Caps, 



Voici , certes , une plante fort remarqu 
ble a plus d'un titre, aux yeux des am 
teurs. Un port grimpant, circonstance uni- 
que dans sa tribu , un beau feuillage, ferine 
et vigoureux, un corymbe compose de nom- 
breuses et grandes fleurs blanches, rele- 
vees de rose, la leur recommandent elo- 
quemment toutd'abord. Presentee en fleurs, 
il y a quelques jours seulement, a l'une des 
expositions de la societe d'horliculture de 
Londres, sous le nom de Diptcracanthus 
scandens , elle y emporta, d'emblee, la me- 
daille de Knight. 

Communiquee a M. Lindley, secretaire de 
cette societe, ce savant lui trouva des carac- 
teres essentiels qui lui parurent devoir mo- 
tiver la creation d'un nouveau genre, dont 
il se contente de donner une tres courte 
diagnose dans le dernier N° de son Botani- 
cal Register (Avril 1847), en promettant de 
completer plus tard les details qui le con- 
cement et d'en donner la figure. 

Ayant eu l'occasion de pouvoir consulter 
un beau dessin, fait d'apres nature, sur la- 
dite plante en fleurs, dessin que nous joi- 

reux de devancer les recueils anglais et d'en 
faire jouir, des aujourd'hui, nos lecteurs (4). 

(I) Nous n'avons pa« besoin de rappeler que, bien | 
que la Fio»e repete mensuellement les plus belles 



I belle espece une description < 



toutefois donner de cette 

recte, n'ayant sous les yeux que le dessin en 
question , de jeunes individus non fleuris, 
vivants dans le Jardin Van Houtte, et la 
diagnose generique sommaire dont nous ve- 
| nons de parler. Aussitot que l'illustre au- 
1 t™v du Vegetable Ki?igdom aura complete 



Flore {<2)( 

\ Desck. VHenfreya scandens, dont la pa- 
| trie nous est encore inconnue, parait e*"" 
i un arbrisseau vigoureux, a longs rame£ 
J sarmenteux(grimpants), arrondis-angule 
I pourpres-noiratres pendant la jeuncssc. 
I petioles en sont tres courts, canalicules 
J dessus, connes et forraant un anneau r 
I fle autour de la tige; ils sont colores coin 
i les jeunes tiges et munis de poils courts 






dessous. Les feuilles sont obovees-lanceo- 
lees, acuminees, coriaces, fermes, epaisses, 
tres glabres et luisantes en dessus, legere- 
ment attenueesala base; a limbe d<5current, 
dont les bords entiers ou creneles-sinuoles. 
Les nervures en sont paralleles; les nervules 
anastomosees-reticulees (sans atteindre le 
bord de la feuille), legerement velues, sail- 
lantes en dessous , et la d'un vert plus fonce 
que le fond (ad. natur. viv.). 

Les corymbes sont ou terminaux ou la- 
teraux-axillaires. Les ramifications en sont 
poilues , courtes; les fleurs fasciculees , brie- 
vement pedicellees. Bractees et bracteoles 
conformes, ciliees. Calyce arrondi, cupuli- 
forme , fendu jusque pres de la base en cinq 
longues lacinies lineaires, ciliees, rougea- 
tres au sommet, appliquees. Tube corol- 
l&n renfle a la base, resserre ensuite, 
10-coste, legerement poilu, d'un blanc lave 



de rouge , largement dilate peu a peu vers 
le sommet, qui s'epanouit en un ample 
limbe bilabie ; lobes eordiformes - oves , 
obtus; ceux de la levre superieure dres- 
ses, plus petits; les trois autres etales; le 
median plus grand, deflechi. Antheres sa- 
gittiformes, incluses, violettes; style blanc, 
arque, plus court que les filaments stami- 
naux, bilobe au sommet (lobes courts, ob- 
tus, egaux) (ad figuram). 

M. Lindley dit que cette plante doit for- 
mer non seulement un genre nouveau, 
mais tres distinct, et que la forme de son 
stigmate separe ddcidement des genres 
Dipter acanthus et Strobilanthes , avec les- 
quels, sous d'autres rapports, il offre beau- 
coup d'affinites. De plus amples details con- 
doute cette assertion. 



Ch. L. 



La nature ferme et rigide des tiges et 
des feuilles de cette plante, indiquent, que 
lors de sa vegetation, elle a besoin d'etre 
excitee pour l'accomplir heureusement. On 
la tiendra done, a cette epoque, dans un 
endroit chaud de la serre, pour amener ce 
resultat, sans lequel d'ailleurs sa brillante 
floraison serait impossible. On la plantera 
dans un sol riche en humus, dont on entre- 
tiendra rhumidite par des arrosements mo- 



deres,i 



aar cette raison surtout que la nature 
e de la plante ne doit lui permettre 
; faible absorption , et que trop d'eau 
'ait infailliblement. De frequents bas- 



sinages sur les feuilles en tiendront le feuil- 
lage net et a 1'abri des insectes. S'il est 
possible de la planter en pleine terre , dans 
la serre chaude, en l'y fesant grimper le 
long des piliers et des chevrons , elle y fera 
meilleur effet, y vegetera et y fleurira avec 
plus de luxuriance qu'en pot. Le boutu- 
rage, paries raisons que je viens de de- 
duire, demandera aussi plus de surveil- 
lance qu'a l'ordinaire. On le pratiquera sur 
couche chaude et sous cloche, en ayant 
grand soin d'eloigner toute humidite sta- 
gnante. 

L. VH. 



PENTSTEIOH IMATUS. 




soixantaine d'es- 
peces, toutes plus remarquables les unes 
que les autres, par l'elegance de leur port, 
le nombre , le volume et le riche coloris de 
leurs fleurs. Aussi sont-elles l'un des orne- 
ments les plus recherches de nos parterres, 
ou elles brillent pendant plusieurs mois de 
1'annee. Qui d'entre les amateurs ne con- 
nait et nc possede les P. Cobcea, gentia- 
noides, Murray anus 7 atropurpureus, spe- 
ciosus, campanulatus, digitatus, pubescens , 
venustus, argutus, etc. 

L'espece, qui fait le sujet de cet article, 
vient aussi ajouter aux richesses florales du 
genre , l'elegance toute particuliere de son 
port et le splendide vermilion de ses fleurs, 
delicatement bigarrees a l'entree du tube. 
File parait originaire du nord du Mexique; 
du moins, Frederic Scheer, qui en a envoye 
des graines a la Societe royale d'Horticul- 
ture de Londres , les avait-il recues de la 
lui-meme. C'est tout ce qu'on sait, a ce qu'il 
parait, de son histoire, et tout ce que nous 
en apprend M. Lindley, qui vient d'en don- 
ner tout reccmment la figure et une phrase 
speeifique dans le Botanical Register. 



Descr. (2) C'est une petite plante suffru- 
tescente a la base , glauque , couverte dans 
toutes ses parties d'une tres courte pubes- 
cence; a feuilles ovees-lanceolees , aigues; 
les radicales plus larges, retrecies a la base 
en petiole ; les superieures presque sessiles, 
formant un anneau par la soudure de leurs 
petioles autour des tiges. Fleurs disposers 
en grappes unilaterales, pauciflores, laches; 
a pedoncules biflores; calyce court, arrondi, 
decoupe en cinq lacinies acuminees, im- 
marginees. Corolle claviforme, retrecie a la 
base et dilatee peu a peu vers le sommet, 
couverte de poils glanduleux,epars; a limbe 
ringent; les deux lobes supeneurs dresses, 
plus petits; les trois inferieurs subtriangu- 
laires, etales, cilies, d'un rouge pale en 
dedans, doublement bordes a l'entree de la 
gorge de blanc et de cramoisi; celle-ci 
blanche et lignee de pourpre. Antheres 
glabres, a loges etalees-opposees... {reliqua 



Ch. L. 



congeneres, 



qui sont un peu hgneuses a la Dase ei ne 
peuvent, par consequent, supporter impu- 
nement les outrages de nos hivers, l'espece 
en question devra etre, aux approches des 
froids, relevee de la pleineterre, ou elle 
aura ete plantee, a Fair libre, pendant 
toute la belle saison, pour etre abritee pen- 
dant la mauvaise dans l'orangerie, ou dans 



tout autre endroit a l'abri des gelees (so 
un chassis froid, par exemple). Elle aii 
un sol meuble et assez riche en humus, 
des arrosements abondants pendant tc 
l'ete. On la multiplier aisement par la s 
paration, au printemps, de ses tiges, ou 
ete , de jeunes boutures, coupees aux ar 
dilations, et faites a froid, sous cloche. 
L. VH. 




a—'f"- •*■ 



CEREUS GRANDIFLORO-SPECIOSISSIMUS MAYNARDI. 



£ttm. Cereus {xvip'os). 




On peut s'etonner a bon droit, en remar- 
quant les Cereus (et les Cactees en general) 
briller par leur absence presque constante 
parmi nos collections modernes de plantes 
vivantes. Et cependant que manque-t-il a 






l mi " 






ments, et nous ne craindrons pas de le 
dire, l'un des principaux orneraents de nos 
serres? En effet, leurs formes etranges, ro- 
bustes et dressees , armees de piquants, 
contrasteraient pittoresquement avec les 
tiges feuillees des autres vegetaux de la 
serre froide, dont elles rompraient ainsi la 
similitude. Tandis que sur les 






murs, et autour des piliors, serpcnleraienl 
ou grimperaient, comme de longs et greles 
serpents, les especes rampantes; et soit sur 
les murs, soit du milieu des touffes d'autres 
vegetaux feuilles, les amples et riche 
des Cactees viendraient commander 
ration par leurs belles formes, leur orii- 
lant coloris , et souvent charmer en meme 
temps l'odorat par leurs suaves senteurs. 

Bon nombre d'entre elles, peuvent aussi 
se plaire en serre chaude, surtout les es- 
peces rampantes et celles a tiges plates et 
articulees. Mais souhaitons que ce peu de 
mots peTiflbflite parmi les amateurs le gout 



deplantcs, dont la culture, certes, n'aurait 
du sous aucun rapport , etre delaissee. 

La plante , qui nous inspire ce court 
prcambule ct fait le sujet de cet article , 
est bien propre a corroborer nos justes in- 
sinuations et a reveiller le zele endormi des 
anthophiles. M. Paxton, en nous en don- 
nant tout recemment la figure, nous ap- 
prend , qu'elle a ete gagnee en Angleterre, 
en fecondant un Cereus speciosissuuus par 
le pollen d'un Cereus granclifloriis,et que cet 
beureux resultat a ete obtenu par M. Henry 
I\i \\v, junlinier de M. le vicomte Maynard, 
auquel cette belle variete est dediee pour 
rappeler son gout vif et eclaire pour les 
plantes. 

Une description purement botanique de 
cette hybride, serait parfaitement inoppor- 
tune. La figure ci-contre parlera suffisam- 



mcnt d'elle-meme au lecteur ; et nous ferons 
seulement remarquer,que cette progeniture 
adulterine a conserve a peu pres la tige et 
les formes florales de sa mere ; tandis que son 
pere en a modifie le volume et le coloris, qui 
varie du rouge vif au plus brillant cramoisi. 
Le port en est plus grele et moins rigide 

les fleurs de celui-ci, celles de la nouvelle 
variete durent pendant trois jours environ. 
Leur diaraetre est de 9 a 10 pouces, et elles 
en ont de 7 a 9 en longueur. Elle fleurit avec 
autant d'abondance et de facilite que son 
pere; enfin par ses tiges, ses epines et ses 
fleurs, elle est eminemment distincte de 
toutes les varietes c 



; gagnees jus- 



Ch. L. 



On cultivera cette variete , comme le Ce- 
reus sjH'cinsmimus, lui-meme; c'est-a-dire, 
qu'on la plantera etroitement dans une terre 
assez riche en humus et surtout bien drai- 
nee. On la palissera en eventail, en en pin- 
cant les jeunes pousses, a 2 ou 5 pieds de 
hauteur, pour les forcer a fleurir mieux et 
plutot. En ete, on l'exposera en plein soleil, 
dans le jardin, au pied d'un mur au midi, 



ches de l'hiver, on la rentrera, en serre 
froide , pres des jours , en l'y laissant a peu 
pres sans eau. Multiplication facile de boutu- 
res, dont on laissera secher la plaie pendant 
o ou 4 jours a 1'ombre et au sec , avant de 
les planter. On peut les faire a chaud ou a 
froid, a volonte; les ombrager et les cou- 
vrir d'une cloche, hateraient encore leur 
radificatidn. 

L. VIF. 



rSk 




^.anou.a C'Cnx m&C* la. mi 



BIGNOMA GHAIBERL.4IHEI. 



Bignoniacese § Bignonieae. Didynamia-Angiospenma 



CHAR ACT. GENER. 

didynama, quinto ster 



Les Bignones, en general, sont rarement I Les Bignones, plus robustes generale- 
cultivees dans les jardins. Cette indifference j merit que les Passillores ct les Anstoloches, 



pour des pli 
toresques, a fleurs si grandes et si belles, 
provient d'un prejuge assez fortcment en- 
racine dans l'esprit des amateurs et qui leur 
fait croire que ces plantes ne fleurissent 
jamais dans nos serres. Une telle idee n'est 
plus de notre temps, et la iloraison fre- 
quente desormais des Biynonia rcnusla, 
pkta, capreolata, Ckerere, Chica, jasmin i- 
folia , etc. , en fait sufiisamment justice. 
Hatons-nous de dire que l'absence de leurs 
ections , te- 
aux procedcs errones 
de culture qu'on appliquait aux individus 
qu'on en possedait. 



sont cxtrcmement proprc 

des serres, par leurs longs et vigoureux 

rameaux, leur ample ct solide feuillage, 



vent d'un coloris ricbe et vane, souvcnt 
encore odorantes. 

Celle dont il s'agil , wltivec convenable- 
ment, est franchement et abondainmcul 
florifere. On la confond dans les jardins 
avec la B. cequinoctialis L., qui en differe 



surtout par 



,1(N I1.MII- (i'll 



I'OlliiC |>.lJ<'. 



alyce cupuliforme , nettement 



Desch. La plant* K 
es parties; les tiges t 



Les feuilles en sent tantot bifoliolees , avec 
tin (iiihc i iHormeMiaire, bifide au soramet ; 
tantot trifoliolees ; a folioles ovees-acumi- 
nees, brievement petiolulees, luisantes en 
dessus. Petioles canaliculus en dessus, et 
portant au sommet un rang de verrues 
glandulaires. Les fleurs tres grandes , d'un 
beau jaune, sont disposees en grappes 
axillaires, et au nombre de 6 ou 8. Le ca- 
lyce en est cupuliforme , obsoletement 
quinquedente au sommet. La corolle, con- 
tracted legerement au-dessus de sa base, 



puis arquee , peu a peu dilatee-ventrue vers 
le sommet, est infundibuliforme, longue de 
plus de trois pouces , legerement costee. Le 
limbe en est legerement subbilabie; les trois 
lobes inferieurs plus amples ; tous arrondis , 
etales. Styles et etamines inclus. 

On attribue la decouverte et l'introduc- 
tion de cette plante, a M. Chamberlayne , 
consul-general d'Angleterre au Bresil , qui 
l'aurait recueillie, lui-meme, dans les forets 
de cette vaste contree. 

Ch. L. 



En descendant les hauteurs escarpees 
de la Serra da Mantiqueira, mes regards, 
errant au loin dans un paysage fortement 
accidente , entrecoupe de vallees et de col- 
lines, etaient invinciblement attires par 
des arbres eleves, croissant ca et la dans les 
Brejos (i), et dont les cimes touffues etin- 
celaient d'or, comme des sortes de domes 
couverts de ce metal, et tranchaient vive- 
ment sur l'epaisse et sombre verdure des 
graminees qui tapissaient la prairie. Du 
point eleve ou je me trouvais, je ne pouvais 
me rendre compte de l'objet qui m'eblouis- 
sait ainsi, lorsque parvenu plus pres, je 
reconnus la Bignonia Chamberlaynei, enla- 
cant et etouffant presque sous ses robustes 
replis le tronc de ces arbres, dont elle enve- 



d'un immense reseau de fleurs dorees. 

C'est done de visit que je puis recom- 
mander particulierement aux amateurs la 
culture de cette Bignone : 

En general, peu de plantes grimpantes 
sont aussi utiles en raison de leur epais et 
solide feuillage pour ombrager les serres, 
que les diverses especes de Bignonia, en 
meme temps qu'elles les ornent de leurs 
grandes et brillantes fleurs. Mais pour leur 
pcrmettre de developper tout leur luxe fo- 
liairc et floral , il faut autant que possible 

(I) Lieux ba 8 et humide.. 



les planter en pleine terre dans un coin , et 
les faire fder le long du toit ou des che- 
vrons de la serre. Dans ( 



on les laissera se gouverner elles-memes 
en liberte , sauf le palissage de leurs bran- 
ches. Tenues en pots , elles demandent 
assez d'espace, un sol riche et assez fre- 
quemment renouvele ou enrichi de temps 
en temps d'engrais liquides. Leur boutu- 
rage, en raison de la nature ligneuse des 
tiges , demande quelque attention; on choi- 
sira dans ce but des rameaux demi-aoutes, 



apres les avoir coupes dans l'articulation 
meme. Si Ton a affaire a quelque espece a 
amples feuilles, celles-ci seront coupees par 
la moitie. Les boutures seront, autant que 
possible, placees isolement dans de petits 
godets remplis de sable pur, sur couche 
chaude et sous cloche. 

De frequents arrosements etde nombreux 
seringages, pendant Fetd, pour en tenir 
le feuillage propre ct en eloigner les insec- 
tes , qui se plaisent a y nicher, sont encore 
de necessite absolue pour le bien-etre de 
ces plantes dans nos serres. Outre les es- 
peces qui ont ete citees ci-dessus , je puis 

B. alliacea, lactiflora, grandifolia, unguis, 
liUoralis, laurifolia, laHfolia, etc. 



MHYMMtS MMATDS. 



iijKvi' (Li.M)j.. Viijrt. Kti 






Parmi le grand nombre de remarquables 
plantes, dues aux infatigables et intelligen- 
tes explorations de M. Lobb, dans Tile de 






especes PJEschynanthus qu'il a fait parve- 
nir a l'etat vivant en Europe , et dont 1'une 
a ete deja figuree dans ce reeueil. 

L'espece, dont il s'agit, est encore une de 
ses eonquetes , et non certes la moins inte- 
ressante. Elle se fait tout d'abord remar- 
quer par le grand nombre et le vif coloris 
de ses fleurs, dont la forme la distingue 
tout d'abord de ses congeneres. Comme 
celles-ci, elle se plait sur le tronc des ar- 
brcs, dans lcs interstices de l'ecorce des- 
quels ses racines puisent une humidite qui 
suffit a son developpement. 

Desch. Ses tiges sont ramifiecs, pour- 
prees et portent des feuilles ovales, tres 
entieres, tres brievemcnt petiolces , nigurs 
aux deux extremites (on subovees) , epais- 



dessous. Les fleurs sont dispuM'rs i 
lis (et par quatre , selon la figu 
r de tres court- pnlonndrs :t\ill;iii 



egalement tres coi 


rts. Le calyce, d'une 


forme particuliere, 


est etale en une sorte 


de coupe , a cinq lo 


besarrondis, bordrs de 


pourpre. La coroll 


est tomenteuse; con- 


tractee d'abord a la base, elle se dilate vers 


lesommet,qui se devcloppe en deux li'wt'- 


iiK-i'i's. dont la su 


perieure est dicssi '■«•, bi- 


lobee; Finfcrieurc a 


I'ni-, |nlMN('gaux,etales; 


tous ces lobes obtu 


. I.cs iinlhercssontpap- 


prochees au sonimet par paires , sous la 


voute de la levrc s 


iim limrr de la corolle. 


Le style est tres ej. 


;iis, plus court que les 


etamines et se tei 


mine par un si iirni.-ilt* 


plan , orbiculaire , 


reuse au milieu. 



a cettc espece | 
que j'ai recom- I thus pulcher (V '. ci-dcssus, N- 11)7). 
ses congeneres, I L. VII. 



MISCELLANIES. 



par son calyce campanule, plus ample, a 5 
cot os aiguos ot a segments rhomboides, etc. 
Elle a ete recemment envoyee du Chili au 
Jardin Van Houtte en tubercules , confon- 



Elle nous semble encore voisine des 
T. lencllitm, leplopln/lliim et elegans de 
Don (Gen. Syst. I. 747); et elle en differe 
surtout par les memes causes. 

Nous avons vu ce printemps les T. bra- 
chyceras, aziireutn, rhombo'ideum , trico- 
lor, albiflurum, etc., fleurir avec luxe dans 
cet etablissement. Toutes ces plantes y for- 
maient des guirlandes fleuries de plus de 
6 pieds de long, ou des globes de differentes 



sortes et d'une rare elegance. L'un des T. 
azureum nous avait d'abord offert des lleurs 
elegamment panachees de blanc, dont la 
nuance tranchait agreablement sur le bleu 
violace du fond. Mais en vieillissant, les 

porte que des fleurs ordinaires. Nous igno- 
Voici la diagnose du T. rhombot'dcinn : 



(Ch. L. Hort. Vault, fasc. II. f H). 



larquable surtout par 
vigoureuse vegeta- 



Cette espece, rer 

m's ,iirij)lts (lours et oa ngu 
tion, a tres abondammenl uut 
dernier (-race toiitcfuis a une fecondation 
artiiiciollc!). Sou fruit est une baie oblon- 
gue-arrondie , de la grosscur d'un oeuf de 
poule, verte el parsemee de petilcs vcr- 
rues rondes. La pulpc qu'elle conliont est 
assez abondante, blanche et d'un gout aci- 
dule, agreablc. Ameliorc par la culture, ce 
fruit, nous n'en doutons pas, pourra ligurer 



olageiisniienl sue les tables. Or, le I fo- 
unt airinuluin, plant*' dans le coin d'unc 
•e a forcer les arbres fruitiers, n'y de- 
lderait que de l'eau et y serait encore 
ntageux par le hel umbrage qu'il y pro- 




&uu»OL»oia (biatnuu 



BRASSATOLA DIGBTAM. 



Orchidacefe § Epidendrese-Lceliadae. — Gynandria-Monandria. 



KRER. — Pertj 

;:.i . 






tes CIIAEVCT. SPECIEI et SYPiON. 



La grandeur insolite de scs fleurs, la 
forme etrange de son labelle (labelle veri- 
tableraent delphyoidc !) , font de cettc cspece 
un objet reellement curieux et bien digne 
de fixer 1'attention des amateurs sur cette 
etrange production dc la nature, qui, con- 
nue de nos anciens botanistes, leur eut 
certainement inspire quelque appellation 
fort significative et bien autren 
que le mot que nous francisons 
entre parenthesc 






,. r „. Jculieres. lis 
; combien la culture 



les formes excentriques des Orchid ees, et 
ne leur accorde tout l'interet que meritent 
leurs abondantes fleurs . au coloris si varie, 
auxodeurs si exquises < 
savent aussi maintenant 
en est aisee et pcu dispendieuse; et sous ce 
dernier rapport, il n'y a plus d'objections 
ni de prejuges possibles a allcguer contre la 
collection et le traitement de ces charman- 
trs picnics. <|ui reafennenl en elles-memes 
des beautes que les amalcurs ne trouvent 
«|ii'< : [)ai'ses a 



ley, dit en parlant dc 1'espece dont il s'agit 
ici particulierement, et dont le premier il a 
donne la figure. « Cette tres singuliere plante 
a ete introduite de Honduras par Mistriss 

Mac-Donald Ses enormes {huge) fleurs, 

d'un blanc jaunatre, exhalent unc odeur 
aussi suave que celles de YAerides odora- 
tum; et les plus grandes mcsurent trois ou 
quatre pouces en diametre. » 

geant cette plante dans le genre Brassavola, 
emet cependant quelque doute sur 1'oppor- 
tunite de cette reunion , bien qu elle ait , 
dit-il, tout l'habitus de la B. gla«ca;« mm 
le clinandre est chez elle de'pourvu dc tout 
appendice au bord; il est profondement ex- 
cave et protege en arriere par une longuc 
dent subulec qui se courbc sur Panthere 
a trois foss 









1 Lnir.L-lrl.-ihrllf > 






lence. M. 



stigmatique. » 
| L'elegante frange qui c 
| rcmarquc egalement dans plusicurs autres 

Brassavola, et notammcnt chez les B. cn- 
I ndlata, cuspidate, venosa, etc., mais la, 
I HI,- est somen! n luiU i 1< u.q»l< den- 



;. Chez elle, l'ovaire, courbe en forme 
u (neck) est singulierement cunicule 
g de plus de 4 pouces. Les pseudo- 
sparaissent fusiformes, annelcs, rcn- 

n\ ;irlirii!;it.ii>iis . atlrnsw's, sillonvKS. 
ill tcrinin.s par Line feuillc solilaiiv, 
:, lanceole'e, subobtuse. Les jeunes 
2S , ainsi que le scape, qui est unifl 



(I) Florenlis planta 



mdosa (V. ci-de.-sus, li- 
, %. 198). 



flISCELLANEES. 



OIVCIDIUIH SALTATOR Cii. L. 

posecs en une court< 



. (!.'- ii 



qu'interessante. Le gynosteme, ou colo 

: deyeloppe et porte lateralement 

"ces arques (dents prolonged 

et places, comme les br,i 

• qui appuycrait les poings 

»e preparant a danse 

dont la partie basilaire fait 1'effet d'unc so'rte 
de cotte retroussee, ajoute encore a I 



<>-. lid 



le labclle, sunt < 






Sr.rl 



# 



HYPOCYRTA SCABRIDA. 



Gesneriaceee § Gesnerieae. Didynamia 



CHARACT. GENER. — Calyx liber 5-partitus 
uiqualis. Corolla hypogyna tubulosa, tubo basi 

v. 5-denteto*a3quaH"stamTna corolla Tubo i 




CHARACT. SPECIEI : H. (J Oncogastra) ( 

irecto rigido puberulo , foliis confertis parvis c 
r petiolatis apice a 




C'est aux fructueuses explorations dc 
M. Claussen dans plusieurs provinces du 
Bresil qu'est due la decouverte et 1'intro- 
duction a I'etat vivant dans nos jardins, de 
cette especc d'Hypocyrte , plus jolie et tout 
aussi florifere que sa devanciere dans nos 
cultures, VH. strigillosa, dont elle est assez 
voisine, mais dont elle diffcrc suffisamment 
et par ses feuilles et par ses fleurs. L'eta- 
l)lissement Van Houtte la tient de M. Ga- 
leotti, qui 1'avait acquise de M. Claussen. La 
figure annexee ci-contre et la description 
qui suit ont ete faites d'apres les individus 
cultives dans l'etablissement Van Houtte. 

DEscR.Elle paraitplus petite, mais plus ro- 
l)uste que l'espece a laquelle nous la compa- 
rions tout a I'heure ; ses tiges sont dressees, 
fermes, puberules, d'un rougeAtre obsemr, 
peu (ou point?) radicantes. Les feuilles en 
sont serrees, petites, epaisses, ovales, l)iio\ e- 



mentpetiolees, a pointe aigue et reccmi-l)ir. 
a Lords subreflechis, entiers, ou plutot tres 
obsoletement sinueux ; elles sont encore 
herissees en dessus de poils courts , epars , 
assez rudes; d'un vert pale en dessous et 
criblees de petits pc 
fonces. Les nervurcs de la 



elles se detachent en vert fonce sur le fond 
elles sont obliquement arquees, subparal 
leles. Les fleurs, dont la gibbosite est plu 
prononcee que dans XH. strigillosa, son 
puberules , d'un rouge de minium tres vil 
et d'un bel effet. Les pedoncules en son 
axillaires, solitaires, uniflores, plus long 
que les petioles. Le calyee est assez ample 
a peine puberule, profondement fendu e 
cinq lacinies presque egales, dont les 5 sa 
perieures, un peu plus petites 
counivenles. In corolle, cgah 



line- 



a la base , fortcment renflee en dessous et 
dc nouvcau contracted au sommct, ou le 
limbe, qui semblc l'ouverture d'une sorte 
d'outrc, est d'un jaune obsolete, et partage 
en cinq petits lobes arrondis. Les fdaments 
staminaux sont dilates - plans a la base, 



enroules-tors au sommet ; 1'ovaire est velu, 
surmonte d'un style robuste, velu seule- 
ment a la base; a stigmate oblique, bilobe- 
ringent. Glandule large , bilobee, aceompa- 
gnee de l'etamine rudimentaire plus courte 

Ch. L. 



, glandule; b, <5tamin 



L'cspece , dont il est question , ne ram- 
pant pas , commc la plupart de ses conge- 
neres, et ayant au contraire des tiges raides 
et drcssees,doit etre simplement cultivee en 
pots, a la facon des Gesncria. II en est de 
meme de 17/. strigillosa. Elevens de cette 
facon , ces deux plantes forment dc beaux 
buissons droits et touffus, qui se couvrent 
d'une myriade de fleurs. 

Mais si Ton veut que les Nematanthus , 
les Drtjniniiia, et quclqucs Hypocyrta et 
Alloplcctus, produisent dans nos serres tout 
l'effct ornemental dont ils sont suscepti- 
bles, il faut imiter leur station naturelle. 
Ainsi, dans leur pays natal, elles croissent 



des Orchidees. C'est done appuyees sur des 
ecorces, et suspenducs en corbeillcs, ou 
fichees dans des anfractuosites de roches 
artificielles , qu'elles doivent etre cultivees 
chez nous. C'est aussi la maniere qui me 
reussit le mieux, et que m'avait des long- 
temps indiquee la Nature, lors de mes pere- 
grinations dans les districts montagneux du 
Bresil. Ainsi , par exemple, entre les pierres 
dc rocbe qui garnissent les extremites de 
mes serres a Orchidees, toutes ces plantes 
acquierent une vegetation luxuriantc et 
deploient une floraison tres abondante. 
Multiplication facile de boutures. 

L.VH. 



BAUERI I. in or.. 



Tout le monde connait l'elegance extreme 
de YOneUUmn Baueri, dont le scape floral, 
hautdc 5 ou 6 pieds, et plus, divise en nom- 
breux ramcaux, se couvre d'une multitude 
dc fleurs assez grandes, d'un jaune d'or, 
agreahlemcnt striees et mouchetees de brun 
pourpre. 

Nous en avons observe re printemps dans 
••'Jiirdiii \ a\ IIoutte, un bel individu dont 
la plupart des sepales et petales, et souvent 



meme le labelle, etaient dans cbaque fleur 
brusquement attenues, presque des la base, 
en unepointe allongee, filiforme; cecarac- 
tere en fait une variete d'un effet fort cu- 
rieux et qui, en compagnie de son type, or- 
nera gracieusement les serres a Orchidees, 
s'il se soutient, commc il y a lieu de l'es- 




GLxaJlea India 



AZALEA (i) indica EXQIilSITA. 



Ericaceae § Rhododendrete. — Dccandria (Pentandria) Monogyn 

f. GENER. — V. T. I, page 45. I Azalea {Mod J ! 



° CXXXV, opril 1845, fig 



La Flore regarde cornme son premier 
devoir envers les amateurs de ne publier 
que des plantes hautement ornementales , 
nouvclles, autant que possible, et souvent 
meme encore inedites. Sous ce dernier rap- 
port, elle rappelle qu'elle continue d'ouvrir 
scs colonncs a toute plante vraiment me- 
ritante, qui lui serait communiquee dans le 
but d'en publier la figure etla description. 

dc figurcr quelqu'une de ces brillantes Aza- 
lees de l'lnde , qui ornent si splendidcment 
nos serres froides, avant que le doux zephir 
n'ait de son souffle Hale, dissipe les frimuh 
et rendu aux for etsleur ondoyante chevelure, 



Aujourd'hui elle vient remplir double- 
ment cette lacune en publiant les dessins 
d'apres nature, de deux varietes pcu re- 
pandues encore dans les jardins et d'un 
merite incontestable. 



La premiere ( w 2), cette charmuulc variclr, 
ainsi que la nomme avec raison M. Paxton, 
qui en figure une seule fleur, (figure me- 
diocrement exacte et qui repond pcu a sa 
beaute rcelle), a etc obtenuc en Angleterre, 
par feu M. Smith, de Norbiton, qui en a 
cede la propriete a MM. Knight et Perry, 
borticultcurs a Chelsea. Ses flenrs, tres tu- 
ples, sont d'un beau rose , releve dc <piel- 
ques stries ou lames inegales, d'une teintc 
semblable, mais encore plus riche, et d'unc 
ample macule cramoisie ponctuee d'unc cou- 
leur plus foncee; le bord du limbe est on- 
dule, et largement, irregulieremcnt horde 
de blanc pur, decoupe commc une frange. 

Elle s'eleve droit et forme un beau buis- 
son touffu,a rameaux assez rohustes,bruns, 
velus, tres floriferes. Scs feuilles, tres brie- 
vement petiolees, elliptiques et couvcrtcs 
sur les deux faces de poils courts , n'ont 
rien de la rudesse qu'on rernanme dans 
celles de plusieurs autres varietes. Les 
fleurs, disposees par trois ou par quatre, 



(2) Voir ci-apres 1 



jusqu'a la parfaite soudure des parties rapprochees; 



d'autres varie'tes , I' Azalea indica phwnicea ou des 



Greffe en fente. La greffe e 
cotes en un angle aigu , ou la 
sujet, dont on coupe la tete, es 



Greffe en placage. On entaille verticalement 
arre'ment la greffe et le sujet , qui tous deux 
oivent des encoches egales, pour permettre 






deux parties, enfin, soient en contact parfait. 

§ 2. Bouturage. 

Avant que la vegetation ne soit completement 
terminee, c'est-a-dhe , -vers lafindejuin, on coupe 

une longueur de 3 pouces environ , extremites bien 
portantes et bien garnies de leurs feuilles , pour en 
faire des boutures. On aura prealablement prepare 



out du doigt , pour l'affermir. 

le petite* caisses en bois de 2 pieds de long , sur 1 
le large et 5 pouces de profondeur (6 en comptant 
l planche du fond) perce'es de trous, pour laisser 



I de terre de 1 



xant sur la vitre, en retombent perpendiculaire- 

jalement la terre, sans y parvenir, comme sou* 
i cloche, en rigoles, qui bientot decomposent la 



bruyere simplement passee. On les replace eu 
sur coucbe tiede , sous chassis vitrc de P" '" 
aux cloches, jusqu'a ce qu'clles se soient un 



§ 3. Marcottage et Couchage. 



ombrage, ou roeme de'couvert , a l'air libre, 1< 
Aialees, en en inclinant la tige vers le sol. On e 

pas les rompre , les branches a angles presque aigui 

pratique une double petite section , horizontal pui 



;' 4. Multiplication par semis. 



cueille pour les semer aussitot, ou seulement (et c'est 

On remplit de petites terrines (suffisamment drai- 

legerement foulee a la surface; on repand a la volee 
les graines fines des Azalees, sans les recouvrir autre- 

legere et constante humidite . sont placces sur une 



On leur donne alors un peu de chaleur, pour hatei 






orcqildquot.'l 



ar le bouturage, le greffage, et les deux der- 
3 procedes de multiplication que je viens de 

•te's ou les especes qu'on possede. Mais alors 



.,.!„;, 



la fecondation artifkielle ou hybrido ne doit 
s'exercer qu'entre de belles varietes (ou especes) bien 
opposees de coloris et de forme, afin d'en obtenirunc 
progenitureintermediaire, ou quelquefois diametra- 



telle autre. II faul 



.» LiM't.Vt Mil I HOI Oil Ch. L. 



Cctle espcce s'cst rcncontree dans un 
semis do graines recues du Mexique par 
M. Vandennaelcn, de Bruxelles. Elle se 

par Fampleur de ses feuilles, qui n'ont pas 
moins de 6 a 8 ponces de long sur 5 ou 4 de 
large, par ses nombreux capitules floraux, 
ou chaque fleur est cachee par une grande 
bractee d'un rose legerement cramoisi, par 
des fleurs toujours bicolores et variant, jus- 
qu'a trois fois, leur double et vif coloris 
pendant leur periode vitale. Elle a fleuri 
abondamment ces deux dernieres annees 
dans le Jardin Van Houtte; circonstance 
qui nous a permis de la determiner. Elle 
■ rrp.-mdre dans lesjardins, 
mit sous les noms de Lan- 



t sp. inc.ri.rt; I. sp. V<uu1cr))i«o(en; I. 
■. nor., etc. F 
;i la diagnose. 






f 6. THITNBERGIA? FASTLOS1. 



Le suecea de cette plante, comme plante 
volubile et eminemment propre a ombrager 
les serres, en raison de son bel et ample 
feuillage, ne sc dement pas pres des ama- 
teurs. Toutcfois, comme elle se repand 
dans le commerce , et que les horticulteurs 
dans leurs catalogues omettent le point tie 
doute donl nous avons toujours fait suivre le 
nom generique, chaque fois que nous avons 
du la mentionner, et notamment quand 

mero de YHortus Vanlloultennus, il est 
de notre devoir de rappeler que, bien qu'elle 
ait le port d'un Thunbergia, elle peut etre 



tout autre chose, et que rein <■*! hh>hic 
desormais pour nous certain. Or, comme 
nous esperons tres prochainement etre a 

egard, nous n'en dirons pas davantagc ici, 
nous contentant de la recommander de 
nouveau comme plante utile et ornemen- 
tale a la fois. 

Nous devons encore faire observer que 
jamais dans ses catalogues, l'Elablissenirnt 
Van Houtte n'a omis de placer ledit point 
de doute. 



EMNTHEMI1 COCCMUJI. 



Acanthaceoe § Echmatacanthefe-Justicieee. — Diandria-Mono-vniji. 



CHARACT. GENER. — Caly: 
Corolla hypogyna hypocraterimorpha 




Nous devons a l'obligeance de M. Jacob- 
Makoy, de Liege , la communication de cette 
espece d'Erantheme, et c'est d'apres l'echan- 
tillon en fleurs, qu'il nous en a tout recem- 
ment envoye , que nous avons pu la deter- 
miner, en la restituant a son genre propre, 
en donner la figure ci-contre et la descrip- 
tion qui va suivre. 

Cette plante parait ne pas etre tres recem- 
ment introduite dans nos cultures , ou elle 
est encore assez peu repandue; toutefois 
nousnepossedon 
sur son histoire i 
Patrie. Nous sav 
envoyee d'Angleterre en Belgique sous le 
"<»ni tVAplwlandra species nova, et do Paris 
sous celui de Salpyigantha cocci/tea, plante 



et le coloris coccine des fleurs en tubes qui 
garnissent, drues et serrees, les longues 
grappes terminales de ses rameaux. 

Descr. C'est un arbrisseau robuste, a 
branches cylindriques , glabres , couvertes 
pendant la premiere jeunesse d'une courte 
villosite bientot decidue, mais qui persisfe 
sur les racemes. Les feuilles sont tres brie- 
vement petiolees (les superieures du moins), 
opposees, amples, lanceolees, acuminees, 
attenuees a la base (limbe decurrent) en- 
tieres, ou a peines sinuolees , a veines sub- 



Raceme terminal, allonge, subtetragone, 
brievement velu, long d'un a deux pieds. 
Fleurs ternees, tres courtement pedicellees, 
en fascicules decusses-opposes ; d'un minium 
coccine vif, et longues d'un pouce et demi. 
Bractee commune courte, subamplexicaule, 
dilatee a la base, puis subulee; bracteoles 
plus courtes, conformes; pedicelles rou- 
geatres; bractees et bracteoles grisatres, 
pubescentes. Calyce arrondi, 5-dente, tres 
petit. Corolle glabre, sillonnec, contractee 



;'l lil hiISC, puis iill l/~ i 



,1.1, 



tee-arquee, subbilabiee; levre superieure 
bifide, dressee, a lobules oblongs-arrondis ; 
lobes lateraux de l'inferieure horizontaux; 
lc median deflechi; tous trois oblongs- 
aigus; limbc tres finement cilie aux bords, 



la loupe, des cellules irregulierement arron- 



dies, elevees, remplies d'une cbromule cra- 
moisie, et interrompues-parsemees de glan- 
dules byalines, rondes. Etamines 4,connecs 
avec le tube a 1'endroit ou il se contracte, 

a la base; deux d'entre elles fertiles, subex- 
scrtes, a filaments blancs ; a antheres oblon- 
gues, paralleles-adnees, longitudinalement 
dehiscentes; dont le pollen, lisse, ovale, 
blanchatre; deux anantheres , depassant a 
peine la partie contractee du tube , et ter- 
minees par une petite expansion foliiforme, 
ovale, ciliee , rose. Ovaire comprime-coni- 
que, continu avec le disque qui est renfle, 
epais; a deux loges dispermes; style rose, 
tres finement poilu {ad lentem), un peu plus 
long que les etamines steriles , grele, arque 
au sommet et termine par un stigmate at- 



[I'ftirtiliH > 



\ non adhuc vidi). 



La culture de cet Erantbeme n'implique 
aucunc difficulte; elle est la merae que celles 
de toutes les autrcs Acantbacdes de nos ser- 
rcs, les Aphelandra, les Justicia, \esRuellia, 
les Strobilanthes , etc. Ces plantes exigent 
peu de chaleur, mais un bon sol et de fre- 
quents arrosements pendant leur saison de 
vegetation. On les multiplie avec une ex- 
treme facilite de jeunes boutures, coupees 
aux articulations, et qui s'enracinent promp- 
tement, selon les precedes accoutumes. On 
peut egalement les propager de graines, 
qu'elles donnent assez volontiers. 

Ce sont en general des arbrisseaux a 
rameaux divariques, qui, si on les laisse 
a eux-memes, prennent une forme disgra- 
cieusc. II est done bon de leur appliquer 
une taillc sagement conduite, pour leur 



donner une apparence plus agreable. On 
est d'ailleurs bien recompense de ces soins 
par l'abondance des fleurs que produisent 
toutes les plantes de cette famille: fleurs 
qui se montrent a diverses reprises dans la 
meme annee. Ainsi, par exemple, apres 
chaque floraison, il est bon de les rabattre 
legerement; ce qui les empeche de im- 
porter, les tient plus basses , plus trapues et 
les fait fleurir plus abondamment. Un der- 
nier soin qu'il faut avoir, et ce n'est pasle 
moins important, est la proprete du feuil- 
lage, lequel est frequemment (et de prefe- 
rence aux autres vegetaux) attaque par les 
eochcnilles et les kermes. On se debarras- 




o^!',,,,, M 



TROPIOLll ALBIFLORll. 



()t:l;iii(li'i;i-.M!)i!Oi>yni 



. Popclar v. Popvlari Hoi 



line Capucine a grandes fleurs blanches! 
C'est la une de ces nouveautes destinees a 
faire sensation dans le monde horticole. En 
effet, un coloris aussi neuf, aussi insolite 
dans les plantes de ce genre merite tout 
autant d'attirer l'attention des amateurs, 
que le bleu des corolles du joli T. azureum. 
L'Etablissement Van Houtte, a recu divers 
individus de cette Capucine (originaire, sans 
doute, du Perou ou du Chili, comme toutes 
ses congeneres), provenant du Jardin bota- 
nique de Bruxelles , avec l'etiquette de 
T, Popelar ou Popelari; nom vernacu- 
laire ou dedicatoire (?) qui nous a semble 
ne devoir pas lui etre conserve, pour lui en 
appliquer de preference un autre qui de- 
terminat plus convenablement I'espece et 
en specifiat le caractere le plus saillant, son 
coloris aussi extraordinaire qu'inattendu. 
Une telle plantc, en effet, n'est-elle pas ap- 
pelee a jouir d'une certaine renommee dans 




s heureux de donner c 

interessantc espece,un 

«'cnl( : (> d'apirs les individus \ 

printemps dans les 

foi in: cf (hitc par les i 



,l.s ■ 






Elle nous parait bien suffisammenl dis- 

tincte de toutes les especes coiiiiuo jiiMiu'i.i 
de ce genre, et par la forme de ses feuilles 
et la couleur de ses fleurs , dont le coloris 
insolite merite de faire tout autant de bruit 
qu'en a fait dans le principc celui du 

Ses petites fcuillis, 5-5-folioltVs. Uni- 
ques et presquc scssilcs, ses grniwlcs llcui -. 
d'abord rosees en s'cpanouissant,puis blan- 
ches, fmement plissecs, d'un beau jaune d'or 
au fond, et la ponctuees et striecs de pour- 
pre, la distinguent non seulement tout 
d'abord de ses congeneres, mais encore la 
recommandent impcricusement au choix 
des amateurs de bonnes plantes. 

Descript. Rhizome tuberculeux, ligncux, 
de la grosseur d'un ceuf de poulc (et plus?), 
couvert d'une eeorcc epaisse et se detachant 
par squames irregulicres. Tiges greles , cy- 
lindriques , filiformes , allongees , glauqucs 
au sommet , a peine ramifiees, rougeatres ou 
ponctuees tres finement de pourprc , a la 
base, et la, vetues de squames tres petites 
(lesquellcs passcnt bientot a l'etatdc feuilles). 
Petioles tres courts, plans, caiialiculcs en 
dessus. Feuilles petites , glauqucs ; les infe- 



rieures b-sequees-digitees (non peltatise- 
quees) J a segments posterieurs souvent bi- 
fides; les feuilles superieures seulement 
5-sequees; segments ovales-oblongs, a peine 
aigus , arques-convexes. 

Pedoncules greles, longs detrois pouces. 
Fleurs grandes, solitaires, axillaires; tube 
calycinal court, quinquanguleux-aigu ; epe- 
ron grele, droit, plus long que lui ; segments 
calycinaux amples, deltoides, aigus, d'un 
vert cendre-glauque, tres pale (ainsi que le 
tube), legerement veine de rougeatre. Pe- 
tales egaux, alternant avec les lobes du 
calyce; les deux superieurs assez larges a 
la base et la connes avec le tube calycinal; 
les trois autres longuement et tres etroite- 
ment onguicules (onglet canalicule); limbe 



subitement elargi, obove-spathule , delica- 
tement plisse, echancre au sommet, a bords 
ondules, entiers ou tres obsoletement la- 
ceres (style et etamines,rien de particulier). 
Cette Capucine est assez voisine des T. po- 
ly phyllum et speciosum Poepp. et Endl. 
(1. c). Elle differe surtout de la premiere 
par sa glabrite, la petitesse relative de ses 
feuilles, la forme et la couleur differentes 
de ses petales, et Tabsence de stipules, etc., 
de la seconde, par le nombre et la forme des 
segments foliaires, la grandeur et le coloris 
des fleurs, la structure du style; elle est 
encore tres voisine du T. edule, dont on la 
distingue aisement et de meme par la di- 
versite du feuillage et du coloris floral. 
Ch. L. 




.„ &?;*Xt 



La culture de cette remarquable cspece 
ne differe en rien de celle que j'ai decrite 
a Toccasion du T. azureum (Voyez ci-des- 
sus, T. II. Mai 1846, pi. VII), et les ama- 
teurs peuvent la lui appliquer en toute 
surete. Au moment ou j'ecris (25 avril), elle 
est en pleine floraison ; et ses grandes fleurs 
rosces ou blanches, font un hcureux con- 
traste avec le pourpre, le jaunc et le bleu 
violace de ses congeneres, les T. tricolor, 
'■:.'■.' 



etc., en fleurs en meme temps qu'elle. On la 
forme en eldgantcs guirlandes, en boules 
spheriques, en ovales, en lozanges, etc., 
au moyen de fils de metal, appuyds sur un 
piveau commun et dont la disposition donne 
a la plante un aspect tres gracieux. 

Mes lecteurs adopteront pcut-etre avec 
moi la forme que j'emploie de preference, 
et dont la vignette ci-dessus leur donne le 



AZALEA (indka) STRIATA FOMOSISSIMA. 



Etim. Voyez ci-dessus, N° 239. 
Ericaceae § Rhododendrese. — Decandria (PentandriaJ-Monogynk. 



Cette variete a ete obtenue, dans ces der- 
nieres annees, par M. Van Geersdaele, ama- 
teur a Gand, a qui Ton devait dejales^. ind. 
Due de Brabant, Prince Camille de Ro- 
han, etc. II serait oiseux d'en donner une 
description purementbotanique; e'estun ar- 
brisseau vigoureux, a rameaux elance's, cou- 
vertsde longs poils,drus,mais non hispides, 
et d'un roux fonce. Ses feuilles, d'un vert 
tendre, sont exacteraent ovales-elliptiques, 
presque sessiles, couvertes de poils fauves, 
soyeux et couches ; au sommet des rameaux, 
unetouffe de feuilles plus petites forment un 
verticille d'ou sortent trois ou quatre flours, 
tres amples, d'un blanc pur, interrompu 
par des bandes plus ou moins larges d'un 
rose vif , tirant sur le carmin pur, et par 
des stries ou de rares points de la meme 
teinte. Quelquefois aussi, la corolle estcom- 
pletement mi-partie amarante et blanche 
(et e'est ce qui a precisement lieu dans l'in- 
dividu qui, devant nos yeux en ce mo- 
ment, sert de sujet pour la redaction de 
cette notice). A la partie superieure de la 
gorge est une macule, presque indistincte, 
d'un vert tres pale , obsoletement ponctue , 
de plus fonce. Les 5 etamines sont legere- 
ment saillantes; le style est plus long qu'el- 
les.Le calyce, inegalement fendu, est revelu 
d e longs poils soyeux. 

On Bait combien toutcs les fleurs pana- 



chees sont sujettes , non seulement chaquc 
annee, mais sur ellt'S-memes ct dans la 
meme annee, a varier les taches qui les 
decorent; mais encore a en etre plus ou 
moins completement privees. Les formes 
memes subissent quelquefois cette desolante 
inconstance. C'est ainsi que par une culture 
subsequente , on n'a plus revu cette char- 
mante frange denticulee qui fesait l'ornc- 
ment des fleurs de Y Azalea indicafimbriata. 
L'elegante variete en question n'echappe 
pas non plus entierement a cette loi d'une 
nature fantasque; elle semble toutefois se 
montrer un peu plus constante que ses sceurs 
en panachures; du moins si nous en jugeons 
par trois ou quatre annees d'observations 
regulieres. La remarque que nous fesons 
au sujet de plantes a fleurs ou meme a 
feuilles panachees , est le fruit, non seule- 
ment de notre experience propre, mais en- 
core de celle de tous les praticiens; et nous 
ne la consignons ici que pour mettre en 
garde un amateur de prononcer a priori 
sur une plante panaeUe, avant que d'en 
posseder, pendant deux ou trois ans, au 
moins, un individu normal, vigoureux, 
bien cultive. C'est seulement alors quil 
pourra cmettre un jugement exact et defi- 
nitif sur la plante qu'on lui a livree. 



Y Azalea indica exquisita, ci-dessus. 



MISCELLANEES. 



f 7. JITSTICIA GHIESBREGTIANA Cn. L. 






emprcssons d'adopter, pour rendre bom- 
mage a notre tour an zele et an de\ ouement 
dont cc naturaliste a fait preuvc pendant sa 
mission en cette contree, qu'elle eommence 
a se repandre dans les collections. Elle pa- 
rait bien distincte de scs congcnercs, et se 
fait remarquer par son beau feuillage verni, 
ses amples panicules de longues fleurs d'un 
pourpre coccine vif. En voici la description : 






\ct 









i §. CANTUA BICOLOR Ch. L. 



Panni les plantcs recerament importers 
de la Bolivie, par M. Bridges, nous en 
remarquons quclqms-iiiie>, ItorUndUirnlr- 
ment parlant, fort interessantcs et qu'a bien 
voulu nous communiqucr 31. Galcotli, (}ui 
s'en est rendu acquereur. 

L'un d'ellcs (1), cellc dont il s'agit, ap- 
partient au genre Cantua Juss. auquel elle 
ajoute une espece nouvelle, remarquable 
par le double coloris de ses fleurs, dont le 
tube est jaune et le lirabe d'un rose vif. En 
outre, un joli petit feuillage myrtiforme, 
dense et d nn vert pale, un port peu eleve, 
ajoiilen! sin-ulieremen! a IVleganee de la 
plante enlierr. M. Calcolli a mnsi a en 



elever de jeunes indmdus <!<■ grain®. '" 
tgnose .- 

fagciculatis approxtmatis obovatis apice acuto-mu- 

ad apicem ramorum; calyce tubulato magno pallido 
nervo5o(ad lentem pub, ml ■) I..I.., l.i«.bus u, lt.n- 
deis; corolla duplo lon K inre (l.ipollic I infumhlml. 
■ 



On a recu dans ces derniers temps du 
Mexique, une espece fort interessante et 
fort distincte du genre Pilocereus, que 
quelques horticulteurs ont nominee Cactus 
jmfttorts, en raison de ce que son sommet 
[vephulnim) presente assez bien la forme et 
l'aspect de certaines coiffures militaires 
{Kolback). 

M. Galeotti, qui s'occupe avec autant de 
zele que de succes de la collection des plan- 
tcs de la famille des Cactacees, ayant bien 
voulu nous communiquer le fragment ter- 
minal desseche d'un individu de l'espece en 
question, nous avons pu la determiner ainsi: 




A fetal vivaul 



Notre nom 

specifique rappellc la couleur et U forme 

limn (xfvo-is, or; paXXos (fourrurc, 



dxxCephal 



f 10. GARDENIA STANLEYANA Hook. 
(V. ci-dessus, T. II. Janv. 1846. PI. MI.) 



Un individu, qui vient de fleurir ici (Jar- 
din Van Houtte), a porte plus de vingt 
fleurs, aussi longues, aussi grandes, au 
moms, que celles que l'on voit dans notre 
figure (1. c.), mais bien plus vivement colo- 
rees. Ainsi, le vert, que montrentles corol- 



de violet. Celui-ci 



x; 



que (Luis <<•- 
ilVnlre elle.s 
-parties blan- 



pait une plu 
dernieres, et 
etaient meme 
ches et violettes. 

L'individu dont nous parlons rc'a pas 

gante cime feuillce, en mesure bien 2 et J/2 

Ch. L. 



Nous avons parle decette nouvellepiante, 
n decrivant la precedente, a laquelle elle 



GARDENIA M III 1 1 II I IHI ] 

d'etre i 



Ungues d'au moins 5 pouces, s 
jnetre a la gorge, sont cow 
oourre epaisse, dont 1'effet i 



f 12. ANDROCENTRCM (1) MlILTIffLORUM Ci 



M. Galeotti, de Bruxelles , ancien voya- 
meat ltaluialiste, bien connu par son zele 
pour la science, et par les riches collections 
botaniques et zoologiques qu'il a faites pen- 
dant son long sejour au Mexique, nous a 
recemment communique un echantillon dcs- 
seche d'une plante qu'il a recue de cette 
contree. 

C'est une Acanthacee , extremement re- 
marquable par le grand nombre de ses 
amples fleurs orangees, campanulas, dis- 
posees en une ample panicule trichoto- 
meaire. Les branches et les rameaux sont 
quadrangulaires , couverts d'un epiderme 
grisatre, parseme de vermes; les feuillcs, 
d'un vert pale (?) , sont poilues en dessus 
et leurs petioles forment par leur soudure 
autour de la tige, une sorte d'involucre. 
M. Galeotti a reussi a en elcver plusieurs 
individus de graines. C'est sans contredit 
1'une des plus belles plantes de la famille. 
Elle nous a paru devoir constitucr le type 
d'un genre nouveau que i 




THiBAUDIA PMCHERMA. 



Vacciniacese § Vacciniea-. — Decandria-] 
MARACT. GEMRIS. — Calyx semi-adhareni 



isLi'JSsSSSSs 



r.iiMi\r.T. spf.cu:i / 



Tnc plante m'a raremcnt fai 

de surprise et de plaisir que l'aspect 

jchantillon en fleurs de la //.''■ mlio 



communiquee les chefs de lYlahlissemenl 
d'horticulture d'Exeter. Qu'on se rcpresentc 
une branche , de 4 I pieds de long , divisee 



meaux feuilles; a feuilles persistantes, ton- 
gues de 6-8 pouces , emettant dans la lon- 
gueur et unilateralement sur lc vieux bois 
de nombreux fascicules ou ombelles rap- 
procbees, sessiles , penchees, composees 
chacune de 12 a 20 fleurs, dans tout etat 
dedeveloppement, depuis le bouton nais- 
sant, ecarlate (ainsi que le pcVlieelle) et pa- 
nache de vert pale, brillant; jusqu'a la co- 
r ollc cntierement epanouic, et alow d'un 
pouce de long, rtroitement campanula- , 



pros comrae la fleur de la FritiUuriu Mcleu- 
gris) de lignes d'un rouge plus fonce et plus 
brillant. La structure interne de la fleur est 
egalement fort curicuse; les etamines for- 
mentune colonne serrce (androzo/te) aulour 
du style, et les tubes antheraux en sont 
tres allonges, comrae le demontrent la figure 
ci-jointe et ma description. 

b Cctte plante est originaire du Nord de 
l'lnde, et le D r Wallich, a qui j'en montrai 
les fleurs et les feuilles, la reconnut comme 
une espece croissant dans le district de Kha- 
siya (1) et a laquelle il avait donne le nom 
de T. ptihherrima : nom qu'elle merite a 



tous cgards. Elle est bicn distinctc dc toutc 
autre Thibaudie indienne decrite jusqu'ici. 
i.DESCRiPT.C'est un arbrisseau assez eleve, 
a branches allongees, vigoureuses, portant 
surtout dcs feuilles a l'extremite des ra- 
meaux, c'cst-a-dire , que les feuilles (infe- 
rieures) torabent au fur et a raesure que 
ceux-ci s'allongent; branches glabres, ainsi 
que toutes les autres parties de la plante, 
ct d'un brun pale. Sur les plusjeunes sont 
de petites squames subulees (qu'on ne sau- 
rait regarder corame des stipules) (1), qui, 
en tombant, laissent des cicatrices tubercu- 
lees, apparentcs sur les vieillcs branches. 
Feuilles alternes , rassemblees a l'extremite 
dcs rameaux, largement lanceolees, presque 
sessiles, subcoriaces, penninerves, acumi- 
nees, subdente'es versle sommet, ou merac 
du milieu a la base; longues de 6-8 pouces, 
d'un vert fonce, pale en dessous et la plus 
manifestement veinees-reticulees. Les fleurs 
paraissent sur le vicux bois (ou sur celui age 
de 2 ans au moins), dans Pnisselle des feuil- 
les tombees, et sont disposers en faisceaux, 
ou ombelles unilaterales, sessiles, pendan- 



(1)1 



i(i\n>.\ 



tes. Pedicelles rouges, renfles au sommet. 
Ovaire turbine, articule sur le pedicellc. 
Tube calycinal calycinal court, ove-lanceole, 
applique (i). Corolle, d I'etat d'alabastre, 
presque fusiforme, a 5 angles profonds; 
epanouie, son tube, trois fois aussi long 
que le calyce, est cylindrico-campanule , 
pentagone; a limbe decoupe en cinq seg- 
ments assez courts, acumines, reflechis. 
Elle est d'un rouge pale (tournant quelque- 
fois au vert jaunatre) , et elegamment mar- 
quee , en long et en travers , de lignes d'un 
rouge plus decide. Etamines 10, subexser- 
tes. Filament courts, larges, cilies; antheres 
tres longues, subulees, tomenteuses, cour- 
bees a la base ; chaque cellule allongec en 
un tube tres grele ^t portant dorsalement 
vers le milieu un eperon reflechi. Ovaire 
charnu, a dix petites cellules, a sommet ou 
disque plat. Style plus long que le tube co- 
rolleen, un peu plus que les etamines, ct 
legerement epaissi superieureraent. Stig- 
mate obtus. » 

Hooker, 1. c. 
(Ch. L.) 



Adosscc a l'un des murs d'une serre a Ca- 
mellias, dans une plate-bandc formed de 
terre de bruycrc, de terre franche et de 
"sable (melange sous lequel aura ete pra- 
tique un bon drainage, qui permet des- 
lors dc frequents arrosements pendant l'epo- 
^ue de la vegetation), dans un endroit ou le 
thermometre touche souvent presque au 
point de congelation, cette plante reussit 
parfaitement bien et fait chaque annee de 
pousses de 3 ou 4 pieds de longueur. Les 
fleurs se developpent sur le bois de 2 ans, 
et commencent a se montrer des la fin de 
decembre, pour s'epai] 



t pendant longtemps de bonne heure en 

On pcut donc,d'apres ces rcnsciiiiuMncnls 
uc j'emprunte au Botanical .»/<','/""""'.' 
onsidcrer cette plante comnic une ac(jui- 
ition (et une acquisition precieuse) tout a 
ait rustique pour nos serres froides. 

Plantee en pleine terre, dans un conser- 
vatoire, elle en 



coloris varie de ses fleurs. Multipl 
boutures encore herbacees,faites s 
tiede et sous cloche. 




Acfii.iu-iu-.' y*\« 



ACHIMENES PATENS. 



Gesncriaceae § Gesnerieoe. — Didynamia-Angiopcrmia. 



fHortic. Soc. I. 233. c. 



Lors de sa premiere exploration au Mexi- 
que(1857...), M. Hartweg ddcouvrit cette 
Achimene dans les endroits ombragds, entre 
Zitacuaro et la Hacienda de Laureless, au 
Mexique; mais ce n'est qu'en 1845, lors de 
son retour dans les memes contrees, qu'il 
1'envoya vivante en Angleterre. Elle est voi- 
sinedes A. grandiflora et longi flora. On la 
distingue faeilement de toutes deux par les 
crenelures de la corolle, la projection en 
arriere, etfort remarquable, de l'eperonhors 
du calyce, enfin par un coloris pourpre- 
violet tres fonce , dont la richesse et le ve- 
loute ne sauraientetrc rendus par le pinceau 
de l'artiste. Nous venons de la voir fleurir 
dans l'Etablissement Van Houttc, et nous 
en avons pu ainsi admirer le vif coloris. 
Elle se rapprocbe surtout de la seconde par 
son port et son feuillage. La belle nuance 



dont nous parlons, occupc toute la surface 
du limbe de la corolle, mais palit blancbatre 
en dessous, pour rcparaitre presque aussi 
vive sur le tube. Cette opposition de cou- 
leurs est d'un superbe effet. Le diametrc 
de la corolle est d'un pouce et demi en- 



qui distinguent cette belle et nouvelle especc 
desdeux congeneres dont elle est le plus voi- 



penser d'en donner ic 




.Disons 


seulement 


que par son coloris si ricbement 


prononce , 


elle fera 


un heurcux 


effet au 



bien que grandes el belles aussi, soul 
de posseder d'aussi splendides teiates. 



On donnera a cette espece les memes soins 
que ceux que j'ai speeialcment recomman- 
des,a 1'occasion des Achimenes multiflora 
(T.I. p. 79), picla, (T. I. p. 90), argyros- 
tiyma, des Gloxinia gesnerioides (T. II. fe- 



qui toutes dans nos scrres doivent etrc 
L. VII. 



MISCELLANEES. 



f 13. ARUNDIIVtRIl FALCATA. 



Un bambou vivace, qui atteint trente ou 
quarante picds d'elevation,qui croit sur les 
cretes dc I'Himalaya, a 8 ou 40,000 pieds 
de hauteur, la ou la neige, pendant 1'hiver, 
forme des lits de 10 pieds d'epaisseur, telle 
est rinsigue el t'botiri/jcnU; nouveaute qu'on 

rapporter de l'Inde! En effet, tout le monde 
sait que les bambous ne croissent que dans 
les regions les plus cbaudes du globe. Celui 
dont il s'agit, serait done une graminee gi- 
gantesque, du port de notre bel Arundo 
donax, cet ornement oblige de nos jardins, 
qu'il surpasserait de toutes manieres, en 



ornant d'une facon a 

'es ruisseaus 
ces d'eau, sans avoir, comme ce dernier, 
l'inconvenient de ne pas resister dans le 
Nord aux gelees un peu intenses (10-12 
— R.). 

Nous en avons sous les yeux (dans l'Eta- 
blissement Van Iloutte) de jeunes individus, 
qui bientot nous permettront de [ 
a coup sur sur le merite de cette planti 
sur ses allinites generiques et specifique 

Ch. L. 



(S. CH. et S. T.) 



dans le Jardin Van Houtte, sont a meme ( 
verifier si les riches stries ou bandes d'l 
bleu vif qui tranchent si agreablement si 
le fond Dourpre des corolles de cette varie 



d pourpre des corolles 
... ide'ales, comme quelques u 

nt affirme. On peu!, atij.mnrhni , devant i 4846. VII. T 
plante vivante, leur dire en parodiant 



ces paroles du Christ : Homines de peu de 
foi, voyez et eroyez ! 

On n'a pas cru non plus a la Capurine 
blew, on ne croit pas encore a la Qt purine 
blanche. Maintenant on sera oblige d'y croire 
' et de tactu! (V. Floiie, T. II. Mai 



lii. 



> -'<!.) 



Ch. L. 



t 15. VEB 

fie. 



Ces trois plantes sont un exemple frap- les deux premieres, et qui commencenta 

pant de ce que peuvent devenir en pleiue -,,. . f.a vigueur « 

lm '' '' ! ■' ] >' hl •" 'I' - ^''v'-« ■ 'v qui, pou- rameaux, le coloris du fcuillage, le no; 

[Urns, tout seine 

nes de nos climats, sont nea.m.nins euki- tre d'une laeon ' " 

V, ' ,N '' ll 1'"'" i • - mm-- tale (iiie ehez les 

res. Nous en avoi.s,mce. iiume.il :, juiiln). |MMIP l a scrrc. 

sous Its yeux <leM.prrl.es |„iillrs ou l.uissons j 

rchez ' 



/A 



N 



flftjcPmuaiilfetw £c*G6 



MHYMNTHUS 10BBIANIIS. 



Ettm. Voyei ci-dessus T« III. PI. 198. 
Gesneriaceae § Cyrtandreae. — Didynamia-Angiospermia 



Cette espece, ainsi qu'en justifie la belle et 
exacte figure ci-contre, est 1'une des plus bril- 
lantes et des plus splendides du genre. Elle 
croit dans File de Java, ou l'a decouverte le 
courageux et infatigable collecteur de plan- 
tes,M.Lobb, a qui Ton en doit en meme temps 
Introduction toute recente en Europe. Elle 
fleurit dans nos serres pendant la belle sai- 
son. Voici comment la decrit M. Hooker : 

« Arbuste ramifie , rampant, d'une con- 
sistance charnue. Tige et rameaux cylindri- 
ques, glabres, d'un pourpre fonce. Feuilles 
opposees, charnues, mais tres fermes, pres- 
que eartilagineuses , etalees , elliptiques , 
glauques, brievement peliolees, a bords ge- 
neralement pourpres, entiers ou legeremcnt 
dentes, obtuses a la base, subaigucs au som- 
raet, obsoletement veinces, et portant unc 
I'gne creuseau milieu. Corymbes tcrminaux, 
bractecs. Pediccllcs courts, pourpres, to- 
menteux; bractecs cordees, mcmbranacees, 
'i peu pres aussi longues que lcs 
:t d'un rouge fonce. Calyce am- 









ple, cylindrace, mais un peu dilate c 
campanule supericurement; a liml 
en cinq segments courts, ctales, subai^us; 
tout ce calyce est rougc-iomi- . luisant ct 
couvert d'un duvet cpais et noiratre. Co- 
rolle, environ deux fois aussi longue que 
le calyce , courbe , entierement tomenteusc 
et d'un riche ecarlate; tube fortement con- 
tracte au-dessus de la base, qui est ovee- 
bulbiforme; limbe oblique, forme de quatrc 
segments oves,dresses-e talcs, presque egaux, 
dont le superieur seul est bifide. A la gorge 
de la corolle se montrent quatre doubles 
lignes radiees, pales, dont deux sur cbaque 
segment et accompagnees de macules som- 
bres. Etamines et pistil atteignant le sonimet 
du lobe superieur de la corolle. Glande pe- 
rigyne, disposee en line coupe cbarnuc, 
([uiiKjiiclobce. Ovairc cylindrace, tomen- 
tcux. Style aussi epais que l'ovaire; stigmatc 
forme d'un disque oblong, transversal, ct 



Si le lectcur veut bien consulter la no 
( | e 'Pilule .jue j'ai donnce a l'occasion 
Y :s 'l"l'»<»ih„, pulrher (T c HI. n° i 

M ' U'ouvei'u sullisanmictil icnsrigmi 



(S. CH.) 

ct tic miiltiplici 



toutes les plantes dc cc genre. 



MISCELLANIES. 



UlMtOMl 



Joli petit arbrisseau, introduit recem- 
ment du Mexique, et fleurissant en ce mo- 
ment dans les serres de M. Galeotti. L'ecorce 
en est grisatre, les rameaux hispides, alter- 
nes ou opposes; les feuilles opposees, pe- 
tiolees, ovees-aigues , ciliees, den tees un 
peu au-dessus du milieu, un peu poilues. 
Les fleurs sont axillaires , a calyce cylindri- 
que, rouge , a petales roses, blancs a la base 



1 19. WOEVEAC GUANO. 



ateur de eette nation , etabli a la Ja- 
ma'ique pour cultiver specialement la canne 
a sucre , reussit parfaitement au moyen d'un 
nouvel cngrais qu'il vient d'y decouvrir. 
Ayant remarque que parmi les innombra- 
bles ct enormcs Cheiropteres (chauves- 
souris), 



fit elargir la fcnte de l'un d'eux, par laquelle 
elles cntraieut et sorlaient en grand nom- 
bre, et pcnetra bientot dans une caverne 



de large et 30 de hauteur. Des milliers de 
ces animaux y nichaient, suspendues par 
les crochets de leurs ailes aux asperites de 
la voute et des parois. Le sol de la caverne 
etait couvert d une couche de leur fiente, 
d'une epaisseur de 4 pieds au moins, 
cultivateur evalue la contenance 
environ 600 tonnes, soit 1 ,200,000 
a'll allh-iiit: .'Me d'anssi l>onne qua- 
celle qu'on retire d'Ichaboe. 
Cn. L. 






f 20 POTEIVTILLA VERl\A 



Cette petite plante croit naturellement 
dans les montagnes de l'Europe, et estassez 
rare dans les pays de plaines. Elle restc 
tres-basse et forme de jolies touffes par ses 
tiges nombrcuscs, presquerampantes, gar- 
nies de feuilles a trois ou cinq folioles den- 
tees. Les fleurs sont cxtremcment nombreu- 
ses, jaunes, maculees de fauvc an centre. 



Ur'Z 



' " "n vivaees, (leiinssaul :m pi 1 '"- 
rant une grande p 
belle saison. En Angleterrc, depuis qudquo 
temps deja , on l'emploie dans cc but. 
L. VH. 



CAMPANULA PBILIS. 



Erm. Campanula (diminutif de campana), clochette; forme des fleurs dans les especes de cc genre. 
Campanulaceoe § Campanulese. — Pentandria-Monogynia. 
CHARACT GETJER. — Calycis tubo ovoideo v 






dvula parietali s'ursum dehiscentibus. Semina 






; calycis appcii.licil.ns rcflexis 



CIIUUCI M'lVHI <■ <• .■!,■ ramoso (sesquipe- 



ovatis, corolla elongato- 
232 a Bot W Res.t 65 M 1846.' 



t lc port elegant, la bcaute dcs fleur; 
i mcritc, (lc la part de 31. Lindley, l'epi- 



d'en decorer leurs parterres. Elle est origi- 
naire de la Chine et est due aux intelligen- 
tes et zelces explorations de M. Fortune, 
dont plusieurs fois deja nous avons l'occa- 
sion de citcr l'actif devouement. Selon ce 
voyageur, les Chinois du Nord en font 
grand cas ; ils lui donnent le nom de Ta'i- 
tchoung-oua (fleur rouge en forme de clo- 
che) , ct on la voit orner les jardins des 
Mandarins de Chousan et Changai. 

Par son port, la grandeur et la forme de 
ses flcurs , elle rappele bien notre Campa- 
nula DH'iliuin, niais l'emporte de beaucoup 
sur elle sous ce dernier rapport. Elle est 
vivace, parait s'elever a trois pieds de hau- 
teur, comme cellc-ci, et forme une ou plu- 
sieurs tiges ramifiecs de la base en larges 
touffes. Les feuilles radicales sont ovees, 
profondement cordiformes a la base , d'un 
vert pale, et portecs par des petioles de 6 a 
9 pouces dc long. Les caulinaires lancco- 
lees, bordees par le limbe decurrent et por- 
tees par de courts petioles. Toutes sont 
couvcrtes de poils, ainsi que les tiges. Les 
dents, dont elles sont bordees, sont en cre- 
nclures assez denscs chez les infericures, 
inegales et distantes chez 
Les fleurs, d'un rouge leg. 



(corollc) et piqucte de rouge plus fonce, 
sont grandes , pendantes , rapprochecs, dis- 
posers en grappes pauciflores, au sommet 
des branches , ct marquees de cinq cotes 
blanchatres, assez clevees. Comme dans la 
C. medium son calyce, assez developpe, 
est muni d'appendices reflechis; les lacinies 
en sont lineaires-lanceolees , ciliees ; le tube 
de la corolle, allonge-campanule , glabre en 
dehors, couverts de longs poils en dedans, 

aigus, cilies. Elle a pres de 5 pouces de long 
sur 4 1/2 de diametre. Le stigmate en est 
trifide : circonstance , qui , selon M. Lind- 
ley, la rapproche aussi des Campanula 
sarnudica ct punctata. 

Chez les beaux individus que nous avons 
vus en fleurs pendant les mois de juin et 
de juillet, dans le Jardin Van Houtte, les 
fleurs etaient vivement colores de violet 
pourpre, sans taches, et surtout sans cotes; 
e'est-a-dire, qu'au fur et a mesure que la 
corolle se developpe, les S cotes qui en mar- 
quent le tube pendant sa jeunesse, s'obli- 
terent plus tard et se confondent avec lui. 
Le limbe etait horde de blanc en dehors; 
a l'exterieur, la corolle est couverte de vei- 
nes tres denses, anastomosees, qui en ren- 
dent la surface un peu rugueuse. Ce vif 
coloris, un port plus cleve et un feuillagc 
plus ample sont, au reste, le resultat il'unc 
culture normale, en bon sol et a Fair libre; 
tandis que la plantc que avons decrite plus 

Ch. L. 



A en juger par le parallele eleve sous le- 
qucl croit cette espece, elle peut sans in- 
convenient supporter nos hivers a l'air 
libre. On l'y plantera done en un sol gene- 



pendant la belle s 

cilcmciit , soil uv 



it en en eclatant le pied en automnc ou 
printemps. 

Le coloris des fleurs dans la planche ci- 
ntrc a ete imite d'apres des plantcs culU- 
es au Levant. Les individus exposes en 
.:.. _i„:i «_*.„» A»< flp„r« d'unc te.ntc 




•U6i,n*H« u (V 



iini.i i IV.: 



ACHISIEKES IGHESGESS. 




1846) du Guatimala en Europe, par Jes 
soins du chef de 1'etablissemcntVAN Houtte, 
ou elle vient de fleurir en iuin dernier. Elle 



celui des Gesneria) , d'un beau jaune d'or 
en dedans; son limbe court, rotace, d'un 
rouge de feu vif , et son style cxsert. Ces 



ment des botanistes, constitueront plus tard 


dans cet interessant genre, une excellente 


section en opposition avec une autre que 


caracteriseront u 


1 tube arque, ou memo 


sigmoide, un limbe tres dilate, oblique, une 


gorge etroite , des 


organes sexuels cntiere- 


ment inclus, etc. 




Descr. Rhizoir 


e squameux-bulbifere; 


tiges ascendantes , 


cylindriques, d'un pour- 


pre noiratre, et 


herissees de poils assez 


rares, horizontaux 


, blancs, inegaux. Feuil- 


les opposees, rarei 


nent ternees, lanceolees, 


subinegalement a 


tenuees ou cu'J 



bees, poilues, bordees de grandes dents; 
d'un blanc verdatrc en dessous , avec des 
poils epars , place seulement sur les nervu- 
les (longues de 4-5 pouces , larges de 5). 
Petioles poilus, rougeatres, plans-canalicu- 
les en dessus, longs d'un pouce et demi. 
Pedicelles plus longs, axillaires, presqu'en- 
tieremcnt glabres, ainsi que les calyces. 
Ceux-ci courts, turbines, profondement 



subcilies, verts. Corolle a peine gibbeus* 
dessus a la base, tres glabre, tubulec, 
presque droite, ou legerement convcxe dor- 
salement, d'un rouge orange; limbe ctale, 
a segments arrondis, egaux, imbriques, 
tres finement sinuoles-denticules au bord. 
Etamines subdidynames, a filaments dres- 
ses, flexueux, dilates a la base; la 5 e rudi- 



antheres ovees. Anncau perigynique petit, 
obsoletement 5-lobe; style ascendant, tres 
exscrt; stigmate bilobe, lobes oves, blancs; 
cvcnx en dedans et finement papilleux. 



Le lecteur trouvera aux articles Add- \ pour la culture < 

"«•>"'* j,iii„, MuUifloru v\ i,rfi>fm.sluiina, <ortes de pliinh'*. 
fi-dessus (T- |" .,. 7!> et 09; f e II, avril j 
1 «'»«'») h.iis lr> iriiM'i-uenirul* desirables ' 



MISCELLANIES. 



j SI. CULTURE DES PLANTES DANS LA MOUSSE. 



h Lcs mousses que j'emploie a cet usage 
sont diverses especes cXHypnum, tels que 
les H. Schreberi, squamosum, purum, etc. 
Je les recueille dans les bois , au pied des 
buissons, en ayant soin de ramasser en 
raerae temps les petioles et les feuilles en 
decomposition qui s'y trouvent melanges. 
J'y ajoute quelquefois une partie du terreau 
vegetal qui est situe par dessous, pour 
meler le tout dans les pots. Ainsi ramas- 
sees , les mousses sont enfoncees et serrees 
dans les pots, et j'y place mes plantes 
comme dans la terre ordinaire. Pour cer- 
taines plantes, je trouve utile d'ajouter aux 
mousses un peu de terre franche, et dans 
d'autres cas du sable fin qui est souvent 
preferable a cette derniere. Si les plantes 
requierent de l'engrais, je le leur donne a 
l'etat liquide. Au fur et a mesurc que 

se resserre, et je remplis les pots jusqu'au 
bord de nouveaux materiaux; mais si les 
racines en ont garni la partie inferieure, je 
prefere alors les ajoutcr a cette partie. 

« Les plantes que je cultive ainsi sont assez 
nombreuses. Jeciterai entr'autres: les Canna 
indica ct patens, Calla {Richardia) cethio- 
pica, Agapunlhus iimbellatus , Hydrangea 
horlensis, Disandra prostrata, Juslkia ner- 
vosa, Gorteria rigens, des Pelargonium, 
des Cineraires, etc. 

« Diverses plantes prosperent mieux et 
fleurissent plutot ct plus vigoureusement 
dans la mousse que dans un compost, par 
exemple, les Eucomis striata et punctata, etc. 
Les racines de quelque espece que cesoit, s'y 
etalent et y croissent d'unc facon surpre- 
nante, particulierement celles qui exigent 

effet, retient l'humidite plus longtemps et 
plus uniformement que la terre. Les vases 
des plantes d'ornement que l'on doit placer 
dans lcs apparteinents, prcsentent, quand 
ils sont remplis de mousse , le grand avan- 



tage d'etre transported facilement, sans de- 
poser aucune ordure sur les mcubles ou 
les planchers; ce qui a lieu avec les pots 
pleins de terre. En cas d'expedition de 
plantes, celles qui ont ete cultivees dans 
dela mousse, voyagent admirablement , se 
detachent aisement des pots , et leurs ra- 
cines se sont si bien melees aux mousses, 
qu'elles ne peu vent en etre separees, comme 
elle le seraient de la terre (demottees). Outre 
cette sauvegarde en voyage, les mousses 
sont si legeres, que les ballots sont col- 
portes avec bien plus de facility 

« J'ai reussi a y bouturer bon nombre de 
plantes, telles que: Aucuba japonka, Hi- 
biscus rosa-sinensis , Buddlea globosa, etc. 
Celles-ci s'y enracinaicnl tr.Vs i'acilciucnl cl 



employe pour la multiplication par bou- 
tures. Beaucoup de plantes bulbeuses reus- 
siraient dans de la mousse , je n'en puis 
douter. J'y ai essaye les crocus jaunes , et 
j'ai trouve qu'ils y reussissaient parfaitement 
et y fleurissaient avec plus de facilite. 

« Je n'ai point encore obtenu de succcs 
avec les Jacinthes; mais des varietes du 
yum'ssii.s finhpinthtiSj telles que les Grand 
Prima et Bazelman major, fleurissent 
bien, quand on a mis un peu de mousse 
dans leurs pots. Quelqucs especes de Glayeuls 
du Cap y prosperent. >» 

Hortic. Soc. Transact. 

J'ajouterai a cc qui precede, qu'on a 
des exemples de Jacinthes qui ont supe- 
rieurement vegete et flcuri dans de la mous- 
se; on doit avoir seulemcnt la precaution 




ir«jfc 



GARDENIA IALLEIFERA. 



Cinchonaceoe § Gardenieoe. — Pentandria-Monogynia. 



CHARACT. GENER. — V. ibidem. 

CHARACT. SPECIEI: G. foliis obovato-lanceo- 

;enti superne libero pentagono , laciniis longe subu- 
atis erectis flexuosis, corollas (albac v. ochroleucae) 



aciniisovato-rotunclatispat.ntil.us.anthL-nsincl.u 
Gunleniu mulhifora Hook. Rot. Mag. t. 4307. 



te , aux grandes et odorantes flours 
e semblable a celle de la primevere) , 



ac la lleur, ce fut grace aux echantill 
m'en envoya Mis Turner, fille du gouvi 
de Sierra Leone. Je l'avais longtei 



plus larges, plus minces et vertes. En 1843, 
desseches qu'il avail apportos do 






»W certain), R. Bowicann (Rot. Mag. t. 3409), nous 
' eU ei, voyee de Kew, en 1815, comme provenant 

,Ta »t depuig longtemps juge ne'eessaire de corriger 

"^VbT"' et a 8 ' assura qi, ' el,e avait fait partie 

" ar ' P ei >dant le voyage de Tuckey, dans le Congo. 



i londinonsis (t !>3) 



5, et qui, en ce moment encore (avril 1847) est 
pleine floraison. Le nom specifique, le plus an- 
B, doit done etre restitue a cette espece. 
Au sujet de la presente plante, averti par les 

s grand soin, si elle avait ete decritc quelque 

rapporte. En effet, il semble presque impossible 



fruit d'une Gardenie , provenant de la Societe d'Hor- 
ticulture dc Londres, recueillie par M. G. Don, a 
Sierra Leone , laquelle est probablement la meme 



ces a longues fleurs de Sierra Leone), pour la placer 
parmi les Gardenia, en fesant observer plutot que 

. Descr. Arbrisseau de quatre a six pieds de hau- 
teur, souvent prolifere-ramifie (proliferously bran- 
ched) dans les aisselles foliaires. Feuilles opposees ou 



gides, brunes. Fleurs solitaires I 



dee petioles et portant quelquefois c 

lyce assez ample , remarquable , couv( 
rude; tube allonge, 5-angulaire, et < 
inferieure est ndnee a l'ovaire, la supe 

(quelquefois d'un pouce de long), subi 



Corolle longue d'un empan (6-7 polices) d'un blanc 
pur ou d'un blanc de creme (I), tournant avec Fage 



rrondis, legerement o 



nt de cloche, de deux pouces et demi de 
un demi de diametre ; dans sa partie la plus 
slanc, ilestsolide,charnu, raye longitudina- 
l'extremite superieure par l'impression des 
, qui s'appliquaient sur lui dans l'alabastre. 



quable espece, les details que j'ai donnes pouv et animaus. Celli 

de sa belle con^.n .lessus, comme nous l'apprend le D r W. Hi 

Fioke, T. II. Janvier 1846); details qui peuvent en- assez grand arbrisseau; mais bien c 

ticrenient s'y appliqucr. Je nupr.ll.-rai m ; anmom> ' mtti-.s. il ll.-ui it ,. 2 ou 3 pieds seuleir 

ni'.'n -n.rral les (ianlrnies . pour bien fleurir, veu- ! 




& 



WW 








*'■$■£'!/'? 



» 








t'afotfPpaitea Van .HV.ilk- 



CALClOLAIRES. 



Scrophulariacese § Antirrhinidese-Calceolariae (I). — Didynamia-Angiospermia. 



CHARACT. GENER. — Calyx basi ovario brevis- 



CHARACT. SPECIEI : C. mere varietates ex pit 



Stylus simplex apice non incrassatus minute stig- 
matosus. Ovarium disco tenui calyci adnato impo- 

v a 1 y u 1 i s bifidis mlrginibu"' bflexis ''col'umna'm plal 
centiferam nudantibus. Semina plurima saipius 



Quand , en 1843 , nous publiames , le premier, une 
planche de Calceolaires , sur des dessins communi- 
ques par M. Van Houtte, et faits d'apres les individus 
qu'il en cultivait alors , nous eumes foi a la veracite 
de l'horticulteur, a sa bonne fortune , ainsi qu'a celle 
de ces jolies plantes. Le temps , bien au-dela meme 
de notre espoir, a justifie' notre confiance , et , mal- 
gre d'injustes et obstinees delegations , nombre de 
St-Thomas horticoles, poserent enfin le doigt sur 



• de j,-.,i 



expression) des Calceolaires et leur oultare sont 
nees , il faut rendre justice a qui de droit , en Angle- 
terre ; mais ce n'est guere que dans l'etablissement 
Van Hoittte qu'elles ont atteint depuis ce degre de 
splendour qui les fait tant rechercher aujourd'hui , 

1'honneur. Le premier, il sut apprecier les deux on 



pogee. II n'est guere probable, en eftet, que I'on 
produise rien de'sormais de plus elegant, de plus 
richement colore , de dessins plus varies , plus fan- 
tastiques , plus tranchants sur le fond , que ce que 
presentent a nos lecteurs les figures ci-contre, faites 
sous nos yeux dans l'etablissement pre'cite , et dont 
nous pouvons garantir hardiment l'exactitude ico- 
nographique. 



ment orbiculaire , sans crenelures (ou a crenelures 
a peine appreciates ! ) , un coloris decide , vif , ele- 
gant , des macules ou dessins vivement accidentes, 



tinguent les Calce'olaires actuelles de leurs devan- 
cieres; et pourquoi, ne pas le dire, puisque cela 
est vrai, qui distinguent encore en ce moment les 

mcrce. Ces corolles aujourd'hui , ve'ritable triomphe 
d'hybridisation , sont devenues, ce qu'on est convenu 

blissement Vah Houtte, qui, par des soins perseve- 



:n ferons pas davantage 1'eloge, dont se ch 









mge amplement de ses pein< 



bigarures plus etranges les unes que les autres , et 
it la plantc ci-contre, qui n'offre que des fleurs 
ees , quelque fidele qu'elle soit , ne peut donner 



ir les graines; empoter ensuite le jeune plant sepa- 



plusabondantes fleurs. Ce qu'elles 



:c vigilance la maturite des capsules, et o 
le les cueillir avant qu'elles s'entrouvrer 
nt echapper leurs semences, douj l'e> 



;,,„, , 






serait que maigre et effile< 



mats au printemps , apres le l«rempotage, on 
sera abondamment, en calculant ne'anmoins la , 
tite d'eau a donner d'apres la sante et les b( 
des plantes. 

la floraison a lieu ordinairement aux mois d 
et de jmn. Vers cette epoque, on place les Calceo- 
laires a l'air libre; on les ombre au moyen d'unt 
« ;;raii.l t M ,i,.-,iHc*, on d'nn treillw l.^;;or . si Tabri 



organa | 



8* 




NFPH/1A RUBIDA. 



Ettb. V. ci-dessus, T« III, pi. 210. 
Gesneriaccse § Gesneriese. — Didynamia-Angiospermia. 



A la jolie petite espece de NipJicea que 
nous avons fait connaitre tout recemment 
d'apres M. Hooker, et que recoramande 
l'agreable bigarrure de son feuillage , nous 
en ajoutons une nouvelle qui sera jusqu'ici 
la troisiemc du genre, et dont les fleurs, 
cxtremement nombreuses, plus grandes, 
plus belles que celles de cette derniere, 
portees sur de trcs-longs pedoncules , dont 
la disposition ajoute singulierement a 1'ele- 
gance de toute la plante, sont d'un blanc 
de neige , a fond d'un jaune d'or, ainsi que 
les etamincs et le style. Ses feuilles, araples 

en dessous, ainsi que les tiges, les petioles, 
les pedoncules et le calyce , de longs poils 
d'un rouge coccine, d'un fort bel effet. Tout 
l'enscmble de la plante en fait un objet 
tout a fait digne de l'attention des ama- 
teurs. Ses fleurs, en raison de la disposi- 
tion dichotomeairc des fascicules, se succe- 
dent pendant un long laps de temps. 

Nous ne connaissons, a notre grand re- 
gret, aucune des particularity historiques 
qui s'y rattachent. Nous savons seulement 
qu'elle a ete envoy ee d'Angleterre, en 1846, 
dans quelques jardins beiges. En ce mo- 
ment (15 mai 1847) elle est en pleine flo- 
raison dans le Jardin Van Houtte. Elle est 
Probablcment originaire des memes locali- 
*« que les deux cspeces deja connues , et 



tient pour la taille , a peu pres le milieu , 
entre la Niphcea oblonga et la N. albo- 
lineata. Ses fleurs sont presque aussi gran- 
des que celles de la premiere de ces deux 
especes. 

Descr. Tige succulente, subdressee, pro- 
lifere a la base, herissee, comme nous 
1'avons dit, ainsi que les petioles, le des- 
sous des feuilles, les pedoncules et les ca- 
lyces, de longs poils inegaux, droits, d'un 

courts et immediatement floriferes. Feuilles 
ovees-lanceolees , cordiformes-auriculees et 
inegales a la base, subrcvolutees, bordees 
d'assez grandes dents subobtuses; d'un vert 
jaunatre en dessus ; veinees d'un vert plus 
fonce , purpurescent (veines immergees) et 
couvertes de poils tres denses, subules, 
blanchatres; en dessous, elles sont pour- 
precs, surtout le long des nervures, les- 
quelles sont saillantes et herisses des memes 
longs poils deja decrits. Petioles robustes, 
cylindraces, finement canalicules en dessus, 
et de moitie aussi longs que le limbe de la 
feuille (5-(i pouces en tout ; feuilles infer.) 

Fleurs subnutantes, axillaires et subter- 
minales, fasciculees ct disposees sur de tres 
courts ramulessubdicbotomcs; pedoncules 
aussi longs ou plus longs que les feuilles , 
dresses, greles, herisses de poils, sembla- 



bles a ccux des tiges ct des petioles, mais 
moins longs et moins nombrcux. 

Calyce extremement court, entoure d'un 
bouquet de poils pourpres tres denses, et 
fendu prcsque jusqu'a la base en cinq laci- 
nies inegalcs (les 3 super, plus petitcs), 
obovees-arrondies , trilobulees au soramet; 
corolle etalee, 5-lobee; lobe median infer, 
plus grand ; tube a peu pres nul. Etami- 
nes 5, la superieurc rudiraentaire ; fila- 
ments tres glabres, robustes; les deux infer. 
se tordant sur eux-memes et se placant 



alors au-dessusdes 2superieurs; tous con- 
nivents au sommet ; antheres grosses, sub- 
arrondies, biloculaires , rapprochees par 
paires, a bourses inegales en dedans, intror- 
ses, dorsifixes (point d'insertion renfle). 
Tout l'ensemble staminal d'un jaune d'or 
vif. Style beaucoup plus long que les eta- 
mines, arque, deflechi, legerement pubes- 
cent; stigmate simple, capite-globuleux. 
Ovaire conique, pubescent, vert. Capsule... 
Ch.L. 



Le lecteur peut, au sujet de la culture dc 
l'egard des Niphoea oblonga et albo-lineata. 



plantc, consulter cc que j 



MISCELLANIES. 



nloinulu^iqiie dc Londres, un membre £ 



hargees de butin qu'clles y deposcnt 

ient surprisaccouples.'Ce fait re- j promptement pour rctourner picorer en- 

n la question si longtemps con- I core, tout interesse en ces petits animaux , 

peut tirer ci 



du mode de fecondation des reines dans 
rui'bes. Cv\\o dont il s'agit etait d'une a 



tides qui se succcdcrout rapidement d ecrire 
l'histoire naturelle des abcilles, et d'.ndiquer 
les meilleurs procedes pour les conservcr, 
les multiplier, enfin en tirer le plus grand 



J26 



THE (\H.). Fond blanc pur, flamme de lilas cendre. 
IE LOUISE (VII .). Fond blanc pur, mnuli. nm< n! ei 



i (VH.). Colons tlkt 




s*rf 



252. 


PREPIISA HOORERIAM. 


fern r,«.„ (»,i„V), „„,„„„,,,,, 


Gentianaceae-Gentianeae § Chironiae. — Hexandria-Monogynia. 


CHARACT. GENER.— Calyx laxe campanulatus 


lyce maxima corolla, ft**, .ubmquanle, genitalib... 


6-dentatus v. breviter 6-fidus, tubo exalato , v. al is 




suturalibus aucto, dentibuslobisque valvaribus rotun- 




datis v. triangularibus. Corolla infundibuliformis 


.. '' i'i ' v., v ;,;, )"'. I: „ ■ /.: "'v,-. ^^G^^n 






breviore 6-partito. Stamina supra fundum corollae 
erectis immutatis. Ovarium nrmuln ba>il;ui ilcsti- 


CHARACT. SPECIEI : P. Caule herbaceo purpu- 






basi subconnatis, cyma racemiforrni 3-5-flora, pedi- 


tens, stigmate bilamellato. Capsula bivalvis sep- 
ticida ope placentarum semibilocularis, placentis 
margini valvarum insertis. S em in a in placentis 


cellisnudis elongatis apice cernuis, calycis 6-den- 


tati tubo campanulato amplo inflato sexangulari 
colorato , dentibus abbreviatis longitudine latioribus 
apiculatis, corolla? tubo incluso campanulato, limbo 




pallide ochroleuco expanso 6-fido, lobis obovatis api- 




racemiformibus, floribus spcciosis flavescentibus, ca- 


Prepusa Hookeriana Gamdh. in Bot. Mag. t. 3909. 


« C'est Tune des nombreuses nouveautes 


jours sur le sommet des montagnes des Or- 


qui ont recompense M. Gardner de ses in- 


gues, dans le mois de mars (1841). Je la 



fatigables recherches, pendant les cinq an- 
nees qu'il a passees en voyage dans le Bre- 
sil. II a eu la bonne fortune d'en apporter 
en Angleterre des individus vivants, qui 
ont ete distribues aux jardins botaniques de 
Kew et de Glasgow, ainsi qu'a d'autres eta- 
blissements. Notre figure cependant a ete 
executee au Bresil, par miss E. Durham, 
d'apres nature , et nous donnons plus bas 
la propre description de M. Gardner, ega- 
lement faite alors d'apres le vivant. 

" Cette belle espece de Prepusa habite, 
dit-il, le sommet des montagnes des Orgues, 
a une elevation de 6800 pieds, environ, 
au-dessus du niveau de la mer; elle croit en 
grosses touffes dans des endroits exposes, 
humides, et flcurft en mars et avril. C'est 
'a troisieme espece du genre, decouverte 
jusqu'ici (1) et l'une des nombreuses trou- 
bles, resultat d'une course de cinq ou six 



tron sir W. J. Hooker, comme la plus du- 
rable marque de souvenir que je puisse lui 
offrir pour la pensee premiere qu'il a cue de 
mon voyage au Bresil, l'assistance liberale 
qu'il a donnec pour me mettre a meme de 
l'entreprendre, et pour son incessante bien 
veillance, pendant mon absence, a diriger 
mon attention sur les localites et sur les 
objets , dont l'exploration pouvait le mieux 
faire progresser la science, a laquelle nous 
sommes tousdeux si profondement dcvoues. 
). Descr. Racine vivace. Tige herbacec, 
d'un pied a un pied et demi de hauteur. 
Feuilles radicales opposees, Iineaires, spa- 
thulees, apiculees, un peu charnues, uni- 
nerves, d'environ 5 pouces de long, sur 
sur pres d'un pouce et demi de large. Tige 
florale, d'un pourpre rose, ayant deux ou 
trois paires de feuilles caulinaires, lesquel- 
les sont pctites, Iineaires, legerement con- 
necs a la base. Fleiirs amples, globuleuses, 



tant ties aissellrs tics tlcu\ pains superieu- 
res des feuilles caulinaires. Calyce grand, 
tres renfle, membra nace, hexangulaire (an- 
gles tres proemincnts a la base), sex-dente, 
et d'une teinle plus pale que la tige (dents 
apiculees). Corolle incluse, a l'exception du 
limbe ; les deux tiers superieurs de son tube 
urceoles; l'inferieur tres contracte; le tout 
d'un pourpre pale; limbe etale, sex-lobe, 
d'un blanc jaunatre; lobes oboves, apicu- 
les. Etamines 6, s'elevant du fond de la 
partie utrieuliforme dela corolle; fdaments 



filiformes ; antheres versatiles , oblongues , 
biloculaires; pollen jaunatre. Ovaire place 
sur un court gynopbore , cylindrique , uni- 
loculaire , multiovule. Graines attachees a 
quatre placentaires parietaux, resultant 
des bords rentrants des deux carpelles qui 

gauche, selon l'axe de l'inflorescence. Style 
filiforme; stigmate bilamelle. » 



Cctte plante, aux flcurs d'une facture si 
originale, et d'un si riche coloris, flcurs 
qu'il ne m'a pas ete donne de voir, lors de 
raon excursion dans les Montagnes des Or- 
gues, merite toute 1'attention, tout l'inte- 
ret des amateurs. On lui affectera, dans une 
bonne serre temperee, une place bien 
eclairee et bien aeree en meme temps , ou 



t les nuits fraiches. On la plai 



HUE. (S.T.-S.CH.) 

On etendra sur la terre un leger lit de 
mousse, qu'on ticndra lcgerement humide, 
pour entretenir toujours une douce frai- 
ceur au pied de la plante. En hiver, on la 
rentrera sur une tablette de la serre chaude, 
ou on l'arrosera a peine, et pendant lequel 
elle devra jouir de toute la lumiere, de 



Multiplication par graines, ou de jeunes 
rejetons coupes comme bouture. 
<li ii:n ; . jihis large que profond, afin de r yH 

pcrmettre aux tiges de s'etaler faeilement. ! 



ISCELLANEES, 



M. Jacob Makoy, vient d'acquerir une gnifiqu 
\;irit'(t' tic Lilas fori dislindc tic tmitrs bustc, 
celles qu'on a obtenues jusqu'ici de eel beau fe 



Cenouveau gain a cteoblemi par ^ 
bert, de Thiers-a-Liegc , a qui il W* 
par I'aequercur. 



M. Baltet-Petit, habile pepinieriste a 
Troyes (Aube), ecrit dans les Annales de 
/•Yorr ii Pomone : 

« On sait que Ton greffc ordinairement 
le poirier sur sauvageon, sur franc et sur 
coignassier. On sait aussi qu'il faut au poi- 
rier, greffe sur sauvageon ou sur franc, une 
terre assez substantielle, mais surtout pro- 
fonde et fraiche; et a celui greffe sur coi- 
gnassier une terre plus legere, moins pro- 
fonde, mais egalement fraiche, et a Impo- 
sition du levant ou du couchant. II s'en suit 
que quand on ne possede pas ces conditions, 
il faut renoncer a clever des poiriers. 

» En me rappelant avoir mange d'excel- 
lents fruits provenant de poiriers grcffes 
par mon pere sur l'Aubepine, j'ai plusieurs 
fois repete cette sorte de greffe pour planter 
en terrains sees et crayeux et j'ai eulieu d'en 
etre satisfait , pourvu que la greffe en ecus- 
son a ceil dormant fut appliquee pres de 
terre. Ces greffes reprennent parfaiteinenl 
et conviennent plus particulierement aux 
especes dont les fruits murissent en hiver. 
Celles a fruits d'etc forment d'enormes 



■ 



:;.ellc 



» En general, on doit elever en espalier 
ou en pyramide les especes greffees sur 
aubepine, et cependant j'ai vu un martin- 
sec, un messire-jean et un catillac eleves a 
haute tige, parfaitement venus et produi- 
sanl d'excellenU fruits. ,lc voudrais pouvoir 
en tirer l'inductiou (}uc les especes, dont les 
poires ont la chair cassante, sont principa- 
lement celles que Ton pcut elever ainsi; 
tandis que les poiriers a fruits fondants doi- 
vent etre destines a l'espalier ou a la pyra- 

» Sans doutc, ee n'est qua la dcrniere 
extremile (pTil laut a\oir recours a la greffe 
sue aidjepine pour le poirier; mais il ne 
faut pas la dedaigner dans les localites ou le 
franc et le coignassier ne resistent pas. Cette 
greffe donne d'ailleurs des resultats beau- 
coup plus satisfesants que celles sur sorbier 






ou cormier, dont j'ai pin 

mal reussi ou qui ont donne des fruits dif- 

formes et ehancreux. » 

(L. VH.) 



f 29. EAUX §AVO\\H*l«» EMPLOYEES COMME EJVGRAIS. 



M. Scheidweiler, professeur d'agronomie 
a Bruxelles , et notre collaborates, en rap- 
pelant qu'en France , il a ete constate que 
les eaux provenant des savonnages etaient 
un excellent engrais pour les plantes , de- 
clare, dans son Journal tfHortintthirc jir«- 
tique, que lui-meme, il y a huit ans, re- 
commandait dans VHorlkulhur /Wye d'em- 
ployer les eaux de lessivc savonneusc pour 



ees eaux ont la propri«'t(- <lc detruire les 
pucerons, lorsque toutefois la plante ne sc 
trouve pas dans des conditions trop defa- 
vorables. Les Pelargonium et les Camellia 
surtout, arroscs de temps en temps avce 
des eaux de savon fleurissent avec abon- 
dance et bcaueoup d'eclat. Nous sommes 
persuade que toutes les plantes, celles qui 
exigent absoluinenl la lerrc de bruvere 
('xee|)lees , sc tnuivenl bien d'etre airosccs 
avec des iaux de lessive. > 

(L. VII.) 



■ 






:, vetus Herculeas ubi sacrat Olym 
Uphei glaucum rite subire nemus! 
I Parcse Tetuere, et f.mcla lul.nu- 






INSCRIPTION D'lFM lift III! I HI l\UI»l\ 



i Alpes helvetiennes, celles de Corcyre et de Sa- 






du jour! Que j'aun 
■ets du Taygete, dre 
mmelles gonBees, 




IK - W 




tfVtcaUma CX0 



PITCAIMIA ALTEHSTEIWII 



VAR. GIGANTEA. 



§ Pitcairnieae. — Hexandria-Monogynia. 






A l'occasion de cette magnifique plante, 
M. Hooker reconnaitimplicitement l'erreur 
qu'on lui avaitfait commettre,quand on lui 
envoya, sous le nom de Pitcairnia undula- 
tifolia (c'est undulata qu'il faut lire : plante 
qu'il ne connait pas encore a ce qu'il pa- 
rait), la Puya Altensteinii de Klotsch: er- 
reur que nous avons signalee dans le feuil- 
let substitue a notre N° 162 (1. c.) apres 
l'avoir nous-meme adoptee, subissant en 
cela l'autorite d'un tel maitre. Mais, corame 
nous l'avons dit, ces deux plantes n'ont rien 
de commun que le genre; la premiere , fort 
belle plante aussi, que nous avons vue de- 
puis fleurir plusieurs fois dans le jardin 
Van Houtte (ce qui nous a fourni l'occasion 
de rectifier l'erreur signalee ci-dessus) , ap- 
partient aux Pitcaiknia d fleurs pedicellees, 
distantes, libres et parvibracteees; la seconde 
aux Pitcairnia a fleurs agglomerees, sessi- 
les, latibracteees. Ces deux sections sont fort 
naturelles , et nous les proposons a l'auteur 
qui un jour revisera cette charmante fa- 
mille des Bromeliacees , l'une de celles qui 
appelent le plus un examen serieux et se- 
vere , pour dissiper les tenebres et la con- 
fusion qui y regnent. 

M. Hooker, en premier lieu, rapportait 
avec raison sa plante (Pitcairnia itndulati- 



folia) au genre Pitcairnia. A l'occasion de 
la varietc, sujet de cet article, il adopte 
ensuite, sans en deduire la cause, l'opinion 
de M. Klotsch, qui en fait un Puya (1); 



a-dire, que les segments externes (calyce) 
sont connes a la base avec l'ovaire ; et que 
les internes (corolle), sont inseres sur iceux 
au-dessus de la partie mediane de l'ovaire. 
Au reste, ce double caractere varie chez 
les Bromeliacees , ou se confond tcllement 
l'un en l'autre, qu'il n'a pas une grande 
valeur pour la distinction des genres. Lais- 
sant ces difficultes a resoudre , a un autre 
mieux en position de le faire que nous, 

« Au printemps de cette annee, ditM. Hoo- 
ker, MM. Lucombe, Pince et C e ., d'Exe- 
ter, ont offert au jardin de Kew, une 
plante dont la splendeur m'a etonne. Sa 
taille etait si gigantesque, ses feuilles si 
amples , son epi floral si massif et couvert 
de tant d'innombrables bractees d'une riche 



la Pitcairnia undulatifolia du Botanical 
Magazine ou la Puya Altensteinii des bo- 
tanistes prussiens (I). Neanmoins une com- 
paraison severe, me prouva qu'elles sont 
identiques. » 

M. Hooker, en disant que la plante en 
question atteint six pieds de hauteur, avec 
des feuilles trois fois plus grandes que le 
scape , en attribue l'etat gigantesque a l'ex- 
eellente culture qu'on lui a appliquee. « II 
n'y a pas de doute, dit-il, qu'en donnant 
a cette plante (le type) en abondance, de la 
chaleur, de la lumiere, de 1'humidite et de 









Pitcairnia undulatifolia. Nous renverrons 
done aussi, comme le savant auteur anglais, 
le lecteur a notre notice descriptive (1. c); 
la belle figure ci-contre suppleant eloquem- 
inent a notre silence a son sujet, en lui 
fesant observer que , malgre l'autorite qui 



di.il s 






ker, nous doutons un peu de l'identit^ 
reelle des deux plantes; et que, quelque 
rationnelle et suivie que ce soit une cul- 
ture, il est bien difficile, selon nous, quelle 
fasse d'une plante, qui atteint ordinoirement 
un pied et demi ou deux pieds de hauteur, 

ritable miracle horticole! 



Pour les Bromeliacees , commc pour les 

Orchidees , les Aroidees et les Fougeres , la 

chaleur, la lumiere, 1'humidite, precedees et 

suivies d'un repos complet, doivent etre sa- 

n veut obtenir des 

et bien floriferes. C'est 

; l'observation plus ou moins bien cal- 

e de ccs grands agents de la vegetation 

reside li- secret d'une saine culture. J'ai 



toujours cherche dans toutes mc 
eclairer,a ce sujet, Fesprit de me 

avoir quelquefois reussi. Je les re 
quelques details applicables a la f 
il vient d'etre question , a l'articl 
fulgens[t. II, avriH846). 



J- 31. GROUPES DE Rll 



(HHMHIHI 



(P- 



de Rosages sont ce qui I tandis que leur feuillage lisse et brillant, 
pour former une ligne lem pont en tout temps 

un jardin fleuriste et un a l'effet general de la scene. lis sont reelle- 
ieut les admettre, sans merit, sous (oih les rapports, preierables 

'*- aux grands ... hnWauv r Milium ""!' 

generalement employes dans le racme but. 



ble et varii'edu premier. Leurs divers colo- 
ns, lors de leur saison florale, en ferontdes 
objets attrayants et d'un grand interet; 



I.. VII 



SISYRIWCHIUM LOMISTYOT. 



Et™. V. T° II. PI. IV. Sept. 1846 (N° 146). 

§ Colletostenioneie. — Triandria-Mi gyn 



CHARACT. GENER. — V. ibidem. I natis; anthens circulatim .,,,„,• ,„„„,!„, 

CHARACT. SPECIEI : S. ($ Androgen | « J ,'^atTtri 'ono^vul 

»U8 3-5-floris, corolla - en- lllnls ~ IL ' 1 "'" cu J u » dam parvac /ridw. 

atis obovato-spathu ,isttjh,m Nob in Hoi 

ecurvis; filamentis in longum tubum villosum con- | fasc. I. p. 1 1. ct II PI V A iig I. li. 3 (It 



Au premier aspect, on prendrait cette 
plante pour quelque petite espece d'Iris, en 
raison de la disposition imbriquee-distique 
de ses feuilles; disposition qui la fait ressem- 
bler assez bien aussi a un petit glayeul et a 
la Witsenia corymbosa, quand celle-ci est 
jeune. On en doit 1'introduction au chef de 
Fetablissement Van Houtte , qui l'a recue 
directement du Chili, en 1845. Elle y fleu- 
rit facilement chaque annee, et proraet par 
son joli port, ses gracieuses fleurs d'or a 
etoile pourpre, et sa rusticite, un ornement 
de plus pour nos parterres. 

Descr. Rhizome fibreux, fascicule, vi- 
vace; feuilles distiques, engainantes a la 
base, ensiformes, acuminees, veinees-cos- 
tees, d'un vert glaucescent. Scape 2-5-fois 
plus eleve que les feuilles , presque simple , 
articule, portant a chaque articulation 
(1-2-5) unefeuille courte, engainante, sem- 
blable a celles de la base ; articles subcylin- 
driques (ou plutot finement anguleux-stries). 
Spathe 5-5-flore, bivalve, herbacee, ovee; 
valves concaves, comprimees, a bords mem- 
branaces, hyalins. Fleurs grandes, hypo- 
eraterimorphes , subbilabiees , penchees, 



brievement pedicelliVs, bracteeVs. Sc^incm-, 
onguicules, oboves-spathules, reflechis, ai- 
gus-mucronules au sommet , connes a l'ex- 
treme base et inseres a la partie inferieure 
de l'androphore ; les trois superieurs un peu 
plus petits; le 5 e deflechi; tous d'un jaune 
d'or, et portant a la base une petite macule 
d'un pourpre vif. Ovaire trigone-allonge , 
entierement cache dans la spathe, trilocu- 
lare, multi-ovule, ovules biscrics. fami- 
nes soudees en un long tube eylindriqnc, 
charnu , renfle au milieu , couvcrt de pa- 
pillos; antheres conniventes en un cercle 



libre dan 



;, lequel est hstuleux, 
termine par un stig- 



ses, etalees en etoile, et laissant au milieu 
d'elles une ouverture libre. Capsule pyra- 
midale, trigone-arrondie, dehiscente par 
les sutures proeminentes sur le dos des co- 
tes. Graines brunes, subtrigones, gibbeu- 



criblees entre les cotes de points enfonces. 
Ch. L. 



xpllcatlon de* 1 



Cette petite plante a passe l'hiver dernier 
en plein air, sans encombre, dans mon eta- 
blissement. II est done probable qu'elle 



pourra supporter i 






I si Ton a soin de la proteger 
contre l'humidite stagnante, au moyen d'un 
drainage souterrain et d'une legere cou- 
verture , pour disperser les eaux pluviales 
en hiver. II sera prudent, en attendant 
que l'experience de plusieurs annees ait 



decide la question, d'en rentrer un pied 
en orangerie. On en pourra faire de jolies 
bordures, peu elevees, de l'effet le plus 



grandes fleurs d'or, relevees de pourpre. 

Multiplication facile par la separation 
des pieds, et par le semis de ses graines 
qu'elle donne i 



MISCELLANIES. 



f 3*. PHYLI.OCACTUS GRANDIS Ch. L. 



Depuis plusieurs annees, il fleurit au jar- 
din botanique de Gand , sous les soins eclai- 
res de M. Donkelaer, une espece de Cactee, 
originaire de Cuba , qui a atteint en ce mo- 
ment plus de dix pieds de hauteur et vient 
de donner (juillet 1847) dix-huit fleurs a la 
fois. Elle appartient a l'ancienne section des 
ciergesaileV, sa tige principale est cylindri- 
que, tres raide; ses rameaux, d'un a trois 
pieds de long, sont tres nombreux , minces, 
decoupes au bord en larges crenelures. 

C'est surtout par ses fleurs qu'elle differe 
des especes congeneres (P. Hookeri, lati- 
frons, crenatus, etc.). Ces fleurs ressem- 
blent par leur forme et la disposition de leurs 
segments a celle des Cereus grandiflorus et 
n ;/c! tea I us; mnis elles sont diametralement 
plus petites. Le tube long de huit pouces 
au moins , blanc , parseme de rares et peti- 
tes squames, est remarquablement coude 
(plie en deux) ; toutes les fleurs presentant 
ce singulier caractere, il est probable qu'il 
est inherent a l'espece. Les squames du tube 
et celles qui forraent les premiers rangs de 
la corolle sont extremement etroites (lineai- 
res) et lavees de rose; la corolle proprement 
dite , longue a peu pres de quatre pouces , 
sur autant de diametre, epanouie, estcam- 
panulee, composee de deux ou trois ranes de 



larges petales blancs , finement ] 

setiferes au sommet. L'odeur en «. . 

forte, mais peu agreable. 

Ce sera une tres belle addition a nos 
collections de Cactees. 











(OinlV 



DIPLADESIA ROSA-CAMPESTRIS. 



Erra. V. ci-dessus T° I, p. 167. 
Apocynaceae § Echitese. — Pentandria-Monogyn 



CHARACT. GENER. V. ibidem. 
CHARACT. SPECIEI : D. Rhizomate tuberculato 
t tota planfa (except, cor ), sesquipedalibus foliis 




de la 



C'est a la fois une douce et vive jc 
pour un auteur, tant soit peu epi 
science qu'il professe, que d'avoir a s'oc- 
cuper d'une aussi noble plante que celle 
qui fait le sujet de cet article et a laquelle 
le nom gracieux et poetique de Rose des 
champs a ete applique avec autant de verite 
que de justesse. Rien de plus beau, deplus 
elegamment colore que les larges fleurs de 
cette espece, dont les araples petales, d'un 
rose tendre, s'etalent et se recourbent en 
dessous, que decore au centre une grande 
macule d'un rose vif et qui se detache en 
etoile sur le fond. Ajoutez a cela un assez 
ample feuillage finement veloute , elegam- 
ment raye de veines serrees et paralleles, 
des tiges hautes seulement d'un pied a un 
pied et demi , terminees par un epi multi- 
flore, et vous pouvez vous faire une idee 
de cette magnifique plante. 

Descript. Rliizome tuberculeux, ligneux, 
a ecorce grisatre, squaraeuse. Tiges fine- 
ment pubescentes-veloutees (ainsi que les 
les feuilles, les petioles et les pedicelles), 
cylindriques , dressees, abondamment lac- 
tescentes. Feuilles opposees, distantes, sub- 
sessiles, exactement ovales, a pointe courte, 
a 'gue , recourbee ; a veines serrees , paralle- 
les-arquees; la raediane tres proeminente en 
dessous (de 3 pouces de long, et de 2 de large) . 



Fleurs nombreuses, opposees-decussees, dis- 
tantes, en un e"pi allonge". Pedicelles tors sur 
eux-memes, cylindriques, longs d'un pouce, 
munis a la base d'une bractee lineaire-subu- 
lee, cinq fois plus courte. Tube calycinal 
nul ou a peu pres nul; lacinies lineaires- 
allongees, aigues, velues, appliquees. Tube 
de la corolle (long d'un pouce et demi , et 
plus) fortement resserre a la base, dans le 
tiers de la longueur inferieure; puis dilate- 
infundibuliforme , tres glabre, distincte- 
ment veine; lobes obliques-arrondis, ondu- 
les, obsoletement apicules, etales, replies 
en dessous, onguicules-imbriques, aussi 
longs que le tube. Etamines, ou mieux 
antheres, lineaires, apiculees, sessiles, bifi- 



elles et adherant fortement, en dessous 
au stigmate au moyen d'un sue visqueux. 
Elles sont inserees au fond de l'entonnoir 
et preciseraent au-dessus du point ou le 
tube de la corolle se contracte et qu'elles 
ferment; au dessous d'elles, ledit tube est 
couvert de poils fins, serres, diminuant de 
nombre et de longueur vers la base. Ovaire 
didyme , allonge en un style plus court que 
les examines, a stigmate umbraculiforme, 
anguleux, quinquefide a la base, ct auquel 
adherent, comme nous l'avonsdit,parunsuc 
visqueux, les antheres, qui s'appliquent sur 



lui dans les sinus rentrants des angles. 
Glandes ovairiennes 2 , obsoletement trilo- 
bees, jaunatres. Ovules nombreux... Folli- 

Cette plante est tres voisine de la D. illus- 



A. DC. ; elle en differe par des feuilles 
ovales et non oblongues, entie- 
rement poilues-velout^es sur les deux faces, 
et non surtout en dessous; etc. 

Ch.L. 



Ces apocynacees, a racines tuberculees, 
provenant des campagnes elevees de l'Ame- 
rique tropicale, qu'elles ornent pendant long- 
temps de leurs grandes et brillantes fleurs, 
sont cbez nous (en Europe) d'une conser- 
vation assez difficile. Le point le plus essen- 
tiel est d'en eloigner toute humidite en hi- 
ver, et de leur procurer en cette saison 
la plus grande somme possible de luraiere, 
sinon de chaleur. Pour cela , on devra les 
placer sur une tablette, bien seche et bien 
eclairee de la serre chaude, ou on les lais- 
sera a peu pres sans eau. Je me trouve bien 
de les cultiver en double pots , remplis de 
terre tous deux , et dont je ne fais arro- 



ser que l'exterieur ; l'eau penetrant par ni- 
tration dans le second suffit, sauf l'epoque 
des chaleurs, a l'alimentation des racines. 
Pendant l'ete, au moment de la floraison, 



legue les plantes dans une bonne serre tem- 
peree , ou elles jouissent de plus d'air et 
de lumierc que dans la serre chaude. 

Multiplication par la section des jeunes 
rejetons, coupe's sur le tubercule, a leur 
point meme ^insertion, et plantes isolement 
dans de tres petits godets remplis de sable 
pur , sur couche chaude et sous cloche. 
L.VH. 



L'etablissement Van Houtte vient de re- 
cevoir directement du Chili des exemplaires 
de ces deux plantes, dans le meilleur etat 
de conservation. lis varient en diametre <le 
6 a 10 pouces et en hauteur de 6 pouces a 
un pied. On en distingue plusicurs varietes 
iuteressantes. Dans la seconde surtout, il 



en est de fort remarquables par la gros- 
seur de leurs epines, qui est telle que 
nous etions et que nous sommes encore 
tente de les regardcr coinrne app .n-\cmn^> 
une espece distincte. Toutes ont deja porie 
Ch.L. 



HYPOCTRTA LEUCOSTOIA. 



. ci-dessus T° III 

§ Gesneriese. 



Didynamia-Angiospermia 



« Cette Gesneriacee a ete envoyee de la 
Nouvelle-Grenade, par M. Purdie, et jene 
pense pas commettre une erreur en la rap- 
portant a YHypocyrta Mart. C'est la pre- 
miere de ce genre trouvee hors du Bresil. 
Quoi qu'il en soit, on peut regarder les 
genres de cette famille, comme n'etant pas 
encore etablis d'une d'une maniere satis- 
fesante et complete. 

« Descr. Plante haute d'un pied environ, 
dressee, obtusement tetragone, entierement 
couverte de poils nombreux, courts, lai- 
neux, maisassez rigides. Feuilles opposees, 
oblongues ou subovees-lanceolees , acumi- 
nees, crenelees-dentees, penninerves; ner- 
vures reunies au moyen de veinules tres 
(lenses et entrelacees, de maniere a donner 
a la surface l'apparence rugueuse des feuil- 
les de l'Ortie. Petioles comprimes lateVale- 
ment, de pres d'un pouce de long. Pedoncules 
axillaires, dresses, simples, velus, aggreges, 
aussi longs a peu pres que les petioles, et 
portant chacun une fleur solitaire, penchee. 
Calyce de 5 sepales presque egaux, oblongs, 
aigus. Corolle de I de pouce de long; a tube 
legerement velu, comprime lateralement , 
fortement ventru en dessous, pres du limbe, 
gibbeux en dessus a la base, et d'un orange 
1'runatre {tawny) : la gibbosite de la base 



3 de forme dans r 



- idus et se dis- 



celui dont il s' 
cote oppose est un appendice petalo'ide, lori- 
forme. Etamines 4 incluses, didynames, 
accompagnees d'une cinquieme rudimen- 
taire , tres petite. Ovaire ove, velu-soyeux, 
entoure' a la base d'un disque annulaire. 
Style inclus, articule sur Tovaire; stigmate 
infundibuliforme, oblique. » 



Nous nous sommes contente de donner 
purement et simplement le texte meme du 
savant directeur du Jardin royal botanique 
de Kew; mais nous devons faire observer 
que la plante qu'il decrit appartient au sous- 
genre Codonanthe Mart. , en raison de son 
tube peu ventru ctde son limbe developpe , 
5-Iobe. Les cspeces a tube fortement ven- 
tru en dessous , a limbe petit et contracte 
en forme d'outre, forment le sous-genre 
Oncogastra Mart. Du reste , comme le fait 
observer l'auteur, tous les genres de cette 
belle famille appellent une revision severe 
et plus methodique. 



(S. F. et S. CH.) 



En raison de ses tiges dressees , et non I scabrida, dont l'habit 
rampantes et radicantes, YHypocyrta leu- dessus, n° 258). 



recommandes a l'occasion de 1 



MISCELLANIES. 



Le procede t 



nier a Wortley Hall , qui l'a pratique avec 

Lorsque la premiere recolte de fruits est 
presque consommee, je coupe des boutures 
sur les vieux pieds. Celles que je choisis 
sont les extremites des pousses qui ont 
porte les plus petits fruits. Je les tranche 
au second joint au-dessous de la tete, et en 
6te les deux feuilles inferieures; chaque bou- 
ture alors est preparee pour la plantation. 
Je les raets par deux, chacune tres pres du 
bord , dans des pots que je remplis d'une terre 

3 bouture. Apres les avoir 
arrosees, j'en place les pots sous un petit 
coffre a un seul chassis, sur une couche 
chaude preparee a l'avance , pour lui per- 
mettre de jeter son premier feu. Cette cou- 
che est alors couverte de 8 ou 10 pouces 
d'une terre moderement seche , dans la- 
quelle j'enfonce les pots jusqu'aux bords. 
Le coffre est hermetiquement ferme pendant 
quatre ou cinq jours , afin d'y concentrer 
la vapeur, qui est tres necessaire pour 
nourrir les boutures jusqu'a ce qu'elles s'en- 
racinent. Le chassis est aussi ombrage pen- 
dant quelque temps dans le milieu du 
jour, durant quatre ou cinq heurcs. Je 
veille aussi a ce que la chaleur ne soit pas 
assez intense sous les pots pour bruler les 
boutures. En une semaine de temps, si 
on les a convenablement soignees, elles 



leve la terre dans laquelle elle a eu lieu , et 
je la remplace par de la nouvelle, sur une 
profondeur d'un pied. La couche a ete prea- 



Enviion dix jours apres 1 
boutures, elles sont pretes a mettre 
plaee. Tout etant prepare ainsi que je 
dit, je plante deux potees entieres 
chaque chassis. Lorsque mes plantes 
atteint quatorze pouces de longueur e 



ramifier. Les fruits qui s'etaient d'abord 
montres sur les boutures, avant qu'elles 
ne fussent detachers des vieux pieds, gros- 



abondance de beaux fruits, dont quelques- 
uns pesant sept ou huit livres chacun , et 
differant en ce point selon la variete. Les 
plantes donnent abondamment, et sont plus 
productives etplus vigoureuses que de vieux 
pieds tallies a la maniere ordinaire. J'ai 
cueilli uniformement sous chaque chassis 
de douze a vingt fruits de cette seconde 
recolte. 

Un avantage considerable rcsultc de ce 
procede : c'est que les plantes ne s'allongent 
jamais; qu'elles n'ont pas besoin d'etre ar- 
retees autrement que je l'ai dit^ et qu'on 
n'a pas la peine de devoir < 

arrive souvent dans les plantes < 
qui ne proviennent pas de boutures, que 
les tiges se fendent, pres du rhizome, et 
que . lorsqu'il tombe de l'eau sur ces fentesi 
les pieds perissent;ce qui n'arrive jamais 
dans ceux qui proviennent du mode que J e 
viens de deerire. 



( 



}<■ 



DICENTRA SPECTABILIS. 



Fumariacere § Fumaricee. — Diadelphia-Hexandn 



<H\RU.T CENER. — Calycis diphylli foliolis 

ln,i. bteralin mteriora plana, anticum et posticum 
>asigibba v. in calcar producta. Stamina 6 hypo- 
;yna in phalanges duas petalis antico et postico 

rulares pluribus amphitro'pis Stylus terminalis 



vis a replo plac. 
1a plura Jenticulari-ci 
phiolato. Embryo intra albuminis ros- 

mli-Americanw et Sibiricw, radicibus 

Metis multifidis, floribus majusculis 



Herbae bo, 



CHARACT. SPECIEI. : 1). (1) Calcar 

Dicentra spectabilis Nob. 
STNOMMIA : Liclytra (Dielytra) spt 



« Cette plante est, . „ 
sible, la plus belle detoute la familledes Fu 
mariacees. Elle ne parait pas avoir ete intro- 
duce vivante en Europe, avant queM. For- 
tune, qui la trouva dans les jardins chinois, 
1'eut rapportee de son voyage. En bonne 
sante, la plante s'eleve a 1 \ pied de haut, 
et donne 5 ou 4 racemes de belles fleurs; 



fleurs ont un pouce de longueur sur 5/4 de 
large ; avec 2 petales sacciformes d'un rose 
delicat; les autres sont projetes en dehors, 
blancs, avec un point pourpre. (Lindl. 
Journ. Hort. Soc. 1. 233.) » 

• Les botanistes europeens Font d'abord 
connue par un echantillon envoye par le 



Russo-Siberien De Karamyschew, qui, etu- 
diant a Upsal, le coramuniqua a Linne\ 
Depuis, la plante a fleuri pour la pre- 
miere fois, en Angleterre, dans le jardin 
de la societe d'horticulture, a Chiswick, 
ou a ete executee la figure ci-contre. 

)> C'est l'une de ces plantes dont les Man- 
darins chinois sont si passionnes, qu'ils 
la cultivent avec une extreme vanite dans 
leurs petits jardins feeriques. » Je la trou- 
vai , dans le jardin de la Grotte (ile de Chu- 
san), croissant parmi les roches artificielles, 
pres du beau Weigela rosea, figure dans ce 
recueil (v.ci-dessus,T. III.n°2H). Sonnom 
chinois est Hong-pak-Moutan Wha, ou 
fleur de Moutan rouge et blanche. » Les 
botanistes chinois ne tirent pas les carac- 
teres de leurs genres, d'apres les fleurs, 
comme nous le fesons, mais bien d'apres 
'habitus des plantes. Dans celle dont il 
s'agit les feuilles sont assez semblables a 
celle de la Pivoine Moulan; les fleurs sont 
rouges et blanches; de la l'appellation chi- 

■ En Chine la Dicentra (ou Dielytra 
comme on voudra) spectabilis s'eleve a un 
ou deux pieds de hauteur et produit de 
belles grappes de belles fleurs roses , bien 
representees dans la figure ci-contre. Elle 
est certainement la plus belle et du genre 
et de la famille. 

• La plante est encore trop rare pour la 



risquer a l'air libre, et on n'a point de 
preuves qu'elle puisse supporter nos hivers 
sans abri. Je pense toutefois qu'elle sera 
sans doute tout aussi rustique qu'aucune 
autre de sa race. Je ne l'ai jamais rencon- 
tree dans les parties meridionales de la 
Chine, et d'apres l'autorite ci-dessus citee, 
elle parait s'avancer jusque sur les fron- 
tieres de la Siberie. Comme plante propre 
a orner les appartements , elle est extre- 
mement gracieuse et reste longtemps en 

apres l'avoir arrachee dans le jardin ; elle 
se maintint fraiche et belle tout ce temps. 

cien Dielytra (Dicentra) formosa, si com- 
mune dans tous les jardins fleuristes. Les 
tiges perissent en automne , et les racines 
restent a l'etat dormant jusqu'au printemps 
suivant, ou la plante reparait hors du sol 
et fleurit en mai et en juin. Les Chinois 
la multiplient promptement en en divisant 
les racines, au printemps, avant que la 
plante commence a vegeter. En Europe, on 
la multipliera aisement de la meme ma- 
niere , ainsi qu'en en bouturant les jeunes 
rameaux, pendant l'ete. Tout sol lui est 
bon, et elle se plaira dans les endroits 
abrites des grands vents. >» 

Fortune. 
{Journ. of Rort. soc. II. 178 c. ic.) 



Cette plante est une jolie acquisition pour 
nos parterres a Fair libre, ou elle ne peut 
tarder a se montrer aussi rustique que ses 
eongeneres. En attendant que l'experience 
en decide, il est prudent d'en rentrer un 



pied en serre froide ou sous chassis. I ar- 
ticle de M. Fortune me dispense d'entrer 
dans d'autres details de culture. 



(MOSTYLIS SETIGERA. 

(«*W), petite colonne: en botanimie. 



Hajraodoraceae § Conostylideae. — Hexandria-Mo 






Herbae in Nova - Hollandia Australi 



CIIARACT SPECIEI : C 



i Prodr.Fl Nov.-Boll.l.c. 



Les Conostyles , dont on connait aujour- 
d'hui au-dela de trente especes, sont en 
general de jolies petites plantes herbacees, 
formant d'epais gazons, a la maniere des 
Graminees, avec lesquelles, en l'absence des 
fleurs, on peut aisement les confondre, et 
croissant exclusivement dans la Nouvelle- 
Hollandemeridionale, ou elles se plaisent 
dans les plaines sablonneuses, dans des en- 
droits legerement humides ou ombrages, le 
long des rivieres ou sur sur la lisiere des 
forets. Leur aspect est agreable, leur ver- 
dure perpetuelle, leurs fleurs petites, mais 
norabreuses et jolies, quoique d'un coloris 
pale. L'espece dont nous donnons ci-contre 
la figure, d'apres de jolis individus que nous 
avons remarques en fleurs dans le jardin 
Van Houtte, peut donner une juste idee des 
autres. 

^a C. setigera a ete decouverte par 1'il- 
ustre botaniste R.Brown, dans la Nouvelle- 
Hollande, et decrite par lui dans le Pro- 



drome qu'il a public sur la Flore de cette 
grande ile. En 1833, le baron Hugel la 
trouva de son cote et la rapporta vivante 

Descr. Elle se distingue facilement de ses 
congeneres;, par des tiges courtes , entiere- 
ment feuille'cs a la base, articulees, subradi- 
cantes, groupees en touffes; par de petites 
feuilles distiques, semi-engainantes-imbri- 
qudes , rougeatres a la base (a bords mem- 
branaces, tres tenus), planes, trcs etroite- 
ment lineaires, arquees - recourbees avec 
grace, glabres sur les deux faces, mais ci- 
liees de long poils blancs, distants, solitaires 
ou gemines, d'un effet fort elegant. Elles 
sont parcourues par deux ou trois stries 
enfoncees (veines immergees), et tres fine- 
ment ponctuees. Le scape, plus court que les 
feuilles, est dresse, couvert d'un court et 
epais duvet laineux, blanc, et porte deux ou 
trois bractecs, dont l'inferieure tres longue, 
laiKTiilcc-lincaire, tres acuminee, a bords 



deux superieures 
conformes , beaucoup plus courtes. Les 
fleurs d'un jaune tendre en dehors , blan- 
chatres au sommet et en dedans, forment 
un capitule terminal , serre. Chaque pedi- 
celle, extremement court, porte a sa base 
une bracteole filiforme , scarieuse. Le pe- 
rianthe est decoupe en six lacinies subbi- 
serie'es, epaisses, etroitement lance'olees, 
eouvertes sur les deux faces de poils soyeux, 
denses, concolores, plus courts en dedans. 



Les trois plus internes un peu plus courtes. 
Etamines tres courtes, uniseriees, a filaments 
plans, dilates, d'un jaune d'or. Antheres 
petites, oblongues, dorsifixes, concolores. 
Style glabre, trigone-aigu et renfle a la 
base, puis bientot filiforme, a stigmate sim- 
plement capite. Ovules tres peu nombreux, 
appendus a des placentaires petasiformes. 
(Yoyez I'espece qui suit.) 

Ch. L. 



On peut faire de jolies bordures toujours 
vertes et longtemps emaillees des fleurs de 
la Conostylis dont traite cet article, ainsi 
que de la suivante (v. ci-apres Miscellanees), 
plantees ainsi dans la serre froide ou dans 



l'air libre, dans un endroit bien aere et or 
brage du jardin, en les y tenant constat 
ment un peu humides. 

Multiplication facile par la separation d 
nombreux rejetons de leurs touffes, ou p 
le semis de leurs eraines. 

L. VH. 



f 36. CONOSTYLIS JUNCEA Endl. 



IS. F.) 



Cettejolie espece a ete decouverte et ap- 
portee en Europe par le baron Hiigel , qui 
la recueillit sur les bords de la riviere des 
Cygnes. 

Elle est remarquable par ses petites feuil- 
les distiques, subulees a la base, puis jonci- 
formes, strides, obsoletement canaliculees 
en dessus. Scape beaucoup plus court, velu- 
hispide, presqu'entierement enveloppe de 
grandes bractees ovees-lanceolees , cucul- 

blanc verdatre, nues, mais eiliees. Fleurs 
reunies en capitules denses, terminaux, d'un 
jaune verdatre en dehors et blanches au 
sommet; en dedans ces deux teintes sont 
un peu plus pures. Tube, plus prononce 
que dans I'espece precedente, subtrigone- 
arrondi, herisse a la base de longs poils 
epars, blancs, presque nu ensuitc; a seg- 
ments epais, subcoriaces, carenes en dehors, 



triangulaires-acumines, etales et barnuies 
au sommet, lisses et eanalicules en dedans. 
KliimiiuN iini^riHN. firs courtes; connectil 
arrondi,tresgros; antheres sagittees; style 
glabre, dilate, conique-trigone a la base, 
formant, comme dans I'espece precedente, 
corps avec l'ovaire qu'il recouvre, puis al- 
longe-triangulaire, et termine par un stig- 
mate trilobe, a lobes arrondis, compnmes 
Iateralement. Ovules tres nombreux, grou- 
ped sur d'epais placentaires. 
Voici la diagm 



Conostylis juncea Eudi 



i a 'donnee M. End- 



A 




\ 



ACHMEMS CUPREATA. 



Gesneriaceae § Gesnerieae. — Didynamia-Angiospermia. 



■ - 

us solitariis petiolo longioribus unifloris, calyci 
i profande 5-partiti, laciniis subspathulatis inae 






Grace aux explorations zelees de divers 
voyageurs, le beau genre Achimenes voit 
chaque jour augmenter dans nos serres ses 
representants. A l'egard du nouveau qui 
fait le sujet de cette notice. M. Hooker s'ex- 

■ Nouvelle et tres interessante espece , 
remarquable par la couleur cuivree foncee 
de la face superieure de ses feuilles assez 
amples, elliptiques (assez semblables par 
leur teinte a celles des hetres a feuilles cui- 
vrees), d'un rose pourpre en dessous, a 
fleurs d'un riche ecarlate dont le limbe est 
elegamment dente et cilie\ Elle a ete de- 
couverte par M. Purdie, sur des berges hu- 
mides, pres de Sona dans la Nouvelle-Gre- 
nade. Des graines qu'il en envoya, en sep- 
tembre 1845, au jardin royal, naquirent 
des individus qui fleurirent en avril 1847... 
Ses brillantes fleurs font un joli effet au 
milieu de ses feuilles d'une teinte cuivree 

■ Descr. Rhizome forme de nombreuses 
articulations, a tiges de longueur variable, 
rampantes, ramifiees, stoloniferes, emettant 
de nombreuses racines de leurs rameaux 
procombants. Les principaux sont dresses , 
hauts de quelques pouces , et ce sont ceux 



d un court et epais duvet, ainsi que presque 
toutes les parties de la plante), elliptiques- 
obtuses, reticulees-veinees, ridees, den- 
tees , d'une teinte foncee cuivree , assez lui- 
sante en dessus , d'un rose pourpre en des- 
sous. Pedoncules dresses, solitaires, axil- 
laires, uniflores, plus longs que les petio- 
les. Fleurs presque horizontales. Calyce 
neanmoins dresse , divise jusqu'a la base 
en cinq lobes laches, spathules, dont l'un 
plus petit que les autres, plus etale, et 
comme repousse en arriere par la gibbosite 
de la base de la corolle. Celle-ci hypocra- 
terimorphe, d'un riche ecarlate, a tube 
velu, deux fois aussi long que le calyce, 
jaune, mouchete de rouge en dedans; gorge 
frangee; limbe oblique, a cinq segments 
arrondis, dentes-cilies, etales. Etamines 4, 
didynames : filaments soudes a la base ; an- 
theres combinees. Ovaire velu, avec une 
large glande jaune , correspondant a l'epe- 
ron de la corolle. Style inclus ; stigmate ca- 
pite , perfore ( 



La culture de cette nouvelle et fort re- 
marquable espece ne presente d'autre diffe- 
rence avec celle de ses diverses 
publiees dans ce recueil, qu'ei 
doit etre plantee dans de petites terrines , 
pour permettre a ses tiges allongees, ram- 
pantes , de s'y etaler et de s'y enraciner tout 



a leur aise. Des terrines de huit a dix pou 
ces de diametre, bien drainees au fond ave 
de gros gravier, ou des tessons de pots e 
de briques concassees, feront fort bien l'af 



MISCELLANIES. 



f 3T. CAMPYLOBOTRIS DISCOLOR Ch. L. (S CH) 

(nov. .». c, 



M. Galeotti a presente aux dernieres ex- 
positions diverses de Belgique, une petite 
plante (tres jeune encore), qui s'est fait fort 
remarquer par l'extreme elegance de son 
feuillage et sa singuliere inflorescence. Au 
premier aspect, on la prendrait assez 



Acanthacee; erreur que demontre bientot 
un exaraen un peu approfondi. 

A l'exception des feuilles, elle est d'un 
rouge fonce, legerement poilue seulement a 
la base des jeunes pousses,des petioles etdes 
pedoncules. Les feuilles en sont amples,oppo- 
sees, luisantes,etalafoisd'un vert tendre ou 
fonce et d'un rouge noiratre, a reflets cha- 
toyants, et rayees de veines regulierement 
opposees, blanches en dessus, rougeatres 
en dessous. Les fleurs, portees par des pe- 
doncules axillaires, opposes, plus courts 
que les feuilles, sont disposers en de courtes 
grappesu 



vent cette teinte qu'a une multitude de pe- 
tites stries tres fines qui couvrent un fond 
jaune d'ocre. Leur did est agreahle et a joute 
a l'enscmble ornemental de la plante. M. Ga- 
leotti l'a recue tout recemment du Mexique. 
Elle appartient aux Cinchonacees, ainsi 
qu'on en pourra juger par la diagnose sui- 
vante , bien que nous n'ayons pas remarque 
«!'• -f-imi.s intra-petiolaires, et nous avons 
cru devoir en faire le type d'un nouveau 
genre, en raison de son mode d'inflores- 
cence et de divers autres caracteres moins 
saillants, tels, par exemple, que son ealyce 
anguleux , les lobes de son stigmate deme- 
surenient grands (comparativement) , un 




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FORSYTHIA VIRIDISSfflA. 



Oleaceae. — Diandria-Monogynia. 







« Jusqu'a la publication de l'espece dont 
il s'agit, dit M. Lindley, une seule de ce 
genre etait connue des botanistes. 

« Cette espece unique , la Forsythia sus- 
pense* Vahl , est-il dit dans le Journal of 
Hort. Soc. (1. c.), etait regardee comme un 
lilas par Thunberg, qui, bien qu'il en aper- 
cut les affinites naturelles , ne fut pas heu- 
reux dans sa determination generique. En 
effet, quoique les feuilles de sa plante soient 
souvent pennees, les fleurs neanmoins en 
croissent par paires dans l'aisselle des feuil- 
les tombdes, au lieu de former des pani- 

bel arbrisseau, se couvrant au printemps 
de fleurs d'un jaune fonce , et s'elevant de 
huit a douze pieds de hauteur. Selon 
MM. Siebold et Zuccarini , qui J'ont figure , 
il en existe deux varietes, l'une a bran- 
ches nutantes , et l'autre a branches dres- 
sees. Toutes deux, dit-on, ont ete tirees 
de la Chine par les Japonais, qui les plan- 
'•'"I panni les IVchcrs, Irs Abriroticrs . \c< 



Camellias qui fleurissent a la meme epoque. 
On rapporte que la F. suspensa a ete intro- 
duce vivante, en Hollande , en i8oo. » 
(V. Sieb. et Zucc. Fl. jap. I. U.) 

<t L'espece decouverte par M. Fortune 
(celle dont il s'agit), est tres distincte de 
celle qui fait le type du genre. Ses feuilles 
ne paraissent pas devoir jamais etre pen- 
nees, et au lieu d'avoir une forme ovee, 



gues-lanceolees. Les branches sont tetra- 
gones au lieu d'etre cylindriques et sont 
parfaitement dressees. Le calyce est plus 
court et plus membranace ; les fleurs plus 
petites. C'est, sans doute, une plante tres 
differente et Ton peut s'attendre a ce qu'elle 
soit tres recherchee, des que les individus, 
que notre jardin en possede, seront assez 
vieux pour fleurir. A cette epoque les bran- 
ches se chargeront de fleurs jaunes, aussi 
grandes que cellcs du Chimonunlhus (frun- 
diflorvs. 

u File forme un buisson coinp.iilr. a Iruil- 



]es opposees, oblongues, dentees vers le 
sommet et d'un vert sombre , sans aucune 
dentelure au-dela du milieu. Ces feuilles 



(i M. Fortune la decrit a coi 
bri^eau a feuilles caduques,tres 
denies au bord , et d'un vert sombre. Elle 
s'eleve a huit ou dix pieds dans le nord de 
la Chine, perd ses feuilles en automne, reste 
dans un etat de torpeur, comme les arbris- 
seaux a feuilles caduques de l'Europe; mais 
est remarquable par le nombre et Fample 
volume des boutons a fleurs qui se sont 
produits sur les jeunes tiges l'ete d'aupara- 



vant.Ces boutons, au printemps ct de bonne 
heure, se developpent graduellement et pre- 
sented une profusion de fleurs d'un jaune 
brillant sur tout l'arbrisseau, qui devient 
alors bautement ornemental. b 

« II la decouvrit d'abord dans un jardin 
avec la Weigelia rosea (v. ci-dessus Flore, 
N° 211. mars 1847) et ensuite dans la pro- 
vince de Chekiang; et il dit qu'elle est meme 
plus belle a l'etat naturel parmi les haies, 
que lorsqu'elle est cultivee dans les jardins 



« La figure ci-contre a ete executee en 
nars dernier dans le jardin de la Societe 
I'Horticulture. » 

(Ch. L.) 



Cette remarquable plante est destinee a 
orner nos parterres a Fair libre , ou elle de- 
veloppera ses fleurs , des les premiers jours 
du printemps, en meme temps que s'epa- 
nouiront celles des Chimonanthus fragrans, 
Calycanthus floridus, Pyrus japonica , etc., 
parmi lesquelles leur coloris d'un jaune d'or 



d'ornement a feuilles persistantes ou cam 
ques. On la multiplie facilement de boi 
tures ou de rejetons, traites a froid. 

L. VH. 



MISCELLANIES. 



38. rosa uvnmsovii. 



branches ont 
B pied plante 
lans un riche 



Un individu de ee beau rosier , plante [ traite : Apres sa floraison , le 
dans le conservatoire du comte de Radnor, etc partidlcment rabattues; 
a Coleshill House, dans le Berkshire, vient | en pleine terre, a l'air libre, 
de donner en perfection plus de trois cent sol et abondamment gratifie d'engrais 
ur- ;'i I ; lois. C*:>\ un rentier quide pendant sa vegetation. A l'autom 
qui a ete soumis a une l^gere chaleur, et il fut releve, empote et sou 
dont les fleurs, en cette occurence, parais- j leur d.unr pour en aceel«'-rer la floraisoi 
-ent plii-> liellts ([u'elles ne le sont ordinal- : „ 




at A ice 



ALSTROEBERIA ERREIBAIILTI. (hybmda.) 



Amaryllidacese § Alstrcemerieae. — Hexandria-Monogynia. 

Alstrcemeria Errcmbaulti Hurt. 
ose brida) Hook Bot. Mag" 'J 3944.' 



CHARACT. GENER. — V. ibid* 
CHARACT SPECIEI : A. hybrida 



• l;,.|, 



On a ignore longtemps 1'histoire de la 
remarquable plante dont il s'agit. Les uns 
l'ont regardee erronnement comme une es- 
pece distincte; les autres comme une hy- 
bride adulterin (et ceux-ci avaient raison ! ) 
a laquelle ils attribuaient divers parents, 
fort innocents du cas. Nous sommes heureux 
de pouvoir ici , grace a l'obligeance de notre 
collaborateur M. Van Houtte, rectifier les 
fails qui la concernent. VA. Errembatdti 
a ete gagnee de graines recoltees sur une 
A. pelegrina, fecondee artificiellement par 
VA. pulchra {tricolor), par M. Errembault- 
Dumesnil , de Tournay (Belgique). 

Feu Herbert, si regrettable, pensait 
qu'elle etait nee, en Allemagne, des A. psit- 
tacina et pulchra ou Hookeriana; on voit 
que le celebre hybridisateur etait pres de 



. |.«T- 



Notre Alstrcemere est une belle et vigou- 
reuse plante , s'elevant a un ou deux pieds 
de hauteur, sur une tige robuste, bien 
feuille" e et terminee par une ombelle rami- 
fiee, composee de quinze a vingt fleurs, 
disposees par trois sur des pedoncules com- 
muns. Ces fleurs de la grandeur de celles 
<'e VA. pelegrina, sont dun bran rose, 
resulierement et ele giimm ent moucbelees 



decramoisi fonce,apointesrobustes, aigue's, 
teintees de vert. Les trois segments exte- 
rieurs, l'un dresse, superieur, les deux 
autres lateraux et horizontaux, sont spa- 
thules, bilobes au sommet; un grand pli 
au centre separe les deux lobes et se ter- 
mine par un mucron. Des trois interieurs, 
deux sont places sous l'externe superieur, 
qui forme ainsi une sorte de voute, et le 
troisieme est deflechi; tous trois sont e'troits, 
presque conformes et colores comme les 
externes. Les antheres, en apparence par- 
faites , sont indehiscentes et ne contiennent 
point de pollen. Le style est termine par un 
stigmate a trois rayons filiformes. L'ovaire 
triloculaire contient dans chaque cellule 
des ovules biserie"s, qi " 
mais a 1'etat de graines 

On voit quee'est la une veritable hybride, 
dont la reproduction ne saurait avoir lieu 
par le semis. 

(On nous reprochera peut-etre de don- 
ner a nos abonnes une vieille plante. A ce 
reproche, nous repondrons que la Flore 
est destinee a etre avec le temps une veri- 



donc reproduire de temps a autre les belles 
et bonnes plantes, qui, introduites depuis 
plus ou moins de temps dans les jardins, 
sont restees en possession de la faveur des 
amateurs , ou sont devenues rares dans les 
collections, ou en sont meme tout-a-faif dis- 



e„fl„ qu'elle sera toujour*, .IW, elk ouvrira avee emprmemem 



merilantes qui \ ' 



3 bonne »Jcmte inedite.) 



A l'article ^/sfrtemem (1. c.) le lecteur 
trouvcra tous lcs details necessaires pour la 
conservation et la multiplication de la plante 
dont il est question. Je rappelerai ici som- 



g, operee apres la fanaison des tiges, 
qu'elle ne donne point de graines fer- 



MISCELLANEES. 
39. CIJETIJRE DE LA CANNEBERGE. 



La Cannebi 

glais, la cultiva 
desseche. Mais 



ierge croit uans 
;eph Banks, dit un journal 
lais, l.i cultivait avee sueces dans un etang 



de petites caisses de dix-huit pouces carres 
de longueur et de quatre pouces de profon- 
deur,de terre de bruyere, et j'y plantai, a 
un poucc dc distance , des boutures de Can- 
ncberges, de \ pouce a 1 £de long. Je les pla- 
cai sur ina couche a melons , ou elles furent 
frequemment arrosces. Elles s'enracinerent 
promptemcnt, developperent de vigoureu- 
ses pousses, et en juin suivant elles etaient 
bonnes a mettre en place. 

« M'etant procure, d'une colline seche 
ou des bruyeres sauv: _ 

, une quantite suffii 



: de large. Dans le but de don- 
etaler leurs racines a leur aisc, je lis ereu- 



.i.l'MH 



inplisensuitedel 



pouces, et que j 

bruyere bien fouiee. sur ies cuius h ^ — ■ 
taient de la plate-bande , je fis sculement 
*e six pouces d'epaisseur du meme ter- 
reau. Vers la fin de juin, je disposai un rang 
de plantes au centre de ma plate-bande, a 
environ deux pieds Tune de l'autre. Elles 
developperent bientot de luxuriants stolons 
qui, avant Thiver, gagnerent les bords He 
la plate-bande. 

Vers la fin de l'annee suivante , la plate- 
bande fut couverte de Canncbcrgcs; rf \e> 
stolons de la premiere annee produ.s.rent 
un erand nombre de rameaux dresses, rer 
tiles,surlesquels,rann6e suivante, jecu* 
une grande quantite d'exccllcnts fruits, bien 
superieurs pour la saveur a t0US T ceux r 1 oil 
portes que j'eusse jamais goutes Dan 1 au 
tomne de la meme annee, j'eus la sat. fac 
tion de voir la planche entiere si com P ,ei 
ment occupee par mes Canneberges que 
celles-ci formaient une masse a W°»£ 
I quelle une berbe sauvagepouva.t rarement 
se glisser, et offraient dc 



> totitt's pnit> 



peuvent e 



aisement propagees et en quel- 



le bien que 
>us cloche, 
une couche chaude n'est pas absolument 
necessaire pour les elever. J'en ai vu des 
boutures prendre et faire de bonnes plantes 
demandent pas de 



utures pre 









i avais bouturees, resta exposec 
p pendant trois eteset autantd'hi- 
vers; et, bien qu'on ne leur donnataucun 
soin, et que leur terre n'excedat pas quatre 
pouces deprofondeur,ni la chaleur desetes, 
ni le froid des hivers ne purent les endom- 
mager, et elles produisirent de tres beaux 
fruits. Ce fait prouve qu'elles sont rustiques 
et qu'une situation exposee ne sera nulle- 
ment prejudiciable a leur sante. J'ai remar- 
que encore que leurs baies sont peu suscep- 
ceptibles d'etre gatees , lorsqu'elles restent 
oubliees surles arbrisseaux; car en cxami- 
nant une plate-bande en avril, je m'apercus 
que parrai un nombre considerable de fruits 
qui n'avaient pas ete recoltes en automne, 
beaucoup e7aient encore en etal parfail sur 
les branches. 

« Quatre pieds me paraissent la largeur 
la plus convenable pour les plates -bandes; 
Mais en fesant passer des branches sous un 
sentier forme de terre de bruyere, ou elles 
s enracineraient, d'autres plates-bandes peu- 
vent etre etablies de chaque cote. Quatre a 
six pouces de ladite terre leur suffiraient ; 
ct les sentiers devraient etre de niveau 
• avec elles; car il est desirable de n'en point 



quantity de ces fruits, avec peu de travail 

pour la nourriture du gibier. Une seule 
Canneberge couvrirait bientot un grand 
espace, si celle-ci etait soignee jusqu'a cc 
que ses rejetons se soient enracines; et 
comme elle n'a pas besoin d'engrais, qu'il 
est a peine besoin d'en sarcler le sol, le 
premier travail de plantation suffit , excepte 
dans les endroits ou les lievres et les lapins 
abondent; car ces animaux sont particu- 
Iierement avides de ces jeunes plantes. Dans 
ce cas , une haic temnoraire de\ i-.i lis |.ruii : - 
ger contre les depredations de ces rongeurs. 
<t Le fumier est particulierement nuisible 
a la Canneberge; il la detruit entierement, 
comme je 1'ai eprouve chaque fois que je 
l'ai plantee dans quelque compost, dont la 
terre ordinaire de jardin ou le fumier for- 
mait une partie. Le terreau de bruyere 
est le seul sol dans lequel elle prospere; et 



Au sujet de l'article qui precede , il est 

ile de faire observer qu'a VOxycomis pa- 

lustris de notre Europe, on devra , pour 

ce genre de culture, pr#erer 17). murro- 

carpus de l'Amerique septentrionale, dont 

lits sont beaucoup plus gros,et, dit-on, 



f 40. AMARYLLIS SARNIENSIS (m 



Lnaque annec, on tire de grandes quan- qui ml le enlfivateur le plus zele et le plus 

tites de cette Amaryllis, de Guernsey, ou experimente en tout ce qui regarde il.ur- 

on la cultive en grand, pour la vendre tiitilfure. M. Kni-ht rapportc ainsi ses ex- 

uans les magasms des marchands grainiers; periences au sujet de ladite plante. 

mais, comme les Jacinthes, elle fleurit u Jc regarderais cette communication 

rarement la seconde annee; ou, si elle comme a peine digne d'etre connue, si je 

"eurit, elle ne produit que des fleurs l'ai- n'etai* ( ide que le mode 

peu satisfesantes. II n'y a point de de culture pent s'appliquer , a toutcs les 

e puisse fleurir chaque an- autres plantes hnlheii.se> (sauf celles qui 

idonne des soinseonveiialiles; i roissent dans l'cau) qui ne lleiiri-enf | M . 






■ uuuvons que le sujet a ete parlai- 
traite par feu T. A. Knight, Esq. 



aisement, et sans beam 
sous cc rapport, pour quclqi 



,n de , 



soit. Desirant toutefois en ce moment me 
renfermer dans d'etroites limites, je rap- 
porterai seulement les experiences que j'ai 
faites sur le lis de Guernsey, ainsi que les 
conclusions que j'ai tirees de leurs resultats ; 

foil intelligible, si je me borne aux traite- 
ments que j'ai appliques a un seul bulbe, 



bulbe de Lis de Guernsey, qui 

fleuri en 4822, fut place, aussitot 

fleurs furent fanees, en serre 



umide. II fut plante dans 
un tres riche compost, et abondamment 
arrose avec une eau qui tenait de l'engrais 
en dissolution. Dans ces circonstances , le 
bulbe, qui etait place dans la bache de de- 
vant d'une serre a toit curviligne, deve- 
loppa un feuillage luxuriant, dont la belle 
sante continua jusqu'au printemps. L'eau 
ensuite ne lui fut plus donnee qu'en petites 
quantites graduellement rtkluites jusqu'au 
mois de mai, ou le pot dans lequel il etait 
fut sorti a l'air libre. Au commencement 
d'aout (1823), la plante refleurit avec vi- 
gueur et produisit plusieurs rejetons. Ceux- 
ci, a l'exception d'un, furent otes, et la 
plante, traitee precisement corarae l'annee 
prdcedente, fleuritdenouveau en aout 1824. 
Dans 1'automne de cette annee, elle fut en- 
core replacee en serre cbaude , soumise au 
meme traitement et a la fin de 1'ete suivant, 



les deux bulbes fleurirent avec plus de luxu- 
riance qu'a l'ordinaire; 1'une des hampes 
porta dix-huit grandes fleurs et l'autre dix- 
neuf. L'un d'eux, expose au soleil et a la 
lumiere pendant le jour et couvert d'une 
cloche pendant la nuit, fleurit au com- 
mencement d'aout. J'esperais, par ce mode 
de traitement, obtenir des graines, mais 
l'experience ne reussit pas. Les fleurs du 
second bulbe, parurent a la fin d'aout; il 
fut alors place dans la meme situation , en 
serre chaude, qu'il avait occupe l'hiver pre- 
cedent ; et par ce moyen j'obtins trois grai- 
nes en apparence parfaites. 

« Dans les experiences qui precedent, 
je comprends que j'aie reussi, a faire fleu- 
rir successivement les memes bulbes, en 
ce que j'avais cause d'abord la production 
d'une grande quantite de seve veritable; 
ensuite, en graduant la cessation de l'hu- 
midite, j'avais fait condenser cette meme 
seve, et l'avais consequemment amenee a 
produire des fleurs. Quelques jardiniers 
pensent que les plantes bulbeuses doivent, 
pour les exciter a fleurir, etre tenues tres 
sechement , apres la fanaison de leurs 



f iMiil-ii-lail nial fondee, c 
forment toujours , penda 



que lc f. 
ulbe. » 






Trans. ofHort. Soc. 



f 41. AOLVELLK PL.4XTE LEOOIIERE EM RUSSIE. 



Les embarras auxquels ont donne" lieu le 
manque des recoltes ont engage M. le baron 
de Folkersam, a Papenboff (Courlande), a 
attirer 1'attention generale des Russes habi- 
tant le Kamscbatka et la Sibcrie septentrio- 
nale sur plusieurs vegetaux propres a ces 
pays, qui pourraient servir de nourriture 
a l'homme. Le plus important sous ce rap- 
port nous semble etre la Ssarana (Lilium 
flore atro-rubente) (1). La racine, ou plutot 
le bulbe , se reduit en un gruau agreable au 
gout. 

Ce bulbe est de la grosseur de celui de 

le sol de ses fleurs, en si grand nombre 



qu'on n'y voit guere d'autres plantes. En 
automne, les femmes Kamschadales et Co- 
saques en arrachent les racines du sol, ou 



souris (2), les font secher au soleil, et les 
reduisent ensuite en gruau , dont elles se 
servent pour differentes preparations. Le 
pud (40 livres) de gruau est paye sur les 
lieux de 4 a 6 roubles (de 18 f , 53° a 27 f 55 c ). 
Mele a diverses baies dont le pays abonde, 
ce gruau est considere , comme etant tres 
delicat au gout, et si nourrissant qu'il peut 
remplacer le pain. La saveur en est legere- 



f 42. MIKA1VIA FASTUOSA Nob. 



Dans un dcsderniers numeros de la Flore 
(juin 4847. Misc. -f 6), en fesant observer 
que le Thunbergia? fastuosa devait etre une 
louteaulvep\ante,etqaecelaetaitmemedesor- 

dions pas avoir nos previsions aussi vite con- 
firmees. Malheurensement le fait n'a point 



eu lieu sous nos yeux 
qu'en possede le Jardin Van Houtte , s'etant 
jusqu'ici montres rebelled a lafloraison.Mais 
la plante vient de fleurir simultanement au 
jardin botanique de Naples, et en Angle- 
terre, dans un jardin particulier. Presentee 
en fleurs a la seance, du 6 juillet dernier, de 
la Societe d'Horticulture de Londres, elle a 
ete reconnue par M. Lindley pour appar- 
tenir au genre Mikania. De son cote, M. Te- 
nore, directeur du jardin botanique cite, la 
reunit au raeme genre, en changeant la de- 
nomination specifique de fastuosa en celle 
de fragrans. II rend compte de sa floraison, 
qui aurait eu lieu , dans les premiers jours 
de juin dernier, dans le jardin confie a ses 
soins, et en donne une phrase specifique, 
dans le 19 e numero &il Lucifero (10 e ann. 
4847). Le botaniste italien vante l'odeur 
exquise de ses fleurs : odeur qu'il compare 
a l'arome de la vanille. M. Lindley se tait 
toutefois sur le parfum qu'elles exhalent et 
dit que ces fleurs sont petites, blanches et 
reunies en capitules. 

On voit par la que , si la plante perd par 
le fait de sa floraison le prestige que lui 
pretait la supposition toujours enoncee avec 
doute d'un genre different, elle gagne par 
ee fait, d'un cote, une odeur suave: ce qui, 
pour se la procurer ou la maintenir dans 
les collections, est un attrait special; mais 
de 1'autre, qu'elle conserve en merae temps 
tous les avantagesque nous lui avons ftttri- 
bues avec juste raison : une vigueur extra- 
ordinaire, un ample feuillage, une teinte 
generate pourpree, un port superbe: ob- 
jets qui font de ce vegetal l'une des * 
pittoresques et des plus grandioses pi; 
gnmpantes connues. 

M. Tenore en donne la phrase specifique 
suivante, qui, sauf la description des fleurs, 
< >f ; » peu de chose pres la meme que la 






caducis ad angulos obsltis — Odor florum fragrantis- 

Prive de verifier la double assertion de 
MM. Lindley et Tenore (qui ont raison , 
nous n'en doutons nullement, en rapportant 
notre plante au genre Mikania), puisque 
nous n'avons point encore eu occasion de 
la voir fleurir, nous pensons toutefois, qu'il 
est juste de conserver la priorite au nom 
specifique que nous lui avons donne et 
qu'elle meritait a tousegards, par le deve- 
loppement vraiment fastueux qu'elle ac- 
quiert sous 1'influence d'l 
et ce nom specifique nous 



, retablissons ici , 
cote, que la plu- 



des autres Mikania, si ce ne so 
sont egalement fragrantes! Rappelo 
justifier le dit nom, en faveur duqi 
reclamons , que les pousses de la d 
.uihniiia. aUeignnil en mi<* scule annee plus 
de dix metres de longueur; que ses feuilles 
n'ont pas moins de 18 a 22 cent, de diame- 

aujourd'hu 



dans les jardins de Londres et de Naples, 
et de sa sterilite prolongee dans mon eta- 
blissement, le fait n'a rien qui doive eton- 
ner. Tout le monde sait que chez les vege- 
taux, eleves de graines, les boutures et 
les greffes qu'on en coupe fleurissent beau- 
coup plus tot que les pieds-meres; et cette 
d'excep- 

L. VH. 






1. DESTRUCTION DES INSECTES QUI ATTAOUENT LES ( 



jeunes pousses 
petits trous " 



envahissent 
les Camellias , m 
i incessante, une foule de 



5 les feuilles n 
__oppees et les deforment , si on ne se h 
d'en debarrassercelles-ci.On yparvient s; 
peine en les aspergeant frequemment, 
moyend'une seringue, d'une eau tenant i 
5 de tabac en dissolution 
ent que les jeunes des Rl 






leur parfait developpement. Si on les laisse 
ainsi, elles ne reviennent jamais a leur 
etat normal et restent deformees, ddcou- 
pees irregulierement , si raeme elles ne dis- 
paraissent pas entierement, ainsi que celles 
qui doivent les suivre. Dans cet etat, la 
branche est perdue pour la pousse et la 

d'autant plus regrettable que les feuilles en 



sont persistantes. Tout ce mal est 

ine chenille, qui vient la, non- 

;e nourrir, maisy former son cocon et sy 

changer en chrysalide. 

Souvent aussi, nouveau coucou , une es- 
pece d'araignee arrive, devore la chenille, 
s'empare du nid , s'y enroule encore plus 
etroitement, tisse un epais canevas et y 
pond. Moins redoutable toutefois a larbris- 
seau que la chenille qui les depece peu a peu, 
l'araignee en fait crisper et deformer a ja- 
mais les feuilles, M defigure, si une mam 
adroite et legere ne vient la saisir dans sa 

II est done indispensable de visiter sou- 
vent les Camellias et les Rhododendrum , 
le matin surtout , pour faire une chasse ac- 
tive a deux hotes aussi hostiles. 

L. VH. 



Nous avons remarqu 
M.Aug. Van Geert, horticulteur, a Gand, 
une plante introduite tout recemment du 
Guatimala et appartenant, en toutc appe& 
rence, a la famille des Araliacees et au 
genre Sciodaphyllum. Par son port elance, 
droit, robuste, ses grandes et belles feuilles 
simples, cordiformes, a tres longs petioles, 
elle pcut etre regardee comme un superbe 
ornement pour nos serres chaudes. Nous 



■ les ; 







i PARVIELORA Lindl. 



)ujours vert, dont on i 



environ de longueur, 
lareeur, sont glauques • -.. ■■• 

t l)()1 Lent sculcmenn 



re I'Ameriquc du su.l, en raison de sa clair en dessous, el 

■w,u!>!; u |, /;.,-.' ,.,/.,. amm.l-oH mIh.nm ;- '< j^ , 

•s region*. Se. feuilles dun pouee et demi ressemblent a celles dc la Berberts a 



leu. de petitcs grippes aussi loiigursoii 
plus longues que lea Feuilles, lcs<piellc< 
BOOl Ill's petites pour le genre. 

Ce sera un agreable orncment 



feuillage per- 

ses jolies fleurs qu'il 

mai feront bon cffet, 

ilc IVspecc suivante. 




;: k!" 



oyees par lc D r Roylc'du nord de l'lnde. 
les (de deux ou trois pouces de long 
r un et derai de large ) fortement vei- 
nees, n'lirulees sur les deux faces et 
souvent bordees de pourprc, d'un 
vert fonce en dessus, blanches en 
c dessous. Fleurs assez erandes, 



-:^ 



C'est corame le prece- 
dent, un ornement de 
plus pour nos pleines- 
terres, ou il nc eraindra 
que les tres grands hi- 
vers et ou son beau feuil- 
lage presentera surtout 
un agreable aspect. On 

de geleYs trop intends. 
1'entortiller de paillc 

tirsst'v, pour IVnin.Vlin 



M. Lindlcy en donne la 






f 47. ACHIMENES PATENS et A. LIEB 



On confond souvent ces deux plantes, 
bien qu'elles n'aient rien de coramun que 
le genre. En effet, en les examinant, on fait 
lc pai.ilK'lc suivant : 



Feuilles petites , pla- 
,, -vertes (polls simples. 
e», couches), blancha- 



tfperwitressaillantpi 



ques tres rares poils 



les deux plantes. On pourrait pousser plus 
loin la comparaison. 

Ainsi encore, YA. Livhuwrnn a les flcurs 
plus grandes et d'un coloris un peu plus 
intense, etc. , . 

On a dit encore que cette derniere n etait 
qu'une variete de YA. grandiflora. Quoi 
qu'il en soit, ici encore les differences sont 
sensibles. VA. grandiflora a les feuilles plus 
planes, plus petites, plus epaisses; les ports 
en sont plus rares, plus nettement subules. 
Les nervures en sont plus distinctes, plus 



lin&ircs-allon-rs. rial.-. Knlin. 
fleurs sont semblables,raais moins vivemt 
coloreesque ukaTi. Liebmanni. 

Ch. I. 



| 48. ALSTR«EMERES DU < 



Bien que cette aimable culture ne soit 
pas nee dans l'Etablissement Van Houo-te, 
neanmoins elle y a etc dirigee sur une telle 
echelle, qu'on peut la regarder desormais 
comme une specialite qui lui appartienne. 

Cette annee , ces plantes, contra rices par 
la temperature humide et froide qui a re- 
gne pendant le mois de juin , n'ont pas 
vegete avec la merac luxuriance que les 
annees precedentes. Toutefois , s'etant re- 
raises un peu avec le beau temps du mois 
de juillet, la floraison en a cte magnifique 



t surtout d't 



'tensile reinar- 
raordinaire. 
^ On sait que les Alstrcemeres peuvent etre 
presque regardces roiiime tout a fait rusti- 
ques; dies se eontentent, en effet, en i hiver 
de l'abri d'un chassis IVoid et ne era*"™*; 
(pie la persislance de I'humidite dans cette 

SaiS ° n - Ch. L. 



VIBIMM MACROCEPHAHI. 



Caprifoliacese (sec. CI. Lindl. I. infra c). — Pentandria-Trigynif 



dum glaberrimis, cymis terminalibut, floribus a< 









liui ne connait, dans nos bosquets, qui 
n'a rencontre dans les bois ce bel arbris- 
seau, les decorant au printemps de ses nom- 
breuses bonks de neige, si elegantes, si 
rechercbees pour la composition des gros 
bouquets d'apparat? 

La Boule-de-neige , connue encore, mais 
moms communement sous le nom de Rose 
de Gueldre (parce que, dit-on, c'est dans la 
Province de ce nom qu'on l'a observed pour 
la premiere fois) est done depuis bien long- 
temps populaire dans nos jardins; mais 
nelas! le poete Mantouan l'a dit : 

Joici que de l'extreroite de l'Asie, nous 
Boule-de-neiqe, dont les 



arrive une auti 



boules sont bien autrement grosses et belles, 
sans cesser d'etre aussi de neige, et dont 
I'ampleur et le nombre vont eclipser celles 
de l'ancicnne. On en doit la decouverte et, 
l'importation a l'etat vivant en Europe, a 
M. Fortune, voyageur-botaniste en Chine, 
dont plusieurs fois deja nous avons cite 
avec eloge le zele et le devouement a la Rei 
herbaria:. II la trouva cultivee dans les jar- 
dins a Chusan et a Changai; et dans 1'un 
d'eux il en a remarque un individu de 
20 pieds de hauteur au moins. II est pro- 
bable que chez nous, la taille de cette 
espece sera beaucoup moins elevee. Elle 
fleurit chaque annee dans le mois de mai. 
Selon le meme voyageur, les riches du nord 






la Chine la cultivent egalement, et c'e 
la probablement qu'elle a etc introdui 
nsles provinces mcridionales de l'Empin 



IV|N..|l||C n'miluir i|l|r I, 

rolles du V. opulus, est du 
des parties scxuelles, comme cela a lieu dans 
l'Hortensia des Jardins. La nouvelle plante 
se comporte absolument de la meme ma- 
niere, ct ses fleurs ne conservent a l'etat 
normal aucun des organes reproducteurs. 
Dbscr. C'est un arbrisseau, dont les tiges 
et les rameaux sont converts de poils rudes, 



furfuraces, etoiles. Ses feuilles sont cadu- 
qucs,exaetement ovees,tres obtuses, brieve- 
ment pdtiolees, legerement dentees, planes, 
longues d'environ 5 pouces. Les fleurs, de 
plus d'un pouce de diametre et d'un blanc 
de neige, sont reunies en cymes composees , 
subpyramidales , dont le diametre n'est pas 
moindre de 8 pouces (\). Ch l 



(')> 



du D' Lindley sur le meme sujet. 



Cet arbrisseau, par le volume, le nombre 
de ses bottles de neige, et son beau port, est, je 
le presume , destine a un succes de longue 
vogue dans nos jardins, ou il bravera proba- 
blenient avec impuuite no- inleiupcries al- 
mospheriques. II fleurit a la hauteur dequel- 
ques pouces, greffe sur lui-meme ou plutot 
sur celui de nos contrees, le V. opulus, et 



RE. (PL. T.) 

l'Hortensia. Mais ilest beaucoup moins dif- 
ficile que ce dernier sur le choix du terrain ; 
la terre ordinaire de jardin , meuble et le- 
gere, lui suffit. C'est bien certaincment 
l'une des plus belles acquisitions qu'aient 
faites encore nos jardins en fait d'arbris- 
seaux de pleine terre a l'air libre. 
L. VH. 



MISCELLANEES. 



| 49. CALYSTEGIA PITBESCENS Lindl. 



(PL. T. - C 



table idee da luxe floral qu'elle peut deve- 
loppcr par unc culture convenable. 

L'ayant tenue des-lors, en pleine terre, et 
a l'air libre, en avanf ->oin seulement d'en 
prot«'*ger les rhizomes en hiver par une 
legere couverture de feuilles seches , je 1'ai 
vue cette annee prosperer de la maniere la 
plus remarquable. Ses branches, longues 
de plus de 6 pieds ct bien ramiliees, ^e -out 

dies d'arbrea que j'avais disposees pres 
d'elle, en forme de haic, et les eurent bien- 



tot cntierement garnies de leurs feuilles en 
ler de IhVhc. Klles fleurircnt splendide- 
ment tout l'ete et sont encore couvcrtes en 
ce moment (I li septembre) d'une multitude 
dc fleurs , bien superieures par le volume 
et l'intensite du coloris a ce que nous mon- 



;, ct < 



• leur forme clles r 



blent bien a quelques grosses roses irre- 
crcs.qui seraienl par hasard fix^es sur la 
cnin-olvtilus. Lexperience prouve 
desormais pour nos parterres unc 
exccllente acquisition. 

L. VH. 



fi-ed-u 



MIMBIll (speciosu)i) CASP1CUI. 



Etim. Nelumbo, noni ceylanais de l'cspcce 

Nelumbiaceee. — Polyadelphia-Polygyni 

— Calyx 4-5-phyllus , JV«Wimi (Hmmh 







CHARACT. SPECIEI : 



(2;» juin) nous jouissons, dans le Jardin Van 
Houtte, d'un spectacle dont il est rareraent 
donne a un amateur d'etre temoin , le spec- 
tacle d'unc splendidc floraison de divers 
Nelumbos dans tout le luxe dc leur vegeta- 
tion tropicale. 15 ou 20 flcurs epanouies 
a la fois ou pretes a s'ouvrir, exhalent en 
ce moment au loin leur suave et puissant 
arome; tandis qu'un grand nombred'autres 
s'appretent a prolonger longtemps encore 
ce magnifique aspect. Ces splendides flcurs, 
de 8 ou 10 pouces de diametre, tranchent 
vivemcnt, par leur coloris d'une blancheur 
eclatante ou legerement butyreuse, avec le 
vert fonce, a reflets pruineux des feuilles 
peltees, en forme de coupe, d'un pied a un 
P»edet demi de diametre, horizontals ou nu- 
tantes, et portecs par des petioles, a peine 
Ptos courts que le pedonculc, s'elevant 



tous a deux ou trois pieds bors de l'eau 
Joignez a cela des flcurs des Xympluvu <<r- 
rulea, rubra, advena, etc., des Aponoge- 

Itntt (lixlttrl)ijnm et jinicifoliam , des Tludw 
deullmta , Limnoclturix IJiimholdtu. J'oi- 
k'deria ozurm, etc.; et vous pourrez vous 



c, des suaves 
ios nerfs olfactk 

ii MMlluiile .HiLii 



par- 



Decandolle a emis l'opinion que toutes les 
especes de Nelumbos qui croissent dans les 
diverses parties de l'Asie,proviennent toutes 
d'un type comrnun, le Nelumbium ajmcio- 
sum, dont nous parlerons tout al'heurc; 
et cette opinion a etc prcsque gencralemcnt 
adoptee. M. Lindley, en donnant dc son cote 
une figure de l'cspece dont il va etrc qucs- 



tion , fait observer qu'il est difficile de croire 
qu'un Nelumbo a fleurs rouge fonce (et a 
petales tres pointus (V. Bot. Mag., t. 5946) 
puisseetre lememe que celui dont il s'agit, 
dont les fleurs sont blanches et les petales 
obtus. La patrie de ce dernier, viendrait 
en outre, selon lui, confirmcr leur separa- 
tion en especes distinctes. II n'est guere pre- 
sumable , en effet , au premier abord , qu'un 
XclumhiiiDi qui crott, par exemple, dans le 
Gange et ses affluents, puisse enmeme temps 
prosperer a l'embouchure du Volga, pres 
d'Astrakan,dans une riviere nomme Tschul- 
pan, parmi des roseaux et melee aux Nym- 
phcea, aux Trapa, etc.; or, telle est la lo- 
cality qu'assignent a notre plante MM. Fis- 
cher et Steven, a qui on en doit la connais- 
sance. On sait que le Volga se jette dans la 
mer Caspienne, vers le 46 e degre de lati- 
tude boreale; tandis que l'embouchure du 
Gange , dans le golfe du Bengale , est placee 
au 22", pres du Tropique du Cancer. Mais 
si Ton considere, non seulement, que toutes 

souterraine ou transmarine, qu'elles con- 
servent une temperature beaucoup plus 
uniforme que les differentes terres, en rai- 
son de leur niveau plus constant et de leur 



forme obtuse ou pointue des petales, le 
nombre des ovules, 1'appendice antheral, 
tiennent necessairement a l'extreme diver- 
site des localites de cette vaste region. 
M. Hooker va meme plus loin, et nous 

il dit [Bot. Mag., 1. c.) n'avoir remarque 
aucune difference appreciable entre le 
N. speciosum de l'Inde, dont il donne (1. c.) 
une tres belle figure, et le N. luteum, qu'il 
represente egalement (Bot. Mag., t. 2753); 
et cette opinion, emanant d'une telle auto- 
rite, vient corroborer ce que nous disons 
plus haut. On remarquera encore que les 
fleurs du Nelumbium speciosum varient du 
rouge le plus fonce , au rose tres pale, et de 



par ces raisons, une foule de plantes aqua- 
tiques croissent indifferemment dans les 
deux hemispheres : que sous les Tropi- 
ques memes, on retrouve nos Typha, nos 
Carex, nos Alisma, notre Vallisneria spi- 
ralis, etc.; que des Nelumbium a fleurs 
blanches (et le notre tres probablement) 
croissent dans les memes lieux que l'es- 
pece a fleurs rouges (Wight), on sera dis- 
pose a adopter 1'opinion, la plus genera- 
lement accreditee, qu'une seule espece de 
Nelumbium est propre au continent asia- 
tique (1). Les differences , extremement le- 
geres, qu'on remarque entre les pretendues 
especes , comme la couleur des fleurs , la 






l (Diet, class, if Hist. 



au jaunatre; or, telle est pre- 
cisement la teinte du N. luteum, et a un 
certain point, celle de la plante qui va nous 

Quelques mots sur l'histoire du Nelumbo 
ne seront pas ici deplaces. 

Le Ndlumbo a ete connu des Anciens, 
qui lui vouaient une veneration particu- 
liere. Chez les Egyptiens, on en sculptait 
ou on en peignait la fleur sur les parois des 
temples, et on le mettait aux mains des 
grands personnages. Herodote le mentionne 
sous le nom de Lis ou de Bose du Nil; 
Theophraste et Athenee, sous celui de Feve 
d'Egypte; par cette raison, sans doute, 
qu'on en mangeait des lors Jes semences. 
Les Grecs en comparaient 1 






circonstance 



disparudepuislors,sil'ons'en 



firent partie, en qualite de savants, 
memorable expedition franchise en Egypte, 
sous les ordres de Napoleon (alors general 
Bonaparte). Aussi, malgre les 6cr,ts, les 
sculptures et les peintures des Aniens, 
cette splendide plante fut-ellc restee «n- 



connue aux modernes , si elle n'eut ete re- 
trouvee dans l'Asie , ou son habitat , corame 
on a pu le voir par notre dissertation , pa- 
rait extremcmcnt etendu. 

Nous ne donnerons ici une descrip- 
tion botanique, nkdu type, ni de la variete 
qui fait le sujet de cct article; n'admettant 
avec la majorite des botanistes qu'une seule 
espece , les caracteres generiques que nous 
avons rapportes ci-dessus, s'appliquent ne- 



signalees. Nous decrirons 
t la plante en question. 
Nous avons esquisse a grands traits 1'effet 
qu'elle produit sous 1'influencc d'une cul- 
ture normale. Nous avons dit le volume de 
ses fleurs et de ses feuilles. Les pedoncules 
sont herisses de petites 
\ toucher. Les petales sont 
imples, concaves (cyrabi- 
ou arrondis-oblus. En 
t passent bien- 



et les petioles en 
gibbosites rudes a 
subquadriseries , 



naissant, ils sont jaun 
t6taunbeaublancdc 
et orne's au sommet d'une belle macule rose. 
Ceux du milieu, uniseries, sont etroits, 
oblongs, laceres-franges au sommet et la 
teints de vert elair. Les etamines , pluri- 
senees , sont d'un beau jaune-orange , en 
partie etalees , en parties recourbees sur le 



torus (receptacle) et tcrminee par une ligulc 
blanche. Le torus, d'un jaune d'or, est ob- 
conique, plan en dessus et l;i crcuse de 
8 a 50 alveoles, contenant autant d'organes 
femelles , composes d'un ovaire ovoide et 
surmonte d'un stigmate petit et peltiforme. 
Lors de la maturite, ces organes, adherents 
pendant la jeunesse au fond des ovaires, s'en 
detachent ensuite et deviennent autant de 
semen ces librcs, apiculees par un leger ves- 
tige du stigmate. 

Dans toutel'Inde,onsert ces graincsciiKN, 
roties ou bouillics , au dessert ; et on leur 
trouve un gout agreablc , semblable a celui 



. Dan 



Chin 



et dans l'lnde encore , les pauvres gens en 
mangent aussi les rhizomes qui sont epais, 
charnus, rampants et progressifs corarae 
ceux des JYymplia'tt. 

Les Indous, cbcz qui ces planlis -onl 
en aussi grande veiu'ration qa'dlefl I't'taicut 
chez les Egyptiens, savent retirer de leurs 
petioles et de leurs pedoncules une sorte de 
filasse, dont ils preparent des meches pour 
les lampes de leurs pagodes, lors des gran- 
des ceremonies religieuses, si frequentes 
chez ces peuplcs. 

Ch. L. 



Des plantes d'un port aussi pittoresque, 
aux immenses feuilles en boucliers, dres- 
sees au-dessus des eauxet d'un vert de mcr 
a reflets chatoyauts, aux tres grandes fleurs 
r oses, blanches, ou rosees, dont les parfums 
is , embaument au loin l'at- 



rapports , qu'on leur donne quelques s 
surtout quand ces soins ne sont rien r 
que difficiles et dispcndieux. Or, on 
' "jf-ivcr ces splendides vegetaux, meme 
lr :,,) " d< : giV- d<- lalilude boreale,et mem 



vnm. (CH. F. et S. CH.) 

de culture que je leur applique (1) ; et les 
nombreux visiteurs qui, cet ete, se sont 
presses dans inon ctablkseinenl pour ad- 
mirer ces plantes et respirer le delicieux 
arome de leurs fleurs, peuvent temoigner 
de la luxuriance vegetative qu'elles ont dc- 
ployee sous son influence. 

Dans le courant d'avril, je fais construire 
une ou plusieurs caisses en bois de sapin, 
de I) a 6 pieds de largeur, sur une longueur 



proportionnee au nombre de Nelwnbium 
que je veux cultiver, en leur dormant une 
profondeur de deux pieds environ. Je fais 
doubler mes caisses en zinc, et j'en couvre 
le fond, sur une epaisseur de 8 ou 10 polices 
d'une vase, non corrompue, que je fais tirer 
des fosses remplis d'une eau limpide, et dans 
lesquels aucunes matieres animalcs , aucu- 
nes eaux menageres n'ont pu etre melan- 
gees. J'y enfonce alors les rhizomes de mes 
Nelwnbium (gros troncons rampants) a 
trois pieds de distance, etplus encore, si la 
place n'est pas restreinte, les uns des autres, 
selon leur volume et 1'espace presume qu'ils 
occuperont en developpant leurs feuilles 
et leurs fleurs. Cela fait , je remplis d'eau 
mes bassins jusqu'au bord. Cette eau doit 
etre pure et limpide, provenir de pluie 
ou de riviere, autant que possible. Elle doit 
etre frequemment renouvelee pour rester 
dans son premier etat et n'engendrer aucune 
pourriture. Pour moi,je la renouvelle deux 

robinets, dont 1'un laisse evacuer l'ancienne 
eau , et 1'autre amene la nouvelle , tiree des 
reservoirs qui font partie du systeme gene- 



; et pour cela le robinet d'em- 
plissage doit se trouver au niveau de celle- 
ci ; on l'ouvrira a demi d'abord et tout a fait 
Iorsqu'elic sera couverte deja. de 2 ou I 
ces d'eau. 

Dans les jardins, dont la petitesse exclut 
aste repartition des ar- 
x souterrains, un large 
entonnoir sera fixe a l'un des coins du bas- 
sin et communiquera avec le fond par un 
tube. C'est par la qu'on y introduira l'eau. 
Une plaque de zinc sera fixee dans Tangle, 
dont elle occupera toute la hauteur; etles 
nombreux petits trous , dont elle sera per- 
cee , permettront une evacuation et une in- 
troduction aussi promptes que faciles de 
l'eau, et rcmpliront parfaitement le but 
qu'on sc propose, celui de n'en point trou- 



bler la limpidite. II ne sera pas oiseux 
d'y elever des poissons (Dorades) qui , en 
contribuant a entretenir la nettete de l'eau, 
ajouteront grandement a l'effet general. 

D'avril en juin , des chassis vitres seront 
places sur les bassins , de maniere a inter- 
cepter l'air exterieur chaque fois que la tem- 
perature externe ne depassera pas 10-+-0 R. 
A ce degre, on entr'ouvrira les chassis pour 
renouveler l'air interieur; et il en sera ainsi 
chaque fois que le soleil donnera en plein 

Si le printemps etait tardif et que la 
temperature restat froide, rien n'empeche- 
rait d'entourer le bassin d'un rechaud de 
fumier de cheval , dont la chaleur active- 
rait la vegetation des rhizomes et hateraient 
avantageusement le developpement des feuil- 
les et des fleurs. On le retirerait des que 
le temps -> rait devenu beau et sur. 

Sous l'influence d'un pared traitement, 
mes Nelwnbium commencent a fleurir des 
la fin de juin et me donnent des fleurs jus- 
qu'en septembre.Mais a la premiere epoque, 
j'allais omettre de dire que j'enleve les chassis 
de dessus les bassins , des que la douceur 
de la temperature le permet et que les froids 
ne sont plus a craindre. Des lors, mes 
plantes restent exposees en plcin aux ar- 
deurs solaires, a toutes les influences at- 
mosphcriques de nos climats. Aussi la co o- 
ration des feuilles et des fleurs, leur vi- 
gueur et leur ampleur relatives sont-elles 
prodigieuses. 

Vers la mi-septembre, la v.-g.'-lalion, 
deja ralentie, demontre qu'elle va cesser, c 
renouvelle alors l'eau des bassins moms 
frequemment , et peu a peu j'en diminue a 
quantite, suivant en cela la fanaison des 
feuilles et la decroissance de la temperature 
externe. Au commencement d'octobre, 1 eau 
l'on ne voit plus guere au 
quelquesrares petioles ou 
pedoncules a "demi dessechds. Toute addi- 
tion nouvelle d'eau cesse; je vide les bas- 
sins; j'enleve les rhizomes que je me de- 
tente de nettoycr grosso modo, en en 



t fort basse, € 



trenchant, a l'aide d'une serpette, les pous- 
ses ou lcs racines gatees ; je les mets dans 
des baqucts remplis de la meme vase (vase 
que je laisse a peu pres dessecher pen- 
dant tout l'hiver) et que je place dans quel- 
que coin perdu d'une serre chaude, jusqu'au 
printemps , ou je recommence exactement 
de la meme maniere le mode de traitement 
que je viens de decrire et qui me reussit 
parfaitement. 

On peut egalement cultiver les JVelum- 
bium en scrre chaude ; mais alors, le bassin 
dans lequel on les elevera doit etre place 
de maniere a bien recevoir la lumiere so- 
laire ; il devra avoir des dimensions calcu- 
lees sur le developpement annuel d'un seul 



rhizome, soit un metre carre an moins, sur 
70 a 75 cent, de profondeur. Dans cc cas , 
memes recommandations que ci-dessus, 
pour le renouvellemcnt frequent, la qualite* 
et la nettete des eaux qu'on admettra. 

La multiplication des Nelumbhun pent 
avoir lieu et par le semis de leurs graines, 
et par la division des ramcaux du rhizome. 
Dans le nord de 1'Europe, l'oblention des 

zomes ne souffre aucune difficulte; on la 
pratiqucra au printemps, avanl la planta- 
tion , selon le mode que j'ai indique. 



f 50. PHARVS VITTATUS Ch. L. 



»!i i 



II a etc j 



ntroduit diroctcmenl, i,.n der- 
nier,du Venezuela, danslcJardinVanHout- 
te,par les soins du chef decet etablissement, 
""<; petite graminee, dont le port et surtout 
le feuillage elegamment panache, promet- 
tent a nos serres une plante d'ornement , 
qui accompagnera surtout avee elegance les 
Lycopodes, les Selaginelles et les Mousses, 
qu'on entrctient vivantes autour des tiges 
de divcrses plantes. Une circonstance qui 
ajoutera un attrait de plus a s.i pos.e-iun. 
^st celle de son inflorescence, si insigni- 
fiantc, comme on sail . chez la plupart des 
plantes de eette famille, et qui chez elle 
offrent des fleurons tres nombreux, assez 
grands, d'un beau blanc de creme,releve de 
pourpie sombre. 

Mais e'est son feuillage qui la rend sur- 
tout recommandable aux yeux des ama- 
teurs. Sur une tige de 6 ou 8 pouees de 
hauteur seulement,paraissent 5 ou 6 feuilles 
amples, obovees-lanceolees ou rhomboides, 

1111 ( Vert sombre ou plutot d'un pourpre 
vfTilntre sombre, qu'interrompent elegani- 
n, ent de longucs hamleleUes longiludinalcs. 



serrees et blanches. I'ne oervation r^tieulee 
et la nature des racines, indiquent que eclte 
plante habite des endroits humides et mare- 
cageux dans son pays natal. Elle profite fort 
bien, en effet, dans lea serres eliaiules et 
humides derctablissement ci-dessus nomine. 
Elle nous a semble devoir appartenir au 
genre Pharus, auquel elle s'adjoint comme 
espece nouvelle , et nous l'i 



Celle jolie graminee sera inc< 
figuree dans la Flore, et nous en 
alors une description plus eompli 



I 51. CULTURE DES LANTANAS A LAIR LIBRE. 

du coloris le plus vif, et si agreablement 
changeant, comrae chacun sait. 

Je les plante en place , vers la mi-niai , 
des que la douceur de la temperature pro- 
met l'eloignement certain des froids. Je re- 
tranche, a ce moment, les rameaux contre- 
faits ou qui nuiraient a la belle ordonnance 
des plantes; je pince legerementles 
trop elances , et je plante d; 



Longtemps 

loin de produire tout l'cffet ornemental dont 
ils sont susceptibles. Cultives plustard, et 
avec raison , dans la serre temperee , leurs 
ombelles florales se sont montrees plus am- 
ples, plus nombreuses et plus vivement co- 
lorees; et on ne les introduisit plus dans 
la serre chaude que dans le but d'en hater 
la floraison. On sait quel parti plusieurs 
horticulteurs ont su tirer de ces plantes, 
en les formant, sur une tige de \ 
pouces de hauteur, en bouL 
toutes parts de nombreux 
fleurs. Ainsi menagees, ces [ 
rent un aspect d'un charme 






ornementale el -hi Ion 
c'est de les livrer a la 
libre et en bon sol; et 
tique depuis plusieurs 
, gracieusement 



primabli 

autre mode, qui, selon 
■ aequerir une forme 
surtout plus pittoresque 

que je pra- 






sol bien 
et riche en humus. A l'automne, 
avant l'arrivee des froids, je releve mes 
plantes dans des pots un peu etroits, en en 
retranchant toutes les racines exubeiantes; 
j'arrose legerement et je les place dans une 
bonne serre temperee, dans un endroit sec 
et vivement eclaire, ou je les laisse jusqu'au 
moment de recommencer. Je dois fa ire re- 
Lan- 



marquer, que ce i 
hums un aeerois.emeiil rapidr, une 
de 3 ou 4 ans commence a se dei 
malgre les soins qu'on lui donnc, el 
un aspect peu gracieux. II est done ; 
geux de n'employer ainsi que des 
failes de boutures , et renouvelees 1 



52. CULTURE DE LA VIGNE DAMS LE WORD. 



On sait que la vigne s'etend dans le nord 
le l'Europe jusque vers le \y.\ c degre de lnti- 
udeboreale; mais qua commencer du ;><)'', 
die murit difficilement ses fruits a l'air 
ibre. 

Pour les obtenir, je me suis n\isc dun 
noyen simple et facile, a la portee, par 
xemple , de tous ceux qui cultivent quel- 



rigne (plants de 



de plii 



Je tiens mes plants 
bonne qualite) eondui 
hauteur de 4 ou :j pieds au-dessus de 
contre-espalier au midi , soit 



ados de mur au i 



i climats vers le mi- 



gelee, et devenus inutiles pen- 



mes ceps en contre-espaliers, je forme aaos 

avec les volets de bois, qui me scrvaient 

■ proteger - D 

contre la g 

dant la belles 

de quelques pieux, une serre improvise.;, 
qui hate la croissancr de mes vjgnes, fee- 

lite leur floraison, .•..einp.VbHan.uhnr. 
enfin me pennel de cueillir des raisins au-. 
bons, et presqu'aussitut murs que rcux. p. 
exemple, qu'on recolte dans la France cen- 

tra pour rendre encore ce mode plus prompt 
etplus efficace dans ses effets.on |" " • 
loin, a u. a deposition, faire des rechaii* 
nl iumi)T de ebeval derriere les ados, en 
meltreau pied des ceps, etc. 



ISCHYMMUS SPECIOSIIS. 



firm. V. ci-dessus, T« III. PI. 198. 
! § Cyrtandreae. — Didynamia-Angiospermia. 



La decouverte et l'introduction de cettc 
espece est encore due au courage et au 
zele de M. Lobb, qui la trouva attachee 
au tronc des arbres, dans les forets , 
pres de Bantam , sur le mont Asaphan , 
dans File de Java. M. Hooker qui le pre- 
mier en donne la figure et la description, 
declare, qu'a son avis, elle etait la plus 
charmante parmi un grand nombre de bel- 
les plantes presentees a 1'exposition de mai 
dernier dans Regent's Park. Elle est en 
outre, jusqu'ici, la plus belle espece du 
genre; mais le savant auteur promet d'en 
figurer procbainement une autre [&sch. 
longiflorus Blume) qui rivalisera avec elle, si 
meme elle ne l'emporte , par le volume et 
la vivacite du coloris de ses fleurs. 

Pour nous, ne connaissant YJHsch. lon- 
giflorus de Blume, que par la phrase 
specifique qu'en a donnee cet auteur (la- 
quelle, par parenthese, s'appliqucrait fort 
bien a la plantc en question, comme le fait 
remarquer aussi M. Hooker, si les mots 
folia acuminatissima ne paraissaient plus 
volontiers s'adapter a l'espece qu'il se pro- 
pose de figurer), nous ne saurions infir- 
merou affirmer cette assertion; mais tout 
en convenant que l'espece presente est su- 
perbe, en raison de son ample feuillagc, de 
se s grandes fleurs a tube d'un jaune d'or 



et a limbe vermilion, nous ne pouvons 
oublier que les /EVA. pulchcr, ntiniatiis, 
Lobbianus, etc. , ne sont pas moins dignes 
d'interet, pour la beaute et le vif coloris 
(plus riche peut-etre encore) de leurs fleurs. 
C'est la au reste une affaire de gout dont le 
public amateur est le juge supreme. M. Hoo- 
ker decrit ainsi la nouvelle plante : 

Descr. « Tiges ligneuses a la base et Rele- 
vant a deux pieds de hauteur, selon 
M. Lobb; elles sont au sommet, ainsi que 
les jeunes branches, subtetragones et her- 



des fleurs (verticillees) au noml 
on 8, toutes ovees-lanceolees , acuminees, 
obscurement dentees aux bords et d'une 
charnue. Fleurs amples, 



! i , <; 



belles, brillai 

ses de 6, 40 et meme 20 fleurs. Pedicelles 
dresses, courts, uniflores. Calyce fendu jus- 
qu'a la base en cinq segments profonds, 
dresses, presque subules. Corolle orange 
fonce, ecarlate a l'extremite , de 2 ou 5 pou- 
ces de longueur; tube claviforme, recourbe 
a l'extremite, et la convexe dorsalement, 
concave ou canaliculc en dessnus (glandu- 
leux en dedans); a orifice oljliipie, quadri- 
U)1h ; ; ;, lo i„. s etides, arrondis, le supcricur 



que lobe portant unc ligne I 
lunulec, et formant unc sorte dc 1 
cntrc l'orange ct lc rouge du limbe. E 

iic-, vt stvlo cxscvls. Ovaiiv lineaiiv, i 



Fig. 1. Pistil {fig. gr.). 



Le lecteur trouvera ci-dessus, a l'occa- 
sion des jEsvh. pidrher, Lobbianns, etc., 
tons les renseignements qui lui sont neces- 
saires pour la culture de ces aimables plan- 



tes : renseignements qui s'appliqucnt cntie- 
rement a celle dont il s'agit ici. 



MISCELLANIES. 



53. GESNERIA SCHOMBURGKIANA Kuntii ct Bouche.? 



II a fleuri l'annee dei 



lierc et cet ete, dans 
le Jardin Van Houtte, une fort rcmarquablc 
espece dc Gesneria, envoyee d'Allemagne 
sons le nom de G. Sckomburgkii , et qui , 
probablemcnt, est la G.Schowhtmjkimiu dc 
MM. Kuntb et Bouche. 

Ces Messieurs donncrent, de cettc der- 
niere, dans la Linncea (p. 501. 1844), une 
diagnose redigec sur des individus vivants , 
nds , dans le Jardin royal dc Berlin , de 
graines envoyees par le zele voyageur-bo- 
taniste Schoraburgk , qui les avaient re- 
cucillics dans la Guiane anglaise. Nousrepe- 
tons ci-dessous cette diagnose, en fesant ob- 
server que la plante du Jardin Van Houtte, 
que la similitude des noms nous fait rap- 
porter avec doute a celle des deux savants 
Allemands, differe de la leur par un carac- 
tere principal , celui d'avoir des processus 
poilus, en forme de caroncules, places soli- 
tairement a la base dc chacun des sinus des 
iloux Inros dc la corollc : caractere que nc 
mentionne nullement leur phrase spiviliquc 



s'ils eussent eu devant les yeux la memc 
plante que celle dont il s'agit. Comme nous 
nous proposons de ligurer incessamment 
cette Gesnerie dans la Flore, nous rcvicn- 
drons necessairement a cette occasion sur 
son compte, et d'ici la pcut-etre tout doute 
sur l'identite ou sur la separation obligee 
des deux plantes sera dissipe. Voici , en at- 
tendant la phrase diagnostique des auteurs 



nglica. Rich. Schombargk misi 



mimimi;iu is;:. 



GLOXIM SPECHM 



I Mill I 1 II,- 



I Camille tie Rodah. 



Etim. V. ci-dessus, t. II. fevrier 1846. PI. 3. 

Gesneriaceoe. — Didynamia-Angiospermia. 



raoyen de varier et de multiplier a l'infini 
nos jouissances horticoles, n'etait univer- 
scllcment admise desormais et prisee a sa 
juste valeur, c'est surtout dans l'amcliora- 
tion du genre Gloxinia qu'on devrait re- 
connaitre les avantages qu'elle procure a 
celui qui possede l'adresse et la perspicacite 
nccessaires pour I'employer. Un simple 
cour-d'ceil jete sur les figures ci-contre en 
dira plus que dcs paroles pour justifier 
notre assertion. Ces figures , selon ce que 
nousmarqucnotrecorrespondant,M.Joscht, 
jardinier en chef de M. le comte de Thun 
(Boheme), ont ete scrupuleusement faites 
d'apres la nature et choisics entre un plus 
grand nombre de varietes non moins me- 
ritantes et qui ne laissaient que l'embarras 

Quelque etranger que Ton soit a l'art de 
cultiver les plantes , quelque indifferent que 
l'on soit a l'attrait enchanteur qu'elles pre*- 
sentent, aux aimables jouissances qu'elles 
procurent aux inities , personne ne pourra 
s'empecher de dire charmantes les fleurs 



dont nous offrons ici unc reproduction que 
(sur la foi de notre mandataire) nous croyons 
exacte , surtout quand on sait que ces fleurs 
sont nombreuses et se succedent longtcmps 
sur le merne individu. 

Le chef du jardin Van Houttc, sans cesse 
a l'affut de tout ce qui peut en horticulture 
contribucrle mieux a la decora I inn dcs jar- 



l'avons dit, mais pour lesqttdks Pesp«M 

manquait. Celle du N° 2 lui appartient 
presque en entier; et comme il favait fait 
figurer (v. ci-dessus, t. Ill, avril 1847, 
pi. VIII), d'apres un dcssin envoye par 
robtenteur (M. Tcichler) decettc admirable 
varieteou bybride, il a voulu, pour etre 
encore plus lidelc a la nature, la fairc pein- 
dre de nouveau, d'apres le bel individu qui 
a fleuri cette annee dans ses serres , et qui , 
envoye a l'une dcs dcrnicros expositions <!<• 
cette annee, a Bruxelles , a etc conronur a 
par lc jury. 



;staux habilesjardiu 

-cvient l'honneur de l'obtention de ces 

i i decoreront bientot tou- 



t dont une description serait 



i CH. F. ou ?p.) 



A l'occasion de diverses especes ou va- 
rietes de Gloxinias deja decrites et figurees | 
dans ce recueil (e 
lecteur trouvera tous les 



AVIS acx amweibs au sujet des varietes de Gloxinia Hgnrees 



que j'ai 

•t'(ct non 



acquis pour des Gloxinia Teichleri 
Teuchleri) , plusieurs m'ont donne des 
fleurs ou toutes bleues ou toutes rouges: 
circonstance qui serait toute nalurelk en 
fait de descendance natitrelle ou hybride; 
inais qui en cette occasion me fait regarder 
commefaux les pieds qui m'en ontete livres! 
Un seul m'en a offert de bien panachees de 
bleu et de rouge; c'est celui que jVii fait fig li- 
ter ci-contre et qui, j'en suis persuade, se 
reproduira constant dans ses panachures. 
Aussitot que je me suis apercu de ce resultat 
nega til". j'ai cesse d'en expedier aux amateurs 
qui m'en avaient fait la demande; et trois 
individus seulement en ont ete byre's qui ne 



seront portes en compte , que s'ils se mon- 
trent reellement panaches. J'attendrai done 
a ce sujet la reponse des personnes qui les 

J'ignore si les autres acquereurs du reste 
de Fedition du dit Gloxinia auront ete 

pour eviter de nouveaux et facheux contre- 
temps, je n'en expedierai desormais aucun 

leme des autres varieles, 
dans la planch 
n livrerai au commerce, aucun pjed, 
de m'etre egalement assure de leur 

li - L.VH. 






i 54. GLYCINE 

Qui ne connait, qui n'a admire les nom- 
breuses, les grosses grappes de fleurs bleues 
de la Glycine sinensis (et mieux Wisteria 
sinensis), qni n'en a aspire avec volupte le 
delicieux parfum? Eh bien ! M. Fortune en 
a decouvert en Chine et en a rapporte une 



variete a fleurs blanchi 
veritable bonne fortun 
Nous reviendrons , cerl 



PENTSTEMON GORDON!. 



Etim. V. ci-dessus, T<= I", p. 145. 
Scrophulariacese § Cheloneae. — Didynamia-ADgio 






;.;r,:; 



II n'est pas un parterre qui ne 
plusieurs especes de Pentstemon. Elles en 
sont l'un des plus elegants ornements , en 
raison de leurs longues panicules ou de 
leurs araples thyrses de fleurs toujours 
grandcs , d'un colon's tantot vif , tantot de- 
licat , mais toujours d'un aspect riant et re- 
creatif. 

La nouvelle espece dont il est question , 
croit dans l'Amerique du nord, ou M. Gor- 
don l'a trouvee dans la vallee du Platie-Ri- 
ver, sur le versant oriental des Montagnes 
Rocheuses. d'ou il en expedia des graines en 
Angleterre. II en avait prealablement en- 
voye a M. Hooker des echantillons sees, 
recueillis dans la meme localite; et ce savant 
botaniste , en avait deja recu egalement de 
M. Geyer, qui l'avait decouverte sur les 
collines schisteuses qui se trouvent pres de 
la jonction des Horse and Laramie Rivers. 

M. Hooker dit qifelle e 
■P. speciosits, qui habite 
territoire de l'Oregon, a l'ouest des Mon- 
tagnes Rocbeuses ; mais que celui-ei en dif- 
lere par des feuilles beaucoup plus etroites, 
une panicule moins feuillee , des fleurs plus 
vivement colorees, un calyce plus ample, 



et surtout par des etamines glabres. M. Hoo- 
ker decrit ainsi le Pentstemon nouveau : 

Descr. « Plante glabre , variant pour la 
taille de 8-10 pouces a un pied , un pied et 
demi, sous 1'influence de la culture. Tigc 
dressee, herbacee, cylindrique, teinte de 
de pourpre. Feuilles radicales spathulees, 
entieres ; les caulinaires largement lanceo- 
lees, sessiles, subamplexicaules, egalement 
entieres, acuminees; les superieures pas- 
sant graduellement a l'etat de bractees. Des 
aisselles foliaires de la moitie superieurc de 
la plante, ou plus haut encore, sortent des 
pedonculesmultiflores,formant par leur reu- 
nion une panicule allongeeet feuillee. Fleurs 
grandes, belles, d'un beau bleu d'ame- 
thyste. Calyce tres-petit , en proportion du 
volume des fleurs, a segments oves , sub- 
aristes-acumines. Tube de la corolle infun- 
dibuliformc , ventru en-dessus ; a limbe bi- 
labie* , dont la levre superieurc fendue en 
deux lobes courts et dresses; l'inimeurc 
en trois lobes profonds, dont le m&Iia 



plus petit e 
barbue au 



. 



les Pentstemons, quoique 
i a l'air libre , dans nos jar- 
dins, pendant toute la belle saison, ct plan- 
ted dans un sol , raeuble et riche en liuraus , 
demandent en hiver une protection contre 
nos longues pluies glaciales, sinon contre 
nos gelees, en raison de la nature senii- 
ligneuse de leur souche radicale. On se 
trouvera done bien de les relever a l'au- 



Un les multiplie lacilemcnt par le separate 
des pieds, opere au printemps, au moment 
du renouvellement de la vegetation, et 
ineme de boutures. lis donnent rarement 



MISCELLANIES. 



l\OUVELLES ROSES DE EA CHINE. 



C'est a M. Fortune (\) qu'on doit encore 
l'introduction de ces deux fort interessantes 
nouveautes, qu'il a rapportees de la Chine. 
Void en quels termes il s'exprime a leur 

« Les jardins des Mandarins, quoique 
petits, etaient extremement gais, particu- 
lierement pendant les premiers mois de 
l'annee; et ce qui m'importait surtout, 
c'est qu'ils renfermaient bon nombre de 
de plantcs nouvelles aussi belles qu'inte- 
ressantes. En entrant dans Fun de ces jar- 
dins, par une belle matinee de mai, je fus 
frappe de la masse de fleurs jaunes qui ta- 
pissaient cntiereracnt une grande partie de 
mur. Ce jaune n'avait rien d'ordinairc, mais 
presentait une teinte de jaune de buffle , 



qui donnaitaux fleurs un aspect parlicuhei 
et attrayant. Je m'en approcbai vivcuieul, 
et je fus agreablement surpris d'apercevoir 
une fort belle rose nouvelle grimpante. Je 
ne doute point, par ce que j'appris ensuite, 
qu'elle provienne des districts plus septen- 
trionaux de l'Empire et qu'elle passe par- 
faitement bien les hivers d'Europe a lair 

)> Je trouvai egalement, a cette meme 
epoque , une autre rose que les Chinois ap- 
pellent Rose a cinq conlrurs. Elle apparlicnt 



» est unicolorc; puis 



blanche 



. la' .section dil.es Hoses de la Clm 

elle' presente un tres bel 

aspect. Quelqu 

ice- a la fois sur le m«uu 
.".mesnuveiitelle ct since 
oulrurs (*->)• Kile sera, rhc/ 
;si rustique que la prece- 

Ch. I- 







2ilWfon«4ft 



LILIOI L0NG1FL0RU1I. 



CIIARACT. GENER. 



Erar. V. ci-dessus, T« 1°*, p. 221. 
Liliaceao § Tulipeae. — Hexandria-Monogynii 

Lihum lontjtflnrum Ti 
[™. Spec. 




etScint, - 
1688. Lodd. Bot. Cab. t. 985. Smiksg. Syst. II. 61. 
Dos. Prodr. Fl. Ncp. 52. k. sin. Enum. PI.' IV 266. 



SYNON. — Liliw 



Bot. Reg. t. 560 

Biakko \ulgo Juri, Kmpf. i 



On confond aisement au premier coup- 
d'oeil cette espece avec le Z. cximium; mais 
un examcn un peu attentif fait bientdt dis- 
tinguer les differences qui les separent 

Le L. longifloriim est plus petit encore 
que le L. eximium; ses feuilles sont plus 
largcs, plus epaisses, plus distantes, plus 
fortement carenees en dessous. Son tube 
floral, presque dresse et non horizontal, 
comme dans celui-ci, est beaucoup plus 
court ; il n'a que 9 centimetres de longueur, 
tandis que celui de Veximium en a li. II en 
est de meme du limbe , qui chez ce dernier 
a 8 centim. de long ; tandis que chez le 
premier, il n'en a que 7; mesures prises 
dans les deux plantes , de l'extremite infe- 
ferieure du tube au point de connexion des 
segments du limbe, et de ce point au sommet 
d'iceux. Enfin, pour pousser encore le pa- 
rallele plus loin , les segments du L. longi- 
florum sont presque charnus: ceux du 



c chu-ci sont manifestement inegales; cellcs 
de celui-la presque egales oil meme ega- 



etc, etc. Le L. longifloriim, brave im- 
hivers; le L. eximium gele 
facilement,s'il n'a la protection d'un chassis. 
En consultant les auteurs syslrmaliqurs, 
nous n'avons trouve au sujet de cette plante 
que des phrases specifiques d'une brievetc 
et d'une insignifiance completes. Nous avons 



i lioutte, en les compa- 
- !..< i i mi inn, egalement 
temps ilans ccjardin. 
pas ici du premier 
une description botanique. Nous avons fait 
ressortir ci-dessus les differences qui carac- 
terisent les deux especes, et nous les com- 
pleterons en decrivant plus has le L. cxi- 






Lc lis en qw 
Japon. Thunberg l'a trouve i 
environs de Nangasaki et de Miako. Son 
introduction dans nos jardins est d'une date 



On pcut abandonner sans crainte ce lis a 
l'air librc, ct le planter enun sol riche et 
bien meublc. II ne eraint pas les gelees, quand 
on Fenfonce, un peu profondement , c'est- 
a-dire, a 7 ou 8 pouces. Cultive en touffes, 
ses tres grandes fleurs d'un Wane eblouis- 



sant, trancheront viveracnt sur le vert foncc 
de son feuillage, en meme temps queleur 
suave odeur, parfumeront Fair au loin. 

Multiplication facile par la separation des 
cayeux. 

L. VH. 



MISCELLANIES. 



f 56. MALADIE DC CHENE. 



Ayantfait dernierement une tournee dai 
une partie de l'Yorksbire, qui abonde < 
plantations de chenes, nous fumes surpi 
de voir de jeunes individus, d'une hautei 
delO a 20 pieds,presentant l'aspect de n 
vembre plutot que celui de juil 1 ^ T 
feuilles etaient entierement sech< 
produisa 

cote des frencs, des ormes 
et des bouleaux, qui paraissaient dans un 
etat de santc luxuriante. Ces chenes faisaient 
partie d'une plantation vantee auparavant a 
diverses reprises pour sa vigueur. Nous re- 
marquames la meme apparence maladive, 
dans diverses autres plantations du meme 
comte , ainsi que dans le sud de celui de 



Durham, mais a un moindre degre. Le sol 
dans Iequel les arbres sont plantes est une 
forte terre franche avec un sous-sol argi- 
leux. D'ou peut provenir cet etat anormal? 



Nous avons ete temoins du meme fait en 
1843, dans le bois de Vincennes, pres Pans, 
avenue de S l -Maur. De jeunes chenes, hauts 
de 23, 50 pieds et plus, resterent sans ver- 
dure nouvelle pendant la plus grande partie 
,lo l'anm'e. Dans ce bois, ces arbres croissent 
dans un terrain leger et sablonneux dont 



[ «>t , 



Ch. L. 



| 57. CENTAIJREA AMERICANA 



quee a cette 
igeree, quand 



LYpilhetc supcrbe, nppliqm'r 
plante, ne serait nul lamo "' 
on considcre l'ampk 
loris de ses capitulcs. Or, ces capitules n'ont 
pas moins de 42 centim. de diametre; ce 
coloris est d'un rose tendre, sur Iequel tran- 
che vivement la couleur noire des fleurons 
du centre. 

Une particular! h' tiv- 
a ete offer 



C'est une plante a 
l'Amerique du nord , 



aarquable r 



cuiame iro i 

UPS du disque 
^ H ji ne nous semble pas avc. .... 
Irs aulnirs. C'est 1V\- 

agitent alors avec 
t sc replicnt bicn- 



e irriiaDinie qu cut 
i les touche. Elles 



mclle, originate 
t qui merite ° " 



juste 



on elles'eleve aim metre environ de 
hauteur, en se ramifiant au-dessus ae m 
base. Sesrameaux sont dresses, untcaprtu 



lagc I 



de Les fleurs 



z forte; 

i, parce que nous 



'Ha l'" a ,, 

; proposon^de 
TmHigmrdansI 




^•I'.ia 



LIEBIGI I SPECIOSA. 



Ettb. Th Liebig, celebre chimiste sue. 
Gesneriaceae § Cyrtandreae-Didymocarpidoe. — Didj 




■ - i 



Liebigia speciosa DC. et fil. 1. c. Hook. Bot. Mag. 
315. 
Tromsdorffia speciosa Burn. 1. c. 



La famille des Gesncriacees voit sans 
cesse augmenter le nombre de ses membres 
dans nos collections, ou ils sont toujours 
les bienvenus; c'est qu'aussi les Achimenes, 
les Gloxinia, les Gesneria, les Didymocar- 
pus, les Alloplectus, les Rhylidophyl- 
lum, etc., etc. sont tous plus elegants, 
plus beaux les uns que les autres ; que leur 
culture , leur conservation et leur multi- 
plication sont faciles; que leurs nombreuses 
fleurs, au coloris si brillant et si vif, deco- 
rent admirablement les serres, ou elles sont 
indispensables (le mot n'est pas trop fort!). 

Les botanistes connaissaient depuis assez 
longtemps la belle espeee qui fait le sujet 
de cet article , par le moyen de l'auteur de 
la Rumphia et de la Flora Java;, M. Blume, 
qui la decouvrit dans Tile de Java et la pu- 
blia en 1826 dans ses Bijdragen tot de Flora 
van Nederl.-Ind. (1. c), sous le nom de 
Tromsdorffia speciosa :) nom dont l'appel- 
e pouvait subsister, puis- 
ne annee aupiir;i\, -ml M.irtiii- l';i\;iit 
ue"e a un autre genre de plantes. 
Tom. hi. 



I:iti...!l . 



<;.>! m 



Lobb, que revient I'lmn- 
neur de son introduction (toute recente) 
a Fetat vivant en Europe. Le beau port 
dresse de cette plante, son ample feuil- 
lage , ses nombreuses et assez grandes fleurs 
fasciculees dans cbaque aisselle foliaire , et 
mi-parties blancbes et violettes, lui con- 
querront toutd'abordrinteretdes amateurs. 

M. Hooker nous en donnc la courte et 
bonne description suivante : 

Descript. « Tige herbacee, d'un pied et demi a deux 

, opposees, inegales 



xillaires, aggreges, beaucoup p 



i dressees, presque egales. Corolletubu- 



ngsfertiles bilobe, deprime au ( 



3 allonge-cylindrique , s' 



Cette plante se plait dans une serre 
chaude prcs des jours. On la plantera un 
peu largement dans un compost riche en 
humus, et qu'on tiendra legerement hu- 
mide, pendant tout le temps de sa vege- 
tation. On la multipliera sans difficulte de 
boutures, coupees aux articulations, et 
faites a la maniere accoutumee, sous cloche 



etsur couche chaude. On pourra element 
la propager en en plantant a part les jeunes 
rejetons qu'elle produit du pied et qu'on 
devra traiter d'abord comme boutures. Un 
individu bien cultive fleurit abondamment 
chez nous, pendant les mois de Janvier, de 
fcvrier et de mars. 

L.VH. 



MISCELLANIES. 



f 58. STAMIOPI A I\*1G\IS, var. imotim a Ch. L. 



Pat-mi rimmensc quantite de Stanhopees 
de toutesespeces, de toutesvarietes,de tout 
coloris enfin, que nous avons admirees en 
lleurs dans la grande serre a Orchidees du 
Jfirdin Van Houtte, nous avons du distin- 
guer tout particulierement la belle variete 



Tous les amateurs d'Orchidees savent 
combien la Stanhopea insignis est remar- 



jdecapuchon.Dans 



la variete que nous annoncons, ce laneiie, 
d'un violet d'un beau violet intense, de la 
base de Yhypochilie au milieu du memc , 
est ensuite de ce point au sommet de Yepi- 
chilie, d'un blanc d'ivoire, brillant. 

Ce coloris insolite fesait un admirable 
effet au milieu des autres especcs, variant 
seulement, comme a l'ordinaire, pour le 
nombre, la disposition et 1'intensite de co- 
lon's des macules qui distinguent a un si 
haul degre cette plante qu'on la prendrait, 
au premier aspect, et a distance, pour une 
<'specc. 




ep&afattod 61 



59. ENCEPHALARTOS BRACHYPHTLLl M [M Oi). 

EKCEPHALABTE A PET.TES UTOtEB. (Mate.) 



Ettm. ey*£<p*A«? 




La plante , dont nous offrons ci-contre la 
figure, se distingue a la premiere vue de 
toutes sescongeneres, essentiellement pro- 
pres, eomme on sait, a l'Afrique australe , 
par son port et surtout par les folioles de 
ses frondes, lesquelles, contournees a leur 
base, sont d'une forme et d'une teinte verte 
toute particulieres. Le nombre des frondes 
qui couronne le stipe, varie de 10 a 16. 
Lechaton ou cone male, lc seul que nous 
ayons eu l'occasion d'observer, etait long 
de 15 cent, sur 5 de diam. La masse en 
etait ferme, ligneuse; de vert d'abord il 
passa au brun. Les organes males, unilocu- 
lars, etaient disposes sans ordre sur la 
face antherifere (inferieure) des ecailles du 
cone. Les pinnules des frondes sont longues 
de 5 centim.; on en compte environ 50 pai- 
res par fronde. 

Cetteespece,ai 



quelques annees, lorsque nous la f 
sames comme nouvelle. [V. Nov. 
Cycad. Africa A ustr. quas (hwips. 
ifhistr.W. II. De Viuhsk. Tijdxch. vnoi 
Gesch. IV. 409. 1857.) 



C'est a notre respectable compatriote 
M. Swellen Grebel , doyen du chapitre 
d' Utrecht, que nous sommes redevables de 
la plante en question. II la decouvrit pen- 
dant son voyage en Cafrerie , en i 776 , et 

jusqu'en 1802. Elle a fleuri plusieurs fois 
depuis et a reraport^ le premier prix a la 
fete bi-seculaire de l'Universite de cette 
ville, sous le nom de Zamia cy cadi folia. 
J'eusdeslors l'occasion de remarquer qu'elle 
n'avait rien de commun avec cette espece , 
et je la regardai comme nouvelle , en lui 
donnant le nom d'Encephalartos strepsip- 



teras, que je dus ensuite changer en celui 
qu'elle portait au jardin botanique de Hara- 
bourg (E. brachyphylhts) , dont j'eus con- 
naissance, grace a la bienveillante commu- 
nication de son savant directeur, M. Leh- 
mann , qui voulut bien me confier les Cy- 
cadees de son herbier pour m'aider a la 
determiner. La meme espece existe chez 
MM.Loddiges, a Hackney, pres de Londres, 
oujela visen 1842. 

II est presque oiseux de faire observer 
combien il importerait a la science, de de- 
iner rigoureusement les genres et les 
especes de cette famille , d'apres leurs fleurs 
et leurs fruits; ce n'est qu'ainsi qu'on 
pourra dissiper l'obscurite qui enveloppe 
encore cette partie de la botanique; et ce 
le saurait faire convenablement la dis- 
tribution geographique et le caractere emi- 
nent variable des feuilles de cesplantes. 

DeVr. 



a plante re'duite au 1J3. Fig. 2. Portion de fronde, vue late'ralement , de gr. nat. I 
ue en-dessus. Fig. 4. Coupe du rhachis. Fig. 5. Celui-ci grossi legerement pour en fair 
. Fig. 6. Cone male. Fig. 7. Coupe du dit, vu par-dessous les squames. Fig. 8. Le e 
is. Fig. 9. Antheres. 



Obs. La floraison du cone de la plante 
decrite, ayant eu lieu plusieurs mois deja 

le pollen, qui, probablement ne doit point 



offrir de differences sensibles avec celui des 
especes congeneres. (Consulter a ce sujet, 
Miquel, I. c. et nos observations sur YE. 
Lehmanni.) 



IXORA GRIFFITH!!. 



CHARACT. GENER. —V. ibidem. 
CHARACT. SPECIEI: /. glabra 



Et™. V. ci-dessus, T. II. Juin, 1846; PI. I-II. 

Cinchonaceee § Psychotrieee. — Tetrandria-Monogynia. 



.mnii, 



"l!,. u 






Un port dresse, bien ramifie, eminem- 
ment pittoresque, un ample feuillage, at- 
teignant souvent au-dela de 30 centim. de 
longueur, de larges cymes compactes for- 
mers d'une multitude de fleurs a long tube 
rouge, a limbe arrondi, d'abord d'un jaune 
orange, puis rouge : tels sont les carac- 
teres qui distinguent tout d'abord la belle 
espece dont il s'agit. 

On en doit la decouverte a M. Griffith, 
qui en avait recueilli des echantillons sees 
dans le Merghi, province du royaume de 
Siam. Plus tard, M. Low, fils de*l'hor- 
ticulteur anglais de ce nom, la retrouva 
aux environs de Singapour, d'ou il l'intro- 
duisit vivanteen Europe. Presentee a l'expo- 
sition d'horticulture qui eut lieu a Londres 
en juillet dernier, elle y a remporte le pre- 
mier prix , comme la plus belle plante re'- 
cemment importee. C'est en outre egale- 
ment Tune des plus remarquables du genre 
par les causes que nous avons enoncees. 

Descript. Arbrisseau dresse, ramifie, 
entieremcntglabre; rameaux cylindriques, 



allonges, d'un rouge brun. Feuilles oppo- 
posees, distantes, tres-amples (20 a 30-35 
cent, de long, sur 7-9-10 de large), ovees- 



ment cuneiformes a la base , qui se termine 
en un court petiole articule, robuste, ca- 
nalicule* en dessus ; nervures laterales sub- 
paralleles , Iegerement saillantes en dessous 
et reunies par des nervures reticulees. Sti- 
pules intrapetiolaires, tres-courtes, dilatees 
a la base et brusquement acuminecs. Cymes 
tres larges, terminales, presque planes en 
dessus, formces de cymules di- ou tri-cho- 

les tiges et dont les deux premieres sont 
sous-tendues par deux bractees foliacees. 
Calyce tres court, de 4 dents obtuses. Tube 
floral allonge, grele, incurve, cylindrique; 
limbe etale , forme de 4 lobes arrondis, sub- 
concaves. Antheres sessiles, subsagittees, 
inserees horizontalement a l'entree de la 
gorge et opposees aux sinus. Style exsert , 
renfle, bilobe au sommet... 

Cii. L. 



A l'article Ixora odorata (T. II. juin 1846) I de i 
j'ai expose avec quelques details la culture plu 
^onvenable aux plantes, de ce genre, qui | 
q"i font un des principau 



(S. CH ) 
chaudes, ou elles fleurissent 



i de Antilles, do, 
Couvrez le fond du pot 



M. James Cuthill, publia dernierement 
sur la culture de cette plante une notice 
dont la connaissanee sera, nous l'esperons, 
agreabl 



niere ordinaire, sur un sol trop meuble, les 

premiers arrosements les entraineront : de 

la un non-succes. 

a Preparez le compost suivant : unemoitie 

de terre franche ; Fautre moitie composee de 
de bruyere, 
peu de sable. 

d'un epais lit de gravier ; remplissez ensuite 
avec le dit compost bien tasse, et le couvrez 
d'un pouce et demi environ de sable blanc. 
Mouillez le sable pour en durcir la surface ; 
semez alors et repandez sur les graines un 
peu de sable sec; puis, couvrez le tout 
d'une cloche a boutures ou d'une vitre. II 
faut ensuite soumettre le vase a une tem- 
perature de 70-80 degres Farh. (15 a 18° 
Reaumur), en placant par dessous une ter- 
rine qu'on ne laissera jamais sans eau ; ce 
qui evitera d'arroscr par dessus. 

» En trois semaines ou un mois, les jeu- 
nes plantes se seront montrees. Trois autres 
semaines apres, plantez-Ics separement dans 
des pots proportionnes a leur force, et que 
vous remplirez du compost indique , en les 
drainant convenablement. Enfoncez-les alors 
dans une couche a melons; apres quoi vous 
pourrez les arroser et sur la tete et dans la 
terrine. A l'automne, si les jeunes pieds ont 
ete tou jours tenus a une bonne chaleur, elles 
auront deja forme de jobs buissons. Rabat- 
tez-en alors chaque rameau. En septembre, 
rempotez-les dans de larges pots, et pour 
tenir leurs racines, pendant l'hiver, dans 

le pot doit cesser, mais non dans la terrine 
placee dessous. Aux approcbcs de l'ln'ver. 
pas une jjoutte d'eau no doit tomber sur les 



LIM Willi * Rl FSSELIANUS. 

feuilles. C'est surtout au collet 



chauffe par un rechaud de 
) ou 60 degres Farh.; et dans 



L'endroit qui lui convient assez encore est le 
coin le plus froid d'une serre chaude, et 
tres pres des vitres. Je l'ai aussi bien con- 
serve dans les parties les plus chaudes de 
la serre temperee; dans cbacun deces cas, 
je ne lui donna is que tout juste assez d'eau 
pour 1'emDecher de faner. » 

.. Pendant un hiver sec, il faut l'arroser 
tous les quinze jours ; si l'hiver est humide, 
une fois par mois. Vers la fin de fevrier, 
placez vos plantes sur la couche a melons, a 
une chaleur de 70 a 75 degres Fahr. (16-18° 
Reaumur), et des qu'elles recommencent a 
vegeter, rempotez-les largement, en en pro- 
portion nant les pots a la force des sujets. 
Mon plus bel individu , plante ainsi dans 
un large pot m'a donne jusqu'a 600 fleurs. 
Au fur et a mesure que le printemps 
s'avance, il est pour ainsi dire impossible 
de leur donner trop de chaleur et d'humi- 
dite. Elles sont avides d'engrais liquides. II 
est inutile d'essayer pour avoir de beaux 
individus de les tenir a une chaleur moin- 
dre de 70 a 80 degres. J'en ei foil |>»"^ r 
ainsi de 5 pouces en 7 jours. En les sortant 
des baches, il faut avoir grand som de ne 
pas les exposer au soleil pendant quelques 
jours, et de ne pas non plus les sortir trop 
brusquement d'une atmosphere tres chaude 
pour les placer dans un eiidmil <wv\ h'i>i<i. ■ 

» En suivant le traitcment que je viens 
d'indiquer, vos Lisiantkm entrcront 




>,« ucnttnU 



CAMASSIA ESCULENTA. 



Liliacete § Scilleae (Lindl. Veg. Kingd.). IIexandria-.Mon..»\ni.-.. 



is explanatus (L Ml), marcescendo persistens; 
iia (subulata P.) ascendents (L). Antherse bi- 



aE ) 8 ubrotund 1 »-! 



CHARACT. SPECIE1 : 



■ec GAwl.Bot. Mag. t. 1574). 



Bien qu'introduite depuis longtemps deja 
(1827?) dans nos cultures, cette jolie lilia- 
cee y est neanmoins fort rare. Elle crolt 
spontanement dans 1'Amerique du Nord, 
ou elle parait occuper un habitat asscz 
etendu. On l'a trouvee dans le Kentucky, 
la Louisiane, sur les bords de l'Huron, de 
•'Ohio, autour des lacs Erie, dans les vallees 
d es Montagnes Rocheuses, etc. Ses grandes 
e t belles fleurs d'un bleu pourpre, bien eta- 
lees et forraant une grappe terminale mul- 
tiflore, sa rusticite doivent lui concilier la 



Descr. Toutc la plant, 
g'abre. Son bulbe, ove, tunique, atteint 
undiametre d'un a deux pouces. Ses feuilles 
s °nt lineaires, canaliculus, legerement 
strides, nerves, an nnmhm do R-fi. <tr<>c- 



, flexueuses, hautes d'environ 
un pied, d'un beau vert, quelquefois un 
[>eu glaucescent. Le scape (hampe) est sim- 
ple, cylindrique, nu, dresse, haut d'un pied 
et demi a 3 pieds. Les fleurs sont pedicel- 
lees, solitaires, subdressees; chaquc pe- 
dicelle est muni a sa base d'une bractee 
subulee, mcmbranacee, plus courte que 
lui et marcescente. Le perianthe est forme 
de C segments, dont 5-etaIes, ascendants, su- 
begaux, lineaires-lanceolcs, aigns. :>-slrirs: 
le 6 me deflechi. Les filaments sumiinaux 
sont egaux, plus courts que les petales et 
inseres a leur base. Les antheres sont 
grandes, oblongues, jaunatres, dorsifixes, 
et legerement echancrees a chaque extre- 
mity. Le style est decline , plus long que 
les etamines et se terminc en un stigmate 



trifide. L'ovaire arondi-triquetre contient 
S-6 ovules. 

Le coloris de cette plante est sujet a va- 
rier non-seulement d'intensite' , mais du 
bleu cendre" au bleu violace , et meme au 



Cette liliacee en raison des paralleles ele- 
ves, sous lesquels elle crolt, peut braver 
sans doute nos hivers a Fair libre ; mais il 
arrive souvent que Fhumidite trop long- 
temps persistante dans nos climats pendant 
cette saison, en fait pourrir les bulbes, si 
Ton n'a pas eu la precaution d'en drainer 



suffisamment le sous-sol, et d'en i 
la place de feuilles seches, pour en e 
les eaux pluviales. Dans < 
il sera peut-etre preferable de la tenir sous 
chassis froid , qu'on enleve des les premiers 
iours du printemps. 

L. VH. 



MISCELLANIES. 
f 61. ACONITUM AUTUMNALE Lindl. (1). 



Cette interessante espece , fleurissant tres 
tardivement et pour ainsi dire a Fentree de 
nos hivers, est pour nos jardins une acqui- 
sition extremement precieuse; elle y bra- 
vera impunement nos frimas a Fair libre. 

Elle a ete decouverte par M. Fortune, 
dans File de Chusan; il la trouva egalement 
a Fetat de culture dans les jardins de 
Ningpo , au nord de la Chine. 

Par son mode de croissance , elle ressem- 
ble, dit M. Lindley, a notre A. napellus; 
et par ses fleurs a VA. cammarum. Elle 
atteint trois pieds de hauteur et se couronne 
d'epis de fleurs blanches etlilas, qui par 
le developpement retrograde , qui semble 
commun a tous les aconits,deviennent de ve- 
ritables panicules. Ces fleurs ont une odeur 
grave et peu agreable ; elles presentent 



une grande tendance a developper des pe- 
tales subules en addition a ceux naturelle- 
ment oncines qu'elles possedent. M. Lindley 
a compte jusqu'a sept petales ainsi confor- 
med dans une seule fleur, et Fun d'eux avait 
jusqu'a un pouce de long. L'anomalie de ces 
fleurs, leur tardif epanouissement et leur 
coloris insolite, justifient Feloge que nous 
fesons de cette plante. ^ m . 

L'espece en question est tirs voisine m 
YA. japonkum, dont elle parait differer 
par sa pubescence, par son casque n'etant 

et arrondi ; par ses filaments ayant de larges 
ailes, etalees de chaque cote en un dent. 



. CI. I 



. >',.!. I 



Ch. L. 




fi fill II 



LILM SPEGIOSUH (ni. «,»».> 



Liliaceae § Tulipeae. — Hexandria-Monogyni 



CHARACT. GENER. — V. ibidem. 

CHARACT. SPECIEL— L. caule erecto 8uperne 



406. Morr. Notice sur un lis i 



; Guiil. Arch. II. 270. 
c. Bot. Reg. t. 2000. 
. nat. nov. 1834. Zccc. 
i. Ce. L. in Herb. gen. 
lOc.ic D.SPAE,Mem. 
. de Belg. 1847. 
r (Ka»biaki) Kxnra 



Liliumsuperbum Thckb. PI. Jap. 134. non L 
Lilium BroussartiiVan. Mem. Acad. Royale de 
vox. et Hortic. beige, fev. 1834. c. ic. Encycl. veg. 



i,florerubro(typu m )(AA: a mp- 

florealbo(B. Tametow: Ziu-c. 
ec.RuKTHl.c)!,, 



Keempfer, qui le premier decouvrit ce lis 
dans le Japon, sa pa trie, lui avait impose 
le nom de versicolor, en raison sans doute 
des trois belles varietes qu'il a produites et 
qui sont cultivees de temps immemorial 
dans Ies jardins de cette contree. Thunberg, 
plus tard, qui l'y decouvrit de son cote, lui 
donna le nom specifique de speciosnm qui a 
prevalu, injustement peut-etre, dans la no- 
menclature systematique et qu'il merite a 
tant d'egards; car il est sans contredit l'un 
d es plus beaux du genre. 

On est redevable de son introduction a 
1'etat vivant, en Europe, a M. Siebold, me- 
decin de l'ambassade hollandaise, qui le 
rapporta a son retour, en 1830, en com- 
Pagnie d'un grand nombre d'autres plantes 
egalement interessantes, ettout particuliere- 
ment d'autres especes de lis, dont il enri- 
coit nos jardins. Avant cette epoquc, on ne 
ie connaissait que par la description incom- 
plete de Thunberg, et par la figure de 



genereux 

Selon Keempfer, le L. versicolor (specio- 
snm!) croit spontanement dans la Coree, 
d'ou les Japonais Fauraient tire pour en 
orner leurs jardins. Cette assertion semble 
confirmee par Thunberg, qui dit nc l'avoir 
observe au Japon qu'a l'etat de culture, et 
par M. Siebold, qui, de son cote, ne l'a 
trouve que dans les jardins. Quoiqu'il en 
soit, il fleurit pour la premiere fois en Eu- 
rope, dans Pete de 1832, au jardin botani- 
que de Gand,dontle jardinier en chefetait 
a cette epoque M. Mussche ; celui ci, dit-on, 
faute de pouvoir lui attribuer son veritable 
nom botanique , lui aurait donne, des lors, 
celui de L. lancifolium, sous lequel il est 
surtout connu dans le monde horticolc. II 
fleurit lameme an nee dans les beaux jardins 
d'un amateur tres-distingue , de la mcrac 
ville , M. Aug. Mechelinck. Selon M. Sic- 



dition, attribue a un celebre heros, Tame- 
tome , 1'introduction chez eux de la variete 
a fleurs blanches , qu'il aurait trouvee dans 
les iles Liukiu. 

La nature a ete extremement prodigue de 
ses dons envers cette espece. Elle lui a 
donne un port et un feuillage superbes; 
des fleurs dont l'ampleur, le riche ou pur 
colon's, l'odeur puissante et infiniment 
suave ne laissent rien a desirer. Un indi- 
vidu adulte et convenablement cultive , 
s'eleve a six pieds au moins de hauteur et 
donne jusqu'a 40 fleurs (etplus) a la fois! 
Son bulbe atteint pres d'un pied de circon- 
ference. On en connait trois charmantes 
varietes , qui par le serais de leurs graines 
ont elles-memes fourni quelques sous-varie- 
t<5s plus ou moins interessantes (i). 

1° Le Lilium speciosum (lancifolium) 
rubrum, qu'on s'accorde a regarder comme 

2° Le L. sp. album, et 3° le L. sp. punc- 
tatum, qui tient, par son coloris blanc, ponc- 
tue de rouge, un juste milieu entre les deux 
autres, dont la premiere est a fleurs toutes 
rouges, et la seconde a fleurs toutes blanches. 

Parmi les sous varietes principales obte- 
nues de ces trois varietes-types , nous cite- 
rons, pour les avoir observers dans l'eta- 
Van Houtte, le L. sp. roseum 
i; le L. sp. rubrum murmn- 
ratum, que distinguent suffisamment de 
larges stries et des macules blanches: sous 
varietes, qu'on peut regarder desormais 
comme constantes, puisqu'elles n'ont aucu- 
nement varie depuis deux ans. Une 5 e que 
nous ne devons point omettre, bien que 
nous ne l'ayons pas vue encore, a ete ga- 
gnee cette annee par M. Delache, de 
; remarquable , nous a-t-il 



St-Omef: 



(in 



dit, par des macules brunes sur un fond 
blanc (L. sp. album brunneo macttlattim). 
D'apres la declaration que nous avonsfaitc 
dernierement dans la Flore: declaration, par 
laquelle nous exposions qu'un des soins 
principaux de ce recueil devait etre de re- 
produce de temps en temps , les bonnes et 



tout des nouvelles, on ne nous imputera 
pas a crime , nous l'esperons du moins de 
rajeunir id une plante qui n'est d'ailleurs 
point encore bien vieille dans nos cultures, 
ou elle doit, ou elle merite de devenir tout 
aussi commune et tout aussi populaire que 
notre vieux lis blanc (L. candidum L.), avec 
lequel elle rivalise incontestablement par 
tous les points que nous avons signales. 

Comme le type est desormais bien connu 
et des botanistes et des horticulteurs , nous 
nous contenterons d'en donner, pour la 
forme , une breve description : 

Tige dressee-cylindrique , ferme, glabre, 
ramifiec au sommet ; feuilles epaisses , gla- 
bres, ovales-oblongues , acuminees, forte- 
raent o-nervees, plissees, arrondies-atte- 
nuees a la base en un court petiole; les 
supeneures scssiles, plus etroites, canali- 
culus, et portant souvent dans leur aisselle 
des bulbilles rudimentaires , couverts de 
squames velues et ciliees. Ces feuilles at- 
teignent quelquefois , selon la vigueur des 
plantes, W a 22 centim. de longueur. Fleurs 
{au nombre dc 1 a 4 et a 6 , au sommet de 
chaque division rameale) tres amples , pen- 
chees, a segments revolutes (etendus, ils 
mesureraient au moins 50 cent, de diam.); 
dont les trois exterieurs plus etroits, cou- 
verts de papilles moins nombreuses; les 
trois interieurs tres larges (a la base) et 
couverts de papilles denticulees-frangees au 
sommet, divergentes, et aflectant quelque- 
fois meme par leurs dimensions , une appa- 
rence petaloide; d'autant plus nombreuses 
et plus grandes qu'elles approchent plus du 
centre, et secretant un liquide sucre. Ces 
segments sont tous ovales-lanceoles , acunu- 
ncs (revolutes), ondulesaux bords, etcreu- 



•s de chaque segment, et se prolongeai] 



Mtrc d'un canal verdatre (nervure I plus long que les etamines, a stigraatc^ca 
i dessus au-dela du pite , subtrilobe. Ovairc hexagone-arrondi, 
vert, court, cache par les papilles et attci- 
iLJZT 8 - Z Z T"? ^ pr ° ] em,nente - S nant h Pc'ne l'orifice du tube. Capsule 
ttannnes inserees a la gorge dun tube (conforme) longue de deux pouces environ 
court subulees, blanches a la base et ver- et renfermant „n grand nombre de semen 
tent amsi que le style), au sommet; ees plates et legerement ailees. 
antheres oblongues , medifixcs, versatiles; 
pollen orange. Style claviforme, flexueux, Ch. L. 



grave 



signaler. Tout d'abord, 
fort bonne heure en vegetation 
temps, les gelees lardiv 
quelquefois les jeunes tiges 
il fleurit assez tard , se 
s temps de murir 



ite prouve que 
hivers en pleine 
ce mode presente 
qu'il conviei 



s en attaquent 
ensuite, co 

Pour obv 



ces desagrements, il est bon dc le tenir 
dans de grands pots, plus longs que lar- 
ges, bien draines et remplis d'un riche com- 
post. On le conserve, pendant l'hiver, sous 
un chassis froid, en le protegeant seulement 
contre la gelee ; ou mieux , pour le preser- 
ver de toute humiditc (qui lui est mortelle) 
sur une tablette dans la serre froide,ou dans 
''orangerie), oil on le laisse sans eau. Au 
defaut de chassis et de serre, on peut meme 
,e placer dans un appartement, devant une 
fenetre ou sur des meubles, et l'y laisser 
egalement sans eau. 

Des le mois de fevrier, les bulbes 
se mettent en mouvement; on les de- 
barrasse alors de leur vieille terre , et on 
,e s plante dans un riche compost forme , 
^ine on salt, de terre franche, de terre 
«e bruyere, de terreau de fumier et de 
e «illcs bien consomme; le tout melange 
Par parties egales, auxquelles il n'est pas 
■"utile d'ajouter au printemps un peu 
l^'grais mv\r h lean , quand les pousses 
nviron i, jjoiiccs <lc hauteur; on les 




air, pour en durcir les tiges; et les rentrer 
au moment de la floraison, dans une bonne 
serre temperee, ou ils accompliront toute 
leur evolution florale et pourront murir 
leurs graines, avant l'arrivee de l'hiver. On 
devra, dans ce but, si l'automne e'tait trop 
humide ou trop froid, les placer pour quel- 
que temps en serre chaude. 

La multiplication en est facile, et par les 
bulbilles que produisent ses tiges , et par 
ses graines , et par la separation des jeunes 
bulbes; enfin par le bouturage meme des 
ecailles de ceux-ci , qu'on plante par la base 
dans de petites terrinos, sous chassis froids. 
Quclques praticiens, dans le but d'en faire 
plus promptement grossir les bulhilies cau- 
linaires, en couchent sur le sol les tiges, 
avant la fanaison totale, les couvrcnt de 4 ou 
5 cent, de terre, qu'ils tiennent legerement 
humide. Je ne dois pas omettre de recomman- 
derlafecondation artificiellepour en obtenir 
les graines avec plus de certitude ; car sans 
cela bien souvent elles resteraient steriles. 

On a cherche frequemment a fe'eonder 

d'autres especes de 

le tigrimnn , le sh- 

perbum, etc., qui fleurissent a la meme epo- 

; mais jusqu'ici ces mariages adnltmns 

I'itnq.lcfciucnl c'choiic. 



MISCELLANIES. 



f 6S. NOTICE SUR EA WEIGELIA ROSEA Lindl. (1). 



Les documents qui suivent , extraits de la 
notice raeme publiee par M. Fortune dans 
le Journal of the horticultural Society of 
London, completeront, en quelque sorte, 
ce que nous avons eerit nous-memes sur 
l'histoire de cette belle et remarquable 

Le premier individu que vit M. Fortune, 
sc trouva etre dans le jardin d'un mandarin 
de lllc de Chusan. L'arbrisseau etait en ce 
moment charge (ceci a la lettre) de ses belles 
fleurs d'un rose brillant, pendant en gra- 
cieux bouquets des aisselles foliaires et du 
sommet des rameaux. Le jardin, lui-ineme , 
etait un excellent modele du style jardi- 
nique partieulier en si grande vogue parmi 
les Cbinois du nord. On lui donnait genc- 
ralement le nom de jardin de la Grolte (the 
Grotto), a cause d'un joli rocber artificiel 
dont il etait le principal ornement. Tous les 
officiers, en cantonnement a Tinghai, qui 
visitercnt ce jardin, admirerent la plante 
en question, qui, d'un autre cote, etait 
aussi la plante favorite du vieux proprie- 
taire a qui appartenait la residence. Elle 
est, en effet, une des plus belles plantes du 
nord de la Cbine, et le zele voyageur n'eut 
pas de cesse qu'il en eut envoye des indi- 
\idus vivants en Europe. 

Comme tous les jardins des mandarins 
du nord de la Cbine sont exigus et ne peu- 
vent contenir qu'un petit nombre de plan- 
tes , cellcs-ci sont toujours cboisies scrupu- 
leusement parmi les plus belles. On peut, 
en effet, en juger suffisamment par les 
diverses especes d'Azalees, de Roses, de 
Pivoines, de Viornes, etc., dont nous 
avons deja entretenu nos lecteurs ; arbris- 
seaux qui tous rendent ces jardins extre- 
mement agreables, surtout pendant le prin- 
temps et les premiers mois de l'ete. 

La Weigelia rosea est inconnue dans les 



provinces meridionales de la Chine; et cettt 
circonstance fait presumer qu'elle sera rus- 
tique, ou a peu pres dans nos cultures. Dans 
le cas contraire, ce sera pour nos serres 
froides 1'un de leurs principaux 
ments, et elle y rivalisei 
et les Camellias. 

Comme M. Fortune 



; les Azalees 



contree a l'etat sauva 
environs de Chusan, i 
introduite du Japon t 



a, le 



art.' 






ivent plusieurs degres sous zero 
elle est couverte de neige, sans 
1 souffrir. Son port resserable 
a celui de notre sc< 
perd ses feuilles en hiver et fleurit en avnl 
et en mai. On pent la mulliplni ;\\ir.U 
plus grande facilite de boutures, coupees 
pendant le printcmps et Pete, et elle ne se 
montre nullement difficile sur le choix du 
terrain. 11 faut la former en buisson, pour 
lui faire produire tout l'effet hautemcnt 
ornemeulal dont elle est susceptible (1). 



dand'opinionderegarderce8 S enrescommed.8tinct^ 
Tous deux sont 'r^S^:"!;:/^ M«at^ 
fausVesToJeTdW p i"j\V' d'.'uhlV, |,l,,.;nt ,.r- ■ |- 

:;:„; 1 : lt : , ; i ;;:; 1 ; ;;: 1 ( ,, i ;;,;: ';;,:: " •) L ? 2 j*™$* 






Sm 




>'iC«. .rli^l' 



VIBlMll PLICATI1. 



CHARACT. GENER. — ^ 
CHARACT. SPECIEI : F. 



Ettm. V. ci-dessus, T. III. Sept. 1847. PI. I-II. 

Caprifoliacese — Pentandria-Monogynia. 

planta culta omnibus stej 
globosam congestis. Lmi 



Encore une des conquetes horticoles de 
M. Fortune dans le nord de la Chine , et 
une agreable addition pour l'ornement des 
bosquets de nos jardins! Ce zele collecteur 
rapporte que Ies riches de ce pays font 
grand cas de cet arbrisseau , et le cultivent a 
l'envi dans leurs jardins, ou il atteint 8 ou 
40 pieds de hauteur. II y fleurit en abon- 
dance et porte des capitules floraux , d'une 
blancheur de neige , dont le volume et la 
forme rappelent ceux de notre Boule-de- 
neige (Viburnum Opulus), dont il est fort 



primitive a 
Thunberg, qui le decouvrit au Japon. 
M. Siebold, qui l'y trouva egalement, dit 
que c'est l'une des plus belles plantes qu'on 
y cultive. La , les habitants du pays lui don- 
nent le nom de Satsuma Temari, qui in- 
dique sa patrie reelle, le Satsuma, province 
la Plus meridionale du Kiu-Siu (Kiusia), 
par le 51 degre de latitude nord (meridien 



de Greenwich) , ou il semble avoir ete im- 
porte de la Chine. Toutefois, si la plante 
dont parle M. Siebold, est bien la meme, 
elle ne s'y eleve, dit-il, qu'a 4 ou 6 pieds de 
hauteur. 

Une description botanique de cette plante 
serait ici a peu pres inutile. On n'en connait 
d'ailleurs que l'individu a fleurs steriles , 
qui se distingue facilement a ses grandes 
feuilles arrondies, cuspidees au sommet, 
bordees de dents aigue's, relevees de cotes 
elevees et formees par l'enfoncement de ner- 
vures presque paralleles, glabres en-dessus 
et tomenteuses en-dessous. Les fleurs, d'un 
blanc de neige, lors de l'epanouissement, 
forment de grosses boules, de la forme et 
du volume de celles de nos Bouks-de- 



Ce bel arbrisseau s 
les jardins. 



i bientdt dans tous 



Comme le Viburnum macrocephalum , 
comme notre Boule-de-tieige meme, cet 
arbrisseau n'a rien a craindre des frimas 
du nord, et est indifferent sur la qualite 

1 terr ain , pourvu que celui-ci ne soit pas 
To». ,„. 



humide. On le multipliera facilement de 
boutures faites a froid, et par l'eclat des 
jeunes rejetons de la base. 

L. VH. 



MISCELLANIES. 

| 63. HEL1ANTHUS ORGYALIS DC. (1). 



Bicn peu de plantes vivaces dans nos 
parterres offrent un port aussi pittoresque, 
aussi grandiose que ce Tournesol (Soleil). 
Malgre son nom specifique, qui signifie 

dans les bons terrains, surtout lorsqu'on l'y 
laisse en place pendant plusieurs annees 
sans y toucher; et sa grandeur moyenne 
est de 6a 8 pieds. Ses tiges sont assez 
greles, mais dressees, fermes, a rameaux 
nombrcux , mais tres courts , floriferes , et 
ne depassant pas les feuilles, qui sont extre- 
raement serrees, etroites, lineaires, Ion- 
gues de 10 a 12 pouces, sessiles, arquees- 
retorabantes, d'un vert sombre. Les fleurs 
(eapitules) sont petites, mais nombreuses, 



reunies en corymbes 5-7-flores, a disque 

d'un pourpre noir a rayons d'un jaune vif. 

Rien n'egale l'elegance de ces longues 

feuilles, serrees, retombant tout autour des 

cbent le vif coloris des fleurs. On a peine 
a eomprendre que cette espece ne soit pas 
plus repandue dans les jardins, ou elle est a 
peine connue , bien que la date de son in- 
troduction remonte au moins au temps de 
Miller. Elle croit naturellcment dans l'Ame- 
rique du nord, patrie des grandes cspeces 
d'Helianthus, et ou elle a ete observee prin- 
cipalement dans la Virginie et l'Arkansas. 



ABREO-RETICCI.ATIS. 



L'etablissement Van Houtte vient d'acque- 
rir une variete de la grande Pervenche de 
nos forets [Vinca major L.) a feuilles pana- 
chees de jaune. Les Anglais la proclament 
comme la rivale sous ce rapport de YAncec- 
tochilus setaceus; mais la comparaison est 
inexacte en ce sens, que si la variete en 
question n'a pas les reflets veloutes des feuil- 
les de cette plante, en revanche toutes ses 
veines, toutes ses veinules sont d'un jaune 
tellement eclatant (ceci est d la lettre!), 
qu'on dirait d'un fin reseau d'or pose sur 
une feuille d'un vert sombre. C'est, on peut 
le dire sans craindre d'etre taxe d'exagera- 



la plus belle plante panachee aceukn- 
teUement qu'on puisse voir. Nous laissons a 
penser le charmant effet qu'elle produira 
dans nos bosquets en couvrant le sol toute 
l'annee de ses nombreux reseaux .1 Of « « 
ses belles et grandes fleurs bleues quelle 
donne des les premiers jours du printemps. 
Disons aussi qu'il arrive quelquefois que 
par exces de vigueur, sans doute dans un 
sol trop riche, cette magnifique panachure , 
s'altere en partie ou disparait meme sur 
quelques branches, tandis qu'elle pers.ste 



CAMELLIA (iAPoxicA) IMIITA. 



§ Camelliete. — Monadelphia-Poly; 

mis, C. Japo- I Camellia 



H.Lr.w in Cat;,! 



Cequi soutient la popularity du Camellia 
parmi les amateurs , c'est surtout l'epoque a 
la fois tardive et precoce a laquelle il fleurit, 
qui est encore l'hiver et n'est pas tout a fait 
le printemps. A cet avantage incontestable, 
joignez le volume , 1'eclatant coloris de ses 
fleurs, et son immense vogue sera justified. 

La varit'te, ligurce ei-contre, vient s'ajou- 
ter au nombre des plus remarquables de ce 
beau genre, par la pariaite regularite et le 
double coloris de ses fleurs. Elle a ete ga- 
gnee en Angleterre (et sera mise dans le 
commerce, par M" Hugh, Low et C°, 
de Clapton), de graines recueillies sur un 
C. hiijrt> 'folia, feconde, dit-on, par un Ca- 
mellia anglais, le Lady Hume's Blush. Une 
particularite rcmarquable dans l'histoire de 
cette plante, c'est que, dit M. Paxton, le 
C. mi/rlifblia, sa mere, produisait des fleurs 
mal ronformees depuis quelques annees, et 
que le pere, place tout aupres d'elle, le 
CLathj Hume's Blush, etait faible, mala- 
dif, et ne produisait que des fleurs tres 
'niparfaiir; ,.| i,rs irregulieres. 



Quoi qu'il en soit, le nouvcau Camellia, 
tout en ressemblant a sa mere, lorsque les 
fleurs de celles-ci sont dans leur etat nor- 
mal, est encore assez semblable a son pere, 
lorsqu'il est parfaitement epanoui. Son bou- 
quet central est en effet, d'un blanc reflete 
de rose pendant la premiere partie de la sai- 
son , et le reste de la tleur est du plus beau 
cramoisi; tandis que plus tard au printemps 
les 5 ou quatre premiers rangs de chacune 
d'elles deviennent d'un blanc rose, et le cen- 
tre cramoisi; et meme, nombre de ses fleurs 
ont leurs petales disposes en series hexa- 
gonales , corarae dans le dernier. 



ipport de la conslauce, <hi 
perfection des fleurs, de 



C'est, sous 
coloris et de 
leur facile cpanouisscment, l'un des meil- 
leurs Camellias connus. II fleurit abondam- 
ment; le port en est regulier, le feuillagf 
moyen et d'un vert fonce. II sera bientoi 



MISCELLANIES. 



PITT OSPORUSI GLABRlTtill LlNl 



dans nos serres, ne brillcnt pas par le vo- 
lume et le brillant coloris de leurs fleurs , 
du moins le norabre de ces fleurs , leur du- 
ree et la suave odeur qu'elles exhalent com- 
pensent a un haut degre cet inconvenient 
et les font rechercher, avec raison, des 
amateurs. 

L'espece que nous i 
nemment toutes les 
nons de louer. Elle 
M. Fortune, sur le sommet des montagnes 
de Hong-Kong, ou elle forme un arbris- 
seau nain, fleurissant de bonne heure au 
printemps. 

Son feuillage est persistant , convexe , 
subverruqueux , d'un vertfonce, aussi lui- 



sant que s'il etait verni, un peu glauque 
en dessous. Les fleurs , plus petites et plus 
allongees que celles du P. Tobira, sontd'un 
blanc verdatre , extremement odorantes et 
disposees en ombelles terminales, sessiles. 
Ces feuilles affectent quelquefois un arran- 
gement verticillaire, comme cela a lieu dans 
le P. cor hi folium et les especes voisines, 
surtout dans P. pauciflorum, de Macao. 

Jusqu'ici cette plante a ete traitee comme 
etant de serre froide; mais d'apres son 
apparence, il y a lieu de penser qu'elle 
pourra passer nos hivers a l'air libre, le 
long d'un mur. Elle ferait merveille dans 
un conservatoire, cultivee en terre de 
bruyere. 



f 66. Fit USIER BEE HIVE (rv 

Tout en occupant ses lecteurs de plantes 
ornementales, et de tout ce qui y a rapport, 
la Flore pretend bien aussi ne point passer 
sous silence les fruits nouveaux dont la 
bonte lui sera demontree : Flore ne doit- 
elle pas etre escortee de sa soeur Pomone? 

Un nouveau fraisier, le Bee hive, d' Aber- 
deen, vient d'etre tout recemment obtenu 
en Angleterre, qui surpasse, dit-on, par 
l'abondance de son produit, tous ceux con- 
nus, rapportant autant a lui seul que vingt 
autres. Chaque pied developpe 50 a 120 
bouquets de fruits, dont la reunion en tete 
imite une ruche d'abeilles, et murissant 
avec tant d'ensemble, qu'on peut cueillir 
des bouquets de 12 a 30 fraises mures a la 



;he d'abeilles) DABERDEEX. 

fois. Un individu de ce fraisier a produit 
en meme temps 334 fruits. II se prete ad- 
mirablement au forcage, et douze pieds 
ainsi traites ont donne ensemMr ."idiio Irai- 
ses. La qualite extraordinaire et la belle 
apparence de ces fruits ne peuvent etre ag- 
preciees que par ceux qui les o 






; rond et mesure 



5 pouces 1/2 de circonference; ils sont dun 
ecarlate brillant, que releve encore le beau 
vert de l'involucre; leur saveur relevee, 
leur arome delicicux. Comme leur couleur 
interne est la meme qu'a 1'exterieur, ils se 
pretent a faire d'excellentes conserves. 




j>io.u*« mtuciptifa 



DIOMA MIISCIPILA. 



Hone, Dionwa, Dione, nymphe de l'Ocean; fut la mere de ' 
Droseracese. — Decandria-Monogynia. 



CHARACT. GENER. — Calyx quinquepartitus 
aequalis. Corollae petala 5 hypogyna oblongo-ob- 

hypogyna, calycis foliolis solitarie, petalis saepius 



subglobosa plurima anatropa. 



plici apice corymboso tnultifloro , flonbus tnnjm 



La grande et triple question de l'irritabi- 
lite,del'excitabilite, dela sensibilite vegetale, 
a occupd les esprits les plus eminents en bo- 
tanique, sans avoir ete encore completement 
et rationnellement resolue. C'est qu'en effet 
c'est une des choses le plus digne d'occuper 
le philosophe avide d'arracher a la nature 
jalouse ses secrets les plus cache's. En sera- 
t-il de cette chose, comme de tant d'autres , 
plus importantes encore , pour la penetra- 
tion desquelles cette maratre Nature nous 
dit Par la bouche d'Horace : 



Un article de l'espece de celui-ci ne sau- 
ait nous permettre d'effleurer raeme un 
"jet si ardu. Nous n'examincrons pas 
'^vantage a quel degre ces trois grands 



mots, d'irritabilite, d'excitabilite, de sensi- 
bilite, pourraientbien etre synonymes. Nous 
nous contenterons de constater que chez 
les plantes, lemouvement non seuleraent est 
autoraatique, c'est-a-dire , execute sponta- 
nement et sans excitation cxterne {Desmo- 
dium gtjrans) ; mais encore latent, et sc r(5- 
velant seulement par le contact d'objets 
exterieurs (Mimosa: plures). Or, nicr une 
sorte de sensibilite dans les vegetaux, c'est 
nier ces divers raouvements. 

Chez la plante qui nous occupe, l'irrita- 
bilite ou 1'excitabilite , comme l'on voudra, 
existe a un haut degre. Ainsi, le lobe qui 
termine la feuille se compose de deux par- 
ties hemispheriques, reunies au centre par 
une forte nervure carenee-aigu« : <n dehors, 
couvertcs en dedans de glandules I 



_.'i. Hi! Ill 



saillantes et souvent terminees par un poil 
blanc (I). II est en outre borde de longs et 
robustes cils aculeiformes , tres reguliere- 
ment disposes, dont la base fait corps avec 
leparenchymememe des lobules, et qui s'en- 
trecroisent tres-etroitement lors de la fer- 
meture de ces derniers. La liqueur sucree 
que secretent les glandes indiquees attirent 
des insectes, qui se trouvent tout-a-coup 
prisonniers par le rapprochement rapide, 
instantane, hermetique, qu'executent les 
deux lobules, dont l'excitabilite est tout-a- 
coup raise en jeu par cette cause etrangere , 
et subsistera aussi long-temps que cette 
derniere continuera d'agir. En effet, aussi- 
tot que l'insecte cesse de s'agiter , les lobes 
se r'ouvrent et reprennent leur position ho- 
rizontal accoutumee: mais il arrive fre- 



uapres la mort de l'insecte, qui 
lent use ses efforts pour recouvi 
erte; car plus il s'agitait, plus il i 
:s liens qui le rctenaient captif. 
C'est done, comme on le voit, ui 



seule du genre. Ajoutons qu'outrc le phe- 
nomene d'irritabilite qu'elle presente, elle 
offre aux amateurs un port singulier, une 
petite stature , de grandes et belles fleurs 
blanches, dont l'attrait seul lui assignerait 
une place dans nos collections. 

Elle est originaire de l'Amerique du nord, 
et croit dans les endroits humides et raare- 
cageux de la Caroline, ou elle est assez rare. 
Ses feuilles sont toutes radicales, etalees 
sur le sol en rosace. Elles sont sessiles, 
ou, si Ton veut, a petiole borde de chaque 
cote d'un large limbe oblong, attenue a la 
base, echancre au sommet, ou la nervure 
mediane un instant isolee, se borde de nou- 
veau de deux lobes hemispheriques, echan- 
cres-tronques aux deux extremites (v. ci- 
dessus). Ces feuilles sont un peu charnues; 
la partie (ou lobe) inferieure en est legere- 
ment ondulee-crenelee. Du centre de ces 
feuilles s'eleve une hampe nue, haute d'en- 
viron 6 ou 8 pouces , et terminee par un 
corymbe S-7-flore. Chaque pedicelle est 
bracteole, uniflore. Les segments calyci- 
naux sont oblongs-lineaires , aigus. Les pe- 
tales ovales-oblongs, obtus, concaves, bien 
etales et marques de 5-7 stries longitudi- 
nals. Les examines sont subulees, tres- 
courtes. La capsule est subglobuleuse. 
Ch.L. 



de cette ! attentivement 
point precisement difficiles, 
exigent quel 



ques precautions indispensables , a 1'aide 
desquelles elle prospdrera et fleurira abon 
damment chez nous. On la plantera tout 
d'abord dans 

melee de mc 

possible; le fond du vase 
sera place dans 

linipide. On coi 



e sou coupe, a demi ] 



ale tout d 



dispose, dans 



(CH. F) 
ces prescriptions pendant 

conservera l'apparcil ainsi 

un endroit du jardin, au 

i lumierc puisscnl fai-i!" 1 - 



. En hh 



i le rentrera 



brageant legerement contre les rayons du 
soleil. Al'aide de ces soins,la plante donne 
quelquefois de bonnes graines, qui penu^- 
tent de la multiple 



penetrcr 1'air librement. II faudra observer 



ljours pure et tent de la multiplier. Un en sq>'" 
une cloche le- I dans ce but, les rejetons qu'«'ll« 
;, pourlaisser i assez souvent de sa base, et qu'on trait 
' ' commc plantes faitcs. 




,,vvol', 



TR0PI0LII1II SPECIOSIM. 



Tropaeolacese. — Octandria-Monogynia. 



CHAR ACT. GENER. 



ibpeUa- i obooraatwcuneato-ntteimatia. HooK.ailviv 

— 7„ V W prelum E«,.r. et Pob.t Gen , 

' Hook Bot. Ma;; t 4:«3. 






On ne connaissait de cette charmante es- 
espece que la description et la figure qu'en 
ont donnees les auteurs de la Flore du Chili 
etduPerou (V. supra, l. c), jusqu'a ce qu'elle 
eut ete importee vivante par l'un des plus 
zelcs et des plus intrepides voyageurs-bota- 
nistes connus, M. Lobb , qui la trouva dans 
Hie de Chiloe. Ce parallele si avance fait 
esperer que, non-seulement , elle pourra 
etre cultivee a Fair libre en ete, dans nos 
jardins;maismeme peut-etre,selonM. Hoo- 
ker, qu'elle y bravera les intemperies de 
nos hivers (en Angleterre!). Poeppig l'avait 
decouverte dans les forets vierges du Chili 
meridional, dans la valleede Quillay-Leuvu, 
(sic!) pres d'Antuco , dans les basses Andes. 
Par la delicatesse de ses tiges et deson feuil- 
,a ge, l'ampleur et le vif colon's de ses fleurs, 
elle peut etre comparee sans desavantage a 
ce que le genre, auquel elle appartient, nous 
°ffre de plus beau. 

M. Hooker la decrit ainsi : a Tige grele 
herbacee, grimpante, ramifiee, longue de 



plusieurs pieds. Feuilles alternes, sub- 
peltees, portees par de courts petioles 
flexueux, et fendues jusqu'a la base en 6 fo- 
lioles obovees-oblongues , tresobtuses,ver- 
tes, dont les plus jeunes teintes de rouge. 
Stipules petites , divisecs, comme les feuilles 
en 5-6 segments etroits , presque lineaires. 
Pedoncules uniflores, axillaires, solitaires, 
ilexueux, presque cirrbiformes, rouges, 2 
ou 5 fois aussi longs que les petioles et les 
feuilles. Calyce forme de 5' segments pro- 
fonds, oves-acumines, dont les 3 superieurs 
prolonged en arriere en un long et gros 
eperon attenue, courbe. Pelales 5, plus 
longs que les segments calycinaux; les 2 
superieurs petits, obcordes-cuneiformes , 
attenues; les 5 inferieurs plus de deux fois 
aussi grands, cordes, bilobes, 
a la base en un Ion-,' cl yirlc «ni-lcf ; 
I'ii-licmiMit points de vermilion, p;i^,,n 
j.iuiialrc h r<ii]^lcl. diamines 8.... ;> 



;mHi.- I iv* prtnles {fig. gross.) 



Le lecteur trouvera , en consultant les | plante de serrefroide; car jusqu'ici, malgre 

notices des Tropwolum deja decrits dans ce ! la latitude avancee sous laquelle croissent 

recueil, tous les renseigncments qui con- | naturellementsescongenercs,aucuned'elles 

cement leur culture. II agira prudem- j n'a supporte nos hivers a 1'air libre. 
ment en traitant l'espece nouvelle comme L y H 



MISCELLANEES. 



| 67. CULTURE ET MULTIPLICATION »E LMXEMOKE DU JAPON. 



Dans les premiers temps de l'introduetion 
de cctte plante , on l'avait regardee comme 
appartenant chez nous a la serre froide ; 
mais l'experience a decide qu'en toutes cir- 
constances elle etait parfaitement rustique. 
C'est en outre l'une des plantes vivaces le 
plus desirables pour la decoration autom- 
nale de nos jardins, ou elle fleurit avec 
profusion du milieu d'aout a la fin d'oc- 
tobre. Elle peut rivaliser avec le Chrysan- 
theme de la Chine a fleurs pourpres , par 
ses fleurs semi-doubles, d'un rose pourpre, 
dont chacune a pres de 5 pouces de dia- 
metre , et par sa taille qui atteint 2 pieds , 
et plus, de hauteur. Elle sc platl dans pres- 
que toute situation et se multiplie facile- 
ment de graines ou par l'eclat des vieux 
pieds, apres Fachevement de la vegetation. 
On peut aussi la propager par section de 



chaleur douce et un peu d'humidite: la les 
racines se mcttront bientot a vegeter, et 

bonnes a etre plantees separement; mais 
laissez-les encore sous le raeme chassis, pour 
leur permettre de sc refaire du derange- 
ment que l'empotage leur fait eprouver. 
Aussitot que les jeunes plantes seseront 
hicn lvtablies, vous ] 
un endroit ombrage, 
de vegeter rapidement; 
elles demanderont a ctrc rempotecs, ou a 
etre mises en place, a l'air libre, pour fleu- 
rir en automne. On fera attention, soil 
qu'on qu'on les garde en pots , soit qu'on 
les plante en pleine terre, dc ne choisir 
que les plus fortes plantes ; et que pour 
reussir, il est esscnticl de leur donner un 
riche sol et beaucoup d'arrosements. 

Si l'on avait dessein de les planter en 
orangerie ou en conservatoire , pour en de- 
rarov r>'< unp.-na nn niifomne . on les traitc- 



Au printemps, avant que les vi< 
commencent a vegeter , enlevez-les ; otez-en 
la terre des racines, en les sec 

en les lavant; coupez ensuite ces racines rait de la maniere suivante : 

vermiculiformes en fragments longs d'un A la fin de juin choisissea vos plus l*~~ 
pouceaunpouce et demi. Vousaurezpreala- ; plantes , et plantez les par six, a egales dis- 

blement eu soin de preparer des terrines ou tances dans dc largcs pots , remplis du corn- 

des pots bien draines que vous aurez rempii^ jhkI de-i^ne ; arrosez abondamment et p ia- 

de compost (tel que celui que nous recom- cez les plantes a mi-ombre; gouvernez le 

mandons en general). Placez ces pots ou comme des chrysanthemes , et enfin , ve 



la mi-aout, plantez les dans la serre froide 
ou dans le conservatoire , ou dies fleuri- 
ront en profusion , jusqu'a ce que ccux-ci 
leur viennent succeder. Cultivee en pot, 
l'anemone du Japon , doit etre eclatcc 
cliaque annee comme un chrysanthcme. 

Destines au parterre , les vieux pieds se- 
ront eclates vers la fin de mars , en touffes 
d'une grosseur suffisante , pour bien fleurir 
la raeme annee. On les mettra en place en 

damment pendant les secheresses. La, elles 
ne demanderont plus d'autres soins, que 
d'etre relevees et eclatees tous les deux ou 
trois ans; sans quoi les touffes ne develop- 
peraient plus que des tiges faibles, dont les 
flcurs seraient petites et peu abondantes. 

Ce sont seulement les individus de la 
serre froide qui donnent des graines; et 
par ce moyen on a l'espoir d'obtenir de 
nouvelles varietes.Pourquoi ne tenterait-on 
pasdela croiser avec Y Anemone viti folia, 
aux larges feuilles et aux fleurs blanches; ou 
merae avec YA, coronaria, dont on peut 
obtenir les fleurs en tout temps, en chan- 
geant l'epoque de sa plantation; ou encore 
avec YA. palmata, a belles fleurs jaunes? 
S'obtiendrait-on pas ainsi de belles hy- 

Dans ce but, toutes les plantes en ques- 
tion devraient etre cultivees en pots, et 



ei g o de t II fleurir on 
neme temps que YA. Japonica, e'est- 
i-dire vers la mi-aouf. Celle-d nmrit «,■> 



En recoltant ces graines lorsqu'elles sont 
mures , il faut avoir soin de ne les cueillir 
que parfaitementseches, et de les garder 
dans un endroit a I'abri de toute humidite, 
jusqu'en mars suivant: epoque a laquelle on 
les semera en pots ou en terrines , en pre- 
nant garde de ne les couvrirque bien legere- 
ment ; on soumettra ensuite les vases a une 
chaleur douce. Les graines leveront promp- 
tement, et des la fin de mai, on pourra se"- 
parer le jeune plant ; celui-ci , a son tour, 
lorqu'il sera bien repris , peut etre sorti a 
l'air libre, et rester en pots, jusqu'en octo- 
bre, pour etre abrite ensuite contre 1'hiver 
sous un chassis froid. Les jeunes plantes de 
graines ne fleurissent generalement que la 
seconde annee. On les traitcra ensuite 
comme les vieilles plantes; mais on ne les 
laissera jamais sans eau en hiver, car le 
D r Siebold, dit de ces plantes, dans sa Flora 
Japonica, « qu'elles habitent les bois hu- 
mides, le long des ruisseaux, dans les mon- 



M.Ward, dans l'une des seances de laBri- 
, (25 juin d er ) presente quel- 



icnu ainsi les plus heureux succes en trans- 
portant en Europe les plantes des climats 
tropicaux, et que, chaque fois qu'elle n'a 
pas^eu de resultiits heureux, l'insucirs doit 
en etre attribue a l'ignorance ou au defaut 
de soins de ccux qui etaient preposes a leur 
garde. Dans plusieurs cas,lescaisses avaient 
ete couvertes d'un prelart (i) qui inter- 



71 
'in.-. 


<•-. i!i«M 


acces a la lumiere 
souvent la terre leu 
oitre, ou elles n'ont 
Toutefois, et, a m( 




(i) 









condition naturelle, les plantes s 

aussi bien trouvees que nulle part j 

M.Ward dirigea son attention sur 1 

tages qu'offraient ces sortes de cais 

gran 

; naturelle. ] 

! lettre d'un artisan 

lare qu'enelevanl de- [danh- danxes 

, il -r pnn'iini les plus ;igiral)les vc>- 

; ,!.■ (]. ; lM-riiii'iil n -•'- (lavaiix jour- 




caisses fermees, l'oxygenc se developpait 
avec plus de rapidite que n'etait forme 
l'acide earbonique; de sorte, que leur at- 
mosphere contenait une plus grande quan- 
tite du premier que l'air exterieur (d pro- 
jMrlions (■gales'.). 



In inembre de la societe recomniandc 
l'emploi de ces caisses pour l'importation de 
la Victoria regia (v. Flore, fevr. et mars 
1847; PI. 200-5). 



f 69. VEGETATION ARBORESCENTE DE L ESPAGNE. 



Le capitaine Widdrington , dans la merac 
seance, donne un apercu des forets natu- 
relles de la Peninsuleiberique, et des i 
ces qui les composent dans toute 
deceroyaume; il traitep irli< ulicremeul di 
« -It hie. du chdtaigner, du frent 



\. lilllir 






verses especes de ehenes qu'il decrit dans 
leur habitat respectif, sont les Quercus 
Ilex, dont on mange les glands; Quercus 



la premiere Ibis ; le 
Q. Saber, ou liege; le Q. vulenlina de Ca- 
vanilles; le Q. Kermes ou cocci fera; le 
Q. Toza ou Tauzin des Francais; le Q. Cer- 
ris; les Q. aiistralix, Jjjilops et. Hnbur. II 
divise l'Espagne en trois parties ou climate, 
dans lesquelles les productions naturelles se 
trouventessentiellementmodifiees.Lefrene, 
dont il y existe deux especes, est decrit spe- 
cialement par l'auteur, ainsi que le Noyer, 
dont selon lui , les limites respectives sont 
plus circonscrites qu'on ne le suppose gene- 
ralenient. 

II s'etend moins sur les pins que sur les 
autres genres, ayant deja dans d'autres 



ions, et notamment dans des notes 
nix Soeietcs de Newcastle et de Ply- 
h, amplement discute cette partie in- 
tegrante des forets. Les especes mcntion- 

d'apres leur lialutat le 
, (q«. V r. Ce sunt les Pinus unrinutu. -/'- 
rhJnspunkaJHnea.Larivio, Pinaster: 
jV.s pert inula; les Pinus Pinsupn el ■■- 
pensis; tous arbres que l'auteur eonsidere 
commc especes indigenes, trouvees dans 
cette contree. II cite les habitat respectils 
et les zones d'elcvation. Les principals ' 
calites qu'il donne, comme les ayant v'- 
et examinees , et formant la base de sa no- 
tice, sont les Pyrenees espagnoles, la Sierra 
Morena , la Serrania de Ronda , les Sierra 
Nevada et de Guadelupe, les grands pla- 
teaux eleves des deux Castilles, les hautes 
montagnes qui scparenl < cs plaines en deuv 
parties ; les mont 



isitn-s 



Calie 



• 



de Segu 



Une foret vierge ! sur q 
lenteou active, riche ou mediocre, ce mot 
magique n'exerce-t-il pas son empire , alors 
merae qu'on l'entend prononcer pour la 
premiere fois? Une foret vierge , c'est l'ex- 
pression resumee de tout ce que la nature 
comporte de grandiose et de majestueux, 
d'elegant et de gracieux , de terrible et de 
sombre. Ce sont des montagnes immenses, 
dcs rochers abruptes, des cascades, des 
torrents, des fleuves, des ruisseaux, des 
milliers d'arbres , souvent antediluviens, de 
mille essences diverses, aux troncs enor- 
mes, aux cimes gigantesques; des pal- 
miers, colonnettes elancees, balancant leur 
panache terminal dans les nues; des fou- 
geres arborescentes , aux troncs palmi- 
formes que termine un vaste reseau de 
dentelles aeriennes vegetales , ondulant gra- 
cieusement a la moindre brise qui accourt 
du large ou qui descend de la montagne ; 
des lianes innombrables , serpents vege- 
taux, enlacant etroitement le tronc des 
arbres, gagnant leur sommet, et de la re- 
tombant en girandoles, en faisceaux, en 
bouquets de mille fleurs diverses , aux cou- 
leurs eclatantes, aux suaves parfums. La, 
chaque tronc d'arbre abrite et nourrit une 
republiquc heteroclitc de plantes etrange- 
raent differentes entrc elles , d'aspect et de 
formes, pendant en fcstons ou en guirlandes, 
groupees ou solitaires, qui les bigarrent de 
verdure en toute nuance , les couvrent de 
fleurs aux factures insolites, aux senteurs 
inouies. La , sous ces voutes eternelles et 
sombres, quelques rares rayons de soleil 
filtrant a travers l'epaisse chcvelure des 
arbres , viennent en fdets d'or se jouer trem- | 
I'lottants sur le sol, ou detacher vivement | 






seulement par intervallea le brui-sciucni -In 
feuillage agite par le vent, lc bruit mono- 
tone et lointain d'une cascade. Ilarcmcnt 
dans ces vastes solitudes lc boordoDnemenl 
d'un de ces insectes aux elytra mctalliquc^ , 
vient frapper l'oreille du voyagcur hasar- 
deux ou egare; rarement un oiseau , de 
ces oiseaux des tropiques, pcints dc cos cou- 
leurs si eclatantes, cllleure d'une aile li- 
mide les verles cretes de la foret. 

Cependant, d'u 
cadee , traverse 
fondes solitudes quclque tapir aux lour- 
des formes; le cri strident, aigu d'une 
sorte de cigale vient battre vos tempes 
d'une faeon douloureuse; du fond dc ces 
flaques marecageuses s'eleve, comme la 
basse-taille stentorienne d'un chantre dc 
cathedrale , la voix d'une grosse espece de 
grenouille ; tandis que d'autrcs , par leurs 
rauques croassements , imitent parfaite- 
ment le bruit du maillet d'un tonnelier 
cerclant a triples coups ses tonneaux; et 
qu'au sein de la clairierc voisine, un espece 
d'oiseau vocalise des gammes descendantes 
en la mineur. Aillcurs , c'est le forgcron qui 
frappe sur l'enclume et le serrurier qui lime: 
bruits divers emis par le Ferrador (1). lei 
du sein de ces decombres vegetaux, amasses 
par les ans sur lc sol . luit 1'u'il cuivroux <•! 
fascinateur de quelque enorme serpent repu 
et cngourdi , qu'evcillent ces interruptions 
insolites. Oh ! comme il fait froid sous cette 
tenebreuse verdure! On a pcur; on a peur 
de soi-meme! C'est qu'en effet, on est si 
petit en face d'une si grandc nature! Aussi , 
de toutes parts, quelle grandeur et quelle 

Tel a etc le spectacle auqucl j'ai assist. 



couvert d 


une de ces forets vierges, si nom- 


breuses s 


ur le sol bresilien 


, d'une de ces 


forets, o 


u Vhomme curopeen n'a jamais 


paru ou 


n'a encore porte q 


u'un pas furtif 


et timide 


, et telles elles sont 


encore aujour- 


d'liui qui 


dix annees se sont 


ecoulees depuis 


le momen 


t oil il me fut donne de parcourir 


ces lieux si genereusement doues par le 


soleil. 






Mais c 


s forets ne sont pas 


toujours aussi 


sonibres 


aussi epaisses , au 


si tenebreuses 



que jc viens de les depeindre; elles ne sont 
pas toujours composees de ces arbres aux 
troncs enormes et gigantesqucs , dont les 
vastes cimes pressees interceptent presque 
toute lumiere au-dessous d'elles, si serres 
entre eux que le passage est souvent infran- 
cbissable. Plus loin sur des espaces immen- 
scs , les arbres sont plus sveltes et plus dis- 



tropiques se j 
les vivifie de 

multicolored, i 






f.-ux 



son aise la luxuriance et la beaute de la 
vegetation des contrees chaudes; la des my- 
riades de plantes diverses, arbres, arbris- 
seaux , arbustes , palmiers , fougeres arbo- 
rescentes ou herbaeees, vegetaux humbles 
ou eleves de toute espece, de toute forme, 
croissent pele-mele et se font valoir l'un 1'au- 
tre; la, comme dans nos forets du nord, un 
arbre ne remplit pasde ses propres enfants 
des espaces de terrein tout entier ; tons se 
touchent, mais sont divers; leurs troncs ne 
sont pas nus ou barioles de quelque humble 
mousse , de quelque imperceptible lichen ; 
ils sont couverts, et souvent du haut en bas, 
de mille plantes diverses aux formes etran- 
ges, aux fleurs brillantes, dont les parfums 
embaument l'air au loin; ce sont des Or- 
chidees, des Aroides, des Bromeliacees , des 
Fougeres, des Lycopodes , des Gesneriacees, 
des Loranthes, des Piperacees, des Bego- 



faux du temps ou qu'un accident a fait 
tomber avant son heure, ne succombe pas, 
comme chez nous , sous Feffet d'une pour- 
riture vulgaire. Son tronc incline est bien- 
tot envahi par une foule de plantes dont les 
racines aeriennes l'enserrent et le pressent 
de toutes parts. Leur enchevetrement 
forme autour de lui un epais et solide four- 
reau qui, par son reseau cent fois mul- 
tiple, oppose un obstacle presque insurmon- 
table a une prompte decomposition atmos- 
pherique. Ainsi vetu, Tarbre subsiste encore 
bien des annees , et semble entier alors qu'a 
l'interieur de son vetement d'emprunt, il 
n'est plus qu'une poussiere friable que ba- 
layeraient les vents. 

La , en un mot, la vie est multiple , im- 
mense , energique; elle se produit sous les 
formes les plus variees, les plus inouies. Une 
foule d'oiseaux de toute taille, au plumage de 
toutes couleurs , crient, glapissent , sifllent, 
roucoulent, hurlent, chantent meme, qui 
tapis sous la feuillec, qui voletant de bran- 
ches en branches, qui sautillant sur le sol, 
qui poursuivantdes myriades d'insectesdont 
les ailes et le corselet resplendissent d'or, 
d'argent et d'azur, ou des reflets les plus 
eclatants du prisme ; dont les tons palissent 
le rubis , la topaze et l'emeraude. Tout-a- 
coup un bruit sec, celui d'une branche 
qu'on brise, vous fait lever la tete : ce sont 
des Toucans, au riche plumage, qui, p^r 
ches sur les arbres, brisent de leur enorme 
et solide bee des fruits aux dures enve- 

Pcndant ce temps , des hordes de singes, 



variee, grimacent, hurlent, piaillent; leur 
grincement de dents, imitent le cliquelisou 
le froissement du fer; souvent leurs ens 
semblcnt le bruit du vent, tout-a-coup un- 



mros barbados); d'autres s'elancent 
arbre a 1'autre, a des distances sou- 
prodigieuses, s'y suspendent par une 



to^^jfa' 



toiit-a-coup ;'i hi moiudro alarme en in 
d'ceil cMsparaissenl dans la profondeur des 
forets. Sup les troncs renverses, sur lcurs 
branches courent avec la rapidite d'un 
che les iguanes, rappclant par leurs for- 
mes et leur agilite extreme les lezards 

transition, sans crepuscule, ct alors des 
milliers de lucioles, de noctiluques, traver- 
sent les airs assombris qu'ils sillonnent 
comme des meteores , pour s'eteindre et se 

Mais si le calme de ces forets est grand , 
souvent aussi il est perfide ; malheur au pied 
imprudent qui vient heurter certain tron- 
con de branche, etendu de son long sur 
le cbemin ; la branche se redresse, mord 
en silllant; et bientot un poison mortel par- 
court les veinesdu blesse qui meurt,s'il n'est 
immediatement secouru. Cette pretendue 
branche , e'est le Sucurucu , serpent long a 
peine d'un metre. Ici, du sein de ces epaisses 
broussailles retentitun bruit semblablea des 
grelots ou a des cailloux agites par une peau 
tendue (comme fait ce jouet des enfants au 
premier age); prenez garde, e'est le Casca- 
vel serpent a sonnette, dont la morsure 
est mor telle en peu d'heures. Ce sont encore 
la Cobra de duas cabecus (serpent a deux 
tetes), la Cobra fria (serpent froid), le Jura- 
racassu, etc.; cspeces funestes a rhomnie. 
Ailleurs, aux bords des eaux, grimpe sur 
un arbre dont il enlace les rarncaux pen- 
ches sur l'onde, ou roule sur lui-memc 

'arge tete, une espece de boa, au corps 
enorme, attend patiemment sa proie, qui, 
confiante dans le calme de la foret , viendra 
se desalterer. La victime, bientot envelop- 
Pee des longs et flexibles replis du serpent, 
lessee, eera see, ne sera bientot plus qu'une 
masse incrle qu'engloutira lcntemenl le 
va ste gosier dilatable de son perfide ennemi. 
Et si le hasard vous amene dans ces lieux, 
v °us pouvcz entendre de loin le eraquc- 
^ent des os brises sous les efforts du puis- 
sa nt reptile. Dans ce fleuve, aux eaux Inm- 



quilles et profondes, aux rives boi-di'-es de 
grands arbres, dont les branches sVlendenl 
en arcs pittoresques au-dessus d'elles, don 
s'eleve une foule de plantes aqualiques, 
aux elegantes fleurs (des Culiulium, des 
Pontederia, des Hdkonia , etc.), veille 1c 
hideux Jacare (caiman) a la longue gueulc, 
aux dents acerees, a la peau sur laquelle re- 
bondit la balle; il guette, tapi sous les 
hautes herbes , le cerf, le tapir, l'agouti an 
moins, qui confiant dans la serenite de 
1'onde, dans le silence de la foret, viendra \ 
e'tancher sa soif. 

La, je le repete, la vie est multiple, im- 
luense, enei'gique; elle se produit sous les 
formes les plus plus varices , les plus ecla- 



tout brille devigucur, de saute, de eoloris; 
la j enfin, la nature est toujours vieille el 
toujours jeune, toujours mourante et tou- 
jours instantanement renaissante d'ellc- 
meme. La, l'homme seul est petit, ehelif; 
aussi, sous l'influence de si grandes choses, 
en presence d'une nature si majestueuse. 
se prosterne-t-il humilie sur le sol pour 
rendre des actions de graces au crealeur 
de tant de merveilles. 

Mais je me laisse emporter par mon en- 
thousiasme et deborder par mes souvenirs, 
oubliant que ceux de mes lectcurs, qui 
n'ont pu etre temoins de toutes ces choses, 
doivent rester impassibles en me lisant et 
trouver fort long mon exordc. Rappclc 
tout-a-coup par eette reflexion des champs 
Ueuris de ['imagination, arrache a ces sou- 
venances, palpitantes encore et imperissa- 
bles dans mon cceur , je reviens a des faits plus 
positifs, qu'accompagnera toujours, malgre 
moi, quelque reminiscence de eelte grande 
nature; et je cherchcrai t 

me lire a la connaissanc 

jii^leiuenl vanl( ; es \m- lo 

!,. boubeiir de le> aduiii'i 

La montague, ou mie 

de- Orgues (en oorUi-ais 






qui, clles seules, renferment toutcs lcs mer- 
veilles que j'ai taebe d'esquisser, d'une 
facon, malheurcusement pour moi, bien 







les tuyaux d un 
buffet d'orgues. Elles s'elevent a environ 
vingt lieues de Rio de Janeiro, capitale du 
Bresil, et font partie d'une immense chaine 
se rattachant par de nombreuses ramifi- 
cations aux montagnes centrales qui traver- 
sent du nord au sud ce grand continent. 
Leurs cretes les plus elevees atteignent plus 
de 7000 pieds au-dessus du niveau de la 
mer, et sont visibles, malgre la distance, 
grace a l'extremc serenite de l'atmosphere, 
de Rio racme, dans l'horizon duquel elles 
se confondent avec l'azur du ciel. 



, de.-, . 



i fill. iti 



par les recits que fesaicnt les voyageurs de 
ees admirables montagnes, enthousiasme 
plus tard a la vue des magnifiques vegetaux 
que Ton en introduisait sans cesse et qui 
captivaient ma jcune admiration, je me 
promis bien in petto de visiter a mon tour 
ces lieux encbantes et de saisir pour cela 
une occasion favorable. Elle se presenta 
enfin , et je partis. 

Le recit de mon voyage, l'enonciation 
des causes qui le determinerent, mon sejour 
a Rio, etc., toutes ces cboses 
qu'un mediocre interet; aussi h 
sous silence, pour ne m'oecuper que de 
decrire succinctement et pour ainsi dir< 
a vol d'oiseau la partie de ces montagnes 
placee dans le voisinage de la ville et etudie< 
principalement sous le rapport de ses pro- 
ductions vegetales. 

Probablemcnt cctte notii 
vu le jour, si la narration de son voyage, 
que vient de publier tout recemment 



.livi a pcu pres le meme itinertire. Au»i 
i-je vu a peu pres les memes cboses que 
e voyageur. De la sans doute quelques re- 
liniscences qui m'echapperont de 



pardonnera , je l'espe 



» eprouve; on me 



propres souvenirs, d'ern- 

r meme quelques fragments de son 
hill- v, iilcnient a la vegetation de 
i trees. 

>aie de Rio de Janeiro est peut-etre 
la plus belle du monde, en meme temps 
qu'elle en est l'une des plus vastes. Elle a 
la forme d'un triangle irregulier, dont la 
pointe se dirigc vers le nord, et recoit une 
foule de rivieres , qui prennent leur source 
dans les montagnes voisines. Une multitude 
d'iles et d'ilots , couverts de bois ver- 
doyants , en parsement gaiment la surface. 
On distingue surtout parmi elles Yilha do 
Governador, la plus grande d'entre elles, 
Yilha da Paqneta, si pittoresque , File Vil- 
legagnon et eelle das Cobras , qui rappe- 
lent tant de souvenirs historiques. Berce 
doucement sur ces vagues si pures, le voya- 
geur admire de loin la vegetation des col- 
lines granitiques qui entourent la baie et la 
ceignent des tons vigoureux de leur vigou- 
reuse verdure; sur sa tete, l'eclat et la sere- 
nite d'un ciel eblouissant de lumiere; de 
tous c6tes l'un des plus beaux panoramas 
qu'il soit donne a I'hommc d'adnurcr. 

La ville est batie sur le bord occidental 
et pres de l'entree de la passe (a uue denue 
lieue environ). Parmi lcs montagnes qui 
l'avoisincnt le plus pres, it " c ' c 
le Corcovado, couvert d'une epaisse foret, 
aux tcintes lcs [)lus riches et que je vou- 
lus d'abord visiter, pour me faire une 
idee de la vegetation de ces contrees. J 
s'eleve a 2,300 pieds au-dessus de la mer, 
et de son sommet on embrasse a la foM" 
ville et sa vaste baie, qui sont a vos pie« ^ 
I et a l'horizon, 



.!,■> 



souvenirs de 



la plus energique. 



e ce spectacle, 



s Org 



u-dessus de 



,'apparut par 



voir. Lc point lc plus commode pour fran- 
chir le Corcovado, est le nord-ouest, et Ton 
peut y arriver par la meme a son sommet , 
fort commodement a chcval.Lcs plus grands 
arbres qui y croissent sont surtout des Pal- 
miers , des Melastomes , des Bignones , des 
Vochysiees, des Casses, des Bauhiniees, 
desLauriers, des Myrtes, des Euphorbia- 
cees (Croton), des Fougeres en arbres, etc.; 
a l'abri desquels croissent une foule d'autres 
plantes plus humbles, des HcUeoniu , des 
Dorstenia, des Phrynium , des Justkia, 
des Ruellia, des Tournefortia , etc. Dans 
les fentes des rochers se montrent des Or- 
chidees, des Gesneriacees , etc.; dans les 
clairieres de grandes Graminees. Vers le 
sommet, les formes vegetales sont plus 
humbles; les Croton y abondent, ainsi 
qu'une petite especc de Bambou. 

Je voulus egalement faire 
dans les montagnes de Tiji 



nom de Voile de hune, en raison de sa 
forme carree , ou de Nez de lord Hood. 
Son sommet est un plateau, situe a 2000 
pieds au-dessus de la mer, a laquellc il pre- 
senteune face presque perpendiculaire.C'est 
la que je vis pour la premiere fois,dans 
tout son luxe floral, la Gloxinia, specioau, 
tapissant au loin le sol de ses grandes et 
belles fleurs violettes. Dans les broussailles 
grimpait une jolie petite Capucine a fleurs 
jaunes, que je sus plus tard etre le Tropceo- 
liim orthotrras. Sur le cote qui fesait face 
a la mer, de larges espaces resplendissaient 
des grandes et des brillantes fleurs de plu- 
sieurs Cuttleya, qua mon vif depit je fus 
oblige d'adinircr de loin, ne pouvant en 
approcher sous peine de me precipiter et 
de me briser sur les rochers, a plusieurs 
centaines de pieds au-dessous de cetendroit. 
Combien je regrettai dene m'etre pas as- 
sure de l'aide d'un negre ; je me fusse avec 
empressement (comme je l'ai fait maintes 
fois plus tard) suspendu au-dessus de l'abime 
« l'extremite d'une eorde, pour allcr cueil- 
to l'objet dc ma convoitise. La belle cas- 



cade de Tijuca dut aussi 
une courte visite. C'est u 
d'unc limpidite cristalline 
sivement de cent pieds de h; 
masses de rochers legercme 
formant bientot au-dessous 







Vis-a-vis la Gavia se trouve un autre pic 
que je ne pus m'abstenir dc visiter /-ali- 
ment, le Pedru-bonita. Je traversal, sans 
m'y arreter, diverses plantations dc ca- 
feyers, malgre le beau spectacle que presen- 
taicnt ces arbrisseaux , alors en pleines 
fleurs, dont la blanchcur fesait a distance 
1'effet d'une abondante neige etendue sur 
le paysage. La route que je suivais etait bor- 
dee d'orangers sauvages (1), dont l'ombrage 
ne m'etait pas moins agreable que leurs 
fruits, un peu aigres, dont j'etanchais ma 
soif. Dans ces belles vallees, un grand ar- 
brisseau, haut de vingt pieds environ sur un 
tronc de 8 pouces de diametre (Ikrhmcria 
arborescens Gardn.), assez semblable a quel- 
que grandc ortie, etait comraun le long d'un 
ruisseau, borde aussi de qucbiues lngas <•( 
d'une belle Myrtacec (Calyptrtutlhes aro- 
malica S'-Hil.) , qui pourrait devenir une 
suceedanee dti giroflier. 

Bientot au loin, de grands arbres aux 
larges tetes, aux branches placees a angles 
droits, aux troncs dont la blanchcur tran- 
chait vivement avec les objets environnants, 
aux immenses feuilles lobees, dont le re- 
vers argente fesait 1'effet d enormes fleurs 



qui, maintenant defrichce. s'eslvueiei 
placee par ces Cecropia, des Snlnuves orl 
rescentes, des Croton . des Yernonia, e 
Sur des troncs enormes, encore couches s 

(H Cet arbre, Laranja da Terra, de* pnrtu^a 



1c sol , j'admirai une foulc d'Orchidees , 
d'Aroidees, de Piperacees, etc. Nombre de 
Mclastomacecs , de Myrtacees , des Compo- 
sers, des Papilionacees, etc., etaient encore 
debout. Arrive enfin au somraet, je pus 
admirer a mon aise une veritable foret de 
Vdksia Candida, qui, se detachant en noir 
sur le bleudel'horizon, semblaient autant 
de squelettes agitant leurs grands bras; sur 
leurs brandies denudecs et couronnees seu- 
lement de feuilles au sommet, croiss.ut un 
bel Epidendrum a flcurs roses , et entre eux 
des Echites sarmenteuses (1), a grandes 
fleurs violettes ou blanches et a odeur tres 
suave. Je retrouvai encore la, croissant 
aux bords des precipices, vers Test, les 
brillants Cattleya, que j'avais admires au- 
paravant sur la Gavia, dans des situations 
semblables. Helas ! j'ai appris plus tard que 
les vandales colons avaient detruit par le 
feu toute cette brillante vegetation , et que 
toute la belle foret, qui ceignait,comme d'un 
diademe, le sommet de la montagne, avail 
etc converti en charbons. 

C'est encore ainsi que dans une excursion 
rapide, au Jurujuba, de l'autre cote de 
la baie, attire par des masses de fleurs 
du plus beau rose , qui me semblaient 
de loin couronner les arbres et les arbris- 
seaux, je vis de pres que ces millions de 
fleurs (le mot n'est pas outre) appartenaient 
au splendide Boin/ai'nvillea sfwclabilis. Ail- 
leurs, et de la iiieme facon , e'etaient les 
(leurs pareillemcnt innombrablcs du Bigno- 
nia venusta, tombant en longs festons 
jusque sur le sol. Sur les flancs de la mon- 
tagne et non loin de sa base, des touffes 
enormes de Taquarassu, le plus grand 
bambou du Bresil, hautes de 50 a 80 pieds 
et plus, decrivent leurs arcs majestueux et 
pittoresques. 

Mais cesmontagnes, cesiles, cette baie, 
tout cela pour moi n etait qu'une sorte de 
preface, de vestibule pour ainsi dire, qui 
devait me conduire aux richesses bien au- 



trement superieures des inontagncs plus 
grandioses, bien plus richement douees, les 
montagnes des Orgues ; aussi quelquc attrait 
que m'offrisscnt ccs lieux, je m'arrachai a 
leurs seductions et retournai en bate a Rio. 

Avant d'entrer plusavant dans mon sujet, 
une courte exposition de la maniere de 
s'equiper et de voyager dans ces contrecs, 
ne sera pas inutile , d'autant mieux que je 
ne sache pas qu'aucun voyageur ait daignc 
entrer dans ces details, futiles peut-etre 
sous un certain point de vue, mais cepen- 
dant d'une importance extreme pour la vie 
et la surete de celui que la necessite ou 
l'amour de la science conduit dans les forets. 
Pour moi , voici comment je m'y pris : 

A Rio, je louai, pour unefaible sorame, 
un negre jeune et fort pour me servir, 
et me procurai un chien , de la race des 
chiens de bergcr; voila quel etait mon per- 
sonnel anime. Quant aux bagages. \U coii- 



de cuir, en filets a insectes, en quelques 
boites pour les contenir ; voila pour le cam- 
pement et le travail; quant a la nourri- 
ture , point d'une haute importance ! j'em- 
portai un rouleau de came sccca, ou viandc 
sechee, preparee a Buenos Ayres, et ayant 
pour l'aspect quelque ressemblance avec 
de l'amadou epais (i). 

Je joignis a cela un excellent fusil a deux 
coups, un court et large sabre, une paire 
de pistolets, de la poudre , du petit plomb, 
desballesenquantitesuffisante; une petite 
quantite de cachaca , sorte d'eau-de-vie e 
sucrc, d'une gout asscz pcu agreable, 
mais dont on fait grande usage dans les 

(1) Qu'il me soit permis de faire observer en passant 



andes, ainsi portees pendant une assez ong 

,. son. In' lncm e du solci! 



. 



'JfcS 




LIL1III EXIIIUI. 



Liliacese § Tulipeae. — Hexandria-Monogynia. 




Ce beau lis parait avoir ete ignore des 
auteurs systematiques; M. Kunth l'a omis 
dans son Enumeratio Ptantarum, et les ca- 
talogues de Sweet et de Loudon sont ega- 
lement muets a son egard 
it , dont i 



la decurrence des nervui 
segments ; limbe campanifi 
profonds (longs de 8 cent, j 



qu'on est redevable de son introduction 
dans nos jardins. II le rapporta en 4850 
des iles Liu-Kiu. 

Nous avons etabli, en traitant ci-dessus 
du L. longiflorum, un parallele pour faire 
ressortir les differences qui existent entre 
ces deux especes, que Ton confond aisement 
au premier coup d'oeil, comme nous 1'avons 
dit. Nous decrivons ici sommairement lc 
£. eximium pour completer notre oeuvre. 

Rescript. Bulbede la grosseur du poing. 
Tige (d'un a trois pieds de hauteur) cylindri- 
que, tres-glabre, dressee, entierement ver- 
te. Feuilles rapproche'es , eparses , tres gla- 
res, luisantes (ainsi que dans les deux espe- 
ces), &roitement lanceolees, subacuminees, 
legerement courbes, epaisses, 5-7 veinees, 
d'un vert fonce ; intervalles des veines 7-8, 
costes, serres (plans et distants, et 5-4 seu- 
lement dans le L. longiflorum). Fleurs tres 
tongues et tres amples, blanches, horizon- 
tales, d'un arome suave. Tube infundibuli- 
forme, long de i 1 centim., coste-sillonne par 
Tom. in. 




I<S C\(. : lirllls plu> elmiK 

spec.) ; les inte'rieurs larges, 
bicostes-sillonnes au milieu , obtus-arrondis 
au sommet, ou la nervure mediane (in dua- 
bus spec.) forme , en dessous , un tres court 
mucron. Dans le L. longiflorum, les c6tes 
ou sillons du milieu des segments sont ob- 
soletes; ceux de l'interieur sont egalement 
mucrones ; tous dans les deux especes sont 
finement papilleux au sommet. Filaments 
staminaux greles, inegaux, peu a peu dila- 
tes, plans du sommet a la base, plus larges 
(mais semblables a ceux du L. longiflorum) 
blanchatres (verdatres dans le L.longifl.); 
antheres courtes, oblongues. Style robuste, 
plus long que les etamines, verdatre comme 
elles et termine par un stigma te renfle, 
lobe, verdatre, couvert de tres courtes 
papilles , et dispose en trois coussinets dis- 
tincts du sommet du style (sic in duab.). 
Ovaire subtrigone-arrondi , sexcoste (plus 

ui de I'espeer comparer) ; ovules 

biseries. Capsule.... 

Ch. L. 



Cette espece, dans le nord de l'Europe, 
demandc l'abri d'un coffre pendant 1'hiver, 
et l'eloignement de toute humidite. Des les 
premiers jours du printemps, on enleve les 
chassis, ou on la tient en pot ou en pleine 
terre, pour l'exposer a toutes les influences 
atmospheriques, qui la fortifient et la font 



l/RE. (CH. |.) 

fleurir avec plus de vigueur que si on la 
conservait alors dans la serre froide cou- 
verte. Du reste, terre riche et legere. Mul- 
tiplication de graines, ou mieux par la sepa- 
ration des cayeux. 

L. VH. 



MISCELLANEES. 



| 10. CULTURE DC IMHASI I ll\ PI I (II F Kit 111 A. (s CH.) 



II y a quelque dix ans que cette plant 
troduite du Mexique, sa patrie, dans nos c 
ou elle n'est pas aussi repandue qu'elle m 
nans doute de lui appliquer une culture q 
produire tout 1'efFet ornemental dont elle 
tible. Telle qu'elle est cultiTee generalemet 



rien moins qu'un agreable a 



es chaudement, bien eclaire's, dans un em 
( fleuriront de tres bonne heure ; chaqu* 
! branche produira une collerette de 12 a 
i moins dediametre. Je renouvelle mes p 
s deux ans, au moyen du bouturage. TJi 
us vieille se deforme trop, et par ceti 
imande trop de soins et de temps pour 
i aspect agreable a l'oeil. Aussitot que 1 



le'nagee, la Poinsettia pulcherrima, pa' 



^v 




iia ss-an:-, 



CHIRITA WALKERLI. 



Gesneriacere § Cyrtandrese-Didymocarpidse. — Didyn 



iiiu;i-AHi;i(is|»rnii 

JUs3-4-floris; lobi 






f Ceylon, p. 26. Hook. Bot. 






quelle decouvrit en 1850, dans File de 
Ceylan ; mais il etait reserve a M. Card 
habile directeur du jardin botanique de 
Peradenia dans le meme ile, de l'intro- 
duire en Europe, ou il en envoya, en J845, 
desgraines, desquelles sortirent, en 1846, 
les individus qui servirent de modeles a la 
figure ci-contre et a la description qu'en 
donne M. Hooker et que nous citons ci-des- 
sous. Le port dresse de cette plante , son 
beau feuillage d'un vert gai, ses fleurs 
nchement eolorees , nombreuses et se suc- 
cedant longtemps , promettent une aimable 
addition a nos plantes de serre chaude. 
H4tons-nous d'ajouter qu'elle est en lleurs 
pendant presque toute l'annee. 

" Descript. Tige suffrutiqueuse, mais suc- 
culente, robuste, ramifiee, pubescente, 
surtout sur les jeunes pousses et les ra- 
meaux, lesquels sont herbaces. Feuilles ver- 
"Cillees-ternees , molles et tomenteuses sur 
te deux faces, ovees-lanceolees, acumi- 



bordees de denticules granduleuses. Pe- 
tioles epais , succulents , longs d'un pouce 
environ. Pedoncules axilla ires, solitaires, 
greles, portant deux ou trois fleurs pen- 
chees, plus courtes que les feuilles. Calyce 
de moitie aussi long que la corolle, pu- 
bescent ou tomenteux, dont le tube presque 
cylindrique, a lacinies dressees, lineaires- 
subulees, aussi longues que le tube. Corolle 
deux fois aussi longue que le calyce, infun- 
dibuliforme eampanulee; dont le tube pu- 
bescent, pale; le limbe etale, bilabic, 
onduleux, d'un pourpre fonce; la levre 
superieure bi , l'inferieure tri-lobee, a lobes 
subarrondis ; a l'orifice est en bas une ligne 
d'un jaune fonce. Etamines 5, dont deux 
parfaites, a antheres lobees, coherentes; 
deux autres petites, imparfaites , a an- 
theres abortives, velues; la 5 e rudimen- 
taire. Ovaire lineaire, inscre sur une glande 
ou torus, cupuliforme. Stylevelu,astigmate 
oblique. Jeune fruit etroit, siliqueux, 
courbe, long de 4 ou 5 pouces. » 

Ch. L. 



■ Calyce et pistil. Fig. 2. Base i 



du dedans. Fig. 3. Pistil . 



Rien de particulier a titer ici pour la 
culture de cette nouvelle espece. Aux arti- 
cles Chirita sinensis (T. I") et zeylanica 
(T. II), le lecteur trouvera tous les ren- 



f 11. GILIA ELONGATA Steud. (i). 



I par Douglas dans la Nouvelle-Cali- 



d'Horticulture delondres, en mai 1847. Elley fleurit 
la meme anne'e en aout. 

Elle s'e'leve a 6 ou 8 pouces, au plus (?) de hau- 



fides; chaque segment en est allonge et filiforme 
comme une epine. Chaque rameau se termine par 

faisant 1'office de bractees. Flenrs subsessiles, assez 
petites, d'un bleu yif, fesant un agreable contraste 
avec le ton grisatre de$ capitules; a antheres sail- 
lantes blanches; a corolle 5-lobee, rotacee (etc.). 



rer de jouir de ses fleurs pendant t 
M. Lindley, dans le Journal o) 
ciety, la decrit et la figure sous le nom de Hugelia 
elongata Bewth.; mais nous devons fairo observer que 
le nom generique ne peut subsister, puisque M. Ben- 
tham lui-meme l'a reunie au genre Gilia R. etP., 
adoptant en cela l'opinion de Steudel (1. c). D'ail- 
leurs le veritable genre Hugelia appartient a une 
tout autre famille. Au reste, M. Lindley, dans son 
excellent ouvrage, intitule: Vegetable Kingdom , 

done ici de sa part qu'une sorte de lapsus calami- 

(Hugelia Bbhth Synon Collomioidcs j \r generis 
Giliaj. sec. Enbl. Gen. PI. 38'21 -HugeliaB.- Ba »io»- 



Hugnlia Reich. Synor 



DidiscusVC. Apiaceaj). 



3 



r 



•-'' «~*f« .... 




COLUMEA CRASSIFOLIA. 



Etim. V. ci-des8U8, T. III. Mai 1847. (223). 
Gesneriacese § Gesnerieae-Besleriee. — Didynamia-Angiosperraia. 



CHARACT. GENER. V. ibidem. 

CHARACT. SPECIEI. C. Caul 

cylindrico; foliis c 





Un fait fort regrettable, dans 1'interet 
des progres de la botanique, et que nous 
devons signaler, c'est Vignorance complete 
des savants anglais a l'egard des determi- 
nations de plantes qui ont lieu sur le con- 
tinent et particulierement en France : faute 
par eux de connaitre et de consulter les 
ouvrages dans lesquels ces plantes sont 
publics. Or, nous avons cu deja maintes 
fois occasion de mentionner ces singuliers 
oublis. 

C'est a M. Ad. Brongniart que Ton doit 
la description premiere de cette plante: 
description qu'il redigea pour l'Herbier ge- 
neral de 1' Amateur (2 e serie) , et qu'il ac- 
corapagna de la figure de la plante et d'ana- 
tyses que nous reproduisons ci-contre (fig. 3 
et 4.) . Ce savant botaniste en ignorait 
1'histoire et presumait que le Museum na- 
tional d'histoire naturelle (de Paris) l'avait 
re ?ue de Caracas, d'ou l'aurait envoyee 
M. Linden : bien qu'elle eiit ete indiquee 
comme envoyee du Mexique , contree dans 
! es h erbiers de laquelle il ne l'avait point 
J»sque la trouvee. 

Elle est 1'une des plus rcmarquables Ges- 
ncriacecs, par son port dresse, ses feuilles 



etroites et epaisses , ses longues et grandes 
fleurs velues , du plus riche ecarlate. C'est 
a ce dernier titre surtout qu'elle merite 
une place distinguee dans les collections. 
Voici la description de M. Brongniart , que 
nous nous dispenserons de traduire, la belle 
figure ci-contre , parlant d'ailleurs assez elo- 



teurs a qui la langue botanique vulgaire 
ne serait pas familiere (Le lecteur curieux 
peut egalement consulter celle qu'en a 
donne M. Hooker [1. c.]) : 

Ch. L. 

Descript. Caulis strictus par urn ramosus 
cylindricus carnosus transverse rugosus 
pubescens. Folia opposita cequalia vel subw- 
qualia, petiolo brevi 3-lineis longo, Umbo 
crusso liiiruri-lunceolulo hasi ubruple con- 
tracto apice attenuate acuta margin e inte- 

mariis par vis valde obliquis; pagina supe- 
riore Iwvissima atro-viridi, inferiore pallida 
Icete virenti proscipue ad nervos purpu- 
rascentes puberula. Flores axillares solilarii 
brevissimr pcdminilali mug ni foliis tamen 
hreviores. Calyx ungitlosus. loriniis stilxv- 






ijHulibtis l<inct>!«jo-subulatis : 
tispubescentibus. Corolla tubo elongate sub- 
cylindrico basi superne gibboso externe 
longe villoso , faicce ampla obliqua, limbo 
bilabiato; labio superiore subplano qua- 
drato-rotundato emarginato; inferior e tri- 
lobo , lobo medio lanceolato obtuso, latera- 
libus obliquis I riling ularihus oblusis paulo 
longiore. Stamina 4 didynama; antheris 
connexis exsertis medium labii superior is; 



filamentis ad basim utroque latere inter se 
geminatis confluentibus usque ad basim a 
corolla liberis. Discus glandula unica parva 
postica ovato-conica. Ovarium ovatum vil- 
losum unilocular, placentis parietalibus 
multiovulalis. Stylus gracilis antheras paulo 
superans; stigma transversale compressum 
integerrimum sulco medio notatum. 



o vu en arriere, pour montrer dans ce set 
sur. Fig. 4. Stigmate. (Ces deux dernieres s 
\erb\er general de V Amateur. 1. c). 



i donnera a cette espece les memes soins que ceux que j'ai recommandes a l'oc- 
n de de sa congenere , la Columnea pilosa (V. 



. ci-dessus, T. III). 



MISCELLANIES. 
f 79. Ml I \l M II till Gmel. 



■s {/;„// 



de Schafta, du lieu, sans doute, ou il la decouvrit* 
Plus tard, M Fischer la coromuniqua du Jardin 
botanique de Dorpat a divers etablissements euro- 
Hie croiten touffes epaisses, et se plait sur les 
rochers du Mont Keridach, dans la province russe 
de Talysch. Ses rameaux sont nombreus, tomenteux, 
e tales, garnis de petites feuilles obovees'-oblongues,' 
et se terminent par 4 ou 5 grandes fleurs d'un rouge 



m.) 

a phrase specifique suivante dans le Repertorium 

Valpers (I. 276). 

'. Tenuissime pubescens ; radice lignosa multi- 

■ 



Silene Schafta S. G. Groin; Hoheiucker 1. c 
Waip. I. c et Bot. Reg. t. 20. 1846. Libdl. Journ. 



ANTIRRHINUM MAJIIS. 



Ettm. V. ci-dessus, T<* III. Avril 1847. (218.) 

Scrophulariacese § Antirrbineae. — Didynamia-Angiospermia 



Dans un article precedent (1. c.) , r 
avons parte de la station et de l'habitat 
turel de la Gueule-de-Loup ; nous en a\ 
rapporte les noms vulgaires , et dit qu'elle 
suivait, pour ainsi dire, les pas de I'homme 
jusque dans les villes, ou elle se plait sur 
les vieux murs , dans les interstices que le 



e que la civilisa- 
tion europeenne; et on pourrait dire qu'elle 
s'est introduce d'elle-meme dans nos jar- 
dins, ou du reste elle est toujours la bien 

Avant que l'horticulture ne s'emparat de 
cette plante pour lui faire produire ces 
charmantes varietes que nous admirons au- 
jourd'hui a l'envi, la nature elle-meme avail 
pris soin de varier les teintes et la disposi- 
tion du double coloris de YA. majus dans 
les lieux memes ou il croit spontaneraent. 
I'homme , ensuite , emerveille a l'aspect 
des couleurs variees, si fraiches, si vives ou 
si tendres qui en decorent les corolles, 
"nita la nature et la perfectionna par son 
art. Bientot il sut , par une culture savam- 
ment appropriee , en obtenir des produits 
Plus beaux, plus varies, ou I'elegance du 
melange des couleurs le dii 



pourpre, ou melange de deux ou decestrois 
couleurs, dans divers tons plus ou moins 
vifs, sont en outre fascies, rubannes, stries, 
piquetes, mouchetes, sables, macules, etc. 
de pourpre plus ou moins fonce; ces fascies, 
cesrubans, ces stries, ces piquetures , ces 
mouchetures, ces sablures, etc., varient en 
outre a l'infini par leurs dimensions e ten- 



positions variees. Une collection de Gueules- 
de-Loup, ainsi diversifiees , devient une 
veritable richesse pour un parterre , a l'or- 
nement duquel elles concourent longtemps 
par la succession indefinie de leurs fleurs si 
elegamment bariolees. 

Nous avons joui delicieusement cette an- 
nee, dans leJardin Van Houtte,d'une collec- 
tion de ce genre, occupant une plate-bande 
de plus de cent pieds de long, ou les in- 
dividus, tous differents les uns des autres 
par des nuances vivement heurtees ou ten- 
dres , par des tons delicats ou cbauds , se 
disputaient l'attention des visiteurs. Nous 
;, pour notre compte, commence a 
noter et a decrire celles de ces plantes qui 
semblaient les plus belles ; mais le 
nous offrit bientot des difficultes tel- 
les que nous dumes renoncer a notre tra- 






hasard les i 



rietes figurees 



la 5 e , envoyee tout recemment a l'etablis- I 
sementVan Houtte, par M. S. Gwilliams, j 
de Dalston. C'est la un genre de culture 



Explication des Figures. 

blanc, rubanne et sable" rouge. (Vnnowii, N» 2.) 

sable et largement rubanne de rouge et de Wane. (Vilmomn, No 4.) 
>lanc, rubanne- et sable rouge yif. (Vhmorin, H« 6.) 
st VA. m. bicolor, muni de longues cornes (V. Hort. Vanh. t. 5. fig. I. 

e'te d'Angleterre : fond rougeatre sable de pourpre. 



Voyez la note de culture de 1 



LTKRE. (PL. T.) 

Youngianum (T e III. Avril 1847. N° 218). 



T 73. BERBERIS {$ hahoyia IOIMI VI I Lindl. (1). 



C'est la seconde espece a feuilles pennees que 
nous ait fourni le nord-est de FAsie. I. Fortune la 
decouvrit , cultivee en pepiniere dans les jardins du 
Nord de la Chine, pre* de Changai, et cette cir- 
constance lui fait penser a T ec raison , qu'elle pourra 



Tche-wang-tchok, qui signifient bambou jaune et 

que les botanistes chinois ne sont pas forts sur les 
determinations generiques ; car un Berberis n'a rien 



de2a4pieds de hauteur; a t 
ivec impaire. Les folioles en sont e'troitement 
le'es, persistantes , longues de 4 pouces et 
s de quelques dents aigues. Les fleurs en sont 

t une panicule terminate II n'est pas difficile 
choix du terrein, et sera eminemnient propre 
rer le devant des bosquets et les rochers 










tlta 






-77 c', |r;|r cOM,„> 
71 cM'ux etetuuxtc 



(XM&yn+nMu* PoHaiffo 



/1SCHYMTMS IdGIFLORUS. 



Ettm. V. ci-dessus, T. III. PI. J98. 
Gesneriaceae § Cyrtandrese. — Didynamia-Angio 



lifloris; calycis f>-partit 
•ectis appressis; corolla 
superne curvato dorse 



La generalite (nous allions dire la totalite) 
des especes du genre jEschynanthns 
offre des plantes doublement interessantes 
aux yeux des amateurs, et par le pittoresque 
de leur port (elles se suspendent aux arbres 
et en retombent en festons charges de 
fleurs), et par le nombre et par le volume, 
et enfin par le riche coloris de leurs fleurs. 
L'espece en question brille sous ce quadru- 
ple rapport au premier rang parmi ses con- 
generes; et nous la regardons meme comme 
la plus belle de celles qui ont ete jusqu'ici 
introduites dans nos serres , en raison de la 
grandeur et de la riche teinte cramoisie de 
ses fleurs pittoresquement redressees. 

La decouverte originaire en est due a 
M. Blume, qui la trouva dans les forets des 
montagnes de l'ile de Java, dans la province 
de Bantam. Recemment l'infatigable Thomas 
Lobb 1'introduisit vivante de la meme con- 
tree en A 
premiere 

qui en publia tout recemment une belle 
figure, en donne la description suivante : 



« Tige procombante, ou rctornbant des 
branches des arbres, et, dit-on, radicantes, 
cylindriques, ou a peu pres, vertes pendant 
la jeunesse. Feuilles opposees , largement 
lanceolees, tres acuminees, epaisses et char- 
nues, entieres, penninerves. Fleurs termi- 
nales, fasciculees ou subombellees, placees 
(en general) a I'extremite d'un rameau pen- 
dant, et se redressant en haut , au nombre 
de 8-10, ou plus probablement , a chaque 
fascicule. Pedoncules courts , uniflores. Ca- 
lyce decoupe presque jusqu'a la base en cinq 
dents lineaires subulees, dressees. Corolle, 
ressemblant beaucoup a celle de YJEsch. 
speciosus (V. ci-dessus, III, sept. 1847), 
mais en entier d'un pourpre fonce ou puce; 
Finterieur de la gorge jaune; celle-ci est 
contractee et entouree d'une bande noire; 
les lobes en sont dresses; le superieur bifide. 
Etamines a fdaments tres exserts et cohe- 
rents par paires au moyen de leurs anthe- 
res oblongues. Style beaucoup plus court 
que les etamines, et a peine exsert. ■> 



Aux articles jEsch. pulcher, miniatus et Lobbianus (ci-dessus T. III. PI. 198. 256. 240), 
J lecteur trouvera toutes les donnees necessaires pour rintelligence complete de la 
ulture de ces aimables plantes. 



MISCELLANIES. 

f 74. RHYNCOSPERMUM (Echites) J 1SJIIIYOIDES LlRDL. (S. F 



es pedoncules beaucoup plus longs que les feuilles. 
M. Lindley, qui le premier l'a fait connaitre et en 
donne une petite figure (1. infra c), en omet la 



sses, aigue's, avec de petites glandes squamiformes 

1 place de stipules Calyce forme" de 5 se'pales 

roits, lisses, convexes, refle'chis, beaucoup plus 



:elle-ci. Corollehypo- 



rlevees, velues i 
I carpelles se'pare's, et entoui 
gues, echancrees, hypogynes,i 



permum M. Alp. De Candolle; car les failles 
sous l'ovaire. Toutefois elles le sont en partie, 



Ex Journ. ofHort. Soc. I. 
.figure noire.) 



f 75. CULTURE DU TROP.EOLI.il 

■etre pas encore apprecie cette e: 
e des services qu'elle peut rend 



serre pendant la mauva 




;i>4wotl6, rt c6.ipa.it6. 



EDGWORTHIA CHRTSAUTHA. 



Thymelaccae. — Octandria-Monogyn; 

CHARACT. GENER _ Flores hermaphroditi. 



■■.. pnpyrifera Zc« 



(avec droit et raison, hatons-nous de Je 
proclamer!) de regarder comrae le plus bel 
objet de la creation et la plus belle moitie 
du genre humain, les fleurs sont, a leur 
tour, les objets les plus gracieux dont la 
Providence ait dote notrc globe. Aussi sont- 
elles de la part de tous les peuples civilises, 
et des sauvages eux-memes, l'objet d'un 
culte constant, d'une predilection avouee. 
Chez les Chinois, aussi ce'lebres, par leur 
antique civilisation, que par leur obstina- 



adopter qui t 

d el'etranger,l'araour et la culture des fleurs 
sont pousses sans doute a un haut degre, 
accompagnes souvent de pratiques 






bizarres, 



i \ i III! qn 



dre variation, depuis des millieis d'aniu'cs. 
C'est ainsi que chez ces peuples, on vous 
offrira des ormes, des betres, bien vieux 
deja, mais qui tiendraient dans votre main; 
des forets entieres, qui tiendraient dans 
votre salon. lis deforment, ils torturent les 
vegetaux, les grands arbres eu\-meines, en 
les prenant ubovo, pour les approprierji leur 
gout deprave , leur faire prendre un aspect 
insolite, bizarre, hideux,cominc les monstres 
de leurs temples , comrae les gorgones , les 
hydres et les betes fantastiques de toutes 
sortes, dont ils herissent les corniches de 
leurs habitations, dont ils ornent les tapis- 
series et les tentures de leur inteYieiir. 



Le joli arbuste , qui fait ie sujet de cet 
article, ne pouvait echapper a leur barbare 
usage. lis en contournent les rameaux en 
forme de boutonnieres, comrae en temoigne 
la figure ci-contre, copiee d'apres un dessin 
chinois, dans le but, dit-on, de le faire 
fleurir (mais est-ce bien la leur seulbut?). 
M. Lindley (1. c.) fait observer que cette me- 
thode a etesuivie avec succes en Angleterre, 
dans le jardin de la Societe royale d'Horti- 
culture , ou cette plante vient de fleurir en 
mai dernier. On en doit 1'importation a 
M. Fortune, qui la trouva dans les jardins 
de 1'ile de Chusan, d'oii il l'envoya, en 1845, 
en Europe, oil elle fleurit pour la premiere 
fois,comme nousvenons dele dire, en 1847, 
dans une serre temperee de la Societe royale 
d'Horticulture de Londres. La decouverte 
originaire en est attribuee a M. Siebold, 
i]iii I'.ivait observee au Japon. 



(I)uplniv) Gardneri, plante duNepaul,dont 
il differe principalement par des fleurs plus 
longues et plus greles, des capitules plus 
amples, et une pubescence beaucoup plus 



soyeuse 



ie externe des fleurs 
(Lindl.). Le bois en est mou ; il produit de 
sa base des rameaux elances , portant des 
feuilles seulement au sommet. Celles-ci sont 
oblongues-lanceolees , petiolees, d'un vert 
fonce et couvertes d'une pubescence tene- 
ment soyeuse et dense, qu'on ne peut la 
distinguer a l'ceil nu. Les fleurs forment 
des capitules axillaires , brievement pedon- 
cules, tres denses et multiflores. Ces fleurs 
sont d'un jaune d'or, tres agreablement 
odorantes, entierement couvertes en dehors 
d'une pubescence soyeuse. Le limbe en est 
a quatre lobes oves, legerement apicules 
(ad figuram! obtus, selon le texte). Les 
etamines sont biseriees; quatre inserees a 
la gorge et conniventes au sommet; les 
quatre autres un peu au-dessus du milieu 
du tube; les filaments en sont tres courts. 
L'ovaire est faiblement stipile (velu !),unilo- 
culaire, et se termine par un style flexueux, 
velu jusqu'au tiers environ de sa longueur, 
et eou\ert ensuite de papilles extremement 
tenues (ad figuram!). 

Cb. L. 



Cet arbuste reussira tres probablement a 
l'air libre dans nos jardins, ou on pourra , 
comme nos Daphne, le cultiver en terre de 
bruyere legere. On le greffera avee succes, 
sans doute, sur le Daphne Mezereum; sans 
ncgliger au besoin de le multiplier de bou- 
tures, coupees en jeunes pousses. Si Ie gout 
de son proprietaire l'y invite, les rameaux 



ffBE . (s f.) 

en pourront etre contournes, comme on le 
voit sur la figure ci-jointe, bien que je ne 
pense pas que 1'emploi de cette methode soit 
indispensable pour le faire fleurir. Cultive en 
pot et tenu en serre froide, en hiver, il exi- 
gera un excellent drainage et des arrose- 
ments tres moderes pendant cette saison. 
L. VH. 




fonVul'a; 



CEPHALOTUS FOLLICULARIS. 



Cephalotacese (v. § of Ranunculacese) Lindl. Veget. Kingd. 428. 
Dodecandria-Hexagy nia . 



ubgloboso fungoso celluloso adnatis 1( 







Voici encore une de ces plantes en pos- 
session de fixer l'admiration des personnes 
memes que leur gout ou leurs habitudes 
portent le moins a I'etude des productions 
naturelles! Jetez en effet un seul instant 
tes yeux sur cette humble plante, et exa- 
mines ^nninie la nature a sini:iiliereii<eni 
s petites feuilles; ne diriez-vous 
t en miniature ces petites bouilloires 
nos menageres placent devant le foyer 
y preparer la savoureitse liqueur, qui 
> apres le repas. tae.ililer h digestion 
>anouir gaiment les fibres di 
bien cela, en effet; en voic 
ndie, le col court, et le cou,-.— 
ie, qui s'ouvre et so ferine a \oloule: 
"'} manque, non , pas merac la li- j 



a panse 



: plutot vous-meme en levant 



Mai's batons-nous de quitter ce ton de 
plaisanterie. La nature elle, tour-a-tour, 
ou grandiose, ou sombre et terrible, ou 

l'admiration et le respect; et la plaisanterie, 
en face de ses ceuvres, nous semble presque 
un sacrilege. 

C'est a notre compatriote Labillardiere 
que l'on doit la connaissance de cette sin- 
guliere plante (1). II la trouva croissant 
dans des endi 



dit terre de Van-Leuwin, a l'extremite 
sud-ouest de la Nouvelle-Hollande. II en 
donna la figure et la description dans 
son Specimen Planlariim Nmce-Hollandice 
(1. e.). R. Brown, plus tard, corapagnon 
de voyage du capitaine Flinders, la re- 
trouva a peu pres dans les memes pa- 
rages, aux environs du detroit du Roi 



Georges, et en donna de s 


on cote une bonne 


li-uiv el line dcsn ipl ion 


telle qu'on devait 


l'attendre d'un botaniste 




Elle fleurit, dans son pay 


natal, vers la fin 


de decembre. La date dc 


son importation 


premiere parait etre 1825: epoque a la- 


quelle le capitaine anglais King, en rap- 


porta des individus vi 




de Kew. 




Descript. Racine viva 


ce , subfusiforme , 


deux ou trois 


tres courtes tiges, 
touffe de feuilles 


portant a leur base une 



toutes radicales; les unes elliptiques, lan- 
eeolees, petiolees, entieres, pourprees, sans 
nervures apparentes ; les autres, en forme 
d'ascidie (v. 1. c), munies d'un opercule et 
attachees par de tres courts petioles. Ces 
ascidies sont oves , obliquement calceifor- 
mes, d'une consistance a la fois herbacee 
et membranacee, d'un vert releve de pour- 
pre. Deux cretes laterales obliques et une 
centrale, courent longitudinalement du 
haut en bas ; la mediane est remarquable- 
ment dilatee au bord et elegamment fran- 
gee de poils. L'interieur de ces vases folia- 
ces est pourpre et contient, comme ceux 
des Nepenthes et des Sarracenia, un liquide 
plus ou moins abondant, dans lequel vien- 



nent se noyer une foule d'insectes. Lcur 
orifice est contracte, hippocrepique; le bord 
en est forme d'une foule de petits bourre- 
lets verticaux, cretes et serres les uns 
contre les autres, d'une belle couleur pour- 
pre ou violette. Ceux de ces bourrelets qui 
sont places vis-a-vis des cretes longitudi- 
nales du limbe de 1'urne sont plus gros 
que les autres, qui vont en diminuant de 
grosseur en allant vers le point ou s'insere 
l'opercule. Celui-ci est plan-convexe, vert 
et legerement velu en dehors , pourpre en 
dedans , et marque de grosses veines rami- 
fiees 5 le bord en est dentele et coste comme 
ceux de certaines coquilles bivalves (Cardes, 
Petoncles). En naissant , il est toujours 

que l'ascidie se developpe. 

Le scape est terminal et s'eleve a 4 ou 
1 pied et 1/2 de hauteur. II est velu, cylin- 
drique 1-2-bractee , et porte une grappe 
simple ou composee. Le perigone est petit, 
blanchatre , velu , forme de 5 segments 
oves, legerement renfles au sommet, places 
sur un disque epais, couvert de fines pa- 
pilles. Les etamines, au nombre de 42, sont 
alternes, inserees sur ce disque ct plus 
courtes que les segments ; les filaments en 
sont dilates, roses. Les antheres en sont 
biloculaires , et en partie cachees par un 
large connectif globuleux. Les pistils, au 
nombre de 5, sont disposes en cercle autour 
d'une touffe de poils; leur stigmate est 
obtus. (V. pour le resteles ciiahact. gener.) 









fig. 7. Un oyule s 



s,dec 
cile, sansdoute 

rieusement des soins eclaires et de tous 
instants. Aussi, en les lui donnant, en est-on 
bientot grandement recompense par sa 
belle et vigoureuse vegetation, qui produit 
nombre de ces ;iM-idies ou vases vegetaux , 
C yeux de tous 



d'on inteiel >i 



(S. Cfl.) 



iulture me reus 

la traitant absolument a 

facon diss Nepenthes et sur tout de U** 

InohiL.e coir,™,,? (V. T. III. 1. C. et 1. 1 

detail- d. ■ 






is ',«;). 



le leeleur, qui l"'"' (>n s " 
nee toutes les prescriptions. 
L. VH. 




:['.,; ,,,!,# 



BERBERIS IUCITOUA. 



■b a feuilles d'yeuse. 

iessus, T. ier p . 307. 

- Hexandria-Monogynia. 



elongatis aubcorymbosis, floribus n 



. Syat. Veget. II. 
rmibuf 'ajo" 8 Berberis lagenaria Poir. Diet, EDcycl. VIII. 619. 



« De cette rare et belle epine-vinette, 
qui n'etait connue jusqu'ici que de ces har- 
dis navigateurs, qui ont visite les cotes de 
la Terre-de-Feu, au-dela des detroits de 
Magellan, des specimen vivants ont ete 
apportes par les officiers de l'expedition au 
pole austral , sous les ordres du capitaine 
Ross, dans le jardin royal de Kew, en com- 
pagnie d'autres tresors de la vegetation de 
ces terres antarctiques. Toutefois, ces plan- 
tes souffrirent tellement pendant leur pe- 
rilleux voyage, qu'uneseule, heureusement 
encore, put survivre, qui pendant le mois 
de mars dernier, developpa ses grandes 
fleurs d'un orange vif, lesquelles, jointes 
au feuillage luisant d'une yeuse, engagerent 
le docteur Hooker a la considerer avec rai- 
son comrae la plus belle espece connue du 
genre. Le bois en est d'un jaune pale, ct 
'ournit un sue de couleur gomme-gutte. Les 
baies sont d'un bleu d'acier fonce et remar- 
quablcs par leur forme en gourde... » 



« Descript. On la decrit comme formant 
dans son pays natal un buisson etale, d'en- 
viron huit pieds de hauteur. Le jeune bois 
est d'un brun jaune; les tiges angulaires; 
les epines triparties, dont chaque segment 
subule, etale, souvent courbe. Feuilles 
obovees, petiolees, aigue's, coriaces, d'un 
vert fonce, brillant, surtout en dessus, 
plus pale en dessous ; a bords munis de 
grandes dents distantes et termine'es par 
un piquant distinct. Grappes axillaires, 
subcorymbeuses. Pedicelles allonges, greles. 
Fleurs globuleuses ; calyce, ainsi que la 
corolle, d'un beau jaune d'or fonce ou 
orange. Antheres s'ouvrant par deux valves 
laterales. Ovaire subglobuleux , se termi- 
nant en un style que surmonte un stigmate 
pelte, deprime au centre. La forme du 
pistil tout entier est celle d'une gourde. =• 

(Hook. 1. c). 



bres et interminablcs brouillards, telle 
la patrie de cette plante, 
H IVI<''irance florale font 



un contraste si heurte, si frappant avec I a son egard les memes soins que j'ai de- 
les sites inhospitaliers de sa terre natale. tallies deja , en traitant de la culture d< 
Ces circonstances font penser, non sans J plusieurs de ses congeneres (Berberis (Ma- 
raison, qu'elle pourra braver egalcment | honia nervosa et trifoliata. I. c). 
nos hivers , bien moins rudes et moins 

tourmentes que ceux de la Terre-de-Feu. | L. VH. 

Du reste, je recommanderai, en attendant, j 



MISCELLANIES. 



FRAMBOISIER DE TOITS LES MOIS. (PL. T.) 

ie temp3 deja, dans les posee de plus de trente fruits, parfaitement mur? 



;ede en rien a celle des fr 



bientotjusqu'aupied. Qui 
encore charges de fruits. 



f 77. CYPRIPEDIITM LOWII Lindl. (i). 
Orchidacese § Cypripedieaj. — Gynandria-Monandria. 



) plus beau,, dit M. Lindley, 



e. Lesfleurs restentlongtemps traic 

e et est encore aujourd'hui 15, 

,eur(L raD L.)- 
defleurschezcetteplantcleur 



mrpree pres de la base; les petales, 

ieusement recourbe's en dedans , etroits 
n jaune verdatre , pale , mouchete's de 




3[&ododet 



)odc 11 duitw K*s 



MODODENDMM J.WAHCDI. 



Ericaceae § Rhodnd. ndn .■-. !>< i andria-Monogynia. 



Vireya Javanica Bum, Bijdr. 854. 



I/introduction d'une telle plante est une 
haute bonne-fortune pour nos jardins , et 

d'ornement. Lcs botanistes, depuis un cer- 
tain temps deja , la connaissaient par la 
description qu'en avait faiteM. Blume(I. «'.), 
qui l'avait le premier decouverte sur le moot 
Salak, dans file de Java. M. Horsfield, en- 
suite la trouva de son cote, dans les forets 
des montagnes volcaniques qui traversent 
cette ile , a 4,000 pieds d'elevation au-des- 
sus du niveau de la mer. M. Ad. Papeleu 
qui, en 1840, la rencontra surle Pangha- 
ranghou et le Gede, en envoya la raeme 
annee a 1'etablissement Van Houtte des in- 
dividus qui perirent malheureusement en 
route , ainsi que des graines qui ne leve- 
rent pas. (Test enfin a M. Lobb que revient 
l'honneur de son introduction a Fetat vivant 
en Europe ; honneur d'autant plus meVitoire 
que Ton peut, sans craindre d'etre taxe d'exa- 
gfration, dire que e'est la une des plus belles 
et des plus importantes plantes (pour l'or- 
nement de nos jardins) que Ton ait impor- 
ters depuis longtemps. Nous avons dit 
qu'elle etait une de nos plus importantes 
plantes! En effet, n'est-il pas permis de 
penser qu'une telle espece , distinguee pai 
son double et insolite 
lant feuillage muni en-dessous dc cui 
ecailles etoilees , deviendra entre les 



• son bril- 



» habiles fleuristes une source feconde 
irmantes varietes, lorsqu*ils laiirunt 
e avec les autres rosages de l'lnde , 



jaune orange , parseme de quelques macu- 
les pourprees , sur lequel tranche le cra- 
moisi vif de ses 10 etamines, et que releve 
une gorge rose en etoile ; ses belles et am- 
ples feuilles lustrees, d'un beau vert, etc., 
lui conqucrront les suffrages des amateurs 
les plus difficiles. Voici la description qu'en 
donne M. Hooker (1. c). 

Descr. « Arbrisseau d'une grandeur me- 
diocre , a branches etalees ; a feuilles eparses, 
subcoriaces, oblongues-ovales ou presque 
obovees , aigues , attenuecs a la base en un 
court petiole, nues en dessus et finement 
mouchetees en dessous de tres pelites ecail- 
les brunes, pelt<5es. Fleurs en fascicules com- 
poses de 10 ou 14 fleurons et plus, amples, 
belles, terminales. Pedoncules glabres , 
mais squameux, uniflores. Calyce tres petit, 
5-lobe. Corolle grande , infundibuliforme- 
campanulee; a tube s'elargissant graduel- 
lement en un limbe 5-lobe , presque egal ; 
dont les segments largement oboves, ar- 
rondis, obtus, etales ou un peu revolutes. 
Etamines 10, legerement ascendantes; cinq 
d'un cote du stvlc, et suivant la courbure 



inferieure de la corolle ; cinq du cote op- 
pose. Antheres d'un violet noiratre, bipo- 
reuses a l'extremite , emettant un pollen 
blanc, en masses coherentes. (Ovaire oblong, 
quinqueloculaire , poilu; style robuste, en- 
toure a la base d'un disque 10-lobe , courbe 



renfermant, 'comme dans 
cinq corpuscules arrondis). 



;enue entre parentheses differe 
elle de M. Hooker. En consul- 



Les iles de la Sonde (Sumatra , Borneo , Java , etc.) renferment quelques belles es- 
peces de Rhododendrum , parmi lesquelles, l'une des plus remarquables , selon les voya- 
geurs, est celle qui vient enfin d'etre introduite dans nos cultures. Bien qu'elle croisse 
a une assez grande hauteur dans les montagnes , la situation de son pays natal , pres 
de l'equateur (6 e et 9 e degre de lat. sud), indique qu'elle doit etre conserved chez 
nous, sinon en serre chaude, du moins dans une bonne serre intermediate entre 
Forangerie et la serre temperee. A cela pres, on lui donnera absolument les memes 
soins qu'aux autres rosages de serre froide. 

II n'est pas sans interet de faire ici connaitre la somme de temperature observee, 
le 48 fevrier, 1840, par M. Adolphe Papeleu, au sommet meme du Pangharan- 
ghou; beaucoup plus eleve que le Gede et a quelques centaines de pieds seulement 
au-dessus de la limite ou cesse de croitre le Rhododendrum Javanicum. Le point 
culminant de ce mont est un plateau de cent cinquante pieds environ de circon- 
fe"rence et depourvu de toute espece de vegetation. 



A 3 beures apres-midi M° -f- Fahr. =8° + Reaum. 
8 _ _ 40 + id. = 3 i + id. 

6 — _ 44 h_ id. = 5 + id. 
» — — 40 -h id. =3|+ id. 

7 - _ 42 h- id. = 4 i -+- id. 

On concluera facilement de ce tableau que la temperature de la station natu- 
relle de cette plante doit necessairement etre encore plus elevee, et que dans nos 
serres, commc je viens de le faire entendre precedemment , elle exigera, pour pros- 
perer, une certaine somme de chaleur et de lumiere pendant nos hivers, c'est-a- 
dire, l'abri d'une bonne serre temperee, ou on devra la placer dans l'endroit le 
plus chaud et le mieux eclaire. 

Quand elle sera un peu repandue dans nos cultures, il est a presumer quon 
pourra en obtenir, par fecondation artificielle , diverses races d'une nature moins deli- 
cate. Ainsi on pourra la marier aux rosages de l'lnde, a ceux de l'Asie mineure, a 
ceux du nord de l'Ame>ique, de l'Asie et de FEurope. Elle est done destinee, comme 
on le voit, a multiplier, a prolonger fort agreablement nos jouissances horticoles. 

L. VH. 



SCITELLIRH TE1ITENATI. 



CHARACT. GENER. 



«. V. ci-dessua, T. II. Fevr. 1846. PI. VII. 
§ Scutellariae. — Didynamia-Angiosperniia. 



totieslongioribus, labio superiore profun 

Scutellaria Ventenati Hook. Bot. Mag. I 
Scutellaria incarnata Vest, choix de 
(fig. supdr.). 



Selon M. Hooker, Ventenat (1. c.) aurait 
confondu sous le nora de 5. incarnata deux 
especes distinctes (V. Bot. Mag., t. 4268); 
1'une desquelles est celle dont il s'agit ici , 
connue deja des botanistes par la figure et la 
description du botaniste francais. Ces deux 
plantes, en elfet, presente entre elles des 
caracteres assez tranches pour les separer 
comme distinctes. M. Hooker, en laissant a 
l'une le nom de S. incarnata Vent., a eu 
raison de donner a l'autre, more botanico, 
le nom meme de l'auteur, S. Ventenati. 

Nous ignorons l'auteur de la decouverte 
premiere de la plante en question , retrou- 
vee en i845, dans les montagnes des en- 
virons de Santa-Martha (district du Cundi- 
namarca, Colombie) par M. Purdie, qui en 
envoya des graines au jardin de Kew, la 
meme annee. Nous l'avons encore en pleine 
floraison sous les yeux , dans le jardin Van 
Houtte, au moment ou nous ecrivons (5 no- 
vembre) : floraison qui dure depuis pres de 
trois mois; et nous pouvons affirmer, con- 
sciencieusement, que c'est pour nos serres 



tale, en raison d( 
terminales de fleurs distiques, grandes, 
d'une si longue duree, et d'un rouge ecarlatc 
s > vif , que le pinceau ne saurait en donner 



n Descr. Rhizome vivace. Tige dressee, 
simple ou ramifiee, quadrangulaire. Feuilles 
opposees, assez longuement petiolees, cor- 
(bien 
peu epaisse el 
charnue), reticulees-veinees et grossiere- 
mentdentees. Racemes terminaux, allon- 
ges. Pedicelles courts, les infericurs oppo- 
ses , les autres alternes. Rractees decidues. 
Calyce (celui du genre) vert, tomenteux, 
dont la crete plus petite que celle de la 
S. incarnata. Corolle d'un ecarlate vif, dont 
le tube tres allonge, grele vers la base et 
graduellement dilate vers le haut (ou plutot 
3-lobe, le lobe median echancre). Limbe 
bilabie; levre superieure voutee, quadri- 
lobee (fineraent pubescente), l'inferieure en- 
tiere, ovale (echancree au sommet).Etamines 
incluses. Ovaire place sur un gros gynobase 
cbarnu (portant au sommet les quatre cor- 
puscules glanduleux [fitum&U poilus] pro- 






: jtht.-i nature!* i 



Pendant loute la belle saison, cette espece 
peut rester dans la serre froide , ou merae 
dehors, en bonne exposition et a mi ombre, 
pour etre rentree pendant l'hiver dans la 
serre chaude pres des jours et dans l'en- 
droit le moins chaud. On la plantera dans 
le compost indique, bien draine, qu'on tien- 



dra un peu humide au moyen d'arrosements 
abondants pendant tout l'ete , et peu fre- 
quents pendant l'hiver. Multiplication fa- 
cile de boutures herbacees, en ete sous 
cloche, avec ou sans chaleur. 

L. VH. 



MISCELLANEES. 



i hasard. la Rose, dont il 



j jugee ensuite d'apres 



adopteront alors a son 



PREMICES DES CHARPENNES 

.CM). 



Quant a ses defauts, on leur a reproche <fc n'dtn 

"h* i.*fcfck» que j'ai sous les yeux, en redigeant 
cette note, sont tous d'une vigueur extreme: ont des 
fleurs pleines, dans Vacception de ce mot, et com- 
poses d'une foule de petales decroissant Je gran- 






L VH. 




^..ilV.a f, r to«t« 



AQIIILEGIA LEPTOCERAS. 



Ranunculaeeee § Hellebore*. — Polyandria-Trigyn 



CHARACT. GENER. - 
CHARACT. SPECIEI: 



L'elegante deeoupure du feuillage des 
Ancolies, leurs grandes fleurs richement 
colorees , la rusticite de leur culture , leur 
petite stature meme, leur ont de tout temps 
merite l'attention des amateurs, dans les 
parterres desquels elles sont un des plus 

L'espece nouvelle (pour nos jardins) dont 
il s'agit, possede eminemment toutes les 
qualites que nous venons d'enumerer. Elle 
est indigene dans la Siberie, ou on la 
trouve, selonMM. Fischer et Meyer, au-dela 
du lac Ba'ical. Par son feuillage et la dispo- 
sition de ses eperons, elle rappele YA. cana- 
densis, dont elle differe surtout par des se- 
pales dilates plus longs que les styles et les 
etaraines, des ovaires tres glabres, etc. Elle 
est encore voisine des A. sibirka et parvi- 
flora; et se distingue de la premiere par 
des eperons droits, quelquefois obliques, 
mais jamais oncines(i), des ovaires diver- 



(i)? 



» faire observer que d 



gents au sommet, des lacinics foliaires plus 
etroites; de la seconde, surtout par des 
lames nectairiennes planes et non cucul- 

Par Ie volume et la forme de ses fleurs 
elle ressemble encore, aTexception des epe- 
rons, a YA. vulgaris; ces fleurs sont d'un 
beau bleu violace au sommet, a sepales 
blanchatres et laves de vert pale, a pe- 
tales jaunatres aux pointes. 

Descr. Dans son pays natal, la plante en 
question ne depasse pas 8 ou 9 pouces de 
hauteur. Ses tiges, ses pedoncules, ses pe- 
tioles et leurs divisions, sont d'un vert 
pourpre, et couverts de poils epars. Les 
feuilles en sont triternees; les folioles ter- 
nees,cuneiformes-arrondies au sommet, et 
la tri-plurilobees. Chaque tige porte une 
ou deux fleurs pendantes , a segments eta- 
les, a eperons courbes au sommet et la ter- 
mines en une pointe arrondie , verte et re- 
flechic (ad figur.). Les sepales paraissent 
quelquefois echancr(5s {id.). Les styles plus 
longs que les examines, sont moins longs 
que les sepales, mais depassent les petales... 



[r. ,s 7 , 



Ch.L. 



/iloceras petit etre impu- jardins; 



i point non plus difficile sur le choix du I tipliera facilement et d'eclats du pied et du 

:in. Grace a sa petite taille, on pourrait semis de ses graines. 

i en faire de jolies bordures. On la mul- | L. VII. 



MISCELLANIES. 
| 79. CULTURE DU BRUGIMANSIA SUAVEOLENS. 



un compost plus riche et de plus grands p 



. Will" 



ment qui le rehabilite a leurs yeux, et hatoni 
de leur dire que des individus cultives de la m 
qui suit , et hauts de moins de 3 pieds ont 
plus de trente fleurs a la fois. On peut juger par la 



s plantes ne permet j 



3 pouces et ayant chacune un ceil. On les plan 
separement dans de petits pots , remplis d'un coi 
post le"ger et bien draines, qu'on place sous un chs 
sis chaud. La, elles ont bientot rempli les pots de 



s fleuriesavec toute la perfection d 



f 80. OR1GINE PB 



W1R4TAH, APPM«»E 



Botanical Maga- 
de VEmbothrium 



PEWTARHAPHIA CMSIS. 



Gesneriacese § Gesnerieee. — Didynamia-Angiospermia. 

sum album. Embryo cylindrac 







CHARACT. SPECIEI : P. rami* epidermid 



bus, calycis segmentis subuli 
apsula obconica 5-nerTala. D 
Pentarhaphia Cuhensis D n < 



Le Pentarhaphia cuhensis, originaire des 
parties montagneuses et temperees de l'ile 
de Cuba , corame l'indique son nom , nous 
a ete rapporte par M. Linden, qui l'a de"- 
couvert dans le Pinal (1) de Nimanima, pres 
de S l -Yago. Son port ramasse, ses fleurs 
nombreuses, qui sc succedent pendant plu- 
sieurs semaines, la rendent, comme on en 
peutjuger,unarbuste d'ornement, offrant 
toutes les qualites requises pour en faire 
une plante de commerce, ainsi que le disent 
les horticulteurs. 

Descr. Cette jolie espece de Gesneriee, 
s'eleve a la hauteur de m 5 a m 4. Sa tige 
est droite, rameuse, cylindrique, recou- 
verte d'une ecorce cendree a la partie infe- 
rieure , gercee longitudinalement et parse- 
mee de petites vermes; les rameaux nom- 
breux, alternes, nus, dans leur partie infe- 



rieure, portent eux-memes quelques ra- 
mules a l'aisselle des feuilles. Celles-ci, pres- 
que opposees et quelquefois rapprochees par 

tiole assez epais; leur limbe coriace est obo- 
vale, presque rhomboi'dal, long de m 00 
sur les caulinaires, de 0-05 sur les rameales 
parfaiteraent entier dans la moitie infc- 
rieure; garni , dans tout le reste de sa lon- 
gueur, de grosses < 



,., d*i. 



mr: I 



rieure, plus pale, glauque ou rosatre, est 
reticulee; dans leur tres jeune age, elles 
sont, ainsi que les ramules, recouvertes 
d'une pubescence rougeatre. Les fleurs, 
solitaires a l'aisselle des feuilles et portees 
sur un pedicelle cylindrique, long de m 02, 
sont glabres et d'un beau rouge vermilion. 
Le calyce , dont la base se confond avec le 
pedicelle, est de couleur ferrugineuse ou 
jaunatre, parseme de poils roux peu visi- 
bles; son tube est court, a cinq angles 



correspondant a un nombre egal de divi- 
sions dressees, pointues, subulees, presque 
egales. La corolle, longue de O m 04, a tube 
legerement retreci vers la base , comprime 
vers le milieu , se divise en cinq lobes ar- 
rondis , tres legerement denticules , a peu 
pres egaux, plus ou moins etales et dis- 
poses de maniere a former deux levres. Les 
etamines fertiles, au nombre de 4, adherent 
par leur base au tube de la corolle; la 
5° avortee, est reduite a un fdet legere- 
ment renfle au sommet ; les 4 fertiles por- 
tent des antheres violatres , soudees deux a 
deux. Le style, qui depasse un peu les an- 



theres, est rouge a l'extremite superieure 
et jaune dans la moitie inferieure, ainsi que 
les filets staminaux ; le stigmate, un peu 
renfle, est obscurement bilobe. L'ovaire, 
soude avec le calyce et surmonte d'un dis- 
que annulaire qui se coupe, apres la chute 
de la corolle en cinq glandes opposees aux 
divisions calycinales , est couvert de poils 
courts. La capsule, dont le sommet depasse 
le tube calycinal auquel elle reste adherente 
dans^la moitie inferieure, s'ouvre en deux 
valves. Les graines sont scobiformes. 



Parmi les nombreux individus de cette 
espece que nous avons vus cette annee dans 
le jardin Van Houtte, ou plusieurs sont 
encore en fleurs en ce moment (10 nov.) 
nous en avons observe plusieurs dont les 
corolles etaient constamment et parfaite- 
ment regulieressurlesmemes pieds. C'estla 
unevariete interessante et qui merite d'etre 
notee , avec cette simple diagnose : 



Du reste , meme coloris, d'un brillant ecar- 
late cramoisi, en dehors, jaune-orange en 
dedans ; et memes stries pourpres en dedans 
sur le limbe. Le P. cubensis commence a se 
repandre dans les collections , ou son port 
singulier et ses jolies fleurs tubulees lui 
assurent une place distinguee. 



(S. CH.) 



Cette plante demande quelque surveil- 
lance dans nos cultures , ou toutefois on lui 
donnera les memes soins qu'aux autres Ges- 
neriacees , telles , par exemple, qu'aux Al- 
lopkctus, aux ffypocyrla, etc. On la tien- 
dra, en general, a l'abri de l'humidite et 
pres des jours, dans un compost hiendraine. 
On nc doit point perdre de vue , que dans 



sa patrie , elle croit su 
ches, couvertes de pins. La multiplication 
se fera aisement par boutures, coupees aux 
articulations sur les jeunes branches, et 
faites sur couche chaude , ou par le semis 
de ses graines. 



"W ^- 




CONVOLVULUS TRICOLOR (var vittatus). 



Convolvulaceee § Convolvuleae. — Pentandria-Monogynia. 




Les Liserons, nora qu'on donne vulgaire- 
ment en France aux especes de ce genre, qui 
y croissent spontanement, en raison de la 
ressemblance de leurs fleurs avec celles du 
lis blanc, sontune des plus belles parures de 
nos champs , des lisieres de nos forets , des 
haies qui bordent les proprietes rurales. Leur 
port, en general volubile, est agreable; leur 
feuillage tres diversifie ; leurs fleurs toujours 
grandes et d'un coloris tendre ou eclatant, 
souvent bigarre ; et neanmoins , malgre ees 
avantages , ils sont , a tres peu d'exceptions 
pres , bannis de nos jardins. Dans les cam- 
pagnes , on leur fait une guerre a mort ; 
ce sont pour les paysans , et raeme pour les 
jardiniers, de mauvaises herbes, des boyanx 
du diable, etc. Ils ont un tort en effet, celui 
de n'etre pas exotiques; car dans ce cas on 



s'empresserait a l'envi d'en decorer les par- 
terres! Et cependant que pourrait-on ra- 
tionnellement alleguer contre le Convolvu- 
lus septum (Calystegia des aut. mod.) ,qui 
croit dans les haies, autour desquelles s'en- 
tortille ses longues tiges effilees, que cou- 
vrentde belles feuilles hastees,que decorent 
de tres grandes fleurs en cloche , du blanc 
le plus pur? C'est de lot que Castel a dit : 



On dirait en effet des fleurs de lis, e 
pour la blancheur , la forme et le volume 
et quel bel aspect elles oi 
sombre ou livide des haie 
liseron joint l'utilite. On s'en sert avanta- 
geusement en medecine. Dans nos bosquets, 
enlace autour du tronc des jeunes arbres, 






I n v . 



I ,S| A 



ritable decoration. Ajoutoi 

au moyen de ses rhizomes tuberculigeres. 

Que dirons-nous de cette delicieuse pe- 
tite espece, le Liseron des cbamps, que Ton 
foule dedaigneusement aux pieds (C. arven- 
sis L.)» aux jolies fleurs roses ou blancbes, 
ou rubannees de ces deux couleurs , qu'elle 
donne pendant toute l'annee , et qui s'ou- 
vrent ou se ferment, selon que le temps est 
pluvieux ou serein! Mais un plus long 
examen de ces especes meprisees nous en- 
trainerait trop loin; abordons done notre 

Une jolie espece est cultivee assez gene- 
ralement , et depuis bien des annees , dans 
nos jardins (peut-etre parce qu'el 
pas en France ni dans le nord; 
forme de jolies touffes que decorent de 
grandes fleurs tricolores; e'est la belle-de- 
jour (C. tricolor). Elle croit spontanement 
en Sieile, en Italic, en Espagne, en Por- 



tugal , dans les iles ioniennes , dans le nord 
Afrique. A l'etat normal, la plus 
grande partie de la corolle (la super.) est 
dun beau bleu d'azur, blanche ensuite, 
et jaune au centre. Elle a fourni par la 
culture des fleurs toutes blanches ou pa- 
nachees de bleu et de blanc. Elle forme 
des touffes bien etalees , hautes d'un pied 
a peine, et qui se couvrent de fleurs pen- 
dant toute la belle saison. En en coupant 
les tiges , apres la principale floraison , elles 
refleurissent bientot de nouveau et durent 
ainsi jusqu'aux gelees. Elle est annuelle. 

II est inutile , sans doute , de donner ici 
d'une plante si connue , une description bo- 
tanique ; nous nous contenterons done d'en 
recommander la culture aux amateurs; et 
surtout celle de la belle variete figuree 
ci-contre, que la maison Vilmorin, de 
nt de mettre dans le commerce, 
fait remarquer par les longs ru- 
bans et les stries d'un bleu violace qui 
sillonnentla corolle dans toute sa hauteur. 
M. Belot-Defougeres, horticulteur a Mou- 
lins (Allier) , nous en signale encore une 
autre, mise aussi dans le commerce par la 
maison Vilmorin ; cette variete se distingue 
nar son coloris d'un beau bleu fonce. 



I»;ii'is, 



Comme celles de toutes les plantes an- 


tive avec succes en pot, pour la decoration 


nuelles exotiques , on seme, des le mois de 
mars, sur couche sourde, sous cloche ou 


des appartements. Elle veut une terre meu- 
ble et riche , des arrosements frequents. En 
la coupant pres de terre, au mois d'aout, 
elle remonte et fleurit jusqu'aux gelees. 


sous chassis, les graines de la Belle de jour, 


pour en repiquer le jeune plant en place , 


des que le beau temps est assure. Comme 


L. VH. 


elle s'eleve peu et se forme en touffe , on 


peut en faire de jolies bordures. On la cul- 





.flue ITi a rt'.uOi 



RVELLIA PURD1EAWA. 



Ettb. V. ci-dessus, T II, Sept. 1846. PI. V (147). 

Acanthaceae § Echmatacanthese-Ruellieee. — Didynamia-Angiosperniia 

CHARACT. GENER 

362. HB. et K. Nov. 
apicem dilatato; Linn. V. 96. VI. 370. 749. VII. 396. Maet. Her 

8PECIEI : R. fruticosa glabriu 



' 



Cette belle Acanthacee est voisine par le 
port et la disposition florale de la RueUia 
glabrala Hort. GiLL (?) [Ihtellia lilucinu 
Hook. Bot. Mag. t. 4147 (1)], dont elle se 
distingue surtout par la forme et le coloris 
de ses fleurs. M. Hooker la compare a la 
R. bracteata R. Br. de la Nouvelle-Hollande , 
dont on peut consulter la figure, dans 
Ylconographia Genernm Plantarum d'End- 
licher (t. 104), et qui en differe principa- 
lement par ses tiges et ses feuilles poilues , 
une corolle toute autre, etc. 

>nne la figure 
:i-dessous) de 
apprend mal- 
particularite de son 
histoirc. Mais si nous en jugeons par la 
dedicace specifique, elle aurait ete decou- 
verte dans l'Amerique raeridionale , par 
M. Purdie, voyageur botaniste pour les- 
dits jardins, ou il en aurait cnvoye tout 
recemment des graines. 



royaux de Kew, qui nou 
et la description (tradui 



, dressee, glabre , haute d'un 



sement tetragones, presque cylindriques, 
vertes. Feuilles opposees, petiolees, ovees- 



les transversales se reunissant aux nervures 
principales. Fleurs terminates, manifeste- 
ment geminees, et remarquables, chacune, 
par une paire de tres-grandes bractccs fo- 
liacees, beaucoup plus petites que les feuil- 
les caulinaires, mais presque aussi longues 
que les fleurs. Calyce petit, profondement 
decoupe en cinq segments subules, dresses. 
Corolle d'un lilas cramoisi fonce, dont le 
tube tres-allonge, courbe, s'elargissant gra- 
duellement vers le somrnet; a limbe de 
cinq segments etales, presque egaux, on- 
dules. Etamines 4 didynames. Antheres 
sagittdes, blanches, legerement saillantes 
au-dessus du tube. Ovaire oblong, bilo- 
culaire, fixe sur une base charnue. Style 
aussi long que le tube. Sligmate bifide, a 
lacinies inegales , subulees. >- 

Ch. L. 



On donne a cette plante les rnemes soins 
qu'aux autres plantes subherbacees de scrre 
chaude; c'est-a-dire, un sol melange et 
assez riche en humus , des arrosements un 
peu abondants pendant la periode vegeta- 
tive; de Fair et dc la lumiere autant que 
possible; une temperature me'diocrement 
elevee. On la tiendra toujours nette et 
propre, par le bassinage et Ie lavage de 
ses feuilles , pour en eloigner les insectes. 
Enfin on la multiplicra avcc facilite de bou- 



tures aoutees, coupees dans les articula- 
tions foliaires , et qu'on plantera a la ma- 

battre l'extremite trop herbacee; on les 
tiendra sous cloche et sur couche tiede. 
La, en en eloignant l'humidite surabon- 
bante, elles s'enracineront tres prompte- 
ment et formeront bientot de beaux et vi- 
goureux individus. 

L. VH. 



MISCELLANEES. 



y HI. DE LA PROTECTION DL VERGER COAT RE LES OISEAUX. 



glaces, suspendus par une ficelle 






ALLIUM CMULM. 






Liliace* § Scillese. — Hexandria-Monogynia. 



CHARACT. GENER.— Calvx corollaceus 6 se- 









dicellis hand articulali. 



CHARACT. SPEC1EI: A. ($ Molliu 



Lesaulx domestiques , Vail, Yoignon, le I connu. Les Egyptiens leur rendaient un 
porreau ou poireau, ont ete connus , cul- culte suivi; c'est ce que Pline a soin dc nous 
tives et employes de loute antiquite. Nous | apprendre (1). Les Israelites, dans le de- 
remplirions plusicurs pages de ce recucil - — - 



sert, regrcttaient les ognons qu'ils man- 
geaient pendant leur captivity Mais de ces 
trois especes, la plus employee, comme la 
plus celebre chez les anciens, est notre Al- 
lium sativum. Les Grecs le regardaient, non 
sans raison , comme un excitant; les guer- 
riers le mangeaient dans ce but ; on le don- 
nait aux coqs de combat. L'aristocratie ro- 
mainc le dedaignait; mais le peuple en 
fesait un grand usage, et surtout les sol- 
dats: ce qui fesait dire proverbialement a 
a ceux qui , partant pour Farmee , etaient 
connus pour aimer un peu leurs aises : ne 
mangez pas d'ail! On connait celte apos- 
trophe de Vespasien a un courtisan qui , 
charge d'odeurs, Fimportunait pour en obte- 
nir le gouvernement d'une province : faime- 
rais mieux que tu sentisses I' ail (maluissem 
allium oboluisse), et il le refusa. Dans les 
ceremonies religieuses, Tail etait souvent 
employ^, et les sorcieres, qui jouissaient, 
on le sait , d'un grand credit chez les an- 
ciens, chez les Grecs surtout, en usaient 
dans leurs sortileges. (V. Horace, Perse 



fort rarement dans quelques autres vege- 
taux. En general, elles presentent un port 
agreable, de jolies fleurs diversement co- 
lorees, et sont vivaces au moyen d'un bulbe. 
Malgre ces avantages et malgre leur grand 
nombre a l'etat de nature , on en voit peu 
dans les jardins , d'ou leur odeur, sans 
mble les exclure , et ou cependant 
beaucoup d'entre elles feraient fort bon 
effet par le grand nombre et Fagreable coloris 
de leurs fleurs. 

Au premier rang, parmi ces dernieres, 
presente celle qui fait le sujet de cet 
en doit la decouverte a Pallas, 

va dans la Russie asiatique, dans 

des plaines salees, le long dc la Beresofka, 
un des affluents superieurs de l'lrtisch. 
Ledebourg plus tard la trouva dans les 
montagnes de FAlta'i, pres du fort de Buch- 
tarminsk, ou il l'observa en fleurs pendant 
les mois de mai et de juin. 

Lorsqu'elle est en fleurs, son ombelle ca- 
pitulee rappelle bien et pour la forme et 
le coloris le capitule de notre Echinops 



Jm: 



d'aliments, et dans quelques prepari 
pharmaceutiques. Dans le midi de l'Europe, 
en Provence surtout, Fail est en grand usage 
et fait partie de tous les mets. Disons tout 
d'abord que dans ces pays il n'a pas cette 
acretequ'il gagne dans le nord, et qui re- 



ijet,auquel 






L'histoire complete de ces 
et les usages auxquels on les en 
conduiraient troploin de notre s 
nous nous batons d'arriver. 



ce genre sont fort nom- 
breuses : on en connait pres de 180 , habi- 
tant presque toutes, et a tres peu d'exceptions 
pres, Fhemisphereseptentrional, danslespar- 
ties temperees duquel elles dominent. Chose 
remarquable, elles participent toutes plus 
ou moins, fleurs, feuilles et bulbes , de cette 



t odeur alliacec , r 



Descr. Bulbe arrondi, solitaire, rous- 
satre ou blanchatre exterieurement. Feuil- 
les 2 , plus courtes que le scape , subdres- 
sees, semicylindriques , striees, yertes, 
placees a peu pres au-dessous du milieu de 
scape. Gaines etroites, cylindriques, striees, 
glabres, legerement carenees, rougeatres. 
Scape haut d'un a deux pieds, vert. Ombelle 
globuleuse, multiflore, sortant d'une spathe 
jranacee, reflechie, bilobee, roussa- 
u C , a lobes oves aigus, inegaux; le plus 
large souvent bifide jusqu'a la base. Pedi- 
celles cylindriques, renfles au-dessous dc 
la fleur, glabres , bleuatres, et mums a la 
base de deux petites bracteoles blanchatres, 
lanceolees, membranacees. Corolle petite, 
bleue, campanulee d'abord, puis etalee en 
etoile; a lacinies exterieures ovees -lan- 
ceolees, concaves, plus larges et un peu 
plus longuesque les interieures, a nervure 
Lsale d'un vert bleuatre ; celles-a oblon- 
gucs, presque planes, a ligne dorsale plus 



obsolete; toutes assez obtuses, entieres, 



Kfan 



;ales, depas- 



sant ordinairement un peu les lacinies; fi- 
laments subules, bleus, dilates a l'extreme 
base, la connees entre elles et avec la co- 
rolle; antberes ovees-oblongues , d'abord 
jaunes, puis en s'ouvrant d'un vert bleua- 



tre. Ovaire arrondi , tricoque, bleuatre, 
retus, a loges contenant chacune 2 011 
5 ovules. Style subulc, droit, azur^; ega- 
lant les etamines; stigmate obtns , blancha- 
tre. 

Ch. L. 



et du jobs colon's de son capitule floral. 
Elle n'a rien a redouter de nos froids , et 
prospere dans un sol meuble, compose, 
bien expose au soleil. Elle ne craint que 
rhumidite trop longtemps stagnante. Aussi, 
dans les hivers trop pluvieux , quelques 



couverture de feuilles secbes , pour en 
eloigner les caux. On la multiplie aisement 
par le semis de ses graines ou par la sepa- 
ration des jeunes cayeux. 

L. VH. 



MISCELLANEES. 



s qu'on jette en le peignant. 



Ccs graines, jetees en effet au rebut, seront d'u 
acquisition bien peu dispendieuse, et peuvent el 

connaitre ce procede a ceux des lecteurs de la Tu 

un changement de nourriture qui ne pourrait qu'el 

L. VH 



f 83. RE LA ROSE A CIN© COULEURS. 



nnonce d'un journal a cinq ci 
s de51.st.(125fr.), la Flore I 






84. CULTURE DU MUGUET. 



uquets d'hiver, la plus agre'able , cell 
oujours le plus de succes, et pour ses jolies 

eMuguet. Cultive en pots dans ce but, il ne 
. generalement pas bien. Voici un moyen dont 

laplate-bande, ou je le cultive, je place un 



s ce rechaud, je place dessus , des 



partie le recbaud. Je mouillejj 
je couvre de paillassons mes c 
dant, pour ces operation diverse 
mosphere. Des decembre, pendi 






f 85. DESTRUCTION DES RATS ET DES SOURIS. 



t des effets encore plus prompts. 



deuxmoyens dontle succes est certain 

On fait frire dans de la graisse , dan 

dans dujus de viande, du liege coupe 



i',r h: ;;i" ,i 



du Japon , amjucl t 




gftojtu UHttttU 



PHAJUS ROSELLDS. 



Ettm. Ratios , brun; couleur interne des fleurs du type (I). 

Orchidaceae § Epidendrese-Bletidae. — Gynandria-Monogynia 












HARACT. SPECIEI : P. sepalo dorsali < 



Si cette petite plante ne presente pas 
l'ampleur florale et foliaire de ses conge- 
neres, dont le type est, on le sait de reste, 
le Limodorum T anker villice , toutefois l'ele- 
gance et la delieatesse de ses fleurs , leur 
coloris tendre, enfin la tenuite entiere de 
l'espece meritent de fixer l'attention des 
amateurs de belles plantes. 



paraissaient la patrie exclusive des qua- 
si l'exception du Phajus grandifolius , 
trouve a la fois dans l'lnde et dans la Nou- 
velle-Hollande. Depuis, deux especes out 
ete decouvertes dans le Nouveau-Monde; 
Tune dans l'ile de la Trinite, le P. macu- 
lates Lindl. (Blelia Woodfordii Hook. Bot. 
Mag. t. 2719); l'autre, celle dont il s'agit , 
qui croit dans la Guiane 



elle a etc trouvce par un des eollccteurs de 
la maison Van Houtte, M. Herman Kegel, 
qui 1'envoya vivante, 1'annee derniere 
dans cet etablisseraent, oil elle a fleuri pour 
la premiere fois en aout dernier. 

Elle se distingue tout d'abord de ses con- 
generes par son port elance, tres tenu , 
des feuilles extrememcnt etroites, ensifor- 
mes, hautes d'un pied environ; un scape 
moins long qu'elles, tres grcle ctterminepar 
5-7 fleurs petitcs, mais jolies et d'un rose 
tendre, bordees (au labelle) de cramoisi vif. 

Descr. Tubercule petit, ove. Feuilles 5-6 ; 
les inferieures squamiformes , allongees, 
amplexicaules , dressees ; les superieures 
extremement etroites, lineaires, grami- 
neennes, acuminees, assez rigides. Scape 
subramific, plus court ou a peine plus long 
que les feuilles, tres grele, cylindrique. 
Bractees squarreuses, plus courtes que les 
pedicelles, dilatees a la b* 



Sepale dorsal connivent avec les petales; 
tous conformes , longitudinaux , lineaires- 
lancdoles, tres etroits, aigus , revolutes au 
sommet, et s'etalant un peu avec l'&ge de 
la fleur. Les lateraux (sep.) tres etales, 
retroflechis. Labelle ample, cuculle, tri- 
lobe, prolonge en arriere en un assez long 
eperon conico-filiforme ; lobes lateraux ar- 
rondis, grands, paralleles au gynosteme, 
mais ne 1'enveloppant pas; le median tres 
court arrondi, crispule; disque muni de 
deux lignes elevees , disparaissant a la base 
du lobe median , et la remplacees par 5 au- 
tres tres petites, dont la me'diane plus large, 
papilleusc. Gynosteme court, arrondi dor- 



salement, plan par devant, apicule; anthere 
terminate, incompletement biloculaire. Pol- 
linies deux, arrondies. 

Si les formes florales n'etaient pas exac- 
tement celles qu'affectent les autres especes 
du genre , ce dernier caractere en eloigne- 
rait notre plante. Fesons observer toutefois, 
que malgre les diagnoses qui attribuent tel 
ou tel nombre de pollii ' 






que de varier, et dans les genres et dans les 
especes elles-memes. Nous aurons occasion 
tres prochainement de revenir sur ce sujet. 
Ch. L. 



Cette plante se cultive en pot bien draine 
et rempli , comme il a ete maintefois expli- 
que dans ce recueil,en traitantde la culture 
des orchidees, c'est-a-dire, de fragments de 
terre de bruyere tourbeuse , de brindilles 
de bois mort, de mousses, etc., le tout un 
peu exhausse au dessus du pot. On la gou- 
verne absolument a la maniere des Bletia 
et des autres Phajus. Ainsi , repos complet 



getation; mais des qu'clle conn 
ner signe de vie (c'est alors qu'elle mo 
ses fleurs), on la rempote a neuf, o 
mouille frequemment, mais selon ses 
gres; et on la tient tres chaudement, 
seulement jusqu'a ce que sa floraison 
terminee, mais jusqu'a la formation 
pseudobulbes. 

L.VH. 



(S. CH.) 



f 86. CONSERVATION DES iRTICHAUTS. 



, je coupe plus tot ou plus tard 
tichaut quise trouvent encore dans 
«e a la tige qui les porte autant de 



sable men tiges d'ar- 



,l'u,n .....Ivllali 



TROPMLll UMLLATIl. 



. II, Janvier 1846, PI. III. 

Octandria-Monandria. 






Un aspect tout particulier, une tige grim- 
pante, flechie en zig-zag, des fleurs tubu- 
lees, en ombelle (circonstance tout-a-fait in- 
solite jusqu'ici dans ce genre, ou elles ne 
se montrent que solitaires) et d'un jolis co- 
lons; une grande elegance enfin, distin- 
guent cette espece et la recommandent au 
choix des amateurs. 

C'est au professeur Jameson , de Quito , 
que revient le merite de sa decouverte. 
II l'observa sur le Pilzhum, montagne de 
7,000 pieds d'elevation au-dessus du niveau 
de la mer, et sur laquelle elle parait croitre 
exclusivement. D'un autre cote c'est a 
M. Lobb, que nous en devons l'introduction 
dans nos jardins; et ce n'est pas l'une des 
moins interessantes conquetes vegetales 

breuses peregrinations. II est probable, selon 
l'observation de M. Hooker, qu'il l'aura re- 
cueillie la meme ou M. Jameson l'avait 
decouverte. 

Voici la description que nous en donne 
le savant botanisteque nous venons de nom- 
mer (M. Hooker) : 

« Descript. Rhizome tuberculeux (selon 



M.Jameson), du poids d'un a deux kilog. 
(5-4 pounds). Tige grimpante, cylindrique, 
grele, succulente , pourpree, zigzaguee. 
Feuilles distantes , subpeltees , cordees,pro- 
fondement 5-lobees,longuement et flexueu- 
sement petiolees ; a lobes oves , obtus , mu- 
crones pendant la jeunesse. Pedoncules 
axillaires , a peu pres aussi longs que les 
petioles, portant une ombelle de cinq ou 
six fleurs (ou plus) , et de petites bractees 
subulees a la base du pedoncule et des pe- 
dicelles. Calyce cylindrique, d'un rouge- 
orange , lave de vert aux deux extremites , 
surtout pendant la jeunesse ; a limbe droit , 
inegalement quinquelobe, prolonge a la 
base en un eperon obtus, courbe, plus 
court que le calyce. Pctales extremement 
inegaux , spathulcs , aigus , onguicules , 
droits (non etales); trois d'entre eux rouges 
et un peu plus longs que le calyce; les deux 
autres oranges , tres petits, squamiformes. 
Etamines aussi Jongues que les petales. 
Ovaire globuleux , trilobe. Style robuste, 
plus court que les etamines, a stigmate 
trifide. n 

C». L. 



En raison de Felevation du parallele sous 
lequel croit cettc remarquable capueine, 
on pourrait penser qu'elle devrait chez nous 
braver impunement nos hivers. II en serait 
en effet ainsi , sans la persistance de l'humi- 
dite pendant cette saison dans nos climats. 
La prudence veut done qu'on la conserve 
pendant les froids en serre temperee, sur 
une tablette bien aeree,bien seche, oii on 



laissera a peu pres sans cau. Pendant tout 
te , on pourra la planter a l'air libre , et 
decorer des treillages, des haies, etc. 
i reste , memes soins et memes modes de 






MISCELLANEES. 



CAMPANULA PAR AMID AL1S L. 



de ces bonnes et belles 



i outre, spoil 
I qu'elle s'a^ 



nt en pots, la palissent en treillage, sur 
r lesquelsles fleurs sont tellement abon- 



T 


n horticulteur a 


iglai», M. ( 


larke, par une cul- 






qu de cett 


plante des tiges de 


ID 






pn 




bas. Voic 


sa methode, dont 






t part a la 


Societe d'Horticul- 


tar 


e de Croydon. 










es de la C. 


pyramidalis (Chim- 










7fl 




nn couch,- 


sourde Lorsque mes 



jusqu'a ce qu'clles aient pousse ; je 



racines tapissent les pots. Je prepare alors 

ou je les plante a 18 ponces de distance 1 

des autres. Je les laisse la jusqu'en mars i 

lie elles auront fait de bonnes ] 



a vegeter de nouyeau. Bientot elles devclopi.eront 
leurs tiges florales ; et au fur et a niesure que celles-ci 
avanceront, je les rapprocbe le plus pres possible 
du verre en admettant l'air abondamment pendant 
le jour. Au fur et a mesure que le printemps avance, 



vendas (auberges). Puis plein dc confiance 
dans ma force et dans le viatique dont je 
1'accompagnais, je me mis en devoir de quit- 
ter Rio de Janeiro. 

Je m'embarquai des 6 hcures du matin, 
parle plus beau temps du monde, suivi de 
mon negre , sur une de ces barques a voile 
: fallua), qui sillonnent 



tient le gouvernail. En trois heures envi- 
ron , nous atteignimes Piedade, petite bour- 
gade, dans laquelle je me procurai deux 
mules , l'une pour me servir de monture et 
l'autre pour porter mes bagages. Quant a 
mon negre Domingo, il dut faire la route, 
cum pedibus etjambis.ie partis sur-le-champ 
de Piedade, dans le but de gagner Frechal, 
petite ville a 5 lieues environ de distance de 
celle-ci , et ou je me proposals de passer la 
nuit. Je traversal une plaine sablonneuse , 
et la de flaques d'eau , ou 
Ttjpha et des Car ex, sem- 
blables en tout a ceux d'Europe, meles a 
des Pontederia crassipes, a des Papy- 
rus, etc., en pleine floraison. Sur les bords 
s'etalaient des touffes de Dichorisandra 
thyrsiflora. Dans les baies , de belles Apo- 
cynees, des Asclepiadees , des Convolvu- 
lacees, deployaient tout leur luxe floral; 
je remarquai surtout parmi ces arbris- 
seaux grimpants un jasmin a odeur suave. 
La Verbetia jamaicensiSy le Vassoura (Sida 
carpinifolia) et une Rubiacee (la Sper- 
macoce viarum), abondcnt le long de la 
route. Dans les sables, des Cereus, des 
Opunlia et d'autres cactees plus humbles, 
herissaient le sol, et par dessus toutes, do- 

Fourcroya gigantea. 

Je suivis le bord d'une petite riviere na- 
vigable le Mage-assu , qui se jette dans la 
baie, et arrivai bientot a Mage , petite ville 
malsaine , en raison des marecages qui 1'avoi- 
sinent; maisassezmarcbande, etqui fournit 
il Rio de grandes quantites de farinc de 
Mnndioca (Cassave; Mani( 



com me on sait de diverses especes de Jani- 
pha (/. Manihot, etc.). De Mage a Frecbal, 
le pays s'eleve un peu et se couvre de pe- 
tites collines cultivees en Manioc. 

J'arrivai dans cette dernicre ville le soir. 
Mon negre, qui connaissait ce pays, pour 

tagne, me conduisit au Ranclto, ou nous 
devions passer la nuit. Les Rancbos sont les 
seules auberges du pays, ce sont de grands 
hangards soutenus par des poteaux ; I'en- 
semble en est sale, degrade et presque 
jamais netoye ni repare. C'est lii que betes 
et gens, au milieu de la fumee des fcux 
divers qu'allument les voyageurs, et prin- 
cipalement les muletiers , pour se rechauf- 
fer (les nuits sont tres froides) ct faire 
euire leurs aliments: et des odeurs de toute 
espece, qui s'exhalent de tous les coins de 
ces miscrables habitations, couchent pele- 
mele, qui sur des peaux de boeufs,qui enve- 
loppes d'une couverture de coton , qui sur 
les herbes donnces a paitre aux betes de 
somme. Ifciircux Ic vovageur pourvu d'un 



•es gens. 

>utez a ce tableau, des troupeaux de 
errants, furetant avec leur grouin 
nde dans tous les coins et disputant 
gens la nourriture qu'ils prennent; 
rmes chauve souris, qui logent dans 
mbles et qui . cffarouchees par les lu- 
mieres et le feu , traversentde leur vol lourd 
cmbarrasse le Rancho, succnt la nuit le 
sang des mulcts, et quelquefois, dit-on, 
des hommes; la vermine qui le visite 
ouvent, et parmilaquelle il faut comp- 
ter le millepieds, le scorpion, la puce pe- 
netrante (Bicho dope), les mosquitos, les 
borrachudos ou chiques, les broccbos, pe- 
tit coleoptere dont la piqure est des plus 
douloureuses , etc. Le Bicho do pe ressem- 
ble, comme on sait, a notre puce; il est plus 
petit et plus allonge, court plus vite, mais 
saute moins lestement. II s'attaque aux pieds 
et aux mains, tout autour des ongles, s'y en- 
fonce sans qu'on 1c sente, y grossit, y pond. 



Bientot a la dilatation tie son abdomen et 
plus tard a l'exclosion de sa progeniture 
surtout , on sent les vives douleurs que 
cause sa presence, qui devient intolerable 
et pourrait amener des accidents , si on ne 
le delogeait promptement. Les negres , 
fort sujets a ses attaques , a cause de leur 
insouciance naturelle et de leur malproprete 
inveteree, sont experts a le detruire, et vous 
endebarrassent, en un clin d'oeil, sans dou- 
leur, a l'aide de la pointe d'un couteau, 
d'une epingle, etc. 

Le Borrachudo est une tres petite 
rnoucbe, tournant longtemps autour dc 
l'endroit de votre corps ou elle veut se 
placer; vous y pique sans douleur; mais 
bientot la succion du sang , amene une de- 
mangeaison qui s'enflamme , laisse ensuite 
une ecaille d'abord rouge, puis brune, qui 
se desseche enfin et tombe. 

Les moustiques, les scorpions et les 
mille pieds ou scolopendres , sont trop 
connus de tout le monde, pour que je m'y 

Telles sont en sorame les petites mi- 
seres qui attendent le voyageur dans ces 
pays : heureux , bien heureux , quand il 
peut se procurer du moins les premieres 
necessites de la vie! Je parlerai plus tard 
des dangers plus serieux qu'il peut courir, 
et j'en ai deja toucbe quelques mots dans 
preambule de cettc notice , en parlant des 
serpents, des caimans, etc. 

Tout n'est pas roses en ce monde la ; je 
dus apprendre ce proverbe trivial a mes 
depens. 

Comme on le pense bien, je ne pus fer- 
mer l'oeil de la nuit, quoique les insectes 
en question eussentbienvoulu respecter ma 
personne; mais le bruit que fesaient les 
negres en preparant leur repas, leurs cris, 
leurs querelles, le tapage des muletiers et 
des maitres, la fumee, les odeurs, tout 

L'hospitalite du Rancho n'est point ve- 
nalc; mais presque toujours aupres de lui se 
trouve une Venda, dont 1c proprirf aire, \ «a- 
dant aux voyageurs le mais (millio) pour la 



nourriture de leurs mulets et aux maitres 
des comestibles et des liqueurs fortes , sait 
fort bien se recuperer de cette non-valeur. 
La Venda differe peu du Rancho; e'est 
comme ce dernier une sorte de grande 
salle sans plafond; autour des murailles, sur 
des tablettes, sont entassees ou pendent aux 
5, toutes les marchandises qu'on y 
debite. En face de la porte d'entree , s'etale 
un long et large comptoir, servant de table 
aux allants et aux venants pour consommcr 
ce qu'ils achetent , etderriere lequel se tient 
le marchand. Point de sieges, point de tables; 
cbacun reste debout ou s'appuie le long 
des murailles. En dehors, le toit se prolonge 
le long de tout un cote du batiment, et 
forme une galerie couverte, ou Varanda; 
e'est la qu'on respire le frais du soir, qu'on 
cause, qu'on chante, en s'accompagnant (en 
raclant, veux-je dire) de la mandolina. 

Bien que ce court recit m'eloigne un peu 
de mon sujet, je ne puis resister au desir de 
faire part au lecteur de la maniere assez 
gene-rale dont on y traite les habitues et 
les passagers. 

C'est le soir. Une foule de muletiers, 
d'hommes de couleur, de marchands fo- 

dant le diner ou le souper, comme on vou- 
dra; on fume, on devise, onboitla caehaca; 
c'est un brouhaha etourdissant. Mais une 
vieille negresse apporte sur le comptoir un 
grand chaudron rempli de camesecca cuite, 
dont le furnet vient agreablement chatoud- 
ler les nerfs olfactifs de l'assistance. D'un 
cote du chaudron, elle place un grand plat 
rempli depiments; de l'autre, un second 
plat rempli dc bouillie de mandioca, dis- 
posed en une haute pyramide. Tout etant 
prct, un baquet rempli d'eau est prescntc 
a chaque assistant, qui s'empresse de s'y 

proche du comptoir, ou ehacun plonge la 
main dans le chaudron, en tire un morceau 
deviande, que la cuissoo a rendu tene- 
ment gluante, qu'il est oblige de la div.ser 
avec les deux mains, voiM mdme a?ec lea 
dents, et dont il rejete sans facon le sur- 



plus dans le vase comraun ; quand ; 
ceau qu'il conserve , il le trempe 
piment et 1'avale , en l'accompag 
poignee de mandioca , qu'i 
tement dans la bouche, en 
de l'y porter avec la mair 
inconvenant. 



j lance adroi- 
e gardant bien 



haricots noirsetdu maisbouillis, sansaucun 



C'est a une deraie lieue environ de Fre- 
chal, que commence l'ascension de la Mon- 
tagne, et de cetteville a la Fazenda (ferme) 
de M. March (I), situee a 5,000 pieds au- 
dessus du niveau de la mer, il y a pres de 
cinq lieues, qu'on franchit pai 

tire sans danger. Mais si la route est mau- 
vaise, quel dedommagement autour de soi 
et sur la tete ! Quel spectacle grandiose que 
celui de l'immense foret vierge que Ton 
traverse ! Ce ne sont plus ces bouquets de 
bois epars dont, voyageur novice, fraiche- 
ment arrive, j'admirais encore hier, ebahi, 
la riche vegetation. Quelle difference de ces 
restes chetifs des forets defrichees autour 
de la capitale , avec les masses gigantesques 
vegetales, qui revetent les flancs de la Mon- 
tagne des Orgues! 

Ce sont une foule de palmiers, parmi 
lesquelles je distinguai le cocotier Andaia, 
charge de ses excellents fruits, et surmonte 

(1)M. March est un colon anglais, possesseur d'une 



de ses panaches recourbes en plumes d'au- 
truche; le Guariroba (Cocos oleracea), le 
Palmito (Euterpe oleracea), le Bority (Mau- 
ri.tla vinifera), le Macauba (Acrocomia sole- 
rocarpa), etc., etc. ; et des milliers d'enor- 
mes Laarus, de figuiers , dc Cassia, $ Eu- 
genia, de Cecropia, de Ccesalpinia , de 
Malpighia, de Sapoucaya [Lecytliis), dont 
les fruits reunissentle gout de nos chataignes 
a celui de nos amandes ; de Chorisia , aux 
grandes fleurs bigarrees , etc. Et puis des 
Bignones, des Solanees en arbres, des Me- 
lastomacees , des Myrtes , etc. Parmi ces 
grands arbres, des multitudes d'enormes 
plantes volubiles , des Cipos, corarae les 
appelent les Bresiliens, s'elancent autourdes 
troncs 5 ce sont des Bignonia, des Bauhinia, 
des Cissus, des Hippocratea, des Baniste- 
ria, des Heteropteris , des Passiflores, des 
Philodendntm, des Anlhurium, etc., etc. 
Sur les branches, sur les troncs, des Til- 
landsia, des Billbergia, des JEchmea, des 
Bromelia, des Pitcairnia, la Cabeira de 
Veilho ou Chcveux de Vieillards {Till, m- 
neoides) , flottant echevelee a 20 , 50 et 
meme 40 pieds de longueur; puis des fou- 
geres de toute espece, des Lycopodes, des 
Orehidees (Epidendrum, Brassavola, Cat- 
tleya , Stanhopea, Zygopetalon , etc. ,etc .) ; des 
Gesneriacees {Drymonia; Alloplectus, etc.); 
des Piperacees, etc. Je remplirais plusieurs 
pages de cet ecrit , des noms seuls des 
plantes de toute espece, dc tout genre, de 
toute famille, quicomposent < c maje tueu- 
ses forets (1) et qui, pour la plupart , 
m'etaientalorsentierementinconnjes. Parmi 
e de vegetaux grimpants que je 




signale, quclques-uns attirerent surtout 
mes regards. C'etait tout d'abord le Cipo 
matador (lianc meurtriere), enorme figuicr 
volubile, dont le tronc d'abord droit et 
eleve, se divise a 12 ou 15 pieds de hau- 
teur en deux branches , qui se jettent sur 
le premier arbre a Ieur portee , l'enserrent 

vite que lui : le pressent et l'etouffent bien- 
tot dans tears circonvolutions, le tuent et 
sont encore longtemps vigoureuses et de- 
bout, que le soutien n'est plus depuis bien 
des annees. Puis le Cipo d'imbe, espece 
d'Aroide (Philodendrum?), dont le tronc, 
souvent de la grosseur de la cuisse, ceint le 
tronc des arbres les plus eleves, semble 
quelque prodigieux serpent, et par sa forme 
et par les larges lozanges qui , resultant de 
la chute de ses amplcs feuilles, bigarrcnt 
son epiderme , comme la robe de ces repti- 
les : tandis que de la partie moyenne et de 
la base du tronc partent de nombreuses 
racines, raides et droites comme des fds a 
plomb et descendcnt jusqu'a terre. C'est 
partout une magnificence, une grandeur, 
une luxuriance de vegetation que peut seul 
apprecier celui qui l'a vue. Un autre figuier 
presente un aspect extremement curieux: 
son tronc acquiert une hauteur et une 
epaisseur immenses. A 10 ou 12 pieds au- 
dessus de sa base, saillissent des lames min- 
ces , augmentant peu a peu d'ampleur, jus- 
qu'a ce qu'elles atteignent le sol, ou elles 
se confondcnt avec les maitresses racines 
de l'arbre. A la surface de la terre, ces ex- 
pansions ont souvent 5 pieds de diametre , 



seulement d 



- : 






A l'epoque a laquelle je 
forets (mai), les divers Laurus etaient en 
pleine floraison, et leurs nombreuses petites 
fleurs blanches, embaumant Fair au loin, 
contrastaient agreablement avec les larges 
fleurs vivement colorees des Melastoma- 
cees (Lasiandra fontanesiana, etc.), des 
Chorisia (C. speciosa) , des Cassia, etc. 
Toutes ces masses d'arbres semblaient jon- 
chees de rose, de pourpre, d'or et d'argent, 
en raison de l'abondance des fleurs qui les 
couvraient. L'un des plus grands et des plus 
beaux arbres de ces bois, elevait son tronc 
arme de forts aiguillons, sans branches au- 
cunes, a 50 ou 40 pieds de hauteur; la une 
enorme cime presquc hemispherique , etait 
couverte de milliers de grandcs et belles 

La plupart de ces grands arbres sont 
enlaces par quelque espece particuliere de 
plante grimpante ou volubile , appartenant 
surtout aux Bignoniacees, aux Synanthe- 
ree, aux Apocynees, aux Asclepiadees, aux 
Papilionacees. Plusieurs de ces plantes 
croiss'ent, entrelacees ensemble et pendent 
du haut des arbres, comme de gros cor- 
dages; d'autres ont la tige plate et com- 

(Buubiitid, Ihuiisteria, etc.). J'en mesu- 
rai ainsi plusieurs qui avaient environ 
6 pouces de large, sur un a peine d'epais- 
seur. On peut regarder comine les deux 
plus belles, la Solandra grundijlora , avec 
ses grandes fleurs en trompettes ; en epar- 
pillant ses sarments a travers les plus grands 
arbres de la foret, elle leur pretait ainsi 
une magnificence qui leur etait etrangere; 
et une brillante FtaJma {F. integri folia 
Cambess.— F. a/finis Ejusd. — pyrifolia 
Presl. — radicans Miers) qui est fort com- 
mune , s'attache a toute espece d'arbres , 
atteint souvent ainsi de 60 a 100 pieds de 
hauteur, et retombe de la en superbes guir- 
landes fleuries. 



TABLE GEMALE ALPHABETIQUE 



Figures, Descriptions el Miscellanies conlenues dans les Irois premiers lolumrs 



FLORE DES SERRES ET DES JARDINS DE L'EUROPE. 

(1845-1847.) 



PLANCHES COLORIEES. 



Abelia floribunda. II. Janv. 1846. IV. 
Abutilon venosum. II. Mars 1846. V. 

— pasoniseflorum. II. PI. 171. 
Achiraenes argyrostigma. II. Avril 1846. VII. 

— cupreata. HI. PI. 260. 

— ignescens. III. PI. 248. 

— multiflora. I. page 79. 

— patens. III. PI. 245. 



J-schynanthus longiflorus. III. PL 288. 

— Lobbianus. III. PI. 246. 

— miniatus. III. PI. 256. 

— pulcher. III. PI. 197. 

— speciosus. III. PI. 267. 
Aerides Brookei (odoratum). I. p. 95. 
Allium eseruleum. III. PI. 500. 
Alloplectus dichrous. II. Juillet 1846. IX. 

— Pinelianus. II. Aoifl 1846. V. 
Alona coelestis. I. page 161. 
Alstroemeres du Chili. I. page 251. 
Alstrcemeria Errembaulli. (In hi-.) ill. IM. 262. 

— Jacquesiana. II. PI. 182. 
Amorphophalhrs Inmensis. II. !('>' I.iv. IM. Mil 
Anemone japonica. II. Fevrier 1846. I. 
Angui'ia Makoyana. III. PI. 222. 

.ins. I!. Avril ii 846. I-I! 
Anoectochilus setaceus. II. Fevrier 1846. VI. 
.\nlti,;<!nn;( soauioiiles. II. Avril 1846. VI. 
Antirrhinum majus Youngianum. III. IM. 2 IS. 

— var. divers. HI. PI. 287. 
Aphelandra aurantiaca. I. page 259. 
Aquilegia leptoceras. III. PI. 296. 

— Skinneri. I. page 53. 
Asystasia coromandeliana. II. PI. 179. 
Azalea (ind.) exquisite. III. PI. 259. 

— — striata formo-i^i ma. Hi. !M. i'«2 



Begonia albo-coccinea. III. PI. 225. 

— fuchsioides III. PI. 212. 
Bejaria ledifolia. III. PI. 194. 

Hyphens ilicilblia. III. IM. 291. 

II. Jail/. IS ifi. IV. 
I. page 307. 



flava. 

longiflora. II. Juin 1846. X. 
tfrassavola Digbyana. III. PI. 257. 
Hrunsvi-ia ciiiaris. III. PI. 192-5. 
Buddlea Lindleyana. II. Mai 1846. IX. 
Burlingtonia rigida. I. page II. 

C. 
Calandrinia umbellata. II. Avril 1846. V. 
Calceolaires Van Houtte. III. PI. 250. 
Caloihortus luteus. ( 

— splendens. J II. Mai 1846. I. 

Calystegia pubescens. II. PI. 172. 
Camassia esculenta. III. PI. 275. 
Camellia Alexina. II. Juin. 1846. V. 

— Chalmer's perfecta. II. Juillet ISi-6. V. 

— Comte de Paris. II. PI. 150. 

— dela Reine. II. PI. 166. 

— Grande Duchesse d'Etrurie. II. Jain 

1846. III. 

— miniata. III. PI. 279. 

! — Princesse Baciocchi. II. Juin 1 840. VII. 

— Vexillo di Horn. II. Aoul 1846. !.\. 
Campanula nobilis. III. PI. 247. 
Caryocar nuciferum. III. PL 185-4. 
Catlli'v-a granulosa. III. PL 198. 
C('i*n^grandill.-sp«'i-inss.5I:i\;iardi.IlI.PI.255-i 

j Ceropegia stepelireformis. II. Juin 1846. IV. 
| Cephalotus follicularis. III. PL 290. 
! Cestrumaurantiacum. I. page 189. 

i ensis. I. page 15.'i. 
! — Walkeriaj. III. PL 285. 

— zeylanica. II. Avril 1846. III. 
< lemafi-. sinilacifolia. II. IM. I7:>. 



(.In, ,,,!,. i.ih.,1,^1. 111. 1M. 195. 
CIcrodendrura sinuatum. HI. PI. 224. 
Cokminca crassifblia. III. PI. 286. 

— pilosa. III. PI. 225. 
Comparettia rosea. II. Mai 1846. VI. 
C.» mwt \\ is setigera. III. PI. 259. 
Convolvulus tricolor vittatus. III. PI. 298. 
Correa tricolor. I. page 11>. 

Cuiuiiigia trimaculata. I. page 179. 
Cuphca cordata. II. Mars 1840. VII. 

— miniata. II. Janv. 1846. IX. 

— platycentrn. II. PI. 180. 

— strigulosa. I. page 87. 
Cypripedium barbatum. III. PI. 190. 

irapeanum. III. PI. 186. 
Cyrtanthus obliquus. II. PI. 156. 



Oaphl.c lurluuci. III. PI. 208. 

Dendrobium formosum. III. PI. 226. 
Dicentra spectabilis. III. PI. 258. 
Dipladcuia atropurpurea. I. page 167. 

— Rosa-campestris. III. PI. 256. 

— splendens. I. page 171. 

— vincaeflora. II. Aout. 1846. VI. 
DiimuNi Mnsripula. 111. PI. 280. 
Diplolama Dampieri. II. Juillet 184b. III. 
Disa grandiflora. II. 16 e liv. PL 160. 
Disteganthus basilateralis. III. PI. 227. 



Echinocactus pectiniferus. II. Juillet 1846. VII. 
Edgworthia chrysantha. III. PI. 289. 
KprrN aufiimnalk I. page 21. 
— miniata. II. Juin 1846. IX. 

n phcenieeum. II. Mai 1846. VIII. 
Eranthemum coccincum. III. PI. 240. 
Erica Cavendislihna. II. Aoid 1846. X. 

— Neillii. H 4 Mai i846. II. 
Eustoma exaltatum. I. page 227. 

EvolVHlu-:pm-pill'CO-C»TtdcilS. II.d/fH IK')!,, ill. 



hnsyllua vindksima. III. PI. 261. 
Franciscea acuminata. II. Aoid 1846. VIII. 
Fuchsia macrantha. II. PI. 151-2. 
Funkia grandiflora. II. PI. 158-9. 



Gardenia Devonian*. III. PI. 191. 

florida var. Furlnneana. II. PI. 177. 

— malleifera. III. PL 249. 

— Sherbournia?. II. Mai 1846. X. 

— Stanleyana. II. Janv. 1846. HI. 
Gesneria Gardneri. I!. |>1. 145. 

— Geroltiana. II. AvriL 1846. IV. 



ALPHABETIQU* 

eria lateritia var. lutea. II. PL 169. 

Gladiolus gandavensis. II. Mars 1846. MI. 

Gloxinia gesnerioides. II. Fevrier 1846. III. 

— pallidiflora. II. Juillet 1846. VIII. 

— speciosa? variet. HI. PL 268. 

— Teichleri. III. PL 220. 
Gongora leucochila. I. page 207. 

- odoratissima. III. PL 229. 



Habrothamnus corymbosus. II. Fevrier 184 6. X. 

— elegans. II. Fevrier. 1846. IX. 

— fasciculatus. I. p. 275. 
imantbus multiflorus. I. page 285. 
becladus biflorus. II. Mars 1846. IV. 
nfreya scandens. Ill, PL 231. 

lia prasiantha III. PL 188. 
*a. I. page 59. 
Hydrangea involucrata fl. pi. III. PI. 187. 
Hypocyrta leucostoma. III. PL 257. 






Impatiens platypetala. III. PL 215. 
I Inga pulcherrima. I. page 57. 

Iochronia tulmlosum. I. page 151. 
j Ipomcea tyriantbina. II. Arril 1840. VIII. 

Ixora Griffithii. III. PL 275-4. 
! — odorata. II. Juin 1846. MI. 
— salicifolia. III. P1.217. 
J. 
■andamimosafolia.III.Pl. 185. 



.pageM. 



Lselia acuminata. 
Leianthus longifoli 

— umbellatus. II. PI. 168. 
L-schrnauUia arcuata. III. PL 219. 
— splendens. II. PL 176. 

Lirbigiii -ncciosa III. PI. 271-2. 
Lilium Brownii. I. pat/c 257. 

— callosum. HI. PL 250. 

— cordifolium.lII.PL 216. 

— eximium. III. PL 285-4. 

— longiflorum. III. PL 270. 

— speciosum rubrum. III. PL 276-7. 

Lobelia heterophylla major. I. page 195. 
I.jicidia i'iiiccaiii. I. page 03. 
Lycium fucbsioides. I. page 157. 



Manetlia bicolor. II. Janv. 1846. V. 
Methonica Leopoldi. II. PL 165-4. 
Mulgedium inacrorhi/mn. H. -f"wel 1840. w 



Nemophila disooidalis f\aiv 11. Aout 1846. VII. 
Nepenthes Rafflcsiana. III. PI. M5-4. 
Niphaea albo-lineata. III. PI. MO. 
— rubida. III. PI. 251. 



Odontoglossum grando. I. page 125. 
Oncidiura Insleayi. I. page 243. 
Ornithogalum aureum II. Fevrier 18 
Oxvanthus versicolor. II. PI. 148. 



Passifloi 


i AHi 


ia. II 


Arril 1846. > 






ills (hvdrid.) III. PI. 


Pentarhaphia c 


ibens 


s. III. PI. 297. 


Pentsteraon crassifoli 


is. I. page iU 


— 


G 


I'.i.mi 


III. PI. 269. 



— miniatus. III. PI. 232. 

Petasostylis nigrescens. I. page 289. 
Phaedranassa chloracra. I. page 151. 
Phajus rosellus. III. PL 501. 
Phalamopsis amabilis. I. p. 201. 
Phyllarthron Bojerianuni. II. Mars 1846. VI. 
Physianthus auricomus. II. PI. 169. 
PitcairniaAltensteinii. II. PI. 162. 

gigantea. III. PI. 255-4 



IVi.l 



-1)1. 



Potentilla bicolor. II. Juin 1846. VIII. 

— Macnabiana. II. PI. 149. 
Prepusa Hookeriana. III. PI. 252. 
Pterodiscus speciosus. II. Janv. 1846. VI. 



Reevesia thyrsoidea. III. PI. 206. 
Rhaphistcmma pulchellum. III. PI. 228. 

-. II. Ma rs 
1846. III. 
— Gibsonis. I. page 109. 



pi. II. PI. 143-4. 
— Smithii aureum. 1. p. 45. 

Rhytidophyllum floribundum. II. PI. 178. 
Ribesalbidum. I. p. 17. 

— Gordonianum. II. PI. 165. 

— sanguineum fl. pi. I. page 247. 
Rigidella orthantha. I. page 251. 
Rose tricolore de Flandre. II. PI. 155. 
Ruellia (Roella) clegans. I. page 295. et i 



S. 

Salpingantba cocciiu'a. J. page 197. 

-: !..i.l!. I. page 271. 
SdiubiTlia aurieoma. II. PI. 169. 
Scilla biflora pur; ur.-nmil. II. Aoul 1846. III. 
Scutellaria japonica. II. Fevrier 1846. VII. 



Silc.ic > 



. III. 



Janv. 1846. VII. 
Sipbocaiupvliisroecineiis. 11. Mars 1846. IX. 
Sisvrinrliiiiiii grandiilor. (Dou-lasiij.IL PI. I 4 

— longistylum. III. PI. 255. 
Sophronitis grandiflora. I. page 113. 
Sparaxiset Ixia. II. Juillet 1846. I-II. 
Spiraea Douglasii. II. Janv. 1846. II. 

— Lindlevana. II. Mai 1846. V. 

— prunii'olia fl. pi. II. PI. 153-4. 
Stachytarpheta aristata. II. Juin 184G. VI. 
Stanhopea ecornuta. II. PI. 181. 

— graveolens. II. Aril 1846. I-II. 
Sfapcliii v;u iiluiiiiis. 1. page 119. 
Statice Fortunei. II. Mars 1846. VIII. 
Stenocarpus Cunningbami. III. PI. 189. 
Stemona tubcrosa. II. Mars 1846. II. 
Strelitzia augusta. II. PI. 175-4. 
Symplocos coccinea. II. Juillet 1846. X. 



Tacsonia mollissiraa. II. Fevrier 1846. V. 
Thibaudia pulcherrima. III. PI. 243-4. 
Tbunbergia chrysops. I. page 27. 
Tillandsia bulbosa picta. III. PI. 221. 

— splcndens. II. Mai 1846. IV. 
Torcnia asiatica. II. PI. 157. 
Tropceolum albiflorum. HI. PI. 241 . 

— azureum. II. Mai 1846. VII. 

— crenatiflorum. II. PI. 167. 

— Lobbianum. II. Janv. 1846. III. 
speciosum. III. PI. 281. 
umbellatum. III. PI. 502. 



Vanda Roxburghii. II. Fevrier 1846. II. 
Veronica Lindlevana. II. Fevrier 1846. VIII. 

— speciosa. I. page 403. 

— — v. rubra. III. PI. 196. 



, PI. 147. 



ephaluin. III. PL 263-^ 



Warrea cyanea. I. p. 281. 
Weigelia rosea. III. PL 211. 

[ateritia. I. page 185. 
Witseniamatua.il. Anut ix;r,. IV. 



TABLE ALPHABETIQUE I>ES MATIERES. 

PLANCHES NOIRES ET VIGNETTES. 

. Begonia albo-coccinca. III. PI. 225 (I 

! Notice necrologique d'Herbcrt. Ill 

Juillet 184.7. 



|„,,-l vi,M-L''aulWsil.III.P1.2S2. 
Ca.MM.1.- dans uiie Foret vierge. III. ( 

Kn.viilialartos hracl.\ pl.\ im- (.1/-": I 
-,| „. -I Mia HI- Mi-'. 7-2. 
,.-i. III. Mis 



;■;■& 



. III. 



MISCELLANIES. 

. III. 242d. ! Gardenia \\ 



mclliasel'les Mi.X <l"ncli 



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Lantana multicolor *™ ■ 

Lilas de Libert ' JJJ 

Mikaniafaituosa » 262*. 

laladie tin Chene ■ 27 ° h - 

Nouveau Guano 9 ^ • 

Nouvelles roses de la Cbinc . ... 26 

\„tir<- iMrn.louique sin- William II.tIhtI. 2:»*'. 

NouvelleplantelesiuniereeiiRiissie . . » 262" • 

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Keine-Lomse . - • i ' 
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Pln/tfoiwlits fjrandis 

Protection (de la) du verger eont 

ltosii Ifarrisonii 

jRlnpicosprrmum jashiinoirirs . ■ 

Ib-I.abililation de la rose dite Pr